Les frères Paris
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Cet article est une étude fouillée mais non complète sur la vie de Claude Paris dauphinois de cœur et du plus profond de son âme. La documentation tirée des archives départementales de Grenoble, de la bibliothèque Lyautey et autres documents municipaux ou privés, sont précis et exactes. Les événements qui entourent la vie dauphinoise de Claude Paris éveilleront peut-être l’intérêt d’un chercheur qui trouvera dans cette base de données, l’histoire bien vivante d’un des quatre frères ainsi que quelques anecdotes sur les trois autres. Il est curieux de constater la richesse d’imagination que certains hommes déploient pour dépeindre ce que fut leur riche vie. Toutes ces légendes mêlées à la réalité, sont fascinantes et font parfois sourire mais qui dans le passé ont embrouillé même les plus savants. En voici trois exemples parmi tant d’autres et comme l’a souvent dit Claude, « nos commencements ne furent pas aussi petits qu’on a souvent affecté de le répandre dans le public. »
Avertissement au lecteur :' L’orthographe des textes qui sont reproduits dans cette étude a été scrupuleusement conservée et respectée. Elle pourra donc surprendre le lecteur, mais cela montre que la langue française, comme toute autre langue d’ailleurs, a continuellement évoluée.
On faisait alors un grand usage de la lettre « y » Le Roy, moy luy, ainsi que du « h » Anthoine etc. Par contre il n’y avait pratiquement pas d’accents ni de ponctuation. Pour la compréhension des textes, il a été ajouté une certaine ponctuation et des majuscules, dont l’emploi était à l’époque des plus fantaisiste. Ce n’est que récemment, pratiquement au 19e siècle, que la grammaire française a fixé définitivement le rôle des accents, de la ponctuation, et des accords auxquels nous sommes habitués, alors que le lecteur ne soit pas trop surpris par les textes présentés. De plus de nombreux mots ont disparu : les unités de mesure, remplacées par le système métrique à la Révolution, le nom des objets, des cultures, des animaux, des tissus…
Biographie
(Discours et réception de M. le Comte de Crécy à l’Académie Delphinale. Archives départementales PER 942/99 )
« Jehan Trenonay, natif de Tours, vint s'installer à Moirans à la suite d’un mariage dauphinois. Il est élu consul en 1590. Il transforme en auberge une partie du logement peu étendu (une modurière et demi soit 200m carré au sol) qu’il avait édifié sur un terrain loué aux Cordeliers. L’auberge est à la porte de la montagne et les Cordeliers sont fils de St François, d’où peut-être le libellé de l’enseigne « A la Montagne de St François » Jacques, son fils, châtelain de Moirans en 1643, époque ou la peste ravage la ville, avait arrenté l’auberge à un professionnel, veuf de bonnes heures de Catherine Berlorin, il épouse en secondes noces Aymare Dufresne, fille d’un maître de Poste du Pont-de-Beauvoisin. » Dont un fils Abel et une fille Justine.
Preuve de la filiation Paris...
1603 : Requête présentée aux commissaires chargés de procéder à la réunion du domaine par Jonas Paris, fils et héritiers d’Antoine Paris, notaire royal, lequel avait acquis le greffe de Moirans à Isabeau de Jacquellin, veuve de Joffey Richard (qui lui-même l’avait acquis en 1573)
Testament d’Antoine Paris, notaire royal, le 5 novembre 1602, estant destenu dans l’infirmité de malladie corporelle. ( plus ou moins lisible) (Source : Archives Départementales de l’Isère série B 4546)
Maître Eymin, notaire (A.D.I 3 E 1627)
Investiture et quittance passé par Anne Rozier vefvue de feu Me Jean Trenonay (folio 13) Quittance par Anne Ronzier, comme héritière des droits seigneuriaux du prieuré de Moyrans à Claude Roche (folio 30 et 45) Transaction d’entre damoiselle Laurence Morard vefvue de Jonas Paris en qualité de mère et administresse de Louize, Jeanne, Isabeau , Antoine et Justine Paris d’une part et Anthoine Paris d’autre (folio 128 et 182) Compromis d’entre honneste femme Françoise Marchand vefvue de feu sieur Anthoyne Paris, mère et curatrice de ses enfants d’une part et les consuls et communauté de … (folio 182)
Contrat de mariage de Jean Paris et Justine Trenonay
Au nom de Dieu soit que l’an de grace mil six cent soixante cinq et le vingt sixième jour de moys de may appres midy par devant moy notaire royal dalphinal héréditaire escripvant soubsigné et présent les témoins soub nommés se sont establit en leur personne sieur Jean Paris fils de feu Thomas, marchand du lieu de Charnècles mandement de Rives habitant à Moyrans d’une part et damoiselle Justine Trenannay fille de sieur Jacques chastellain du dit lieu de Moyrans et de damoiselle Eymare du Fresne du dit Moyrans d’autre, lesquels de leur bon gré et l’advis et conseil de leurs parents et amis cy bas nommés, mesme le dit sieur Paris de l’advis de damoiselle Marie Trollier sa mère et sieur Pierre Trollier procureur héréditaire en la Cour et de sieur Augustin Trollier ses oncles maternels et de sieur Estienne Paris son frère et la dite damoiselle Trenannay de l’advis de ses père et mère et autres parents et amis soub nommés tous icy present, se sont promis se prendre et espouzé l’un l’autre du premier requerant. Vu qu’ils n’ont faict par le passé ny pretendent faire à l’advenir aucune chose quy puisse empecher l’effet et célébration du présent mariage et parcequ’il est de coustume de payer et dotter leur femme pour plus facillement supporter les charges du mariage et à cette cause c’est estably en personne le dit sieur Jacques Trenannay père de la dite future espouze, lequel de son bon gré a donné et constitué en dotte à la ditte damoiselle Trenannay sa fille future espouze et pour elle au dit sieur Paris son futur espoux à sçavoir la somme de deux mille quatre cent livres et la somme de trois cent livres pour habits, bagues ou fardel, payable la dite somme de deux mille quatre cent livres ensemble le dit fardel le jour des noces, comme aussy c’est personnellement establie la dite damoiselle du Fresne mère de la dicte future espouze laquelle de son bon gré et ayant le présent mariage agréable et de l’advis du dict sieur Trenonnay son mary, a donné et constitué en augmentation de dotte et pour elle au dit sieur Paris futur espoux, à sçavoir la somme de trois cent livres payable aussy le jour des noces lesquelles constitutions et dotte faicte par les dits sieur Trenonnay et du Fresne mariés, des sus dites sommes pour tous droicts paternels et maternels en quoy qu’ils consistent lesquels la dite future espouze à l’advenir et son dict futur espoux a quitté ses dits père et mère de tous droicts et prétentions qu’elle pourroit avoir de présent et à l’advenir sur leurs biens. Comme aussy le dit sieur Paris futur espoux a donné à la dite damoiselle Trenonnay sa future espouze pour bagues et joyaux la somme de quatre cent livres de laquelle somme la dicte future espouze en pourra disposer à la vie à la mort au profit de quy bon luy semblera et parce que touttes constitutions de dotte requier augment à ceste cause se sont establie les dicts futurs mariés lesquels de leurs bons grés de l’advis que dessus se sont donner pour augment en survie, sçavoir le dict futur espoux à la dite damoiselle future espouze pour augment et survie la somme de quinze cent livres et réciproquement la dicte future espouze a donné la somme de sept cent cinquante livres desquels augments et survie les dits futurs mariés n’en pourront dispozés qu’en faveur des enfants qui naitront du présent mariage, et en cas de restitution de dotte advenant que Dieu ne veulle, le dit futur espoux a promis d’icelle rendre et restitué à quy de droict appartiendra. Ainsy promis, juré par les dictes parties avoir et maintenir tout le contenu au présent et ne venir au contraire directement et indirectement en jugement, le tout à paine de tous despans dommages et interets, soubs et avec les autres clauzes en tel cas requisent, faict et passé au dit Moyrans, maison du dit sieur Trenonnay en présence des sus nommés et de messire Simond du Faure, prieur de Montrond et curé du dit Moyrans, messire Gaspard de Simiane seigneur de la Coste de Moyrans, mareschal de camp et armée de sa Majesté et lieutenant général de l’artillerie de Dauphiné, Me Sébastien Pellissier procureur héréditaire en la Cour de Parlement, monsieur Me François Pellissier advocat en la Cour, sieur Estienne Paris Treffonds fils de feu Anthoine, sieur Anthoine Paris fils de feu François, tous du dit Charnècles, Me Jean Teyssier procureur héréditaire en la Cour de Parlement, Me Henry Barnier notaire royal du dict Moyrans, monsieur Me Pierre Flamman docteur en médecine, sieur Jacques Revol et honneste Anthoine Bonardon praticien de Vourey, tesmoingts requis et signes en l’original avecq les dites parties et donnateur sauf la dicte damoiselle du Fresne pour ne sçavoir escrire de ce enquis et requis, aussy Paris, Justine Trenonnay, Marie Trollier, Sr Trennanay ,Faure curé de Moyrans, de Simiane, Flamman, Trollier, Trollier, Paris la Montagne.
Acte de mariage Jean Paris et Justine Trenonay du 26.5.1665 à Moirans
« Ce sixième jour de juin mil six cent soixante cinq j’ay espousé sieur Jean Paris fils de feu Anthoine et de dame Marie Trollier, mariés, marchand de Charnecles habittant à Moyrans et Justine Trenannay fille de sieur Jacques châtelain de Moyrans et de damlle Eymare du Fresne mariés, ensuite de la disppence de monseigneur l’évesque prince de Grenoble de deux bans en datte du second present mois et an et neanmoingt appres une proclamation que j’ay cy devant faite et ce fait en presence du dit sieur Trenannay père de la dite Justine, sieur Pierre Lovat oncle de la dite Justine, Me François Pelissier advocat à la Cour ,Me Jean François du Fresne, sieur Augustin Trollier oncle du dit Paris, Sr Anthoine Paris et sieur Jean Trenannay cy soubsigne avec les dits époux. »
Jean Paris et Justine Trenonay sont tous deux issu de la bourgeoisie d’une petite ville du Dauphiné. Ce fut comme le dira un des ses fils un mariage arrangé. Jean dit la Masse, du nom d’un domaine sis à Charnècles est un marchand bourgeois, donc un négociant en gros qui fait en même temps de la banque de façon limitée. Ces deux fonctions étant inséparables au XVIIe siècle. Il est fils de Thomas Paris, lui-même marchand et ses deux frères Etienne et François sont aussi marchands. Une affaire de famille en quelque sorte. Sa mère Marie Trollier est d’une honorable famille de Moirans.
Ce douziesme febvrier 1668 j’ay baptisé Anthoine Paris fils de Jean et de Justine Trenonay la Montagne de la paroisse de Moirans, le parain Antoine Paris et la maraine damoiselle Marie Trollier, le sus dit anfan né le mesme jour du dit mois à sept heures du soir, le tout fait en présance de sieur Pierre Paris de Treffont, sieur Estienne Paris d’Avancourt, sieur François Paris et sieur Pierre Aguillion et de sieur Louis Laguillionniere.
Le douziesme aoust 1670, j’ay baptisé Claude Paris fils de Jean Paris marchand habitant Charnècles et de damoiselle Justine Trenanay le sus dit fils né le sept du presant mois à dix heures du mattin. Le paraing Sr Claude Morard, marchand de Voyron, la marraine damlle Catherine Eymin femme de Pierre Lovat de ce lieu.
Testament d’Aymare du Fraisne
Me Lovat 3 E 1985 (A.D.I ) Extrait : 16.2.1675 Testament de Aymare du Fraisne femme de sieur Jacques Trenaunay, bourgeois de Moyrans, laquelle estant destenue de malladie corporelle estant dans son lit, bien dispozé des ses sens mémoyre et entendement. Elle a fait son dernier testament nuncupatif. Ordonnant la sépulture de son corps dans l’église parrochialle du dit Moyrans Donne et lègue à messire Pierre Chomel, prestre, la somme de onze livres, le priant de prier Dieu pour le salut de son ame Donne et lègue à la chapelle du Rosaire, la somme de onze livres, pour réparation de la ditte chapelle. Lègue au couvent de St Francois la somme de six livres pour douze messes qui seront célèbres par les prestres Donne au couvent des reverents pères Capucins de Grenoble la somme de onze livres pour prier Dieu pour le salut de son ame. Donne et lègue à Louyse Trenaunay sa fille religieuse au monastère de Ste Ursule de Tullins, la somme de onze livres. Item donne et lègue au père Joseph Trenaunay religieux de l’ordre de St Anthoyne, son autre fils la somme de vingt deux livres. Item donne et lègue à Abel Trenaunay son autre fils la somme de cinq cent livres. Item donne et lègue à Catherine et Justine Trenaunay ses filles et femmes de Me Sébastien Pelissier, procureur héréditaire en la Cour de Parlement Aydes et Finances de Dauphiné et de Jean Paris, marchand de Moyrans, au chacune d’elles la somme de troys cent livres quelle leur à constituée à la chacune en leurs contrats de mariage, et cent livres payable une année après son décès. Outre donne et lègue à la chacune d’icelle une ou deux chayne d’or qu’elle a, dont elle confie le choix à l’aynée. A fait créer et instituer pour son héritier universel monsieur Me Jean Tranaunay son autre fils, advocat au dit parlement.
Joseph né le jour d’hier (9 avril 1984) a esté baptisé ce dixiesme des sus dits. Parrain monsieur Me Joseph Devoyse advocat en parlement et la marreine damoyselle Justine Lovat.
Ce premier aoust mil six cent quatre vingt dix est né Jean Trenanay et a esté baptisé le troisiesme de ce mois. Parrein sieur Anthoine Paris advocat en parlement, marreine damoyselle Marie Fayolle de Grenoble.
Ecrit de M. Rochas...
C’est en 1690, pendant la guerre faite par le maréchal de Catinat à Victor-Amédée, duc de Savoie. Le service des vivres avait été établi en Dauphiné et le munitionnaire Jacquier y fut envoyé en qualité de directeur général. Arrivé à Grenoble vers la fin de décembre, celui ci ne tarda pas à s ‘apercevoir qu’il lui était impossible de remplir les instructions dont les ministres l’avaient chargé. Les grains des frontières d’Italie consommés pendant la dernière campagne n’avaient point été remplacés ; la rigueur de l’hiver rendait les rivières impraticables, et, eussent-elles été navigable, il n’y avait sur l’Isère que 18 bateaux, à peines suffisants pour le service des gabelles et les besoins de la province. Jacquier confia son embarra à l’aubergiste Paris, homme actif et intelligent et lui demanda conseils. Antoine Paris son fils aîné, âgé de 22 ans se rendit à Lyon, propose aux magistrats de céder les blés conservés dans les magasins, à condition qu’ils seraient remplacés immédiatement après le dégel par ceux que les glaces retenaient en Bourgogne. On dispose le transport par terre, six mille sacs couvrent le chemin de Grenoble. Pendant que cette opération s ‘exécute, le jeune Claude Paris est déjà dans le Vivarais, où il achète mille mulets destinés aux équipages de campagne ; ils arrivent en Dauphiné, chargés de 3000 sacs de blé. La rigueur de la saison rendait toujours les rivières inutiles. Cet obstacle va disparaître ; les bateaux marchent par convois : cent hommes leur ouvrent un canal en rompant la glace. Pour augmenter la navigation, on abat les forêts des montagnes de Sassenage. Les bois nécessaires à la construction de 200 bateaux descendent dans la plaine ; il arrive des chanvres de toutes parts, on les convertit en cordages, ailleurs, on prépare des tentes, tandis que les voitures déchargent les ferrements. Les 200 bateaux furent en pleine navigation en quelques semaines. Les services que l’activité et l’intelligence d’Antoine et de Claude Paris venaient de rendre, ne furent pas de suite récompensée malgré que le munitionnaire, avec une loyauté assez rare eût cherché de leur en laisser tout le mérite. ( Ils avaient excité la jalousie de Bouchu, intendant du Dauphiné.
Sources : A.D.I ROCHAS : biographie du Dauphiné d’après Luchet, Histoire de messieurs Paris.
Ecrit d’Antonin Macé de Lespinay...
Professeur d’histoire à la faculté des lettres de Grenoble.
