02694 - Croix de guerre - Saint-Simon

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Re-transcription d'un article

  • Ce qui suit est la re-transcription d'un article paru le mercredi 4 octobre 1922 dans le bi-hebdomadaire d'information Le grand Écho de l'Aisne.


Le grand Écho de l'Aisne
du mercredi 4 octobre 1922
  • Saint-Simon glorifie ses Morts


L'HÉROÏQUE PETITE VILLE REÇOIT LA CROIX DE GUERRE


L'accueillante petite ville de Saint-Simon a rendu, dimanche dernier, un éclatant et émouvant hommage à la mémoire de ses enfants glorieusement tombés pendant la guerre. Elle était à cette occasion magnifiquement pavoisée et fleurie. Chaque maison arborait un drapeau, les rues étaient abondamment décorées et, un peu partout, s'élevaient des arcs de triomphe.

Les réceptions et le banquet

A 1h30, l'aimable maire, M. MAGNIER, recevait à la mairie les personnages officiels, qui se trouvaient ensuite réunis en un banquet excellemment servi par l'hôtelier du "coq gaulois" de Montescourt, dans la salle du vaux-hall.

L'infatigable sous préfet de Saint-Quentin, M. ROUSSEL présidait, entouré de MM. MAGNIER, maire ; DESJARDIN et frédéric HUGUES, députés ; GRY et DUPONT, conseillés généraux ; CARON Conseiller d'arrondissement ; DUSSEAULT maire, de Charenton la généreuse marraine de Saint-Simon et la délégation du conseil municipal de cette ville ; CARPENTIER, maire de Jussy ; SEBLINE, maire de Montecourt ; DUBOIS, maire de Tugny ; MILON, secrétaire général de la sous-préfecture ; le commandant BEAUGEZ ; LECOMTE LARMUZEAUX, adjoint au maire ; LEFEVRE, le dévoué secrétaire de mairie et secrétaire du comité d'organisation de la cérémonie ; l'abbé BOURRET, d'Ollezy ; l'abbé PARENT de Flavy-le-Martel ; l'abbé QUEQUIGNON, secrétaire de l'évêché ; les conseillers municipaux, les commissaires,...

Au champagne, M. MAGNIER remercia les autorités et leva son verre en souvenir des morts ; M. ROUSSEL salua éloquemment la restauration des ruines de Saint-Simon et porta la santé des parlementaires et de la population ; M. DUSSEAULT, maire de Charenton, assura sa filleule qu'elle pouvait compter en toutes circonstances sur sa marraine ; et M. DESJARDINS salua M. MAGNIER qui continue la tradition d'un père généreux et regretté.

Un brave homme et un homme brave

Saint-Simon Plaques commémoratives.jpg

A l'issue du banquet, avait lieu à 3 heures l'inauguration de la plaque de marbre posée dans la salle du conseil municipal à la mémoire de M. MAGNIER, ancien maire, frappé à mort, sur les marches de la mairie par des officiers allemands dont il a refusé "d'exécuter les ordres".

Devant la modeste baraque qu'est la maison commune, les pompiers sont groupés, drapeau déployé. La musique de Ham exécute la "marseillaise" et M. LECOMTE LARMUZEAUX, adjoint vient rappeler la longue carrière et la mort de M. MAGNIER père.

Il termine en disant :

"Cette plaque rappellera qu'il y eut à Saint-Simon un maire victime de la guerre."

M. CARON, conseiller d'arrondissement, qui était uni à l'ancien maire de Saint-Simon par une solide amitié, évoque des souvenirs tragiques, et M. François HUGUES, député déclare :

"Nous aimons la paix et nous voulons la faire régner dans le monde. Il faut pour cela nous faire aimer et respecter."

Enfin, M. MAGNIER remercie avec une grande émotion les nombreux assistant et organisateurs de cette manifestation dont il gardera un inoubliable souvenir.

