04101 - Delle ROUCHON

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Énigme entre Séderon et Lardiers, (2e page)
Des questions, des réponses, des commentaires sur la maladie de Mlle ROUCHON, sur le Docteur EYDOUX

Plutôt qu'un rappel des faits, je vous invite à relire les causes de la maladie de la demoiselle ROUCHON en utilisant le lien : Retour à la première page de l'énigme


Rédactrice de cette énigme : Sandy-Pascal ANDRIANT 13 mars 2007

Des réponses aux questions sur . . .

La maladie de la Demoiselle ROUCHON

Hier

Le diagnostic du Docteur EYDOUX est très explicite :

  • Mélancolie : on dit aujourd’hui dépression ;
  • Fièvre utérine : inflammation de l’utérus (?).

Aujourd'hui

  1. Diagnostic : Cette personne a sans doute fait une fausse couche spontanée due à un désordre endocrinien.
    • Mélancolie : plutôt fatigue et faiblesse visibles ;
    • Fureur utérine : saignement ;
    • Fièvre : état typique car existence d'un début d'infection qui se manifeste par des douleurs loco-régionales avec retentissement au niveau rénal.
  2. Traitement
    • Les Bains : antiseptiques, dans ce cadre, servaient à faire évacuer les "restes" de la fausse-couche. Actuellement : on pratique un curetage et c'est fini. Avant, ces débris (lochies) pouvaient mettre plusieurs mois à être évacués.
    • Les douleurs abdomino-pelviennes étaient soulagées par des opiacés. Tout paraît très logique comme traitement.

Note: AVIS STRICTEMENT MEDICAL. (Dr J-M. RUDES)

Bilan

Le Dr EYDOUX utilisait ses remèdes à bon escient.

Ce médecin a réussi à sauver cette femme avec les moyens du bord. BRAVO

Ainsi, on est bien loin des "purges" de Diafoirus ! Doit également être abandonnée toute idée d'hystérie ou de désordre mental.

Et on comprend mieux que Mr LAUGIER ait fait appel à un officier de santé plutôt qu'à un herboriste de la famille. La gravité de la maladie l'imposait.

Note: Mme Gisèle ROCHE-GALOPINI indique, par ailleurs, dans "Les marchands droguistes de la montagne de Lure (Editions "Alpes de Lumière", 1998)" que les marchands-droguistes n'étaient pas "habilités" à soigner, à l'époque.

Le Docteur EYDOUX

Ascendance du Dr EYDOUX
Jean-Baptiste EYDOUX
Officier de santé ~~ Membre du Conseil Général de la Communauté avant la Révolution ~~ Maire de Séderon
  • Né le 12 novembre 1727 à Sahune, (Drôme), fils de Pierre Paul EYDOUX et Jeanne MARCELLIN
  • Marié le 12 novembre 1795 à Séderon, 26340, Drôme, Rhône-Alpes, FRANCE, avec Claire DROUME (°24/02/1750 à La Piarre 05, de Gabriel & Jeanne PEUZIN).
  • ✞ Décédé le 26 février 1796 à Séderon, à l'âge de 68 ans

Complément d'informations

  • Le docteur Jean-Baptiste EYDOUX (en réalité "officier de santé"), fils de Pierre-Paul et de Jeanne MARCELLIN, est le petit-fils de Joseph MARCELLIN, notaire à Rémusat, et de sa première épouse Catherine MIELLE.
  • En 1746, il est cavalier au régiment d'Anjou. Il est cité dans le testament de son grand père Joseph MARCELLIN, notaire.

Le lien commun

Le lien commun, à première vue, est Rémusat d'où sont Jeanne MARCELLIN et le couple Antoine AUTRAN et Françoise BONNEFOY.
J'ai en effet admis d'emblée que Louis BRACHET (voir encadré ci-dessous), fils d'Alexandre et de Clère AUTRAN, était le beau-frère de la patiente du Docteur EYDOUX.
Et il m'est venu à l'esprit que les deux familles (BRACHET EYDOUX) se connaissaient, Pierre-Paul EYDOUX s'étant marié à Rémusat ainsi qu'Alexandre BRACHET.
Ce d'autant plus que l'oncle par alliance du Docteur EYDOUX, Jean Joseph BRUN, (époux de Marie Catherine MARCELLIN, sœur consanguine de Jeanne), était marié en premières noces à une AUTRAN.
Les deux familles MARCELLIN AUTRAN étaient des familles bourgeoises de Rémusat.

Nous savions déjà

  • Louis BRACHET et Margueritte LAUGIER marié le 26 février 1754 à Lardiers (04)
Sr Louis BRACHET né le 5 février 1729 à Séderon
fils d’Alexandre (de David & Claudine DUMONT, protestants) et de Claire AUTRAN (d’Antoine & Françoise BONNEFOY, protestants)
avec Margueritte LAUGIER
fille de Jean-François (de Jean-François & Marie BLANC, de Saumane 04) et et d’Anne VIAL (de Jean-François & Marguerite MARTINE, de Saumane)

Note: Pour ma part [1] je descends d'Elisabeth MARCELLIN, sœur de Joseph.