Avril 1863, Messieurs...,
La communication que j’ai l’honneur de vous faire parvenir aujourd’hui n’est pas un travail complet sur les quatre célèbres frères dont l’influence a été si considérable pendant le XVIIIe siècles. Ce n’est à bien dire, que le plan, le programme, le prud’homme d’un travail bien plus étendu que je prépare et médite depuis longtemps, pour lequel j’ai rassemblé déjà de nombreux documents, mais pour lequel il reste encore beaucoup à recueillir et que j’exécuterai quelques jours, aussi promptement et aussi complètement que je le pourrai. Voici comment m’est venu l’idée de ce travail, en étudiant, pour mes leçons de cette année, les écrivains du XVIIIe, les mémoires de Duclos, du marquis d’Argenson, de Saint Simond, du duc de Luynes, la correspondance de Voltaire et le journal de Barbier, les historiens de la même époque, Mouffle, d’Augerville, Lacretelle, Lemontey, Sismondi , M.M. Martin, Thiers et Levas pour une partie. Je rencontrais à chaque pas, le nom, l’action, l’influence de ces quatre illustres financiers dauphinois, important et influents, non pas seulement comme financiers, mais comme personnages politiques, liés avec tous les hommes éminents du dernier siècle, protégés dans les premières années par le duc de Bourgogne, et qui, après avoir été tous puissants sous le ministère de M. le duc de Bourbon furent plus tard correspondants du maréchal de Richelieu, du comte de Saint Germain, du cardinal de Bernis, protégés de la duchesse de Châteauroux et de Mme de Pompadour. Furent les protecteurs de Voltaire et de Beaumarchais. D’un autre côté, en lisant ce qu’en disent, soit les contemporains soit les écrivains plus récents, je rencontrais d’étranges contradictions, je ne dis pas seulement dans le jugement qu’ils portent sur le compte des quatre illustres frères, sur leur rôle politique et sur les résultats de leurs mesures, ce qui n’a rien d’étrange, et il n’y a pas un homme politique ayant joué un certain rôle sur le compte duquel nous ne rencontrions pas des jugements tant aussi opposés, mais ce qui est plus bizarre, sur le lieu de leur naissance, sur leur origine, sur le point de départ de leur fortune financière ou politique, sur les mesures que l’on doit réellement leur attribuer, soit pour leur en faire un titre de gloire soit pour en faire contre eux des chefs d’accusations. Ceci m’inspirait de plus en plus le vif désir de voir claire dans toutes ces questions, et d’apprécier enfin avec l’impartialité que nous pouvons montrer aujourd’hui, nous qui sommes si loin de tous ces faits et étrangers aux passions qu’ils suscitaient, quatre personnages historiques qui assurément quelque puisse être le jugement définitif porté sur leurs comptes, ne furent pas des hommes médiocres et qui tiennent un des premiers rangs dans la galerie des hommes d’Etat du XVIIIe siècles… J’eu la bonne fortune de rencontrer un de mes collègues de l’Académie Delphinale, un archéologue très distingué, M. Fernand de saint Andéol, appartenant comme une foule de personnes de nos contrés à l’une des branches de la famille Paris et qui a mis à ma disposition un mémoire manuscrit très précieux, très curieux, adressé par l’un des quatre frères, Paris la Montagne, au cardinal Fleury, après la disgrâce dont ils avaient été frappés en 1726 et après la chute du duc de Bourbon et de Mme Prie sous lesquels ils avaient été puissants…….. A ces premiers documents, très précieux et très utiles, sont venus s’en joindre d’autres. M. Gabriel, conservateur de la belle et riche bibliothèque de Grenoble, m’a confié un magnifique volume manuscrit de sa bibliothèque particulière, rédigé également par Paris la Montagne, qui paraît avoir été l’écrivain de la famille quoiqu’il ne fut pas bien fort sur l’orthographe et dans lequel on reprend, en 1729, la plus part des faits contenus dans le manuscrit de saint Andéol, mais avec plus de développement et sous une autre forme, attendu que le manuscrit de M. saint Andéol est une apologie de la conduite politique et financière des frères Paris adressé par l’un d’eux au cardinal de Fleury tandis que celui de M. Gabriel est un discours de Paris la Montagne à ses enfants sur sa conduite et celle de ses frères dans les principales affaires politiques auxquelles ils avaient pris part. Enfin M. Boclu m’a confié 15 lettres originales du plus célèbres des quatre frères, Paris Duverney, écrites en 1742 et 1743, c’est à dire pendant la terrible guerre pour la succession d’Autriche, à plusieurs officiers généraux, lettres ou l’illustre financier ne se borne pas à donner d’utiles renseignements pour l’approvisionnement des armées engagées en Bohême, questions qu’ils connaissaient mieux que personnes, mais ou il trace des plans de campagnes et des opérations stratégiques, ce qui était une de ses manies dont le maréchal de Noailles, se moquait, comme nous le verrons dans une anecdote rapportée par Duclos et d’Argenson…… Jean Paris était un riche bourgeois et consul de Moirans, c’est à dire maire de sa commune, que leur mère Justine Trenonay La Montagne, était fille de notaire. Le plus célèbre, Joseph Paris Duverney ( du nom d’une propriété et non pas comme le prétend Barbier, de son habileté à nettoyer les verres du cabaret.) La Biographie Universelle, sans que l’on puisse deviner ou elle est allée chercher ce fait, place le lieu de la naissance des Paris, à Moras, localité du département de la Drôme, suivie par plusieurs historiens. C’est bien autre chose encore lorsque l’on étudie le très piquant, le très curieux mais très méchant récit de Saint-Simon, que tout le monde sait par cœur, sur l’origine de la fortune des célèbres financiers, et toute cette mise en scène si piquante à laquelle il ne manque qu’une toute petite chose, la vérité que l’écrivain, grand seigneur, a imaginé avec un art inimitable. « Ils étaient, quelques années auparavant, au commencement du siècle, lors des premières campagnes de la guerre de succession d’Espagne, quatre grands garçons bien faits, aidant leur père à servir les voyageurs dans un cabaret esseulé, ayant pour enseigne « A La Montagne » et situé au pied des Alpes, ce fut dit Saint-Simon, le point de départ de leur fortune. A des commis fort embarrassés pour faire passer des vivres à l’armée du duc de Vendôme en Italie ou les chemins sont longs et difficiles, qu’eux seuls connaissaient et par lesquels ils dirigeaient des convois qui sauvèrent l’armée, alors les munitionnaires s’intéressent à eux, le duc de Vendôme les prie sous sa protection, et peu à peu, entreprenant pour leur propre compte, ils commencèrent leur prodigieuse fortune » Voilà le petit roman, sur lesquels Duclos, Barbier, Bresson, Thiers, Martin, Levasseur et Clément ont écrit des variantes…. Les quatre frères ne furent pas eux-même les auteurs de leur fortune ; leur père en avait acquis une déjà considérable à une époque ou Paris Duverney n’avait que six ans et ou Paris Montmartel était à peine né. Dés 1690, au moment ou Catinat, alla dans le Piémont gagner la victoire ; Jean Paris père, avait pris la charge d’approvisionner l’armée de l’illustre maréchal, que lui et ses deux fils aînés, âgé l’un de 22 l’autre de 20 ans, avaient acheté des bleds dans le lyonnais, le Vivarais et le Dauphiné ; qu’ils établirent des moulins sur l’Isère, achetèrent des mulets, construisirent jusqu’à 500 bateaux avec des bois abattus par eux dans les montagnes de Sassenage, ils eurent jusqu’à 800 employés sous leurs ordres, qu’ils firent venir des mariniers d’Arles et de Marseille, que la navigation sur l’Isère devine grâce à eux, si active, que les classes de la marine établies par Colbert purent se lever sur cette rivière ; que se fut grâce à eux, que l’on put approvisionner non seulement l’armée de Piémont, mais celle que sous les ordres de St Rutt, d’abord, puis de Catinat, fit pendant 15 mois le siège de Montmélian et que dès 1690 Louvois, sur le rapport de Catinat nomma Jean Paris et ses deux fils aînés directeurs des vivres. Cela ne ressemble guère à de pauvres hôteliers que Saint-Simon nous représente tenant un cabaret esseulé avec ses quatre fils, au pied des Alpes, tant loin de tous villages et de tous hameaux, c’est moins piquant ; soit, mais c’est plus réellement grandiose. C’est l’histoire à la place du roman. En 1693, lors de cette terrible famine qui inspira Fénelon, cette éloquente, terrible et en grande partie injuste lettre qui fit tant de bruit lorsqu’il y a une quarantaine d’années M. Renouard en acquis l’original dans une vente, les Paris furent les sauveurs du Dauphiné, où ils firent répandre à prix raisonnable des blés qu’ils faisaient acheter sur les côtes de la Mer Noire, venir à Marseille et de là, les transporter dans leur province natale…. (Source : bibliothèque Lyautey Grenoble R 7540)
Ecrit de Claude Muller (Les mystères du Dauphiné )
Quand Jean Paris, qualifié d’obscure aubergiste, par le mémorialiste Saint Simon, épousa Justine Trénonay en 1665, il ne se doutait certes pas que de ce mariage allaient naître des enfants qui connaîtraient une vie exceptionnelle, devenant immensément riches, pesant de tout leur poids sur les destinées de la France. Jean, surnommé de la Masse, avait vu le jour à Charnècles, son union avec Justine arrangeait bien ses affaires : elle lui apportait, outre ses charmes personnels, une jolie dot de trois mil livres. Elle était la fille aînée de Jacques Trenonay, dit la Montagne, châtelain de Moirans, qui avaient eu quatre enfants de son mariage avec Jeanne Aymard Dufresne. Jacques laissa à son gendre la belle maison d’habitation et l’hôtellerie Jacques Trenonay cède à sa fille Justine et en toute propriété l’auberge avec ses dépendances, remises, écuries, jardins, réservoir, glacière. Il est donc très évident que pendant dix ans, depuis son mariage jusqu’à la mort de son beau-père, le père des célèbres financiers à joui de l’auberge, comme représentant une partie de la dot de sa femme et que, après la mort de Jacques Trenonay, en vertu du testament de celui-ci, il en est devenu propriétaire. Quel usage en a-t-il fait ? L’a-t-il loué, l’a-t-il exploité par lui-même comme moyen de mourir et d’élever sa très nombreuse famille. Nous n’avons aucun moyen de résoudre ces questions, quoique nous soyons fortement tentés de croire que Jean Paris ne dut se faire aucun scrupule d’exploiter par lui-même une auberge qui se trouvait sur la route de Valence et de Lyon à Grenoble, sur le passage des troupes qui se rendaient en Savoie et en Italie, qui avait enfin toutes ces dépendances énumérées dans le testament de Jacques Trenonay. Le maître d’une semblable auberge était assurément une sorte de personnage, pouvant faire de très bonnes affaires et de fructueuses spéculations. Que Jean Paris ait ou non exploité par lui-même l’auberge, il avait en 1690, au moment d’atteindre sa soixantième année, acquis dans toute sa province une grande réputation d’honneur et de connaissances et ce fut pour cela que les fonctionnaires chargés par le roi de l’approvisionnement de l’armée qui allait agir en Savoie et en Italie s’adressent à lui, Jean Paris, qui vraisemblablement n’en était pas à ses premières spéculations, se chargea, comme l’explique son second fils Claude, d’acheter des blés en Auvergne et en Bourgogne, de disposer des moyens de montures pour ces grains sur toutes les routes d’eau et de terre par des voitures sur les routes et des bateaux sur l’Isère. Pour toutes ces opérations, qui exigeaient assurément des avances considérables de fonds et qui supposent qu’il y a déjà une belle fortune acquise. Les approvisionnements de l’armée de Catinat, avait permis à l’illustre maréchal d’agir avec vigueur, de remporter par lui-même, le 18 août 1690, la victoire de Staffarde et de faire opérer par son lieutenant, St Rutts, la conquête du duché de Savoie à l’exception de la forte place de Montmélian…. …. La disette, pointait horriblement son nez une fois de plus…bien organisée, la famille Paris ne baissa pas les bras. Elle fut la seule à réagir efficacement ; la misère, la disette ça se combattait. Antoine, courageusement se rendit à Lyon à la tête d’un convoi ‘de chevaux ferrés’. Parallèlement, Claude organisa une longue caravane de mille mulets jusqu’en Vivarais…. De leurs expéditions, ils retirèrent une notoriété qui allait sans cesse s’amplifier et l’armée reconnaissante, les intégra rapidement dans son service de l’intendance. En 1704, Antoine devenait directeur général des vivres pour l’armée des Flandres, son frère Claude faisant fonction de trésorier général du même service. Tous d’eux se firent brillamment remarquer par leur efficacité et leur zèle après la bataille funeste de Ramillies en 1706. Dans le même temps, les deux cadets, Joseph et Jean entraient aussi dans l’armée. Le 13 mars 1706, Antoine épousait Marie Elisabeth de la Roche, fille d’un célèbre écuyer commandant les gardes-chasses du roi. Deux ans plus tard, le 14 janvier 1708, Claude se mariait avec Elisabeth, sœur de Marie-Élisabeth, resserrant ainsi encore les liens de famille, la consolidant aussi sur le plan des relations et de la renommée. En 1708, après la défaite d’Audenarde, Antoine et Claude parvenaient à ravitailler correctement une partie importante de notre armée qui se retrouvait sans équipage, sans argent, sans nourriture, coupée et isolée par l’ennemi. (Antoine emprunta à Gand et à Anvers 100 mille écus, qui lui permirent de fournire des subsistances pendant un mois.) En 1709, le maréchal de Villars leur confiait une nouvelle mission périlleuse et cette fois-ci se furent les quatre frères qui opérèrent ensemble, se faisant aider par de riches financiers. (Après le renvoi de Chamillard, ministre de la guerre, et à force de prévoyance, de combinaison et de zèle, les soldats eurent pendant cinq mois une demi-ration par jour. Les Paris continuèrent à être chargé des vivres pendant les campagnes suivantes et réussirent à faire face à toutes les nécessités à l’aide de leurs propres crédits.) Ravi et comblé, Louis XIV accorda désormais une estime exceptionnelle à cette famille dauphinoise, qui devint en peu de temps une des plus célèbre du royaume. Il n’y a pas de mystère sur la manière dont ils ont accumulé leurs biens. Ce n’est pas au détriment de l’Etat, de l’armée ou encore des producteurs, qu’ils devinrent immensément riches. Ils allaient directement acheter les productions des agriculteurs, même si ces derniers étaient éloignés. Tout en se réservant serte une part non négligeable des bénéfices, les Paris surent faire profiter l’Etat et l’armée de leur savoir-faire. En aucun cas ils ne pouvaient être considérés comme malhonnête. Mais leur réussite fulgurante dans ce marché quasiment vierge, provoque bien des jalousies, et les jaloux allaient profiter du petit flottement politique provoqué par la mort du roi en 1715 et l’arrivé au pouvoir du régent Philippe d’Orléans, ( Louis XV n’ayant que cinq ans) Une commission spéciale les condamne à payer une taxe de deux cent mille livres, mais leurs réputations ne s’en ressentit nullement. La peste apparue en Provence en 1720, causant d’épouvantables ravages. Le mal progressait dangereusement, menaçant de s’étendre à d’autres provinces. Le gouvernement après avoir crée un Conseil de Santé, fit appel une nouvelle fois aux frères Paris. Très méthodiquement, ils établirent un vaste « plan de soulagement » réunissant les receveurs généraux des finances et obtenant d’eux la somme de trois millions de livres qui leur permit d’exécuter correctement leur projet, faisant apporter partout médicaments et aussi ravitaillement, des vêtements et des linges propres, envoyant en Provence pour mettre en place leur plan des hommes de confiance, des médecins et des religieux pour assurer les soins, et la peste fut vaincue ! Joseph fut promu au titre de secrétaire des commandements du Premier ministre, le duc de Bourbon. Il acheta le château de Plaisance à Nogent-sur-Marne et devint conseiller d’Etat. Antoine se rendit propriétaire du château et du titre de Comte de Sampigny, devenant également baron de Dagonville. En 1722, il acheta au prix d’un million de livres la charge de garde du trésor royal, crée la même année. Il s’en démit en faveur de Jean en 1724, il fut alors nommé Conseiller d’Etat et trésorier général des finances de la province du Dauphiné. En 1726, la disgrâce du duc de Bourbon entraîna celle des quatre frères. C’est le cardinal de Fleury qui le remplaça, il céda avec plaisir aux sollicitations de leurs adversaires et, et juin, les fit exiler en quatre lieux différents. Antoine en Périgord, Claude en Dauphiné, Joseph à Saumur, et Jean à Vitry-le-François. Le cardinal voulut éliminer celui qu’il jugeait le plus coriace : il fit jeter Joseph à la Bastille le 28 août 1726. Le parlement de Paris reçut l’ordre d’instruire le procès. Après sept mois d’enquêtes acharnées tout le monde dut se rendre à l’évidence : peut-être les frères Paris n’étaient-t-ils pas des saints, mais en aucun cas ils n’avaient commis de malversations. Afin d’éviter des troubles dans le peuple qui ne comprenait pas cet acharnement, le cardinal dut faire libérer Joseph, qui cependant restait exiler de Paris. Il se retira dans son château de Plaisance, profitant de ce séjour forcé pour acclimater pour la première fois en France un ananas, mettant ce fruit à la mode et faisant aussi pousser le premier magnolia de la royauté. L’exile ne fut pas de longue durée, en 1728, à la mort de Leblanc, ministre de la guerre, on lui permit, ainsi qu’à ses frères, de revenir à paris. Mais Antoine allait s’éteindre dans son château de Sampigny, en Lorraine, en 1733. Les trois frères participèrent à nouveau aux affaires financières et économiques. Et lorsque le cardinal de Fleury mourut en 1743, ils retrouvèrent la même influence qu’auparavant. Joseph non seulement réglait toutes les affaires financières, mais aussi toutes celles concernant les opérations militaires, ce qui ne plus pas particulièrement au vieux maréchal de Noailles, qui le surnommé avec mépris « général des farines » Cela faisait en revanche sourire la marquise de Pompadour, qui paraît-il lui dédia la chanson « Nous n’irons plus au bois. Mais cela ne l’empêcha point d’entraîner la France, par ses conseils, dans la guerre de sept ans, et d’être à l’origine de la création de l’école militaire de Paris, dont il avait conçu le projet pendant le ministère du duc de Bourbon. » (Source B.Lyautey)
Tout semble avoir été dit et écrit sur les frères Paris, alors je vous parlerais que de leur présence dans la province du Dauphiné, grâce à leurs correspondances, aux actes notariés, aux archives du Bureau des Finances du Dauphiné, aux registres paroissiaux et autres archives privés.
Jean Paris dit la Masse était un homme vaillant et entreprenant, mais il n’avait personne pour le soutenir, son père Thomas était mort n’ayant laissé qu’une maigre fortune. Une seule de ses soeurs pu lui être utile, en effet Marie avait épousé Claude Fayolle, huissier à la Cour des Comptes de Dauphiné. Pour un marchand, cette parenté représentait un certain intérêt. Et dans ce siècle , la base et le fondement de toute entreprise, était la famille au sens large, avec ses alliés et ses clients. Jean trouvera l’argent et les relations grâce à son mariage avec Justine qui possédait une dot de 2700 livres. Versé en liquide, cette dot put l’aider dans ses affaires. Son père, Jacques Trenonay portait le titre d’avocat au parlement, il avait donc des relations au niveau le plus élevé de la province. Il était de même châtelain, capitaine de Moirans, c’est à dire responsable d’une capitainerie (territoire de chasse : le châtelain était un juge inférieur au bailli, souvent chargé des chasses.) Il avait aussi des compétences financières, présidait les assemblées de la communauté au cours duquel étaient désignés les consuls.
Jean Paris fut peu doué pour tenir les comptes, c’est Justine Trenonay sa femme qui les tient pour lui et elle fut aussi une parfaite aubergiste. N’oublions pas qu’au XVIIe et XVIIIe siècles, les femmes françaises de la bourgeoisie, dirigeaient une foule de commerces et de petites entreprises. Le couple s’aimait fortement et eurent 16 enfants en 24 ans ce qui signifie qu’en plus de ses qualités morales ,Justine était d’une résistance physique peu commune. Six enfants seulement dépassèrent leur vingtième année, les quatre frères, Antoine, Claude, Joseph, et Jean ,Thérèse religieuse chez les Ursulines de Moirans et Marthe qui épousa Joseph Nugues, avocat au parlement, demeurant à La Buisse. Elle en eut 12 enfants en 16 années et moins robuste que mère, en mourut en 1711. Son mari la suivit dans la tombe en 1718.Les quatre frères s’occupèrent des orphelins, les garçons rentrèrent presque tous dans l’administration des finances ou dans les vivres. Les filles épousèrent des munitionnaires ou des officiers de finances. En 1690, Jean Paris était devenu un marchand étapier sérieux et considéré. Il avait de nombreuses relations dans les milieux administratives et militaires. Antoine et Claude ont 22 et 20 ans. Ils ont fait des études de droit pour pouvoir porter le titre d’avocat au parlement de Grenoble.
Etre avocat
Les étudiants en droit de Grenoble avaient globalement le choix entre les universités de Valence et d’Orange : la seconde a rapidement acquis une réputation de facilité pour l’obtention des diplômes, ce qui valait des remarques sarcastiques concernant les avocats « à la fleur d’Orange » Les jeunes avocats acquéraient aussi les connaissances en droit nécessaires souvent auprès de leurs parents-père, oncle, cousin- chez un procureur ou encore un confrère plus âgé. Une fois les études en droit terminées-avec l’obtention du diplôme, le jeune avocat va pouvoir et devoir être immatriculé auprès d’une Cour de Justice, il est tout simplement reçu lors d’une audience et son nom marqué sur un registre, une « matricule » le tout assorti du paiement de divers droits. Son activité est variée, plaider, écrire, consulter. (Bernard Gerin : Rendre la justice en Dauphiné 1453-2003 ; Presses universitaires de Grenoble.)
Pilot de Thorey (bibliothèque Lyautey R 7906 n° 378, notice biographique sur les avocats)
Inscription auprès de la Cour de parlement de Grenoble Août 1668 Trenonay Jean dit la Montagne 26 Avril 1689 Paris Antoine (il a 22 ans) 4 May 1691 Nugues Joseph (beau-frère des frères Paris) On peut logiquement penser qu’Antoine à fait ses armes auprès de son oncle Jean Trenonay ou bien un des témoins à la signature du contrat de mariage de Jean Paris dit la Masse et Justine Trenonay, à sçavoir : François Pellissier, avocat en la Cours, Sébastien Pellissier, procureur hérèditaire.