Au cimetière

Sur la place de la mairie un cortège se forme pour se rendre au cimetière, dans l'ordre suivant : tambours et clairons des pompiers, musique de Ham, enfants des écoles, combattants de Saint-Simon, Flavy-le-Martel, Fluquiéres, Jussy, Montescourt, Tugny et Villers , musique de Montescourt et les personnages officiels encadrés par les sapeurs-pompiers.

Devant la tombe de M. MAGNIER des discours sont prononcés au nom du conseil municipal et par le curé doyen de la paroisse. Une gerbe est déposée sur les tombes des victimes de guerre puis prenant le chemin du retour, l'on s'arrête pour déposer des fleurs, au cimetière du calvaire, où reposent les défenseurs de la glorieuse petite cité.

L'inauguration du monument

La pluie qui avait fait trêve un instant, reprend quand le cortège arrive devant le monument, où une foule nombreuse et recueillie stationne.

De forme pyramidale, le mausolée s'élève d'un parterre verdoyant, sur le front du groupe scolaire . Un drapeau se détache du granit sur lequel on lit : "aux enfants de saint-Simon morts pour la France", et sur les cotés sont gravés les noms des 26 enfants de Saint-Simon, morts au champ d'honneur. Le symbolique coq gaulois, chantant la victoire, couronne cette stèle magnifique, exécutée par M. Lenoir, marbrier à Saint-Quentin.

Au pied du monument , qu'encadrent les drapeaux, une accorte Marianne monte la garde, ayant à ses cotés la gracieuse Alsace, la charmante Lorraine et la France en deuil, dont le long voile symbolise toutes les douleurs . Ces belles et nobles figures sont personnifiées par de jolies filles d'anciens combattants : Mlles Raymonde Dumontier, Ernestine Briquet, Simone Colle et Thérèse Hugo.

Tandis que d'aimables quêteuses font le tour de l'assistance, M. Magnier, maire, célèbre dans un vibrant discours, l'héroïsme des enfants de Saint-Simon. Il rappelle que sur une population de 500 habitants, 26 sont morts. Douloureuse constatation ! M. Magnier dit aussi : "Morts gloire à vous! Toujours nous nous souviendrons."

Puis il dépose une palme offerte parla commune et le conseil municipal.

M. le commandant Mayeux , président des Anciens Combattant, fait l'appel des mots et, après chaque nom, Melle Dumontier répond d'une voix forte : "Mort pour la France" ; les enfants des écoles, pendant cette heure poignante, déposent sur le monument de belles couronnes.

M. Roussel, dans une brillante allocution, apporte aux grands morts de Saint-Simon, le tribut de reconnaissance du gouvernement. M. Desjardins lui succède pour affirmer qu'une haute leçon d'union se dégage de cette manifestation. C'est ensuite M. Dupont, conseillers général, qui glorifie les héros du canton, et M. le Maire de Charenton qui apporte le salut de sa ville aux 26 morts de Saint-Simon "tombés pour sauver la France de la tyrannie allemande."

La série de discours est close par M. Legrand qui vient dire, au nom du souvenir français : "N'oubliez jamais!"

La remise de la croix de guerre

M. le sous-préfet remettait ensuite au nom du gouvernement la croix de guerre à la commune et donnait lecture de la belle citation dont Saint-Simon fut l'objet :

"Cité détruite totalement qui fit preuve d'un admirable courage en attendant l'heure de la délivrance."

Mme Misset recevait la médaille militaire attribuée à titre posthume à le mémoire de son fils, puis se déroulait la cérémonie de la remise officielle de drapeaux à la société des anciens combattants et à la compagnie reconstituée des sapeurs pompiers.

Un vin d'honneur terminait cette imposante manifestation patriotique, parfaitement organise et magnifiquement réussie.

Ajoutons que le matin , à 11 heures avait lieu la bénédiction du monument après laquelle M. l'abbé Quéquignon exalta en excellents termes le courage des disparus.

Sources : Mémoire du canton et généalogie Aisne.