= ° =

Grâce aux données généalogiques fournies par Melle Dominique JEAN, le Dr Jean-Baptiste EYDOUX est non seulement situé dans sa propre famille de Rémusat (26) et dans sa profession à Séderon (26) mais aussi dans les familles des autres protagonistes.
Il est lié à Louis BRACHET(aussi de Séderon) qui lui apporte la lettre du Sieur LAUGIER, lui demandant de venir à Lardiers (04) soigner la demoiselle ROUCHON. Un imbroglio familial digne des tragédies antiques !
:En citant le Sieur Jean-François LAUGIER, on sent bien qu'on approche du but. Mais il reste encore quelques inexactitudes à lever.

Notre patiente serait-elle en réalité sœur (ou cousine) de Joseph ROUCHON, épouse d’un frère de Marguerite et Marie-Thérèse LAUGIER ?
Auquel cas, Louis BRACHET serait son beau-frère, parce qu’époux de sa belle-sœur.

Le Docteur Jean-Baptiste EYDOUX écrit en effet :

Je fûts appelle par Mr BRACHET son beau frere en vertu d’unne lettre de Mr LAUGIER, son beau pere le 12 juin 1767 [1777] pour aller a Lardiers ou il m(')acompagnia

  1. Il faut maintenant démêler les liens de parenté qu'il utilise car ceux qu'il cite ne sont pas en cohérence directe avec ce que nous savons des liens familiaux déjà découverts :
    • Mr BRACHET, son beau frere
    • Mr LAUGIER, son beau pere
  2. Y a-t-il un "creux" dans la succession des naissances dans cette famille qui confirmerait cette fausse-couche ?


C'est au tour de Mme Gisèle ROCHE-GALOPINI d'intervenir grâce à ses connaissances précises des familles de "marchands-droguistes" de la Montagne de Lure.

La demoiselle ROUCHON

Les hypothèses étaient les suivantes :

Notre patiente serait-elle en réalité sœur (ou cousine) de Joseph ROUCHON, épouse d’un frère de Marguerite et Marie-Thérèse LAUGIER ?

Auquel cas, Louis BRACHET serait son beau-frère, parce qu’époux de sa belle-sœur.

Reste à vérifier s’il s’agit bien de Marie-Thérèse LAUGIER, épouse de Joseph ROUCHON.

L’explication de Mme Gisèle ROCHE-GALOPINI est bien plus simple.

Demoiselle
Dans la tradition de l'Ancien Régime, les femmes de qualité - même mariées - étaient qualifiées de « demoiselle » leur vie durant. Ainsi notre « demoiselle ROUCHON » portait en fait le nom de son mari.

  1. Marie-Thérèse LAUGIER, a eu 13 enfants.
    Son mari, Joseph ROUCHON, marchand-droguiste, était très souvent absent.
    Elle était donc fatiguée, peut-être plus, à la suite de ces nombreuses naissances.
  2. Sa sœur, Marguerite LAUGIER, était la femme de Louis BRACHET, né à Séderon.
  3. Louis BRACHET est donc le beau-frère de Marie-Thérèse LAUGIER.
  4. Mr Jean-François LAUGIER, est à la fois le père de Marie-Thérèse et le beau-père deLouis BRACHET.

Le Dr EYDOUX ne respecte pas la grammaire dans sa phrase d'entête

Je fûts appelle par Mr BRACHET son beau frere en vertu => ici beau-frère de la delle ROUCHON

d’une lettre de Mr LAUGIER, son beau pere le 12 juin => ici beau-père du précédent : Mr BRACHET
1767 [1777] pour aller a Lardiers ou il m(')acompagnia

  1. En français moderne, la correction veut que, dans une même phrase, 2 substantifs (beau-frère, beau-père) affublés du même adjectif possessif (son) renvoient au même "possesseur" : la delle ROUCHON. C'est la cause de notre confusion.
  2. En fait il articule sa phrase de la manière suivante :
  • Le premier "possédé" Louis BRACHET: son beau-frère) devient le "possesseur" du second (Jean-François LAUGIER: son beau-père).

Que les grammairiens modernes excusent ce vocabulaire volontairement "rétro" afin de rester compréhensible au plus grand nombre.

On comprend alors pourquoi le Sieur LAUGIER, de Lardiers, a fait appel à un officier de santé de Séderon. C'est le village dans lequel est né et réside son gendre.

A savoir

  • Les marchands-droguistes étaient des gens qui se déplaçaient beaucoup : ils partaient en campagne pour vendre leurs drogues.
Pas d’officier revenant de sa c O mpagnie donc mais bien un marchand-droguiste de retour d'une c A mpagne de vente.
Notre demoiselle revient donc souvent à Lardiers lors des nombreuses et longues absences de son mari. Ce qui explique les différentes destinations du Dr EYDOUX.

L'année des prescriptions 1767 ou 1777 ?

On se rappelle les ratures du Docteur EYDOUX sur la date précise du début du traitement : 12 juin 1767 ou 1777 ?