La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697)
L’entrée en guerre A Versailles, Louvois pousse le roi à prévenir ses adversaires potentiels. Un ultimatum est envoyé à l’Empereur, le 24 septembre 1688. Mais sans attendre une réponse, dès janvier 1689, les armées françaises occupent l’électorat de Cologne et entre dans le Palatinat. Spire, Worms, Heilbronn, Heidelberg, Mannheim, la capital de l’électeur palatin, sont méthodiquement ravagées. Louis XIV apparaît aux yeux de l’Europe comme un tyran sanguinaire, et les partenaires de la Ligue d’Augsbourg entrent progressivement en guerre. En 1690, le duc de Savoie, dont les territoires ont été envahis par l’armée de Catinat, adhère lui aussi à la coalition. La guerre générale s’ouvre au printemps 1690 : la France est seule contre l’Europe coalisée. Sur terre à chaque printemps, s’ouvre une campagne qui se déroule sur un point fort sans que jamais les attaques soient générales ni les batailles décisives. (Hélène Duccini : Histoire de la France au 17ième siècle)
Actes d’assemblée
Du dimanche cinquième jour du mois de novembre mil six cents quatre vingt dix du lieu de Moyrans en la place publique lieu accoustumé à tenir assemblée par devant nous Pierre Richard, chastellein du dit lieu escrivant le secrétaire greffier de la dite communauté avec nous soubsignés seroit comparu Sr Joseph Reynaud consul moderne du dit lieu adcisté de Me Jean Bonardon notaire de Grenoble et sindicq des forins de la dite communauté, de Me Jean Devillier notaire du dit lieu, Sr Abel Trenonay bourgeois du dit lieu, Sr François Martel aussy bourgeois du dit lieu, Pierre Bouleteau, Louis Mermet, Charles Bernard, François Martellon, Anthoine Villard, de Joachim Clair, Michel Chardon, Pierre Claire, de monsieur Me Joseph Devoise advocat en la Cour, de honnette Pierre Pattin, de honnette Jean Morel, de Joseph Colomb, Sr François Veyron de Saint Jean de Moyrans. Auxquels nommés assemblées faisant la majeur partie des habitants du dit lieu assignées aux formes ordinaires le dit Consul remontre qu’il auroit receu une lettre de monseigneur de Bouchu, intendant en cette Province de Dauphiné du vingt quatriesme octobre présente année portant que cette communauté logera deux compagnies de dragon du reigiment de Catinat jusques à nouvel ordre et que cepandant la dite Communauté fournira aux dits dragons vingt livres de foin pois de marc et deux tiers de boisseaux d’avoine mesure de Paris et comme le dit Consul n’a aucun deniers entre les mains pour faire la dite fourniture demande à ce qu’il soit mis en lenchere à ceux qui en fairont la condition meilleure au proffit de la dite communauté pour la dite fourniture, requiert les dits assemblées d’y desliberer. A comparu Sr Joseph Reynaud Consul Moderne du dit lieu qui ensuite de sa renontrance cy devant faitte a offert de faire la fourniture du foin et avoine pour les dits deux compagnies pour seize sols par ration en ce compris les cinq sols que sa Majesté fait rembourcer. Seroit Comparu Sr François Martel qui a offert de faire la dite fourniture de foin et avoine pour les dites deux compagnies scavoir de fournir par ration vingt livres de foin et deux tiers de boisseau d’avoine mesure de Paris pour quinze sols par chasque ration. A comparu Sr Jean Morel lequel a offert de faire les dites fournitures de foin et avoine aux dites deux compagnies de Dragons de quatorze sols pour chascune ration. Seroit comparu le dit Sr Reynaud, consul moderne laquel a offert de faire la dite fourniture de foin et avoine pour les dites deux compagnies de dragon pour treize sols par ration et ce compris les cinq sols que sa Majesté rembource. Et attendu qu’il n’a comparu aucune personne qui aye fait la condition meilleure au proffit de la dite communauté la dite deslivrance a esté donné au dit Sr Reynaud consul pour le prix de son enchere et conformément à icelle et pour les huict sols en pure perte pour la dite communauté, la dite communauté promet de payer au dit Sr Reynaud conformément à l’ordonnance de Monseigneur l’Intendant qu’il luy plaira faire pour ce subjet et moyenant ce la dite communauté consent que le dit Reynaud retire des main du sieur trésorier extraordinaire des guerres les cinq sols que sa Majesté donne par ration des dits dragons. Ayant fait la dite fourniture prometant le dit Reynaud de faire la dite fourniture de foin et avoine aux dites deux compagnies de dragons conformément à son enchere à peine de tous despens dommages et interets et d’en relever la dite communauté dès ce jour sur les dites peines et a signé. J Reynaud Consul
Et quant à la remontrance du dit Consul que le sieur Richard se transportera en la ville de Grenoble pour parler à monsieur de Bressieux et le prier de vouloir parler à monseigneur l’Intendant et par son moyen pouvoir obtenir le soulagement d’une des dites compagnies ou du moins avoir des aydes pour le soulagement de la dite Communauté, les dits assemblées ont tous desliberés que le dit Sr Richard se transportera au dit Grenoble pour le fait dont s’agist cette présente semaine et ont signé ceux qui ont seus escrire.
Du dimanche dixiesme jour du mois de décembre mil six cent quatre vingt dix au lieu de Moyrans en la place publique lieu accoustumée à tenir assemblée et par devant nous Pierre Richard chastelain du dit lieu escrivant le secrétaire greffier de la dite communauté avec nous soubsigné seroit comparu Sr Joseph Reynaud consul moderne du dit Moyrans lequel adcisté du réverant père Louis Morel gardien du Couvent de St François du dit lieu , de messire Guillaume de Sautereau prieur du dit lieu, de monsieur Me Joseph Devoise advocat en la cour de Me Jean Bonardon notaire royal de Grenoble et sindic des forins de la dite Communauté, de Me Jean Devillier notaire royal du dit lieu, de Sr Jean Paris, Sr Abel Trenonay, Sr Marc Pellissier, de Gaspard Guilliot Sr André Bressieux, honneste Jean Morel, Michel Donier, Pierre Bouleteau, Joseph Collomb, Claude Bertollon de St Jean, Pierre Guay du dit lieu, Claude Perroud, Jean Veyron, Pierre Pattin, Ennemond Gondrand, Jacques Gonnon, Louis Marilliat, Pierre Pommier, Pierre Rivoire, Pierre Paule, Pierre Fayolle Maron, Louis Gabillion Pattin, Benoist Chapel, Anthoine Collombin , Pierre Gachet, Pierre Nonet, Jean Landru, Estienne Giraud Billious, Auxquels nommés et assamblés faisant la majeur partie des habitants du dit Moyrans et son mandement tous assignés aux formes ordinaire, le dit Consul remontre qu’il est de coustume de nommer un consul chasque année pour exercer la dite charge comme aussy qu’il auroit receu le lancon de la taille royalle et aultres ordonnances de monseigneur l’Intendant ce dit jour tant pour le cartier dustancille pendant le cartier d’hiver que l’entrainement des officiers de milice de cette province que pour l’habillement et armement des soldats de milice, requiert le dit consul estre deslibéré sur le tout par les dits habitants. Comme aussy le dit consul remontre que la dite communauté a fourni suivant l’odre de Monsieur de La Rhey, commandant pour le Roy en cette province, deux hommes de dix en dix jours pour garder les passages des frontières de Savoye, lesquels deux hommes la dite communauté leur a fourni espée baudriés et fusils et comme il a esté perdu un fusil appartenant à Pierre Bouleteau et un ceinturon à Jean Morel tout neuf, requiert les dits assamblés y desliberer pour le payement du dit fusil et ceinturon……..
La pluralité des voix estant tombée sur Gaspard Guilliot marchand du dit lieu, l’on nommé consul pour l’année prochaine à la charge que le dit Guilliot exercera la dite charge de consul en bon père de famille estant icy presant a promis d’exercer la dite charge et de relever et garantir la dite communauté pour ce subjet et a signé.
Et pour ce qui regarde la cotization de la taille royalle ustansille et milice les dits assemblés ont tous desliberés qu’il sera incessament proceddé à la dite péréquation…. Et quant au second article concernant le fusil du dit Bouleteau et cinturon du dit Morel, les dits assemblés ont renvoyés et ont desliberés que les dits Bouleteau et Morel se pourvoiront aincy et contre qu’ils y verront à faire et ont signés ceus qui ont seu.
BOUCHU
Un des plus zélés auxiliaires de Catinat est l’intendant du Dauphiné Bouchu. Avant les receveurs généraux qui tiennent la caisse, le personnage le plus important pour les marchands étapier est l’intenant. C’est Bouchu qui contrôle l’administration civile et militaire. En temps de guerre il veille à l’approvisionnement, passe des marchés pour les fourrages, assure les voitures et les mulets pour le transport des troupes et contrôle les étapiers.
CATINAT
Catinat Nicolas, d’abord avocat, entame une carrière militaire en 1660.Capitaine au régiment des gardes françaises(1670) il prend part au siège de Maastrich (1673) et à la Campagne d’Alsace sous Turenne (1675), Maréchal de camps (1681) lieutenant général (1688.) Il reçoit le commandement de l’armée en 1690 pendant la guerre de la ligue d’Augsbourg. Grand stratège il occupe la Savoie (1690), et remporte au bord du Pô la victoire de Staffarde et s ‘empare de Suze et le Comté de Nice en 1691.
L’accession au trône du jeune Victor-Amédée II en 1675 ne semble pas remettre en cause la fatalité pesant sur la Savoie : un duc-enfant soumis à la régence de sa mère au-delà de sa majorité ; une pression française qui s’accentue aux frontières et qui, après la Franche-Comté (1674) annexe Casale (1681) ; qui impose une répression sévère contre les protestants du Piémont, aussi bien réfugiés que sujets du duc (1686) Au Piémont en 1688, la situation se gâte pour les Français ; le duc est entrain de retourner sa veste Avec son petit Etat coincé entre les deux puissances que sont la France et l’Autriche, le duc de Savoie sans cesse envahi par les armées de ses voisins, louvoie tant bien que mal. Le sursaut d’orgueil de ce souverain, sa tolérance de la « Glorieuse Rentrée » des vaudois réfugiés à Genève (1689) et sa participation à la ligue d’Augsbourg contre Louis XIV (4 juin 1690) ou il commande toutes les forces des confédérés dans le Piémont où s’engagent les hostilités. « Quand le duc de Savoie, dans une guerre, se trouve dans le même camp qu’au début, c’est qu’il a changé d’alliés un nombre pair de fois »(Saint Simon) Face à lui Catinat amène encore une fois la catastrophe. Défaite à Staffarde (1690) et à Marsaille (1693) le duc perd l’essentiel de ses Etats et Turin n’est sauvé que de justesse par ses alliés espagnols et puissances protestantes. Après la mort de Louvois en 1691, Louis XIV, passant sur la défensive, évacue les possessions du Piémont, sauf Suze et Pignerol. Catinat installe son quartier général à Pallons. En ce qui concerne les communications, citons Joseph Perreau : « Sur les derrières de Pallons, Catinat utilisait pour ses ravitaillements le chemin d’une vallée parallèle à celle de Freissinières. Il s’agit de la vallée de l’Argentière qui, par le col d’Alp-Martin et la vallée d’une deuxième branche du Drac, conduit aussi dans le Champsaur. Un auteur du XVIIIe siècle a laissé une description topographique des Alpes, recueillant en 1750 le témoignage de vieillards qui avaient vu transporter à dos d’homme, par le col d’Alp-Martin, du fourrage du Champsaur dans les camps de Catinat.
Sur la rive droite de la Durance également, mais divergent vers le nord, une troisième vallée servait aux communications de Catinat. C’est la Vallouise, qui se replie aux pieds des glaciers orientaux du Pelvoux et, par le col de la Vallouise, permet d’atteindre, sur la Guisanne, le bourg de Monêtier de Briançon, entre Briançon et le col du Lautaret. La Vallouise créait ainsi, entre la grande et la petite route de Briançon à Grenoble, un raccourci, une sorte de pan coupé qui évitait Briançon même. Catinat fit améliorer cette communication pour être en mesure de porter promptement secours à Grenoble en cas de besoin.
Le 24 juillet 1692, des protestants français et des vaudois forment le gros des troupes que le duc de Savoie dirige dans la vallée de la Stura comme ils composent les troupes de Shomberg qui passent par le col de La Croix le 1 août ; le 4 août ils assiègent Château-Queyras défendu par M. de Lesches ; ce dernier fait incendier le village ; Schomberg craignant l’arrivé de Catinat, lève le siège le 6 et gagne Ceillac par Molines et le col Fromage.
Le duc de Savoie passe le col de Vars le 27 juillet, enlève Guillestre le 30. Le 6 août il met le siège devant Embrun ou Larry capitule le 16 ; Victor-Amédée entre le 17 à Embrun et livre la ville et les environs au pillage. Le 29 août, les envahisseurs sont à Gap, d’où sont partis les consuls avec le trésor et les archives, ainsi que le clergé pour se réfugier à la Baume de Sisteron. Les environs de Gap, le Champsaur, Les Diguières, sont ravagés. Catinat se déplace de Pallons à Aspres pour défendre l’accès du col de la Croix Haute. Le duc de Savoie est de retour à Embrun le 30 août ; atteint de la petite vérole, il est soigné au collège des jésuites. Le 10 septembre, il donne l’ordre de la retraite, et sur leur passage, les troupes incendient Tallard, Gap, Chorges, Prunières, Savines et Réallon. Le duc s’oppose à l’incendie d’Embrun ; l’armée repart par le col de Vars et le col des Orres. Le pays se ressaisit et organise sa résistance. A Nyons Phillis de la Charce, notre Jeanne d’Arc locale, lève une armée de paysans, bat des Piémontais au Col de Cabres et les jette hors du Dauphiné. Le 21 septembre, les ennemis ont repassé la frontière. L’année suivante, le maréchal Catinat occupe la vallée de Barcelonnette, traverse les Alpes et remporte la bataille de La Marsaille, il avait prit l’offensive en 1693 sur le front italien pour débloquer Casale, Monferrato et Pignerol, menacés par le duc Victor-Amédée II de Savoie. Il le surprit le 4 octobre 1693, lui tua 6000 hommes et lui en prit 2000. Le Dauphiné était sauvé.
La paix sera rétablie en 1696 par la paix de Turin ; le roi de France rend au duc de Savoie Casal et Pignerol.
Bibliographie :
J-A Chabrand, librairie de l’Académie (1886. Catinat et l’invasion du Dauphiné) Joseph Perreau : librairie militaire de L. Baudoin (1892) Les hautes Alpes hier, aujourd’hui, demain. P. Chauvet et P. Pons société d’Etudes des H-Alpes (1975)
Briançon à travers l’histoire
En 1693 Catinat est fait maréchal de France. Commandant de nouveau en Italie au début de la guerre de la succession d’Espagne, il est vaincu par le prince Eugène à Capri et à Chiari (1701) Disgracié en 1702, il se retire à Saint-Gratien où il mourra en 1712.
Affaires militaires Etapes et Convoies du Dauphiné en Savoie-1659-1769
(A.D.I Série II B N° 690) Lieux et étapes de la province de l’élection de Montélimart à l’élection de Grenoble.
Crest. Léchère. Dye. Montauban. Monbrun. Le Buis. St Paul 3 châteaux. Montelimart. Loriol et Livron. Valence. St Roman d’Albon. Moras. Beaurepaire. Romans. La Coste St André. Vienne. Crolles. La Grave et Villard d’Arenne. Bourg d’Oysans. St Laurent du Cros. Corps. La Mure. Vizille. Voreppe.
Noms des lieux d’étapes du Dauphiné et Savoye partant de Lyon pour aller à Suze
Vienne, Bourgoin,Pont de Beauvoisin,Les Echelles, Chambery, Ayguebelle, La Chambre, St Jean de Maurienne, Modane, Lanslebourg,LaLanoualaize,Suze Autres pendant le beau temps. Vienne, La Coste St André, Voreppe, Vizille, Bourg d’Oysans, La Grave, Briançon, Cezanne, Oulx Autres pendant la mauvaise saison. Vienne , La Coste St André, Voreppe, Vizille, La Mure, Corps, Gap, Chorges, Embrun, Guillestre, Briançon, Sezanne, Oulx, Suze. Autres Vienne, Moras, Oust, Roman d’Albon pour l’infanterie Beaurepaire pour la cavalerie Roman, Valence, Crest, Dye, Léchère,Veynes, gap, Chorges, Embrun, Guillestre, Briançon, Cezanne,Oulx. A Suze St Paul 3 châteaux, Nyons, Buyes, Montauban, Orpierre, Veynes, Gap, Chorges, Embrun, Briançon, Cezanne, Oulx. A Lyon. St Paul 3 châteaux, Montelimart, Loriol ou Livron, Valence, Romans, Moras ou St Roman d’Albon pour l’infanterie Beaurepaire, Vienne, Lyon. En Savoye St Paul 3 châteaux, Montelimart,Loriol ou Livron,Valence,Romans,St Marcellin,Voreppes, Crolles, Barraux,Chambery, St Pierre d’Albigny ou Ayguebelle. Autres routes en Savoye. Chambery, St Pierre d’Albigny,Conflans,Moutier,St Maurice. Annecy, Faverges,Conflans,Moutier, St Maurice. Annecy, Faverges, Ayguebelle, La Chambre, St Jean de Maurienne, Modanne, Lanslebourg, Lanoualaize.
Maintenant, laissons Claude égrainer ses propres souvenirs.
(Mémoires du sieur Paris de la Montagne pour Monseigneur seul, sur la conduite de ses frères et de luy dans les différents emplois qui leurs ont été confiés.) Extraits avec l’orthographe fidèlement conforme à l’original qui appartient à M. Fernand de saint Andéol, propriétaire à Moirans. (B. Lyautey R 7542)
« Monseigneur à consenti avec bonté que j’eusse l’honneur de luy tracer par écrit dequelle manière nous nous sommes comportés mes frères et moy dans le cours des affaires ou nous avons participés……. Je sais combien il est délicat de parler de soy mesme la fatalité de la conjoncture ou nous sommes est le seul motif qui puisse m’engager, et si mon récit laisse entrevoir quelques traits à notre avantage, je proteste avec vérité que nous n’avons jamais regardé notre meilleure fortune, que comme une part de l’accomplissement de nos Devoirs ou il y auroit encore beaucoup à désirer. La matière des vivres fut l’objet de nos premiers travaux ; mon père s’étoit acquis quelque réputation dans sa Province et par ce seul motif il fut recherché au mois de janvier 1690 par le premier homme que la Cour envoya en Dauphiné pour y établir le Service des Vivres d’Italie ou le Roy vouloit porter ses armes. Mon père fut chargé de faire les premiers achats de grains et de mulets, d’assurer la subsistance des équipages des vivres de disposer l’établissement des moutures de grains sur toutes les routes d’eau et de terre et de multiplier considérablement le nombre de batteaux et de voitures sur l’Izaire. Comme ce fardeau pesoit trop pour un homme qui touchait à sa soixantième année, mon père se fit donner pour adjoints mon frère aisné qui n’etoit agé que de 22 ans et moy qui en avoit que 20. Au mois de décembre 1690, nous fumes nommés mon frère et moy directeurs de toutes les voitures par terre et par eau qui devoient conduire les grains que les munitionnaire se proposoient de faire tirer d’Auvergne et de Bourgogne et nous eumes aussy le soin des subsistances de ces mesme voitures. Les munitionnaires ne furent pas assez de diligence pour l’approvisionnement de la Campagne suivante …. Mr de Louvois envoya sur les lieux Mr Jacquier de Pontilleau conseiller au parlement de Paris… pour exercer l’employ de directeur général des Vivres…. Il trouva des embarras infinis à faire ses dispositions, les grains de la frontière qui avoient été consommé l’année précédente, n’avoient pas été remplacés… ; la rigueur de l’hiver et une quantité prodigieuse de neiges et de glaces rendoient les rivières impraticables, enfin il n’y avoit sur toute l’Izaire que dit huict batteaux du Port de cent vingt quintaux chacun… Mr de Louvois à qui Mr Jacquier rendit compte de tant d’obstacle réunis, exigea qu’au dernier avril 1691 il y eut dans les magazins de Pignerol trente milles sacs de farine, dont il etoit besoin pour l’exécution des projets de sa majesté. Feu mon père fut consulté là dessus ; et il fournit les expediens necessaires. Mon frère engagea la ville de Lyon à ceder les bleds qu’elle avoit dans ses magazins à conditions qu’ils seroient remplacés immédiatement après le dégel par ceux des munitionnaires qui estoient en Bourgogne. Les grains au nombre de six milles sacs furent conduit par terre à Grenoble, ou étoit l’entrepot general et ce secours fut suffissent pour fournir aux voitures par terre de Grenoble à Pignerol… De mon costé j’acheptay dans le bas Dauphiné et dans le Vivaretz trois milles sacs de bleds avec mille mulets que je mis en etat de partir et de transporter les dits bleds à Grenoble, je n’employay que quinze jours à cette operation. Pour voiturer les grains des achats que le munitionnaire avoit fait faire et les conduire à l’embouchure de l’Izaire à l’entrepot général…il fallut tenter de rendre l’Izaire navigable malgres les glaces et pour y parvenir nous fimes marcher les batteaux par convois avec cent hommes à leur teste qui rompoient continuellement les glaces sur les bords de la rivière. Ces differens moyens reussirent mais il y fallut joindre encore un expedient pour remplir entièrement les vües du ministre, ce fut de rendre plus abondante la navigation de l’Izaire…. Mon père alla dans les montagnes de Sassenage…il fit abatre voiturer et distribuer les bois nécessaires à la construction de deux cents batteaux. Il acheta des chanvres et fit faire des cordages… Il acheta aussi six cent paires de bœufs, tant pour équiper les batteaux que pour établir des relais sur l’Izaire affin que les batteaux puissent en remontant faire quatre lieües par jour au lieu de deux, il s’assura en mesme tems par les soins de son fils aisné , des fourrages ainsy que des toiles pour les tentes des batteaux et il accrut suffisament le corps des patrons, des mariniers et des bouviers. Pour moy j’etois à Condrieu pour achetter et faire transporter tous les ferrements nécessaires à la construction des batteaux, je descendis mesme le Rosne jusqu’à Arles ou je fis une recrûe de quatre cent ouvriers. Dans le cours du mois de janvier, toutes les parties se trouvèrent rassemblées dans les chantiers de fabrication des batteaux et des le quinze avril ils furent tous en pleine navigation, cela forma un si grand nombre de mariniers, qu’alors pour la première fois les classes de la marine furent établies sur l’Izaire et cette navigation subsiste encore aujourd’huy pour les gabelles… Après la Campagne de 1691, le Roy résolut de faire le siège de Montmélian et là dessus le ministre ordonna à Mr Bouchu intendant du Dauphiné et de l’armée de disposer les vivres et les fourrages en nécessaire pour le siège. L’intendant fit répondre qu’il étoit impossible de faire remonter les munitions de guerre et de bouche depuis l’embouchure de l’Izaire jusqu’à Montmélian. D’un autre costé le ministre avoit écrit à Mr de Berule intendant de Lyon sur le mesme sujet qu’il eut de tirer de Bourgogne les foins et les avoines, nous nous trouvames fortuitemment à Lyon mon frère et moy et Mr de Berule nous communiqua les ordres qu’il avoit receu. Il n’etoit pas embarrassé de faire descendre les foins les avoines et l’artillerie jusqu’à l’embouchure de l’Izere, mais il trouvoit pas moins impraticable que M. Bouchu de les faire remonter jusqu’à Montmélian. Comme nous avions une grande connoissance de la navigation de l’Izere nous luy rendimes l’opération très possible… nous formames à M. Berule un projet précis et certain, lequel fut envoyé au ministre qui le receu en mesme tems que la réponse négative de M. Bouchu ; le ministre luy fit sentir son mécontentement…. Et ayant adopté le projet envoyé par M. Berule il expédia les ordres du Roy pour le charger de ce service dans l’intendance mesme de Dauphiné jusqu’à Montmélian à l’exclusion de M. Bouchu. On me confia le poste de l’embouchure de l’Izère comme le plus important. J’avois sous moi vingt commis et huit cent ouvriers avec une brigade de la maréchaussée de Lyon qui servoit à retenir les batteaux que les patrons vouloient soustraire au transport des munitions et a contenir ce grand nombre d’ouvriers dont l’occupation etoit de botteler les pailles et les foins et de charger et descharger les batteaux. L’ouvrage dura six semaines sans discontinuer ny jour ny nuit, il fut conduit à une heureuse fin. Le siège de Montmélian se fit et la place fut soumise au Roy au mois de Xbre 1691. »
Toute la Savoie est sous contrôle des français, mais les soldats ont été tellement mal nourris qu’ils meurent par milliers du typhus et de dysenterie. En décembre 1690, l’épidémie se propage à Grenoble. C’est à cause de cette carence mortelle de l’intendance que Bouchu et Louvois font appel à mon père et mes frères. Voici la lettre qu’il adressa à Pontchartrain au Contrôle des finances : Le 28 janvier 1691
Lettre de M. Bouchu, intendant en Dauphiné
« Personne autre que les Etapiers du Dauphiné n’a voulu entreprendre la fourniture des Etapes en Savoye et la rareté et la chereté des denrées ainsi que la difficulté et la longueur des transports obligent à accepter leurs conditions qui sont : Les fournitures bornées à un certain nombre de lieux de passage Le prix de la ration fixé depuis le taux de cinquante quatre sols pour la gendarmerie jusqu’à celuy de soixante deux sols pour le fantassin Une avance de cent mille livres par le trésor royal Le remboursement des frais de trois mois en trois mois Le remplacement de la moitié de la ration de foin par un quart de boisseau d’avoine La faculté de tirer les approvisionnements des provinces voisines sans payer ni au Roy ni aux communautés aucun droicts d’entrée ou de sortie Le pouvoir de mettre en réquisition, moyennant payement raisonnable, les bestes de somme et de payer sur le pied des trois derniers cours les denrées, le fourrage… »
Les Paris sont donc nommés directeurs des vivres autant par l’intervention de Bouchu auprès de Pontchartrain que de Jacquier auprès de Louvois. Ils seront très cher, ils le seront toujours et feront gémir tous les Contrôleurs Généraux. Le temps presse, ils se mettent tout de suite à l’œuvre.
Chronique d’une Campagne annoncée
Dès avril 1691, Jean Paris s’affaira afin de faire faire bateaux et voitures pour la Campagne d’Italie. Comme tout un chacun il utilisait les services des notaires afin que tout soit consigné en bonne et du forme. Tous ces actes sont sur le même modèle ou presque. Me Devillier, ( notaire de Moirans 3 E 1950)
2.4.1691 : Honneste Ennemond Borrel habitant Saint Gervais confesse debvoir la somme de deux cent cinq livres à sieur Jean Paris à sçavoir cent livres pour l’achapt d’un paire de bœufs et cent cinq livres pour le prix d’un batteau neuf. 2.4.1691 : Antyhoine Rebichon de Conin, cent huit livres pour voiturer ou faire voiturer avec son bateau et bœufs. Jean Paris constitua Antoine, son fils aîné, procureur afin de le représenter auprès des tous fournisseurs dont ils auraient besoin.
4.4.1691 : Par devant le notaire Royal de Moyrand soub signe et present les tesmoins bas nommés ce jourd’huy quatriesme du mois d’avril année mil six cent quatre vingt onze appres midy c’est estably en personne sieur Jean Paris bourgeois du dit Moyrand lequel de son gré et vollonté a constituer pour son procureur général et spécial à sçavoir monsieur Me Anthoine Paris son fils advocat en la Cour pour et au nom de la dite constituante a gérer générallement en toutes ses affaires, demander, desfandre, recevoir acquitter et s’obliger, compter, traiter, estrangiger, poursuivre, renoncer, appeler tant meu qu’à mouvoir par devant tous tribunaux de justice dès que besoin sera et en temps que le besoin nommé et conviens de l’estre et sur asbistrer pour composer des sus dits differantes circonstances et despendances et de regler toutes les sommes qui peuvent estre deub au dit sieur constituant tant en capital interet et dépendance à peroyquer le cas requier mandement plus emple qu’il n’est cy dessus exprime avec élection de domicille suivant l’ordonnance en la personne de son dit procureur prometant approuver et ratiffier agréer tout que sera par luy fait avecq pouvoir à son dit de substituer un ou plusieurs procureurs au subjet que dessus et de ly remaquer à son gré et faire pour raison de tout ce que dessus touttes demandes réquisition de l’ordonnance et deffance qu’il temoira à propos jusque à jugement définitif avec promesse d’avoir agréer tout ce qui sera fait par son procureur et de le relever de touttes epargnes de procuration en bonne forme à paine de tous dépens dommages et interets et pour ceste effet il a passé les obligations, soubmission de ses biens à toutes cours en forme de quoy j’ay fait acte au dit Moyrand dans la maison du sieur constituant en presence de sieur Jean Arnaud et sieur Joseph marchand praticien de Saint Quentin et sieur Arnaud de Grenoble, tesmoings requis et signe avec le dit sieur Paris.
5.4.1691 : Antoine de Rode dit Senage du lieu de la Soune Darjanson, confesse debvoir à sieur Jean Paris la somme de cent livres, la dite debte vouloir employer à lachapt d’un batteau neuf et l’équipage d’iceluy.
8.4.1691 : Guillaume Regousin Mallepine, patron sur la rivière de Lizere habitant St Quentin doit soixante quinze livres pour vente d’un bœuf, s’oblige à payer sur les voyages qu’il fera de Vallence à Grenoble de bled et farine sur la rivière de Lizere ou le Rones.
9.4.1691 : Etienne Salamand fils de Louis, patron sur la rivière de Lizère, du lieu de St Quentin, promet faire les voitures de bleds et farines avec son batteau et bœufs. Claude Egarrat patron sur Lizere du lieu de St Quentin doit cent huit livres pour vente d’un batteau neuf, s’oblige de faire les voyages avec son dit batteau et bœuf de Vallence à Grenoble sur Lizere ou le Roune.
12.4.1691 : Anthoine Vallantin Reynaud, patron sur Lizere du lieu de St Quentin doit cent soixante quatorze livres pour vente d’une paire de bœufs. S’oblige à faire les voyages avec son batteau et bœufs.
14.4.1691 : Jean Claude Sibillat doit à sieur Jean Paris deux cent cinquante cinq livres pour un batteau neuf et cent soixante cinq livres pour deux paires de bœufs
16.4.1691 : Charles Charpeney patron sur Lizere du lieu de Grenoble doit cent vingt cinq livres pour un batteau neuf
21.4.1691 : Jean Joyeux et Claude Brondier de Veurey recoivent du sieur Jean Paris trois livres par jour pour chaque paire de bœufs qu’ils tiendront en relais sur le port de Veurey, jusque au nombre de quatre paires pour servir à doubler les tirages des bateaux chargés pour les vivres jusque à Grenoble. Laurent Simond patron sur Lizere du lieu de St Quentin doit cent cinquante huit livres pour vente une paire de bœufs et promet faire les voitures avec son bateau et bœufs.
22.1.1691 : Claude Trilliard doit cent soixante huit livres pour vente une paire de bœufs, promet faire les voitures avec son batteau sur Lizere et Rone. Idem pour Claude Canton patron sur Lizere. Gaspard Reynaud doit deux cent quatre vingt huit livres pour deux bœufs et cent soixante huit livres pour un batteau neuf.
23.4.1691 : Jean Riquet patron sur Lizere doit deux cent quatre vingt huit livres pour deux bœufs et cent soixante huit livres pour un batteau neuf.
26.4.1691 : Pierre Bouffard Pallat, patron sur Lizere promet de voyturer avec son batteau et bœufs de Vallance à Grenoble. Pierre Baussant patron du lieu d’Izeron doit cent soixante livres pour un bœuf poil rouge et promet de faire les voitures avec son batteau.
8.5.1691 : Claude Charvet, patron sur Lizere du lieu de St Quentin doit cent soixante livres pour vente d’un bœuf poil rouge. Il promet de faire les voitures avec son batteau de Vallance à Grenoble.
12.5.1691 : Estienne Pater, patron à St Quentin doit soixante huit livres pour achapt d’une paire de bœufs et cent dix sept livres pour vente d’un batteau neuf.
14.5.1691 : Joachim Charmey et François Clement marchand de St Quentin doivent trois cent vingt livres pour vente un pair de bœufs et un batteau neuf armé.
16.5.1691 : Estienne Coingt Gillet patron sur Lizere du lieu de St Quentin, doit cent vingt livres pour un batteau neuf.
17.5.1691 : Jean Chenevey marchand de St Quentin doit à sieur Paris cent dix livres pour vente une paire de bœufs et promet faire les voitures avec son batteau.
5.6.1691 : Estienne Goingt Gillet 189 livres pour une paire de bœufs
6.6.1691 : Jean Perouge patron sur Lizere à Roman doit à Justine Trenonay deux cent livres pour une paire de bœufs, promet de faire les voitures avec son batteau et bœufs de Vallance à Grenoble.
17.6.1691 : Laurant Simian marchand de St Quentin doit au sieur Jean Paris huit cent six livres qu’il promet payer sur les voyages qu’il fera avec son batteau et bœufs
20.6.1691 : Barthelemy Baude, travallieur et Antoine Cholat tous les deux de Moyrans promettent payer deux cent trente livres pour vente de dix bouriques.
21.6.1691 : Jean Allard Jacquin et Pierre Robin Canaud marchands de St Quentin promettent payer trois cent trente six livres pour vente de deux paires de bœufs et promettent de faire les voyages avec leurs batteaux Estienne Mallen patron sur Lizere du lieu de St Quentin doit deux cent sept livres pour vente d’un bateau neuf et une paires de bœufs.
25.6.1691 : Jean Allard Jacquin et Charles Burnoz promettent de voiturer deux batteaux du Bas Languedoc au port de Cardoije au dit Grenoble.
4.7.1691 : Sébastien Reynaud hoste de Trellin doit quatre vingt seize livres pour vente d’une jument poile noire.
7.7.1691 : Jean Dumon dit Rougoussin patron du lieu de Trellin doit deux cent quatre vingt quatre livres pour vente d’un bateau, trois mailles, plus les aix du planchement qui sert au couvert de la proue. Claude Charut, patron du lieu de St Quentin a receu du sieur Jean Paris une génisse plaine poil rouge agée d’environ cinq ans qu’il promet de bien nourrire.
6.8.1691 : Honneste Pierre Guinet patron sur la riviere de Lizere habitant Veurey confesse debvoir et promet payer à sieur Jean Paris commissaire des vivres pour les armées de sa Majesté de Piemond et Savoye, la somme de soixante six livres de l’ordonnance et ce pour cause de la vente d’un bœuf poil gay pour le tirage du bled et farine et autres voitures nécessaires pour les dites armées.
2.9.1691 : Jean Claude Billioud marchand de Moyrand confesse avoir receu de Sr Jean Paris la somme de deux mille neuf cent cinquante neuf livres dix sols pour cause de la vente de dix huit paires de bœufs.
3.9.1691 : Jean Farnout, voyturier, confesse devoir la somme de cent huictante neuf livres et ce pour cause de la vente de deux mullets et une mulle.
8.9.1691 : Claude Chillard marchand de Moyrand confesse debvoir à sieur Jean Paris la somme de cent cinquante quatre livres onze sols et ce pour cause scavoir sept cent vingt six livres fert, tant bande, cloux ou boulons à raison de quarante sol la livre, lequel fert a esté à ferrer cinq paires de roux de charrettes pour le fermier des armées du Piemond.. Pierre Tarot et Louis Marilliat tous deux charrons habitant au dit Moyrand confessent avoir eu la somme de huictante livres pour cause de la fasson et travail de cinq charrettes pour les dits vivres.
15.9.1691 : Claude Charvet patron sur la rivière de Lizere habitant St Quentin promet payer la somme de deux cent trente quatre livres et s’oblige de faire les voytures nécessaires pour messieurs les munitionnaires et pendant le temps qu’ils en auront besoin. Pierre Vourmal patron habitant St Quentin confesse debvoir la somme de deux cent septante sept livres et ce pour cause, premier cent vingt livre pour la vente d’un bateau, une tente de toille pour le couvert de la proue du dit bateau prix fait entre les dites parties et cent cinquante sept livres pour la vente d’une paire de bœufs. Philibert Duet, marchand de Miribel promet payer à sieur Jean Paris la somme de deux cent trente sept livres et ce pour cause de la vente de deux paires de bœufs. Jean Beley marchand de St Quentin confesse debvoir la somme de cent huictante six livres et ce pour cause de la vente d’une paire de bœufs.
17.9.1691 : Sieur Anthoine Billiard, marchand de Miribel confesse debvoir la somme de …. Pour la vente de six paires de bœufs. Pierre Liejon marchand de Pontcharra doit la somme de cent nonante cinq livres pour vente d’une paire de bœufs.
19.9.1691 : Balthazard Dupport marchand de la Riviere promet payer la somme de cent cinquante livres pour une paire de bœufs de ceux des vivres, il promet de faire les voyages.
20.9.1691 : Claude Trilliard dit Mollard marchand de St Quentin promet payer la somme de cent quarante livres pour vente d’une paire de bœufs de ceux des vivres, promet et s’oblige à faire des voytures avec son bateau sur la rivière de Lizere ou le Ronne ou ailleurs ou besoin sera, pendant tout le temps qu’est nécessaire.
23.9.1691 : François Recoing fils de Jean Anthoine de St Quentin et Gaspard Michel patron sur la rivière de Lizere du lieu de St Quentin confessent devoir la somme de cent soixante cinq livres de l’ordonnance et ce pour cause de la vente d’une paire de bœufs de ceux des vivres, s’obligent à sieur Paris de faire des voytures de bled et farine ou autre avec leur bateau.
23.9.1691 : Ennemond Fayolle, marchand de Pommier confesse devoir la somme de nonante livres et ce pour vente d’un pair de bœufs. Pierre Jarrin marchand de Pommier confesse devoir la somme de cent trente deux livres pour vente d’une paire de bœufs. Pierre Tivollier marchand de Tivolliere doit la somme de quatre vingt dix neuf livres pour vente d’un pair de bœufs François Clemand patron sur la rivière de Lizere du lieu de St Quentin promet payer la somme de cent trente huict livres pour vante d’un pair de bœuf et s’oblige de faire des voytures bleds et farines et autres avec son bateau
27.9.1691 : Contrat portant obligation L’an mil six cent quatre vingt onze et le vingt septième du mois de septembre se sont estably en leurs personnes honnestes Guillaume et Estienne Regouzin Mallepine père et fils patron sur la rivière de Lizere habitant de St Quentin… promettent payer à sieur Jean Paris commissaire des vivres pour les armées de sa Majesté de Piemond et Savoye la somme de cent quarante livres et ce pour cause de la vente de paires de bœufs. Les dits promettent de faire des voitures de bleds farine et autres voytures nécessaire pour messieurs les munitionnaires généraux tant sur Lizere ou sur le Rosne ou ailleurs pour la campagne prochaine avec leurs deux bateaux. Furent present honnestes Estienne et Henry Recoing père et fils et honneste Claude Berton tous patrons sur Lizere et habitant St Quentin… promettent payer à sieur Jean Paris la somme de nonante livres de l’ordonnance et ce pour cause de la vente de deux bœufs… les dits débiteurs promettent et s’obligent de faire des voytures de bleds et farine ou autres avec un bateau…
14.10.1691 : Se sont estably en leurs personnes Estienne et Claude David Charnallet père et fils et Dominique Gillet tous trois mestres batelliers du lieu de St Quentin, ont promit et s’obligent en faveur de sieur Jean Paris commissaire aux vivres de lui faire deux bateaux neufs pour le dit service a commancer dès ce jour et pour la campagne prochaine. Ce qu’ils pouront faire pour et moyenant le prix et donne pour chasque bateau neuf estant fait et parfait et rendu sur la riviere de Lizere pour la somme de cent cinquante livres… le dit bateau fait aura neuf toizes de longueur et treize simelles de large la simelle de dix pointes et lauteur de icelluy de deux pieds et cinq pouces et quant au gabure de négoce qui seront au prix de cent vingt livres, ils seront de huit toizes et deux pieds et demy de longueur et de lauteur ordinaire de gabure de négoce , les dits bateaux armés avec trois rames et leur gouvernail le tout bon et recevable….
25.10.1691 : C’est estably honneste Claude Coingt Gillet mestre batellier habitant St Quentin lequel promet et s’engage à sieur Jean Paris, scavoir le dit Gillet promet travailler le reste de ceste campagne et pour la prochaine à faire des bateaux neufs, propres pour les voitures de monte, pour la dite armée ou pour l’artillerie. Que les dits bateaux seront de la longueur de huit toize et demy et douze simelles et de deux à trois pouces en fond et de bonne jauge lesquels seront bon et recevable avec leur armement pour et moyenant pour chasque bateau neuf de la somme de cent vingt livres et d’y travailler incessament pendant le temps que le dit sieur Paris en aura besoin.
28.10.1691 : Honneste Pierre Clement Bourru de St Quentin mestre batellier promet de travailler le reste de ceste campagne et pour la prochaine à faire des bateaux neufs propres pour les voytures de montes pour la dite armée ou pour l’artillerie ou vivres, au choix du dit sieur Paris. Michel Coing Gillet, patron sur la rivière de Lizere habitant St Quentin promet payer au sieur Jean Paris la somme de cent vingt livres et ce pour cause de la vente d’un bateau neuf. Sieur Jean Robin Canaud marchand de St Quentin promet payer à sieur Jean Paris la somme de trante cinq livres sur la dite somme de septante cinq livres, le dit Canaud promet et s’oblige de faire des voytures avec deux bateaux du bled et farine ou autres voytures necessaires pour la dite armée ou l’artillerie le tout au choix du dit sieur Paris. 29.10.1691 : Demoiselle Virginie Paris femme de sieur Pierre Girard, mestre appotiquaire de Voyron auquel elle promet de faire ratiffier si besoin, laquelle vend purement et simplement à sieur Jean Paris son frère, commissaire des vivres à scavoir tout le foin qu’elle a dans sa granges quelle a située au lieu de la Buisse jusque à la quantitté de cinq cent quintaux pour et moyenent chaque quintal de la somme de une livre cinq sols, payable la sus dite quantitté de foin qu’il pourra avoir dans la susdite grange lors que le dit Paris le fera prendre.