A savoir

  • Mr Joseph ROUCHON, rentrera de campagne le 12 juin suivant.
  • La demoiselle est guérie en juillet 1768 (ou 1778), elle engendrera certainement un nouvel enfant dans l'année suivante, c'est-à-dire en mars ou avril 1769 (ou 1779) : 9 à 10 mois plus tard.
    Il paraît raisonnable d'envisager que Joseph passe l'été à Cruis où il doit récolter et faire sécher les nombreuses variétés de plantes de la Montagne de Lure.
  • La succession des naissances et décès des enfants du couple aidera peut-être à déterminer l'année avec plus de certitude.

Les enfants de Marie-Thérèse ROUCHON (Demoiselle)

Prénoms enfants Naissance Décès Age au ✞ Observations
Jean Joseph 14 octobre 1764 09 septembre 1778 14 ans
Alexis 25 septembre 1767 - ? ans
Anne Marie Véronique Victoire 31 mas 1769 11 décembre 1771 3 ans
Jean François 21 janvier 1770 - ? ans
Jean Joseph Claude 20 mars 1772 29 août 1773 1 an ½
Jean Joseph François 24 mai 1774 - ? ans
Jean Baptiste 1er octobre 1775 7 avril 1779 4 ans trouvé noyé dans le bassin de la bastide Baillard
Jean Anthoine 15 janvier 1777 - ? ans
Marie Therese 24 mai 1778 - ? ans
Anne 13 septembre 1779 - ? ans
Jean Laurent 13 avril 1781 4 juin 1783 2 ans
Sophie Cécile 19 octobre 1782 - ? ans
Hippolyte Joseph Frédéric 9 novembre 1783 - ? ans

Finalement

  1. Après examen des dates de naissance des enfants du couple, on peut affirmer avec un faible risque d'erreur que ça n'a pas eu lieu en 1776 puisqu'ils ont eu un enfant - <Jean Anthoine, le 15 janvier 1777 - en pleine maladie et un autre - Marie Thérèse, le 24 mai 1778.
  2. Mais cela peut-il avoir eu lieu en 1767 ?
    • Nous avons la naissance d' Alexis le 25 septembre 1767 alors que le Dr EYDOUX soigne Marie-Thérèse depuis le 12 juin et qu'il ne mentionne pas de soins particuliers relatifs à une naissance dans son relevé. N'oublions pas cependant que, contrairement à nos habitudes modernes, la naissance n'était pas affaire de médecin mais de sage-femme.
    • Mais nous n'avons pas de naissance en 1768 et la suivante, d'Anne Marie Véronique Victoire en mars 1769, correspond bien au délai supposé.

Se serait-il agi, finalement, d'une grossesse difficile dans les 3 derniers mois, de juin à septembre 1767 ? Y a-t-il eu des conditions météorologiques particulières : fortes chaleurs, eau insalubre, épidémie ? Marie-Thérèse ROUCHON, née LAUGIER a-t-elle eu des complications ?

Conclusion provisoire

En tout état de causes, notre Delle ROUCHON n'a pas eu une vie plus facile que celle de ses contemporaines.
En plus des absences régulières et fréquentes de son époux qui installera une boutique de négociant à Bergerac en Dordogne (24).
A partir de 1785, elle devra subir, à un rythme resserré, naissances et décès de ses enfants.

Toutes ces pistes resteront sûrement sans réponse définitive mais qu'importe. J'espère que ce voyage à travers la Montagne de Lure vous aura donné envie d'y faire un séjour l'été prochain.

Remerciements

Je dois d'abord remercier tous les internautes qui ont eu la patience de lire cette énigme et de s'y être intéressé au point de m'envoyer des éléments pertinents.

  • Les citer tous me ferait courir le risque d'en oublier.
  • J'ai reçu des hypothèses fort intéressantes sur les liens de parenté et la maladie de la demoiselle, ... Chacun se reconnaîtra.

J'adresse des remerciements tout particuliers aux personnes qui m'ont permis d'aboutir en me fournissant :

  • des compléments généalogiques à propos du Dr EYDOUX, de la part d'une de ses descendantes (Melle Dominique JEAN),
  • des éléments médicaux expliquant le diagnostique et le traitement de la maladie, de la part d'un de mes cousins médecin (Dr J-M. RUDES),
  • la généalogie complète de la delle ROUCHON ; pour ses enfants, les perrins et témoins de baptêmes ainsi que les mentions particulières aux décès (Mme Gisèle ROCHE-GALOPINI).
  • Et une mention particulière à Mme Simonne CHAREYRON-LEBRE qui m'a mis en rapport avec Mme Gisèle ROCHE-GALOPINI.

Rédactrice de cette énigme : Sandy-Pascal ANDRIANT 13 mars 2007 (CET)

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Maladie de Mlle ROUCHON, née LAUGIER, entre 1777 et 1778. : Énigme entre Séderon et Lardiers

  • Les relevés d’honoraire du Docteur EYDOUX
Pictos recherche.png Article détaillé : Lire la suite ...

Référence.png Notes et références

  1. Sandy-Pascal ANDRIANT ~~ Rédactrice de l'article


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