29.10.1691 : Honneste Claude Peyraud et sieur Jean Jouyeux, tous deux marchands du lieu de Veurey confessent devoir et promettent payer à sieur Jean Paris la somme de cent vingt livres de l’ordonnance et ce pour cause de la vente d’un bateau neuf, les dits Peyraux et Jouyeux promettent et s’obligent au dit Paris de faire ou faire faire des voytures avecq un bateau de bled et farine ou autres voytures. Cristophe Michon et honneste George Beriet Piroud et Claude et Jean Borel Mouront frères tous du lieu de Veurey promettent et s’obligent à sieur Jean Paris : scavoir que le dit Michon Beriet Bonely promet de travailler le reste de ceste campagne et pour la prochaine à faire des bateaux neufs pour les voytures de monte pour la dite armée et l’artillerie.
1.11.1691 : Honestes François et Jean Gilibert la Verne père et fils mestres batelliers du lieu de Veurey promettent de travailler à faire des bateaux neufs, propres avecq leurs armements. Item Anthoine Guinet fils de Pierre mestre batellier habitant Veurey Honnestes Labraut Coutin et Jacques Auriol patrons sur la riviere de Lizere promettent payer la somme de soixante deux livres dix sols et ce pour et cause de reel prêt, les dits promettent et s’obligent de faire des voytures avec un bateau. Pierre Gerlat marchand de Nouarey confesse devoir à sieur Jean Paris la somme de cinquante livres et le dit s’oblige à faire des voytures avec un bateau scavoir depuis la Queue de Lizere à Grenoble ou ailleurs au besoin…
3.11.1691 : Honneste Michel Reynaud patron sur la rivière de Lizere du lieu de Nouarey confesse devoir et promet payer la somme de vingt six livres huit sols et s’oblige de faire des voytures avec un bateau depuis la Queue de Lizere à Grenoble ou ailleurs…
10.11.1691 : Reverant Père Louis Morel gardien du couvent de St François de Moyrand lequel à arrente par le présent à sieur Jean Paris sacvoir le dit révérant luy donne la permission de mestre dans un des greniers du couvent et cloytre chapitre et réfectoire comme aussi dans la grange du Gleron appartenant au dit couvent pour mestre et entreposer generallement tous les effaits des dits vivres et ce pour le temps de la campagne de l’année mil six cent nonante deux commencant le dit arrentement dès ce jour pour et moyenent le prix et somme de cinquante livres . Laquelle susdite somme le dit sieur Paris promet payer au dit couvent dans deux mois à compter de ce jour.
12.11.1691 : Jean Mollard patron sur la rivière de Lizere habitant Grenoble confesse devoir et promet payer à sieur Jean Paris la somme de cent vingt quatre livres dix sols et ce pour cause de la vente d’un bateau neuf et s’oblige à faire des voytures tant sur Lizere que sur le Rosnes.
Situation militaire fin 1691
D’après « de l’histoire de Savoie » de Victor St-Genis 1869 et le journal du siège de 1691 rédigé par M. de Chamousset publié par M. Ménabréa (Paris 1692)
En automne 1691, la mauvaise saison arrive, les alliés se replient derrière Turin pour les quartiers d’hiver. Le Piémont est vide de troupes Catinat en profite pour passer les Alpes avec son armée et arrive devant Montmélian. Les Français tiennent la Savoie depuis l’été 1690. les Savoyards n’aiment pas les Piémontais. Depuis François 1er ils sont régulièrement envahis et occupés par les Français chaque fois que le roi de France et le Duc de Savoie, qui réside à Turin, sont en guerre. Ils se sont rendus en bloque le 14 juin 1690, a condition de les laisser tranquille. Les Français les laissent donc tranquille malgré une contribution de guerre de 200 000mille livres payable à Grenoble dans un délai de trois mois( il est probable que cette contribution a été utilisée pour payer les étapiers du Dauphiné) Donc la Savoie est à peine occupée, les Français se contentent de mettre de solides garnisons aux grands cols qui commandent le passage en Italie. Il ne reste que la place forte de Montmélian : un éperon rocheux fortifié par des murailles médiévales croulantes contenant moins de deux cent hommes et deux ou trois canons avec peu de vivres et de munitions. Louvois est mort en juillet 1691. Plus personne ne s’oppose à Louis XIV qui décide pour redorer sa gloire militaire d’assiéger Montmélian en une grandiose opération et de faire remonter tout le matériel nécessaire par l’Isère. Si ce siège est désastreux pour les finances de l’Etat français, il est des plus profitable pour les traitants et les fournisseurs aux armées. « Depuis le mois d’août 1691 on n’avait fait que voiturer des poudres, des bombes et généralement tous les préparatifs d’un siège. Catinat était arrivé d’Italie fin septembre et avait installé son camp à un kilomètre de la ville. Ni Louis XIV, ni Vauban n’avaient daigné se déplacer pour un siège de troisième ordre. Seul l’ingénieur en chef Laporot soutenait Catinat. Bouchu et les Paris présents s’ignoraient. La ville capitula après une énergique résistance de 33 jours le 22 décembre 1691. Devant 40 000 soldats armés jusqu’aux dents, il sortit 198 hommes mourant de faim tirant après eux trois canons. L’armée française les accueillit par des vivats et Catinat ne laissa partir ces braves qu’après les avoir fêtés pendant deux jours » (Saint-Genis)
Tout le monde était content sauf Bouchu. Les traitants avaient fait de bonnes affaires, les Savoyards s’étaient conduit en héros, et les Français avaient réussi leur siège. Les Paris s’étaient fait un nom, ils étaient connus et estimés de la banque protestante genevoise, mais ils s’étaient fait en même temps deux ennemis : l’intendant Bouchu et ses amis traitants du bureau du ministère des finances.
Après le siège de Montmélian, les Paris sont devenus beaucoup trop puissant pour que l’intendant du Dauphiné, Bouchu, les élimines, il doit composer avec eux. Jean Paris et ses deux fils Antoine et Claude, restent entrepreneurs des étapes, ils sont les plus importants transporteurs entre Genève-Lyon -Grenoble et Arles. Les deux cents bateaux (gabares) qu’ils ont fait construire l’hivers 1691 leur appartiennent ainsi que les relais qu’ils ont installés sur l’isère. Ils contrôlent la majorité des ouvriers et des patrons bateliers. Pour le financement de leurs affaires, ils ont du crédit auprès de Samuel Bernard et les banquiers protestants suisses de Lyon, ainsi que des receveurs généraux de Lyon et Grenoble, et en 1692, ils sont chargés de la fourniture du pain des troupes en campagne dans le Bas-Dauphiné et dans les provinces du Languedoc et de Provence. La même année Antoine Paris est nommé par Jean Orry munitionnaire, directeur de la fourniture des fourrages du camp du Sablon ; Camp qui se trouvait à la hauteur du pont du Sablon, sous les remparts de Grenoble ; là se trouvait le grand magasin et les dépôts de l’intendance des armées. ( Mme Claude Fegueux : Le Renouillard n°14)
La rivière Isère issue d’un glacier au pied des Aiguilles Rousses, en amont de Val d’Isère, a une longueur de 290 Km De Montmélian à Grenoble, la pente moyenne du dit lit est de 1 m par km Son débit est variable allant du plus bas étiage estimé à 64m cubes seconde, à la crue millénaire de plus de 2000m cubes seconde. Son débit moyen est de 360m cubes seconde à son confluent avec le Rhône. L’Isère a été une des rivières navigables de France, de Montmélian au Rhône, la plus parsemée d’écueils, et par conséquent une des plus périlleuses pour la navigation. Les meilleures conditions de navigation se rencontraient vers le 15 mars jusqu’à la fin mai ; reprenait en juillet jusqu’à la fin novembre, soit 230 à 260 jours par an.
Au moyen âge antérieurement au 14e siècle aucun renseignement, mais la navigation existait. On dut acquérir la technique d’assembler les bois en tronchis ( en grumes) par liens les uns aux autres en train de bois, ce qui permettait d’embarquer d’autres marchandises et des hommes pour la conduite des razets ( radeaux) ainsi constitués. L’outillage se perfectionnant, on eut, en évidant les troncs d’arbres, les premières embarcations, puis les premières barques à fond plat adaptées à la rivière. La remontée de ces embarcations se faisait par halage, chevaux, mulets ou bœufs. Il devait exister à Grenoble trois ports principaux ou plutôt aménagement des rives pour recevoir les radeaux et bateaux. 1 petit port, sur la rive gauche (pont de la citadelle) le port de la Madeleine, sur la rive gauche (place de Berule) le port de la Roche, le plus important, sur la rive droite (pont Marius Gontard, pied du Rabot) (Source : A.D.I 2 J 697. Les Nautes bateliers sur l’Isère : Emile Gardet)
En 1711 messieurs Bastet et Barbassat étaient « entrepreneurs de voitures par eau des vivres pour l’armée du roi en Dauphiné » Ils avaient la concession de l’approvisionnement par voies fluviales des troupes stationnées en Dauphiné. Il s’agissait de la fourniture de céréales se prêtant bien au transport fluvial. La province ne comptait qu’un fleuve navigable, le Rhône, des environs de Lyon à Montélimar. Il faisait frontière entre le Dauphiné et les autres provinces. Les grandes régions céréalières de trouvant au nord de Lyon ; M. Barbassat qui était chargé des achats s’approvisionnait dans cette ville. Il faisait charger les grains sur des bateaux qui descendaient le fleuve sans difficulté jusqu’à l’embouchure de l’Isère, un peu au nord de Valence. Là, à un endroit qui se nommait Queue de l’Isère, était installé un petit port comprenant des entrepôts et des berges aménagées ou pouvaient stationner plusieurs barques. En effet, si une partie des céréales continuait à descendre le Rhône pour approvisionner les troupes de Valence à Montélimar, la plupart était déchargée pour être rechargée sur des bateaux plus petits qui avaient la tâche difficile de remonter l’Isère jusqu’à Grenoble ou résidait M. Bastet. L’entreprise ne disposait que de quelques bateaux, la plupart étaient affrétée à des bateliers.
La navigation sur le Rhône était relativement paisible de Lyon à Vienne puis Tournon. Après, le fleuve franchissait une première difficulté, le passage de Maures et de Roche de Glun, puis en face de l’embouchure de l’Isère apparaissait Châteaubourg sur un rocher isolé. La navigation continuait sans trop de danger jusqu’à Valence puis Ancône, le port de Montélimar, dernière étape pour l’approvisionnement des troupes stationnées en Dauphiné. La remontée du fleuve était moins aisée, les bateaux se groupaient par cinq ou six formant alors des trains qui étaient halés par des attelages de vingt à quarante chevaux sous les ordres d’un patron. Il fallait compter huit jours pour remonter de Valence à Lyon. Le chemin de halage, établi sur une des rives du fleuve était d’une largeur d’environ huit mètres, d’après une ordonnance de 1669. Les propriétaires étaient tenus d’abattre tous les arbres, haies et clôtures qui se trouvaient à une distance d’environ dix mètres du « bord franc » du fleuve dans la partie empruntée par le halage, d’environ trois mètres sur le bord opposé. La navigation sur l’Isère n’était pas possible en toute saison et sa remontée présentaient de nombreuses difficultés. L’Isère était plus un torrent de montagne qu’un cours d’eau navigable. Entre Izeron et Romans la rivière coule dans une gorge quelquefois si étroite qu’il n’avait pas été possible d’aménager le chemin de halage près du bord. Il se trouvait alors sur la falaise dominant parfois la rivière de quarante mètres ce qui nécessitait l’utilisation de cordes de halage appelées mailles allant jusqu’à trois cent cinquante mètres de long et pesant environ huit cent kilos. La remontée de l’Isère se faisait normalement en convoi de trois ou quatre bateaux escortés d’une barque servant à faire passer les cordages et les bœufs, que l’on préférait aux chevaux, d’un côté à l’autre de la rivière. En effet, la topographie était telle que le chemin de halage changeait fréquemment de rive, ce qui obligeait les équipages de bœufs à de fréquentes traversées de la rivière sur des bacs (5 entre Romans et Grenoble.) Les bœufs au nombre de vingt quatre pour tirer la première barque, un peu moins pour les suivantes, tiraient pendant trois à quatre heures avant de s’arrêter pour paître et se reposer. Ce cycle, alternant travail et récupération, commençait au lever du jour pour se terminer au crépuscule. Il fallait de méfier des bancs de rochers qui en certains endroits occupaient une partie du lit. Tout cela faisait que l’Isère était peu fréquentée dans la sens de la montée, si ce n’est par des embarcations remontant le sel jusqu’en Savoie. Les marchandises transportées par voie fluviale pour l’approvisionnement des troupes consistaient essentiellement en céréales. Il est fait mention de deux types de céréales : le blé ou bled normal et le bled de Barbarie. Occasionnellement quelques tonneaux d’eau de vie et quelques balles de sucre furent acheminés à Grenoble. Le tonnage transporté par chaque bateau n’était jamais mentionné, par contre le prix payé aux portefaix pour décharger ou charger les bateaux était presque toujours indiqué. Les gros bateaux venant de Lyon transportaient de cinquante à quatre vingt dix tonnes de blé tandis que les bateaux allant à Grenoble ou bien ceux chargés pour Montélimar n’en transportaient qu’environ cinq à dix tonnes. La quantité totale de blé qui transitera par Queue d’Isère en 1711, pour cette entreprise, sera de mil cinq cent tonnes et cent soixante dix bateaux chargeront ou déchargeront leur marchandise entre début février et début octobre 1711. Beaucoup de travaux et en particuliers les plus courants tels que chargement et déchargement des sacs sont payé à la tâche, une livre pour cent sacs chargés ou déchargés.
(Sources : François Galland, représentant M.M. Bastet et Barbassat à Queue d’Isère, d’après un comte rendu très détaillé sur ses activités afin de justifier ses dépenses durant l’année 1711. relevé par André Bœuf : Généalogie et Histoire n° 100)
Estat des isles, islots, atterrisement, acroisement, droit de peches, péages, passagers, bacs, bateaux, pont moulins et autres ediffices de la rivière d’Izere et du fleuve du Rhone.
Du 7 novembre 1694 : Bac ou bateau Pont de la Gache à Pontcharra avec péage (180 livres de revenu) Pont et péage de Goncelin (90 livres) Bac ou bateau de Tencin ( 40 livres) Bac ou bateau de Crolles à Froges (dame de Vineu 40 livres) Bac ou bateau de la Combe de Lanay appelé de la Bastie (M. Francon 50 livres) Bac ou bateau de Domaine (M. de Bouchenu 70 livres) Bac ou bateau de Giere ( Sr Chaboud 70 livres) Bac ou bateau de Sassenage (250 livres)plus petit péage consistant en une livre de pierre pour radeau seulement Bac ou bateau de Voreppe à Vourey ( M. de Saint Ours 240 livres) Bac et bateau de Moirans à Saint Quentin (M. Estienne Treillard 20 livres) Péage de Saint Quentin (Sr de la Marcousse et de Beaumon) à l’egard de douze onces de pierre pour radeau seulement (70 livres) Bac ou bateau avec péage de Tullins à Saint Quentin ( des particuliers) Péage d’Azemieu et Saint Geonaire, radeau fuste ou bateau chargé (40 livres) Bac ou bateau la Rivière (Mme de Virieu 36 livres) Bac et bateau à Heillioz et Izeron (M. de Sassenage 100 livres) Bac et bateau Beaucoir en Royans (150 livres) Bac et bateau de la Sonne (100 livres) Bac et passage Saint Nazaire et Rochebrune (marquis de la Baume 1200 livres) Bac ou bateau de Saint Latier (M. de la Porte Lartaudiere) plus péage Bac ou bateau et péage Pisançon et Chavagnieu proche Romans (M. de Pisançon 2000 livres) Péage sur l’Izere à Romans 2000 livres possédés par la Charité de Romans Péages et autres droits sur le pont de Romans (Abbé de Cessein 5000 livres) Port et bateau de Chateauneuf d’Izere (Mgr l’eveque de valence 400 livres) (source : A.D.I 2 C 604 )
Souvenirs de Claude Paris
« En 1692 nous fumes continues mon père et nous dans nos trois directions des vivres, nous fumes chargés de plus par un traitté particulier de la fourniture du pain aux troupes qui estoient en garnison pendant les six mois de Campagne dans le Bas Dauphiné et dans les provinces de Languedoc et de Provence et feu M. Orry qui avoit entrepris la fourniture des fourrages du camp du sablon y nomma pour directeur mon frère aisné.
En 1693 la disette des grains se fit sentir vivement dans le Dauphiné… nous fumes appellés à une assemblée que M. Bouchu intendant de Grenoble convoqua chez lui… Ceux qui la composoit du nombre desquelles nous étions convirent de faire un fond gratuit pour le secours de la province, je fus désputé pour aller à Marseille et pour tirer des costes d’Italie et des echelles du levant une grand quantité des bleds pendant que mon père et mon frère aisné disposeroient les voitures pour le transport de ces grains en conciliant les besoins du service des vivres avec ceux de la province de manière que ces deux objets ne puissent souffrire l’un de l’autre…Les magazins furent continuellement fournis par la mesme voye jusqu’à la récolte de 1694 et l’on dut encore la facilité du transport de tous ces grains à notre établissement de batteaux sur l’Izère. Il y eut vingt huict mille livres de pertes dans cette opération, parce que les magazins ayant été entre tems jusque à la récolte pour assurer la subsistance de la province, on ne vendit les derniers grains que trente cinq sols le bichet ; mais comme il n’etoit pas juste que des particuliers qui avoient entrepris sans interet de secourir leurs concitoyens dans un tems de disette, on fissent de la perte, les vingt huit milles livres furent imposées sur le pays en vertu d’un arrest du Conseil qu’obtinrent les soins de M. Bouchu. »
Maître Lovat,( notaire de Moirans A.D.I 3 E 1976) 31.12.1692 : Jean Gauy hoste du Logis de la Fleur de Lis de Moyrans confesse avoir receu la somme de neuf cent cinquante livres et tout présentement celle de quarante cinq livres réellement et comptant en bonnes espèces au veu de moy notaire et tesmoins de sieur Jean Paris commissaire des vivres pour l’armée d’Italie pour la vente de trente deux perches de foin que le dit confessant à vandu et deslivré au dit Sr Paris en l’année mil six cent nonante un dernier au prix de vingt deux livres six sols quatre deniers la perche.
Maire perpétuel
Les offices de maires ont été crées par Pontchartrain en 1692. C’est une affaire extraordinaire, c’est à dire un impôt supplémentaire où l’on s’efforce de faire payer les riches, car la taille rentre mal, et les impôts indirects sont d’un rendement encore plus mauvais ; avec la fuite des protestants, la guerre, le manque de monnaie métallique, le commerce local est dans un état déplorable. Comme toujours en pareil cas, l’affaire de la vente des offices est donné à ferme à une compagnie de traitants. La compagnie avance l’argent au roi et se rembourse avec intérêt et bénéfice sur les offices qu’elle vend. En dehors des intérêts et des exemptions liées à tout office : taille, gués, logement des gens de guerre etc., celui de maire n’est pas d’un grand rendement. Il n’anoblit pas comme les offices de secrétaire du roi, et il ne rapporte pas d’argent comme les offices de notaire, procureur ou huissier. Le maire se heurte aux consuls élus par la communauté des habitants qui selon la coutume exercent le pouvoir local sur le bourg et son mandement.
Pourtant Jean Paris n’est pas homme à acheter quelque chose qui ne lui rapporte rien. S’il a acquis la charge de maire perpétuel le 26 mars 1693, il semble qu’il ait eu plusieurs bonnes raisons de le faire. Il peut contrer les Consuls et favoriser l’arrivée de ses marchandises importées au détriment des productions locales Il peut surveiller la production de blé à Moirans et son mandement et exiger des producteurs le blé au prix officiel Etant maire, il peut s’endetter ; il jouit d’un certain crédit, personne n’ose plus mettre le nez dans ses affaires et exiger des paiements immédiats.
« Louis par la Grace de Dieu Roy de France et de Navarre Dauphin de Viennois Comte de Valentinois et Diois à tous ceux qui ces présentes verront Salut, par nostre édit du mois d’aoust dernier enregistré ou besoin a esté et pour les causes et considérations y contenus nous aurions crée érigé et estably en titre d’office forme et héréditaire en chascune ville et communauté de nostre Royaume, pays terres et seigneuries de nostre obéissance Sçavoir faisons que pour lentière confiance que nous avons en la personne de nostre cher et bien aimé Mr Jean Paris et en ses sens suffisance loyauté prud’hommie et expériance fidélité et affection à nostre service, pour ces causes nous luy avont donné et octroyé donnons et octroyons par ces présentes l’office de nostre conseiller Maire de la communauté de Moyrans nouvellement crée par le dit Edit pour icelluy avoir tenir et doresnavant exercer et jouyr et user pour luy et ses hoires ou ayant cause héréditerement aux gages de cent vingt livres pour chascun an à prandre par préferance sur les deniers Patrimauniaux d’octroy et impositionnement de la dite Communauté aux honneurs authorité rang séance prérogatives préeminances privilèges droicts fonctions examptions de tutelle Curatelle guet et garde de service du ban et arrière ban Taille logement de gens de guerre et autres charges et contributions le tout suivant et ainsy qu’il est plus amplement porté par le dit Edit pourveu toutesfois que le Dit Paris aye atteint l’age de vingt cinq ans accomplis . Conformément au certificat de plusieurs anciens habittants et du curé de Rives en Dauphiné par lequel il nous appert que le dit Paris est agé de cinquante cinq années ou environ le dit certificat égalisé par le sieur Blanchet châtelain du dit lieu cy attaché avecq les dits Edit et Quittance de finances soube le contre sel de nostre chancelerie à paine de perte du dit office nullité des présentes et de sa reception sy donnons en mandement à nostre aimé et féal le Sieur "...?..." nostre commissaire de party en Dauphiné que lut estant apparu de bonne vie et mœurs age sus dit de vingt cinq ans Religion Catholique apostolique et Romaine du dit Paris et de luy pris et receu le serman requis et accoustumé, il le reconnaît nette et institue de par nous en possession du dit office l’en faisant jouir ensemble des honneurs authorité rang séance prérogatives préeminances privilèges droicts fonctions examptions sus dit, plainement paisiblement et héréditairement . Mandons en outre à nos aimés et féaux conscilliers les présidents et trésoriers de France à Grenoble que par les Receveurs Comptables généraux ils fassent payer et deslivrer comptant au dit Paris les dits gages et droicts au dit office appartenante à commencer du jour de la réception rapportant coppie des présentes et deubement collationnés pour une fois seulement avecq la quittance sur ce suffisant nous voulons les dits gages et droicts estre passés et alloués en la dépance des comptes de ceux qui en avont fait le payement par nos aimés et féaux conseillers les gens de nos Comptes de Dauphiné auxquels mandons ainsy le faire sans deffaults Car tel est nostre plaisir en tesmoings de quoy nous avons fait mettre nostre Sel au dit présente. Donné à Paris le vingt sixieme jour de mars de l’an de grace mil six cent quatre vingt treize et de nostre Reigne la cinquantieme. Par le Roy Dauphin parlan et au dos est escrit : enregistré le 28 mars 1693 Soufflot
Ainsi continuant
1.1.1693 : Me Guillaume Lovat (3 E 1976)
Convention : Furent présent en leurs personnes sieur Jean Paris commissaire des vivres de sa Majesté en Italie d’une part et Pierre Clément Bourru et Claude Coingt Gillet tous deux faiseurs de bateaux du lieu et mandement de Saint Quentin d’autre part… ont fait les conventions suivantes : que le dit Clément Bourru et Claude Coingt soliderement l’un pour l’autre et l’un d’eux seul pour le tout sans décision d’action ny ordre de discution de faire deux bateaux neuf de neuf toise de longt et treize semelle en fond de lhauteur suivant l’usage pour les voitures de messieurs les généraux des vivres de l’armée de Piemond. Lesquels deux batteaux ils promettent de faire et parfaire dans un mois prochain venant à peine de tous dépens dommages et interet pour le prix et somme de cent soixante cinq livres en recevant les dits batteaux sur laquelle somme le dit Clement confesse avoir receu du dit Paris par acte receu par feu Me Devillier notaire en sa datte et pour les causes contenus en icelles comme aussy le dit Coingt Gillet confesse avoir cy devant receu du dit paris la somme de quarante six livres… en outre le dit Coingt Gillet confesse avoir tout presentement et en recevant veu de moy notaire et tesmoin du dit Sieur paris la somme de vingt quatre livres en bonnes espèces ayant cours pour fournir à la faction des dits deux batteaux… Comme aussy les dits Clement et Coingt Gillet promettent et s’obligent de faire et construire les batteaux pour les dits sieurs commissaires pendant cette présente année à peine que dessus….
4.1.1693 : Furent présents en leurs personnes sieur Jean Paris commissaire pour les vivres de sa majesté à ses armées d’Italie d’une part, Pierre Santoz Cottin et Estienne Daury Charnelet mestres basteliers du dit lieu de St Quentin d’autre part… Ont fait les pactes et conventions suivantes ; scavoir que les dits Charnelet et Cottin promettent au dit sieur Paris de luy faire et parfaire un batteau neuf d’aujourd’huy en vingt jours pour le prix de cent soixante cinq livres de la qualitté cy appres, scavoir le dit batteau de neuf toises de long treize simelle en fond et de hauteur ordre au batteau de montée avec ses armes bien et bon bois recevable sur lequel prix le dit paris a tout présentement délivré aux dits Charnelet et Cottin la somme de soixante livres et le restant du dit prix le dit paris promet de leur délivrer lors de la réception du dit batteau . Ainsy convenu et accepter par les parties.
7.1.1693 : Furent présents honnette Jeanne Trilliard veuve de sieur Anthoine Recoing et administresse de ses enfants du lieu de St Quentin d’une part et sieur Jean Paris maire du bourg de Moyrand et son mandement et commissaire des vivres pour le roy de ses armées de l’Italie d’autre part… Le dit Paris remet à la dite Jeanne Trilliard deux bœufs énoncés en l’acte obligatoire passé en faveur du dit sieur Paris par honnette François Recoing et gaspard Michel soub les cautions du dit Anthoine Recoing receu par Me de Villier notaires du vingtième septembre mil six cent nonnante un. Lesquels deux bœufs sont poil rouge agés d’environ sept ans. La dite Trilliard dit avoir elle pour le prix et somme de soixante livres de plus le dit Sr Paris au dit nom veut à la dite Trilliard un batteau estimé par les parties à la somme de cent dix sept livres dix sols lesquelles sommes jointes ensemble font la totalle de cent septante sept livres dix sols. Laquelle somme la dite Trilliard promet et s’oblige payer au dit sieur Paris au premier jour de caresme prochain venant à peine de tous despens dommages et interets. Elle s’oblige de faire les voitures pour messieurs les généraux des vivres de sa Majesté sur la rivière de l’Izaire ou sur le Rosne sçavoir le quintal de bled ou farine depuis Romans jusqu’à Grenoble de une sol par quintal et ainsy de plus bas ou plus haut a proportion pendant que les dits sieurs munitionnaires des vivres en auront besoin. Le tiers desquelles voitures le dit Sr Paris retiendra entre ses mains sur et a compte de la sus dite somme de cent septante sept livres dix sols qu’elle luy doit…
18.1.169 : Fut présent honnette Jean Bernard patron sur l’Izaire habitant à Voreppe lequel de son gré et volonté promet et s’oblige à Sr Jean Paris de faire des voitures sur la dite rivière de l’Izaire des farines bleds grains et autres choses s’il eschoit pendant la présente campaigne dépendante et destinées pour messieurs les généraux des vivres de sa majesté au prix courant et de ne faire autres voitures que pour les dits généraux des vivres à peine de tous dépens dommage et interet… Le dit sieur Paris a donné au dit Jean Bernard par advance et a compte des voitures qu’il convient de faire la somme de trante huict livres dix sols….
28.1.1693 : Furent présents honnette Claude Rabié dit la Biasse et Anthoine Cottin patron sur l’Izaire tous deux habitants à Veurey promettent et s’obligent à sieur Claude Paris commissaire des vivres de sa majesté en ses armées d’Italie et Savoye icy présent, acceptant de faire les voitures sur la ditte rivière de l’Izaire des bleds farines autres grains et autres choses s’il y echoit pendant cette présente Campaigne au prix courant des dits voitures sans que les dits Rabié et Cottin puissent travailler ny faire autres voitures que pour messieurs les munitionnaires et leurs préposés à peine de tous dépens dommage et interet, icelles voitures le dit Sr Paris a tout présentement délivré aux dits Rabié et Cottin deux bœufs tous deux poils rouges agés le chascun d’environ sept ans au pris et sommes de deux cent seize livres et un batteau que les dits Rabié et Cottin confessent avoir cy devant receu du dit Sr Paris au prix de cent cinquante livres. Lesquelles sommes jointes ensemble font la totalle de trois cent soyante six livres laquelle ils promettent payer au dit sieur Paris à sa requette ou de retenir entre ses mains le prix des voitures que les dits Rabié et Cottin feront à l’advenir jusque à l’effectif payement de la dite somme. Ainsy convenu…
30.1.1693 : Furent presants honnette Jean Rue du Port et honnette Jean Vormat du Port du lieu de la Riviere et le dit Vormat du mandement de Vinay… promettent à Jean Paris commissaire des vivres des armées de sa Majesté et maire du bourg de Moirans de faire les voitures du bled farines et autres choses s’il y eschoit pour le fait de messieurs les généraux des vivres ou de ses préposés pendant cette présente Campaigne au pris courant et accoustumé tant sur la rivière de l’Izaire que sur le fleuve du Rosne. Et pour faciliter icelles voitures le dit Sr Paris a délivré au dit du Port et Volmats un batteau au prix de cent quarante huict livres dix sols…
1.2.1693 : Furent présents Henry de Saint Tourt et Pierre Jalier marchands voituriers sur l’Izaire du lieu de Veurey… Promettent et s’obligent à sieur Jean Paris commis général des vivres de sa Majesté pour les armées de Savoye et Piémont et maire du bourg de Moyrans de faire les voitures sur la rivière de l’Izaire pendant cette présente Campaigne… Le dit sieur Paris en la qualité de commissaire général des vivres a délivré aux dits de saint Tourt et Jalier la somme de cent huictante livres…
2.2.1693 : Fut présent en sa personne Ennemond Derbay faiseur de batteaux du lieu de Veurey lequel de son gré promet et s’oblige à Sr Jean Paris commissaire général des vivres de sa majesté de ses armées en Savoye et piedmont de faire un batteau neuf armé de touttes ses armes d’entre icy et à la fin de ce mois de la longueur de neuf toises de treize simelles en fond et de lautheur pour le prix et somme de cent soixante cinq livres…
2.2.1693 : Fut présent honnette François Gilibert la Verne faiseur de batteaux du lieu de Veurey laquel de son gré promet à Sr Jean Paris de faire un batteau neuf entre icy et le vingtième de ce présent mois prest à mettre à l’eau et armées de touttes ses armes de la longueur de neuf toises et de treize simelle en fond et de l’autheur pour le prix et somme de cent soixante cinq livres…
5.2.1693 : Furent présent Jean Pansu et Pierre Volmard tous deux patron sur la rivière de l’Izaire du lieu de Recon promettent et s’obligent à monsieur Me Anthoine Paris advocat en la Cour et comme général des vivres de sa Majesté de ses armées en Savoye et Italie de voiturer sur la ditte rivière de l’izaire pendant cette présente Campaigne de bleds farines et autres choses s’il y eschoit au prix courant et accoustumé qui sera payé par le dit sieur paris au dits Pansu et Volmard avec deux batteaux dont le dit Paris promet d’en délivré un au dit Volmard dans quinze jours de ceux qui dessenderont à la première voiture des canons qu’il se fait et au prix qu’il coutera au dit Paris. Lequel prix il se retiendra entre ses mains sur et a compte des voitures que le dit Volmard faira à peine de tous depens dommages et interet…..
5.2.1693 : Fust présent honnette Jean Claude Sibilat patron sur l’Izaire de St Quentin confesse devoir à Mr Me Athoine Paris advocat en la Cour.. la somme de cent cinquante livres pour vente et délivrance de deux bœufs poil rouge et fromaise agée chascun d’environ cinq années, lesquels deux bœufs seront et demeureront affectés et hipotequé au dit sieur Paris jusque à l’effectif payement qu’est à la requette du dit Sr Paris qu’il fait à présent pour tous termes préfixés. Les dits deux bœufs délivrés pour travailler aux voitures des bleds farines et autres choses sur la rivière d’Izaire pendant cette présente Campaigne pour les vivres des armées de sa majesté. Lesquelles voitures le dit Sibilat promet de faire cette présente campaigne avec un batteau au prix courant et accoustumé….
5.2.1693 : Fust présent sieur Louis Barbassat, marchand voiturier du lieu de St Quentin lequel de son gré promet et s’engage à Sr Jean paris de faire les voitures des bleds et farines pour messieurs les munitionnaires ou pour l’artillerie avec deux batteaux sur la rivière de l’Izaire pendant cette présente campaigne au prix courant et accoustumé…
8.2.1693 : Furent présents honnette Louis Pochon de la Roche de Glun en ce pays de Dauphiné et honnette Pierre Dehome de Chasteaubout en Vivarais tous deux mariniers promettent et s’obligent à monsieur Me Athoine Paris advocat en la Cour et commissaire général des vivres de sa majesté de ses armées de Savoye et Piémont faire les voitures des bleds farines et autres choses s’il y eschoit pour messieurs les munitionnaires des vivres de sa majesté pendant cette présente campaigne tant sur la rivière de l’Izaire que sur le fleuve de Rosne au prix courant et accoustumé , qui sera payé par le dit Sr Paris à proportion de travaille des dittes voitures….
14.2.1693 : Furent présents honneste Jean Ferrouil et honneste Jean Pansu patrons et voituriers du lieu de Revon sur la rivière de l’Izaire, confessent devoir à Sr Jean Paris la somme de cent quarante cinq livres dix sols pour vente et délivrance d’un batteau que le dit Sr Paris à faite cy devant aux dits Ferrouil et Pansu…
15.2.1693 : Fut présent Jean Bouillon mestre charpentier de St Quentin promet et s’oblige à Sr Jean Paris de faire un batteau bon et recevable avec son équipage de neuf toises en longt et de treize semelles en fonds et de l’autheur entre icy un mois prochain à compter de ce jour le prix et somme de cent soixante cinq livres….
15.2.1693 : Furent présents honnette Jean Coingt Bourdis et Joseph Marchand, tous deux marchands de St Quentin promettent et s’obligent à sieur Paris de faire un batteau bon et recevable avec son équipage entre icy un mois prochain à compter de ce jour pour le prix et somme de cent soixante cinq livres…
18.2.1693 : Fut présent honnette Anthoine Barnier patron sur l’Izaire promet et s’oblige à Sr Paris de faire les voitures des farines bleds et autres choses s’il y eschoit sur le Rosne et sur la dite Izaire pendant trois mois prochain qui finiront au premier de juillet aussy prochain, au prix qui sera donné aux autres patrons pour l’observation des présentes….
18.2.1693 : Présent Benoist Chomont Boura patron sur la rivière de l’Izaire du lieu de St Quentin confesse devoir à monsieur Me Anthoine Paris advocat en la Cour et directeur des vivres de l’armée de sa majesté en Itallie la somme de cent huictante trois livres et ce pour vente et recelle de délivrance tout présentement faict de deux bœufs par le dit Sr Paris aux dits Chomons Bourru
20.2.1693 : Fut présent sieur Jean Paris commissaire général des vivres des armées de sa Majesté habitant Moyrans lequel de son gré a fait et constitué pour son procureur général et spécial sieur Laurens de Lignières aussi commissaire des vivres auquel il donne pouvoir de se transporter pour et a son nom rendre compte aux munitionnaires des vivres d’Italie de son administration de la Compaigne de l’année mil six cent quatre vingt onze ayant à cet effet le dit Sr Paris remis entre les mains de son dit procureur les pièces ennoncées au dit compte présenté de ce jour avec pouvoir qu’il luy donne de le signer et clore avec agrément et approuvant tout ce qui sera fait et géré par le dit sieur de Lignières son procureur et de relever et garantir de touttes charges de procuration avec élection de domicille qu’il fait en la personne de son dit procureur en forme pour l’observation de la présente le dit Sr Paris à soubmis et obligé tous ses biens present et advenir à touttes cours en forme…
23.2.1693 : Furent présent Pierre Bossan et Jean Claire tous deux patrons du lieu d’Izeron confessent devoir à Jean Paris la somme de cent septante cinq livres pour vente et délivrance d’un batteau que le dit sieur Paris a fait cy devant délivré au dits Bossan et Claire….
23.2.1693 : Fust présent Sr Jean Robin Canaud marchand voiturier du lieu de St Quentin confesse debvoir à Sr Jean Paris la somme de cent septante cinq livres pour vente et icelle délivrance de deux bœufs poils noirs et grinel agée le chescun d’environ cinq à six ans…
23.2.1693 : Présent Sr Laurent Cottin et Estienne Cottin marchand du lieu de St Quentin confessent debvoir à Sr Jean Paris la somme de trois cent nonante livres douze sols scavoir celle de trois cent soixante cinq pour vente et délivrance d’un batteau, vingt cinq livres douze sols pour l’achapt de foin et deux cent livres pour vente et délivrance de deux bœufs l’un poil rouge et chamond agé d’environ le chescun de six ans…
23.2.1693 : Fut présent Pierre Gaudin Talot patron du lieu de Sassenage, s’oblige et promet à sieur Jean Paris de faire les voitures des blés farines et autres choses avec un batteau sur la rivière de l’Izaire pendant cette présente campaigne au prix courant et accoustumé….
23.2.1693 : Fut présent Sr François Jalliffier marchand de Sassenage, s’oblige et promet à Sr Jean Paris de faire les voitures des bleds farines et autres choses avec un batteau sur la rivière de l’Izaire pendant cette présente campaigne. Et pour faciliter icelles voitures le dit Sr Paris a délivré au dit Jalliffier la somme de deux cent livres….
24.2.1693 : Présent André Albanel marinier du lieu d’Izeron voiturier sur la rivière d’Izaire acceptant de travailler et demeurer en son service pendant cette présente campaigne à voiturer les farines bleds et autres effets pour le service de sa Majesté à raison de cinq livres par voyage de la cime de l’Izaire à Grenoble
1.3.1693 : Présent Jean Vercherat, voiturier sue l’Izaire du lieu de la Riviere, s’oblige et s’engage à Sr Paris de faire les voitures des bleds et farines avec un batteau au prix courant et accoustumé… Fut présent Jean Michel et Jean Vercherat tous deux voituriers du lieu de la Rivière confessent debvoir entre autre debte à Sr Jean Paris la somme de cent soixante cinq livres pour vente et délivrance d’un batteau neuf….
11.3.1693 : Présent Estienne Salamon patron sur l’Izaire du lieu de St Quentin confesse debvoir à monsieur Me Anthoine Paris advocat en la Cour directeur général des vivres des armées la somme de quatre cent soyxante deux livres pour vente et délivrance d’un batteau au prix de cent soyxante livres et quatre bœufs poil rouge et grinel agé d’environ huit à neuf ans au prix de deux cent nonante sept livres…
15.3.1693 : Furent présent femme Louise Perroud veuve de Jean Ravat, Estienne Joseph et Anthoine Ravat tous trois frères et fils de la dite Perroud du lieu des Isles de Moyrans confessent debvoir à Sr Jean paris la somme de cent nonante trois livres huict sols pour vente et délivrance d’un batteau avec son équipage et d’une tente de toille neuve délivré par le dit Sr Paris.. ; S’obligent les dits Perroud et Ravat de faire les voitures des bleds farines et autres choses sur la rivière d’izaire pendant cette présente campaigne….
16.3.1693 : Présent Jean Blaize et Ennemond Rosset frères patrons et mariniers du lieu de Voreppe, confessent debvoir à Sr Jean Paris la somme de trois cent quinze livres ce pour la vente et délivrance d’un batteau et deux bœufs poil rouge fromain agés d’environ cinq à six ans… S’obligent les dits Rosset de faire les voitures des farines bleds et autres choses pour messieurs les munitionnaires avec deux batteaux pendant cette présente campaigne sur la rivière de l’Izaire…. Présents Jean et Jacques Chavet confessent debvoir à Sr Jean Paris la somme de cent cinquante livres pour vente et délivrance d’un batteau, promettent de faire les voitures des bleds farines et autres choses pour l’usage de l’artillerie et de messieurs les munitionnaires sur la rivière de l’Izaire…
17.3.1693 : Présent jacques Guise patron sur l’Izaire du lieu de St Gervais, confesse debvoir à monsieur Me Anthoine Paris la somme de cent livres et déclare la vouloir employer à l’achapt de deux bœufs pour tirer les batteaux du service des messieurs les munitionnaires et de faire les voitures avec deux batteaux pour l’usage que dessus pendant cette présente campaigne…
20.3.1693 : Présent Claude Auric patron sur l’Izaire du lieu de Veurey s’engage à Sr Jean Paris de faire les voitures des bleds farines et autres choses… Présent Guillaume Marchand marinier de St Quentin s’engage à servire Reynaud Vallantin à faire les voitures…
23.3.1693 : Pierre Guinet de Veurey s’engage à faire les voitures de bleds farines et autres choses… Pierre Guilliet, marchand de St Quentin confesse debvoir à Sr Jean Paris la somme de nonante livres pour reste de celle de cent soixante cinq livres pour vente et délivrance d’un batteau neuf fait par le nommé Charlet et promet de faire les voitures….
24.3.1693 : François Vial marchand de Noeray accepte de faire les voitures des bleds farines et autres choses ou de l’artillerie avec un batteau que la dit paris a délivré au dit Vial pour le pris et somme de cent soixante cinq livres, le dit batteau fait par le nommé Jean Borel….
25.3.2963 : Joachim Charmay marchand voiturier sur la rivière de l’Izaire du lieu de St Quentin confesse debvoir la somme de cent soixante cinq livres pour vente et délivrance d’un batteau neuf, lequel dit Sr Charmay promet de s’en servir pour les voitures de messieurs les munitionnaires des vivres ou de l’artillerie…
26.3.1693 : Claude Chalvet marchand voiturier confesse debvoir la somme de cent soixante cinq livres pour vente et délivrance d’un batteau neuf que la dit Jean Paris a achepté à Christophle Michon du lieu de Veurey. Le dit Chalvet promet de faire les voitures pour messieurs les munitionnaires…
29.3.1693 : Pierre Bossan marinier d’Izeron confesse debvoir la somme de cent quatre vingt quinze livres pour vente et délivrance de bœufs Promet et outre de faire les voitures avec deux batteaux…
30.3.1693 : Jean Claire marinier sur l’Izaire confesse debvoir à Sr Jean Paris la somme de trois cent vingt sept livres quatre sols pour une paire de bœufs et un batteau, une tente, trois mailles, un planchement et couvert de proue, bande sentenne trioles arborier obruset quentine, deux perches ferrés et un croc. Promet de faire les voitures avec deux batteaux…
Jean et Henry Rey de Noiarey, confessent debvoir la somme de deux cent soixante cinq livres pour vente et délivrance d’un batteau neuf un de ceux que Jean Paris à fait faire à Veurey aux ouvriers de monsieur Auric…. Pierre du Port Roux et Jean du Port Roux père et fils confessent debvoir à Sr Jean Paris la somme de deux cent douze livres treize sols six deniers pour l’achept de deux bœufs pour faire les voitures et pour vente et délivrance d’un batteau Jean et Henry Rey de Noerey confessent debvoir à Sr Jean Paris la somme de cent quatorze livres pour vente et délivrance d’une paire de bœufs destinés à tirer le batteau pour messieurs les munitionnaires…. Alexandre Trouillon marchand de St Quentin promet de faire les voitures avec un batteau sur la rivière de l’Izaire et pour facilliter icelles le dit Sr Paris a délivré au dit Trouillon une paire de bœufs poil fromain au prix de cent soixante livres… Jean Paris a vendu à honnette Jean Morel marchand, deux bœufs poil rouge délivré par Sr Richard au dit Paris au prix de cent quatorze livres…
1.4.1693 : Claude Farconet patron de la ville de Grenoble s’engage de faire les voitures avec un batteau neuf que la dit Jean Paris à fait faire à Veurey par ordre de monsieur Auric au dit Farconet pour le prix et somme de cent soixante cinq livres… Joachim Charmay et François Jayme marchands de St Quentin confessent debvoir à Sr Jean Paris la somme de trois cent septante sept livres pour vente et délivrance de deux bœufs, deux mailles et un batteau que le dit Sr Paris a payé à Pierre Bourru
En octobre 1693, Bérulle intendant de Lyon, entre en conflit avec Antoine Paris qui ramasse tous les blés disponibles en Provence pour l’armée des Alpes et le Dauphiné Bérulle est inquiet « J’appréhende que la populace affamée et irritée comme je la voie, ne s’oppose au passage des grains destinés pour l’armée du Piémont et le camp du Sablon. » Dans sa lettre du 4 novembre, il s’en prend encore à Antoine Paris « Dans l’impuissance ou est la ville de pouvoir trouver des fonds pour la construction de nouvelles barques, achat de chevaux et de cordages, j’avais engagé le nommé Paris (Antoine) du bourg de Moirans en Dauphiné, l’un des nouveaux intéressés dans le tirage des sels, et qui est maître de tous les ouvriers qui font des gabarres, de nous en fournir vingt qu’il faisait actuellement construire pour l’exécution de son traité sur le sel, et dont il n’avait besoin qu’au mois de mars. Cependant au lieu de me tenir parole, j’ai appris qu’il les voulait employer à voiturer les blés qu’il avait acheté pour les revendre en Dauphiné. Cela m’a obligé, l’ayant su à Lyon, de le mettre à la garde d’un huissier jusqu’à ce qu’il ait satisfait son engagement avec moi. »
C’est la première fois qu’Antoine Paris est arrêté. C’est un des moyens employés par l’administration pour faire céder les traitants.
Divers actes d’assemblées présidées par Jean Paris
Archives municipales de Moirans BB8 extraits :
26.4.1693 : Ordre de lever à Moirans sept jeunes hommes de milisse pour servir dans le régiment de Chalandière.
28.4.1693 : Jean Paris ,maire perpétuelle de Moirans, s’est transporté dans les maisons de tous les jeunes gens du dit lieu et don mandement qui sont en est de servir sa Majesté dans le régiment de milisse de monseigneur de Chalandière.
10.5.1693 : Tirage au sort des garçons de la communauté capables de servir le Roy dans ses armées.
30.8.1693 : Monseigneur l’intendant enjoint la communauté de Moirans de fournir quatre mulets ou chevaux avec leurs bas, pour faire les voitures pour l’armée de sa majesté en Italie ou autres lieux. Le dit consul remontre que n’ayant aulcuns deniers en main pour achepter les bas pour les quatre mulets, qu’il est nécessaire d’un muletier et que aucun muletier ne veut servir, que moyenant le prix et somme de trante livres par mois.
11.9.1693 : Le dit consul remontre que tous les jours il arrive des paquets de messeigneurs les intendants gouverneurs de cette Province et autres de pauvres malades soldats estropiés, des batards donnés à la dite communauté et autres pressantes affaires qui naissent presque tous les jours au sujet de la guerre. Le dit Consul n’a aucun denier en main pour survenir a tout ce que dessus.
Demande de remboursement des frais de guerre
Du samedy vingt sixieme jour du mois de décembre année mil six cent quatre vingt treize au bourg de Moyrans, en la place publique du dit lieu heure à tenir assemblée par devant nous Jean Paris conseiller maire perpétuel du dit Moyrans… En troisième lieu le dit Consul a remontré que le régiment de dragon de Pezat ayant camp dans le présent lieu au mois de septembre dernier ont auroit esté obligé de prendre un fagottier de serman appartenant au seigneur conseiller Lovat pour lusage des dragons dont le dit seigneur Lovat souhaitte estre payé ensemble du domage qui luy a esté fait dans la mesme année dans une de ses vignes par les bœufs destinés pour l’armée de sa majesté en Piémont ,il importe de régler le tout et de pourvoir en mesme temps au payement du dit seigneur Lovat ce qui sera resonnablement arbitré par la dite communauté. En quatrieme lieu le Sr Paris maire du presant lieu ayant retiré du Sr receveur de l’Election de Romans la somme de neuf cent livres pour le dedomagement accordé à cette communauté et le sieur Paris desirant estre déchargé de la dite somme en l’employant suivant la destination qui luy sera fait par la dite communauté il est aussy nécessaire qu’elle y délibère promptement. En cinquième lieu le dit sieur Paris ayant fait quelques advances pour equiper les soldats de millisse que la dite communauté a esté obligée de fournir la présente année pour le service de sa Majesté dans le régiment de Chalandine… En sixieme lieu il a ester fait fond de la somme de deux cent livres dans un rolle qui a esté imposé la présente année en cette communauté pour le rembourcement de ceux qui ont fourni le fourrage et autre choses necessairres pour l’entretient d’une Compagnie de cavallerie du régiment de Varenne loger en quartier de rafressiment et d’hiver au dit Moyrans dont la recepte fust donné à Pierre Perier habitant du dit lieu lequel en doit remettre le fond à ceux qui en ont fait la dite fourniture suivant l’ordre qui en sera donné par la dite communauté. En huictiesme lieu lors quon equipa les soldats de milisse, il fust pris plusieurs fusils, mousquets et autres armes chez divers particuliers qui en demandent la restitution a quoy il est pareillement nécessaire de pourvoir. En neufieme lieu, Pierre Billion Merle ayant esté chargé par la communauté de faire des voitures pour sa Majesté du costé de Piémont, il luy auroit esté promis une certaine somme pour chascun jour qu’il vacqueroy pour le service du Roy et comme le dit Billion est présentement de retour et qu’il souhaitte d’estre payé de la dite voiture il seroit à propos de nommer quelqu'un pour faire son compte et de pourvoir en mesme temps au payement de ce qui se trouvera luy estre deub.
18.3.1694 : Nommination de six soldats pour servir la dite communauté dans le régiment du Gua, lesquels ont étés fournis et interpellés par Pierre Gachet sergent Royal.
19.4.1694 : Ordre de monseigneur le maréchal de Catinat de fournir sept soldats pour servir le Roy au régiment de Chalandière . Nous avons fait tirer les billets à la manière accoustumée,le sort estant tombé à Pierre Veyier, Pierre Bois , le fils d’Imbert Empta, Jacquemond et jacques Giraud Billioud, Ennemond Bœuf et Anthoine Ravet .
16.5.1694 : Le Consul nous remontre q’ayant nommé et fait tirer au sort les nommés Jean marquis et Pierre Bois auxquels le sort leur seroit tombé à servir le Roy en qualité de soldat, le dit Pierre Bois auroit desarté et le dit Marquis estant tombé malade apprès la dite nomination, le dit consul est contraint de ramplacer les dits Marquis et Bois, attendu son infirmitté pour cet effet, le dit consul auroit de nouveau fait tirer au sort Ennemond Garandet, Pierre Gonnard, Jean Collombin, le fils de Jean Giraud Billioud, Joseph Bergerand,le fils de Claude Bruzard Perroud, Anthoine Collombin fils d’autre Anthoine, Jean Collombin, le fils de Pierre gautier, le fils de martin, Pierre Bonnier,le fils de Guillaume Morel et Claude Monbrun, a quoy ayant esté procedé, le sort seroit de nouveau tombé sur le dit Marquis et sur Jean Collombin fils d’Anthoine.
7.11. 1694 : Du dimanche sus dit jour du mois de novembre année mil six cent quatre vingt quatorze au bourg de Moyrand et dans la maison consulaire du dit lieu, lieu et heure à tenir assemblée laquelle a esté afiché aux formes ordinaires par devant nous nous Jean Paris Conseiller du Roy et mayre perpétuel du dit Moyrand, escripvant le secrétaire en chef du dit lieu avec nous sousigné, a comparu Sr Joseph Mullion consul moderne du dit Moyrans adsisté de monsieur Me Joseph Devoise advocat en la Cour trésorier de la dite communauté, de Me Jean Bonardoy notaire Royal de Grenoble et syndic des forains de la dite communauté, de sieur Gaspard Guillot marchand, Sr Bennoit Berger, Pierre Pattin Charpentier, Pierre Gay de St Jean de Moyrans, François Veyron aussy de St Jean, Pierre Collombin, Pierre Jourdan, Sr Claude Berthollon, Claude Devoud, Pierre Boletteau, Pierre Gachet.
Auxquels hommes et assemblés les présents faisant pour les absents, le dit consul remontre qu’il luy avoit esté signiffier le treizieme du courant par Namarin, sergent, une coppie de la répartition de la somme de trente trois mille livres faisant les deux tiers de celle de quarante cinq mille livres et les deux sols pour livres d’icelles pour laquelle il a pleu au Roy par la déclaration du 24 aoust dernier de révoquer son édit du mois de décembre 1693, concernant les Isles et islots à terrissement et accroissement présents et futurs alluvions, droicts de peiche, péage, passage, ponets, mollins, bacs, coches, batteaux, édifices à l ‘égard de la rivière Dizaire tant seulement avec commandement de payer la somme de cinq cent livres dans quinze jours après la datte de la signiffication du dit est de répartition entre les mains du Sr Papillon à Grenoble et comme la communauté du dit Moyrans ne posséde aucunes isles, islots atterissement accroissement d’alluvion droict de peche ny aultres choses sus mentionnés et nommés au dit édit du mois de décembre 1693, il est nécessaire et important de commettre un des habitants de la dite communauté de se transporter en la dite ville de Grenoble pour et au nom des dits habitants députer à Monseigneur l’intendant que la communauté du dit lieu ne possède aucunes isles, ilots mentionnés au dit édit et doit estre déchargé du payement de la somme de cinq cent livres. De plus le dit consul remontre que nous dit mayre ayant receu la somme de neuf cent livres du Sr Avignon trézorier recepveur général de l’élection de Romans, laquelle sa Majesté auvoit pleu faire donner aux habitants du dit Moyrans qui avoient loger une compagnie du régiment de Vareyne en l’année 1692 et 1693, Nous aurrons remis la dite somme de 900 livres à Mr Me Joseph Devoise advocat à la Cour le deuzieme octobre dernier ainsy qu’apere du billet de réception du dit de Voise passé en notre faveur. Nous requerons les habittants de la dite communauté nous en descharger et au regard de la somme de quatre cent douze livres dix sols que sa Majesté a eu aussy la bonté d’accorder aux habittants du dit Moyrans et son mandement pour le mesme subjet que dessus. Le Consul se seroit transporté en la ville de Grenoble pour exiger la dite somme du Sr trezorier de l’extraordinaire des guerres et n’ayant deslivrer aucuns deniers il auroit tiré une lettre de change contre monsieur Gondoien du dix sept septembre dernier, laquelle lettre auroit esté remise à Sr Gaspard Guillot pour exiger le dite somme du dit Sr Gondoien, pour ensuittes estres distribuée avec la sus dite de neuf cent livres aux habittants du dit lieu et son mandement suivant leurs destination pour ceste effect le dit Guillot se transportera à la Ville de Romans pour exiger la dite somme. ..
14.11.1694 : Demain lundy quinzieme de ce présent mois,il doit venir loger par estappe le Régiment de cavalerie de Villepion en ce présent lieu de Moyrans et comme les habittants sont en la dernière necessité, et n’ont pas le temps de ce pourvoir ny de l’argent pour achepter de la viande,foin et avoine, le Roy leur ayant fait donner donner pour degraivement d’un logement d’une compagnie de cavallerie du régiment de Vareine, quy logeant en ce dit lieu en mil six cent nonante deux et mil six cent nonante trois,la somme de neuf cent livres pour estre distribué à ceux quy avoit logé les dits cavalliers.
23.12.1694 : A l’instant a comparu sieur Abel Trenonay, bourgeois du dit Moyrans et consul nommé par cette présente assemblée en exécution d’icelle, a présenté le serment par devant nous Jean Paris, conseiller du Roy et mayre perpétuel du dit Moyrans, en levant la main à la manière accoustumé de bien et fidellement exercer la dite charge de Consul et a signé avec nous dit mayre et secrétaire dreffier.
11.9.1695 : Deslibération du dimanche onziesme jour de septembre année mil six cent quatre vingt quinze, par devant nous Jean Paris … En troisieme lieu le dit sieur Consul représente que le sieur Gaspard Guillot jadis Consul de cette communauté avoit fourny en conséquence d’un acte d’assemblée tenu en ce dit lieu le vingt cinquiesme fevrier mil six cent quatre vingt onze, du foin et avoine pour neuf jours effectifs à la Compagnie du sieur Lahaussetouche capitaine dans le régiment de Sumarcon, logé au dit Moyrans en quartier d’hiver en l’année mil six cent quatre vingt onze pour laquelle fourniture il avoit demandé qui luy fust payé la somme de cent quatre vingt livres pour ceste effect avoit présenter requeste à Monseigneur lintendand pour imposer la dite somme conjoinctement à la taille Royale de l ‘année mil six cent quatre vingt douze…
La Famine
Pendant l’hiver 1693 et le printemps 1694, le malheur touche presque toute la France. Après l’automne sec et froid de 1691 vient un été pluvieux, qui retarde le mûrissement des grains. La récolte qui pourrit sur pied, est déficitaire en 1692, ce qui provoque des hausses du prix du pain et ne permet pas de constituer des réserves. En 1693, le printemps est froid est les pluies aussi excessives que l’année précédente. Cette récolte déficitaire pour la deuxième année consécutive à des conséquences dramatiques, les réserves etant épuisées. Dans les campagne, la pauvreté jette sur les routes un nombre de plus en plus grand de vagabonds qui disséminent les « pestes », le typhus et la typhoïde surtout. La disette ou même la famine en maints endroits provoquent une mortalité de plus de 2 millions de victimes.
En 1694 la guerre de la ligue d ‘Augsbourg qui dura dix ans, bat son plein affamant les Français. Aucun village n’échappe à la famine et voici ce qu’inscrit un curé de l’Ain dans son registre paroissial.
Remarques pour les calamités arrivées dans tout le Royaume de France de la présente année 1694 :
Premièrement il y eut une guerre autant opiniatre que l’on ayt ouy dire dans les siècles passés laquelle ayant commencé depuis environ cinq ans continue toujours et n’y a encore apparence d’aucune paix à cause d’une ligue faicte entre tous les monarques voisins de la France, lesquels jaloux des glorieuses conqueste de notre grand roy Louis XIV se sont tous unis ensemble croyant se rendre maistre de tout le royaume en peu de temps. L’Empereur des Allemants, le roy d’Espaigne, le prince d’Orange seigneur des pays bas et Monsieur le duc de Savoye comme aussi les huguenots chassés de France, ont tous esté de la ligue en mesme temps, sans avoir encore rien advancé sur les françois jusqu'à ce jour bien au contraire les nostres ont conquis beaucoup de pays sur les alliés, comme la Savoye, une partie des Pays bas, des terres et places fortes au deça du Rhin et mesme quelques places en catalogne et Piedmont, mais l’on ne peur scavoir quelle sera l’issu d’une si grande guerre laquelle travaille beaucoup les uns et les autres pour les grandes sommes soit en France soit chez les alliés. Deuxièmement parmi tant de guerre, il est survenu en France cette année une famine estrange que grand nombre de personnes sont mortes de faim en toutes les provinces du royaume, car toutes les denrées estoient rares le pain blanc ayant cousté six sols la livres et davantage sur la fin. Le pot du vin a vallu cinq à six sols à la mesure de Poncin, le froment s’est vendu jusqu’à six livres dix sols une mesure. En sorte que le menu peuple a esté contrainct de vivre d’herbes au printemps. Ceux qui avoient des raves les vendoient jusqu'à quinze sols la couppe. Et la farine du gros bled s’est vendu cinq livres douze sols la couppe comble. Et par merveille du tout puissant l’année suivante le froment n’a vallu que huict ou vingt sols la mesure et le pain blanc qu’un sol la livre et ainsy des autres aliments.
Troisièmement durant la dite famine et guerre de cette année il est survenu une fièvre pestilentielle laquelle à mis au tombeau autant de riches que de pauvres un très grand nombre, soit dans les villes, soient à la campagnes. Et ladite maladie en a attaqué encore d’avantage de ceux qui ne sont pas morts, de ceux qui n’ont pu résister pendant ledit temps Messieurs les curés et vicaires trouvoient bien à se tourmenter. Pour contenter mes successeurs du siècle à venir j’ay jugé à propos de mettre en mémoire les choses susdites sachant bien que plusieurs sont curieux de scavoir les choses du temps passé et anciennes. Je me suis servi de ce livre pour y escrire ledit mémoire d’autant que l’on a plus de soin de conserver les registres des églises pour un long temps, que d’autres papiers qui ne sont pas de si grande importance. A Druilliet dens la maison de Cure ce vingt quatre may mil six cent quatre vingt quinze. (source : Généalogie et Histoire)
4.2.1694 : Me Guillaume Lovat,(notaire de Moirans 3 E 1977) Pierre Volmard dit de Lisle, patron sur Lizaire du lieu de St Gervais, promet et s’engage à M. Me Anthoine Paris, commissaire général des vivres de sa majesté, absent ,et Me Jean Paris conseiller du Roy et maire perpétuel de Moyrans, son père icy présent, se faisant fort de servire le munitionnaire des vivres de l’armée d’Italie en la susdite qualitté de patron pendant cette présente campaigne avec les équipages qui seront nécessaires pour iceux, sur la rivière de l’izaire et sur le fleuve du Rosne.
6.2.1694 : Présent Noel Veyer, François Chevallier, tous deux patrons de Noarey, s’engagent à faire les voitures pour le Sr munitionnaire sur l’Izaire ou sur le Rosne des bleds, farines et autres choses.
7.2.1694 : Honnette Jean Rey patron sur l’Izaire, du lieu de Noarey, s’engage à faire les voitures avec un batteau, manœuvres, bœufs et équipages ordinaires sur la rivière de l’Izaire.
8.2.1694 : Pressent Gaspard Reynaud Millye, patron sur l’Izaire de St Quentin, promet faire les voitures avec un batteau et équipage nécessaire après ce dégel passé.
9.2.1694 : Honnette Claude Chalvet, marchand voiturier sur la rivière de l’Izaire, du lieu de St Quentin, confesse devoir à Me Jean Paris, la somme de cent quarante huit livres quatre sols six deniers pour reste plain et entier payement de la vente de trois bœufs et un batteau cy devant délivré au dit Chalvet par le dit Paris
12.2.1694 : Honnette Estienne Cottin, patron de St Quentin s’engage pour servire le sieur munitionnaire avec un batteau, patron marinier, bouvier, bœufs et esquipage sur l’Izaire ou le Rosne.
13.2.1694 : Honneste Anthoyne Reynaud Vallantin, patron du lieu de St Quentin s’engage servire avec un batteau, patron marinier, bouviers, bœufs et equipage sue l’Izaire ou le Rosne commencant le dit service dès ce jour et finissant à la fin du mois de septembre prochain venant.
14.2.1694 : Jean Pansu dit Grutel, patron de Venon, s’engage à servir avec un batteau, marinier, bouviers bœufs et autre équipage pendant cette présente campagne.
15.2.1694 : Honnette Jacques Guise, patron de St Gervais s’engage à servire sur l’Izaire ou le Rosne avec un batteau, bouviers, mariniers, bœufs et équipages.
Ennemis d’hier, amis d’aujourd’hui
Ratification.
Me Vallon 3 E 1992... Par devant moy notaire Royal de Moyrans soubsigné ce quatorzième octobre mil six cent quatre vingt dix sept avant midy furent présent Sr Joseph du Fraisne marchand de Chambéry et Mr Me Antoine Paris advocat en la Cour et sieur Claude Paris la Montaigne son frère du présent lieu de Moyrans, caution du dit Sr du Fraisne envers son Altesse Royale monseigneur le Duc de Savoye, lesquels de leurs grés et volontés ont approuvé ratifié et confirmé comme par le présent ratifie et confirme (ainsy qu’ils s’y estoient obligés) le contract de soumission par eux fait et passé en faveur de sa ditte Altesse Royale à l’estiputation de noble Claude François Morand conseiller d’Estat et procureur putrimonial et général de sa dite Altesse Royale, de l’agreement et en présence du seigneur Jean Baptiste Gropel aussy Conseiller d’Estat président et général de ses finances le dixième du présent mois au dit lieu de Chambéry, receu par Me G Chambert notaire au dit Chambéry et en conséquence promettant de garder et observer tout le contenu au dit contract de point en point suivant sa forme et tenant, à peine de tous dépans dommages et interets. S’obligeant et soumettant pour cet effect les dites parties leurs personnes et leurs biens à la forme du présent acte de soumission et ont passé les autres promesses, obligations, jurement, renonciation et clauses en tel cas requises. Faict et passé au dit lieu de Moyrans dans la maison des dits sieurs Paris, présent Sr Melchior Marcurin marchand de Tarascon et Sr Daniel Borel major de la ville de Pragelan, tous deux estant de présent au dit Moyrans, tesmoins requis et signes avec les parties
Procuration
Par devant moy notaire Royal de Moyrans soubsigné ce quatorzième octobre mil six cent quatre vingt dix sept après midy feut présent Sr Joseph du Fraisne marchand de Chambéry traittant de la fourniture des sels de Peccais en Savoye pour son Altesse Royale Monseigneur le Duc de Savoye, lequel de gré sans révocation de ses précédents procureurs a de nouveau faict et constitué pour ses procureurs généraux et spéciaux une qualité ne desrogeant à l’autre, sçavoir Monsieur Me Antoine Paris advocat en la Cour et sieur Claude Paris la Montaigne son frère du présent lieu de Moyrans cy présent stipulant et acceptant pour et au nom du dit Sr constituant agie conjoinctement ou l’un en l’absence de l’autre par tout ou besoin sera comme le dit le Sr constituant pourroit faire en la qualité sus dit soit au chargement , achapt et voiture des sels, et en cas d’obstacle ou d’opposition faire tous actes nécessaire, playder et de besoin substituer, constituer et de situer tout procureur en place autrement, opposer, appeler, renoncer, acquiser, eslire domicile, gérer et négocier de mesme que si le dit sieur constituant y estoit en personne et faire tout ce qu’il pourroit luy mesme bien que le cas requit mandement plus exprès que par la présente n’est exprimé eslisant domicile en la personne de ses dits procureurs suivant l’ordre promettant d’avoir agrée de tout ce que des dits procureurs sera fait et de les relever de toutes charges de procuration en forme, ainsy passé sous les promesses obligations de tous leurs biens présent et advenir, submission jurement renonciation et clauses en tel cas requises, faict et publyé au dit Moyrans dans la maison des dits Paris, présent Sr Daniel Borel, majour de la vallée de Pragelan et Sr Melchior Mercurin marchand de Tarascon, estant tous deux de présent au dit Moyrans. Tesmoins requis et signe avec les parties.
Déclaration
Par devant moy notaire Royal de Moyrans soubsigné ce quatorzième octobre mil six cent quatre vingt dix sept après midy feurent présent Monsieur Me Antoine Paris advocat en la Cour et Sr Claude Paris la Montaigne sont frère du présent lieu de Moyrans, lesquels de leurs grés ont déclaré et déclarent par ces présentes à sieur Joseph du Fraisne marchand de Chambéry, traittant de la fourniture des sels de Peccais en Savoye pour son Altesse Royale Monseigneur le Duc de Savoye cy présent stipulant et acceptant que quoy qu’il soit porté par la procuration passée ce jourd’huy peu avant la présente, par le dit sieur du Fraisne aux dits sieurs Paris frères receu par moy notaire, que le dit Sr du Fraisne les doit relever des fraix que les dits Paris frères pourroient faire en autres fraix au sujet du dit Traité du tirage des Sels. Les dits Srs Paris n’entendent néanmoins pas que le dit sieur du Fraisne entre en aucune des dits fraix tant faict que à faire et consentent qu’il en soit libéré, comme il les libèrent et tiennent quitte de quelle manière qu’ils puissent etre faict et pour cet effect ils ont passé les promesses et obligations de tous leurs biens présent et advenir. Faict et publyé au dit Moyrans dans la maison des dits Paris, présent Mr Me Jean Louis Guichard advocat au sénat de Savoye et Sr Melchior Mercurin marchand de Tarascon estant tous deux a présent au dit Moyrans tesmoins requis et signe avec les parties.
Compte et Obligation
Par devant moy notaire Royal de Moyrans, ce second febvrier mil sis cent quatre vingt dix huict après midy furent présent sieur Claude Paris la Montaigne bourgeois du dit Moyrans d’une part et Marc Massarel patron sur la rivière d’Izère habitant à Veurey d’autre. Lesquels de gré sont présentement venu à Compte entre eux des voitures de farine faites par le dit Massarel pour le dit Sr Paris de Savoye à Arles pour le compte du Roy au termes de leurs conventions du vingt six décembre mil six cent nonante six receu par maître Lovat notaire au dit Moyrans ensemble des payements receu par le dit Massarel tant du dit Sr Paris que par son ordre, il s’est trouvé estre deub au dit Massarel pour la voiture de sept cent cinquante quintaux de la Gache au dit Arles toutes destructions de déchets et autres faites, la somme de cinq cent onze livres et le dit Massarel se trouve avoir receu tant en argent comptant qu’en farine manquant pour la dite voiture la somme de cinq cent septante quatre livres deux sols et par conséquent sus payé de la somme de soixante trois livres deux sols, laquelle somme de soixante trois livres deux sols le dit Massarel promet et s’oblige payer au dit Paris ou à son ordre dans huict mois prochain avec interet à la cotte vingtième par la présente stipulé sans autre interpellation pour a courir des ce jour à peine de tous despans dommages et interet ayant esté convenu qu’en cas que le dit Massarel travaille pour le dit Sr Paris, la dite somme de soixante trois livres deux sols sera retenu par le dit Sr paris sur les premiers travaux que le dit Massarel fera pour luy en deux payement esgaux et attendu que la lettre de voiture des dits sept cent cinquante quintaux fournie le seizième mars 1697 par le Sr Guillet commis au dit Sr Paris au dit Massarel au dos de laquelle doit estre le receu du dit Sr Pellissier du déchargement des dits effects à Arles n’a point esté rapportée et par conséquent devant estre au pouvoir du dit Massarel ou autres préposés de sa part. Il a esté convenu de part et d’autre quelle demeurera nulle et sans aucun effect…..
Le dit Massarel a soumis sa personne a tenir prison comme pour les propres deniers et à faire à sa Majesté jurement et renoncement et clauses en tel cas requis. Faict et publyé au dit Moyrans dans la maison du dit Sr Paris, présent Mr Me Joseph Nugues advocat en la Cour et Pierre Battier cuisinier du lieu de la Buisse tesmoins requis et signes avec le dit Sr Paris, non le dit Massarel pour ne scavoir de ce enquis.
Convention
Par devant moy notaire Royal de Moyrans ce second febvrier mil six cent quatre vingt dix huit après midy se sont personnellement constitués sieur Claude Paris la Montaigne faisant tant pour lui que pou Mr Me Antoine Paris advocat en la Cour son frère tous deux entrepreneurs de la fourniture des sels de Savoye par traicté faict avec son altesse Royalle Monseigneur le Duc de Savoye le dixième octobre dernier sous le nom de sieur Joseph Dufraisne marchand bourgeois de Chambéry et auquel Sr advocat Paris, il promet de faire ratifier si besoin est les pressentes d’une part et le nommés Jacques Guise de St Gervais, François Guise du dit lieu, Ennemond Durel du dit lieu, Jean Pansu Fruril de Revon, Pierre Volmar du dit lieu habitant à Poliénas, Jacques Casson de Veurey, Marc Massarel du dit lieu, Estienne Ravet du dit Moyrans et Louis Mugnier Palliot aussy du dit Moyrans. Tous patrons sur la rivière de l’Izère d’autre. Lesquels ont faict les conventions suivantes tant sçavoir en premier lieu que les dicts patrons cy dessus nommés s’obligent tout soliderement de faire la voiture de treize mille cinq cent minot de sel de la mesure ordinaire qui se faict en Peccais et chacun en son particulier suivant le détail cy après.
Sçavoir le dit Jacques Guise pour deux batteaux promet de voiturer deux mille sept cent minot de la mesme mesure du dit lieu de Peccais, sçavoir jusque sur les ports du Regonflé et Seissel dix huict cent minot et par celluy de Montmeillan neuf cent minot, et les dits François Guise, Ennemond Burel, Jean Pansu, Pierre Volmar, Jacques Casson, Marc Massarel, Estienne Ravat et Louis Meugnier pour un batteau chacun, promettant de voiture dix mille huict cent minot de sel de la dite mesure depuis Peccais jusque sur les ports sçavoir de ceux de Seissel et du regonflé, sept mille deux cent minot et sur celluy de Montmeillan trois mille cent minot, ce qui revient pour le chacun à treize cent cinquante minot dont deux tiers pour Seissel et le Regonflé et l’autre tiers pour Montmeillan. Lesquels seront chargés au choix et suivant les ordres des dits Srs Paris ; que les dits patrons se mettront incessamment et en estat avec leurs batteaux et équipages nécessaires pour descendre au chargement au plus tard dans tous le courant du présent mois de febvrier, mesme plus tot s’ils en sont requis huict jours à l’avance, de manière qu’ils puissent avoir fay toute la voiture des sus dits treize mille cinq cent minot de sel dans tout le mois de septembre prochain en observant de la faire en trois chargement esgaux, que lors des départs pour aller au chargement ils viendront recevoir leurs ordres et leur règlement pour ceux qui devront aller et brigade ensemble, lequel règlement ne pourra estre interrompu ny changé par les dits patrons pour quelques raisons que ce puisse estre sans la participations des dits sieurs Paris ou leurs préposés à peine contre celuy qui contreviendra de supporter en pure perte deux sols de diminution par minot sur le prix de sa voiture sans qu’il puisse en prétendre aucun remboursement, qu’ils rendront les sacs bien plombés marqués et bien conditionnés comme ils les auront receu au chargement à peine de respondre tant civilement que criminellement de tout ce qui pourroit manquer et s’ensuivre qu’en cas de naufrage ils ne pourront prétendre en général ny en particulier aucun prix de la voiture des sels naufragés ny autre desdomagement et seront obliger de faire dresser des procès verbaux en bonne forme en présence des commis des fermiers des gabelles de France qui seront les plus voisins pour servir à justifier que les dits naufrages ne sont point arrivés de leur faute, et s’il arrivoit qu’ils peussent sauver quelques sacs de sels sans estre endommagés la voiture leur en sera payée lors du deschargement au magasin en rapportant la dite procédure faicte en bonne forme. Qu’ils seront obligés de fournir à leurs fraix tous les bœufs, batteaux, sacs et généralement tous autres équipages nécessaires pour faire la dite voiture sans pour ce prétendre autre chose que le prix cy après convenu et au moyen de tout ce que dessus. Les dits Paris s’obligent de payer pour le prix de la voiture des dits sels, sçavoir pour chaque minot deschargé dans les magasins de Seisel et le Regonflé quarante trois sols et ce conformement aux quantités portées par leur police de chargement fait en Peccais, sans que les dits patrons puissent rien prétendre pour la voiture, des revenants bons en cas qu’il y engage, et pour leur facilité les moyens de se mettre en équipage et pouvoir faire les dites voitures, les dits sieurs Paris promettent de leur donner pour chacun batteau la somme de trois cent cinquante livres d’avance huict jours avant les despart pour aller au chargement, sur lesquelles avances sera imputé la valleur des sacs que les dits Paris s’obligent leur fournir au pris coustant s’ils sont neuf et par estimation s’ils sont vieux, lequel dit prix des sacs sera tenu aux dits patrons en trois payement esgaux sur les trois voitures qu’ils doivent faire et le surplus a quoy pourra arriver le monstant des dites avances imputation faite du prix des dits sacs, il leur sera payé tant en argent qu’en foin huict jours avant leur despart, dont on conviendra du prix en le recevant pour estre retenu aux dits patrons sur le premier deschargement comme argent comptant, il leur sera encore donné à compte après le dit chargement faict an Peccais, cent cinquante livres pour chaque batteau, et encore autre somme de cent livres au chacun lorsqu’ils auront passé le pont de pierre de Lyon et le surplus de la voiture leur sera payé en entier lors que le deschargement sera faict des déductions faites de tous les acomptes qu’ils auront receu, ensemble du tiers du prix des sus dits sacs. Que les dits patrons ne seront tenus d’aucun fraix de chargement ny deschargement, achapt de sel, péages ny autre impositions, mais seulement de ranger leurs sacs dans leurs batteaux et de ayder lors du deschargement à peine d’y estre pourvu à leurs dépans, et l’exécution des présentes conventions estant faite dans tout leur contenu, les dits sieurs Paris promettent et s’obligent en cas qu’ils ne renouvellent pas les présentes conventions au mesmes ou differentes conditions pour l’année suivante seconde de leur bail, de prendre les sacs des dits patrons au prix qu’ils seront estimé et pour l’observation de tout le contenu aux présentes conventions les dits patrons ont respectivement passés les promesses et obligations de tous leurs biens présent et avenir à toute Cours en forme et promis d’observer le tout à peine de tous dépans dommages et interets et par exprès les dits patrons ont fourni leurs personnes à tenir prison comme pour deniers royaux, jurement renoncement et clauses en tel cas requis. Faict et publyé au dit Moyrans dans la maison du dit sieur Paris présent Mr Me Joseph Nugues advocat en la Cour et Pierre Battier cuisinier de la Buisse habitant au dit Moyrans, tesmoins requis et signe avec le dit Sr Paris la Montaigne, le dit Ravat non les autres patrons pour ne scavoir de ce enquis et requis.
Quittance réciproque
19.6.1698 : Entre le sieur Paris la Montaigne et Guilhaume Dumont patron sur l’Izère lequel de son gré a reconnu et confesse avoir eu comme en effect il a présentement et réellement et comptant receu en louis d’or et d’argent et autres espèces de cours la somme de deux cent livres, sçavoir cent livres argent comptant et un billet de pareille somme de cent livres payable au porteur d’icelluy ; tant pour voitures et fournitures que autres affaires et ce pour tout reste parfait et entier payement de ce qui pourroit estre deub au dit Dumont ou a ses enfans de tout le passé fini à ce jour tant par le dit St la Montagne que par deffunct Sr Jean Paris son père et par Mr Me Antoine Paris advocat en la Cour son frère, et au moyen de ce le dit Dumont se charge de rapporter au dit Sr la Montagne un billet de la somme de cent dix neuf livres qu’il luy avoit fait pour reste de plus grande somme le quatorze mars mil six cent quatre vingt dix sept, et ce à la requette du sieur Paris.
1.7.1698 : Quittance passée en faveur du sieur Claude Paris la Montagne, bourgeois de Moyrans par Louis Barbassat patron sur la rivière d’Izère habitant St Quentin et Sr Jacques Oriol aussy patron sur la mesme rivière habitant Veurey, confesse avoir receu le dit Sr Barbassat la somme de douze cent livres et le dit Sr Oriol celle de trois cent livres à raison de cinq batteaux. (Sources : A.D.I 3 E 1992)
Service Postale
Le rôle essentiel était d'assurer le transfert du courrier ordinaire. La malle transmise de poste en poste devait arriver à destination dans le temps impartie. Le service postal fixait deux liaisons hebdomadaires. Le maître de poste devait fournir gratuitement des chevaux et devait se pourvoir en postillons pour accompagner les courriers et les voyageurs, dont il avait le monopole et ramener les chevaux. En échange il recevait un revenu appelé gage. Mais le montant modeste des gages était compensé par des privilèges et des exemptions de diverses taxes et impôts. Le maître de postes était donc le personnage le plus important de la commune, et en même temps il était aubergiste. Comme fonctionnaire royal, il portait un uniforme et disposait de diligence. L'exploitation du relais de poste nécessitait le concours de nombreux valets de ferme, domestiques pour nourrir et soigner non seulement les chevaux, mais tout le bétail nécessaire à la vie courante. De nombreux corps de métier (forgerons, charrons, etc…) gravitaient autour de centre économique qui amenait une certaine prospérité au village.
1.10.1693 : Me Guillaume Lovat (3 E 1977)
Convention
Furent présent en leurs personnes Sr Jean Paris conseiller maire perpétuel de Moyrans et honette Anthoine Bon drapier de Champié faisant pour et au nom de Benoist Picon de St Laurens des Mures auquel il promet faire agréer et ratiffier le présent dans la quizaine à peine de tous dépens dommages et interets et ont fait les conventions suivantes Scavoir que le dit Bon au dit nom promet de faire et faire faire le transport de la malle de l’ordinnaire de Lyon à Grenoble et de Grenoble à Lyon trois fois pour chascune semaine et touttes les semaines allant et venant aux termes et conditions du marché cy devant passé par monsieur Rouillier directeur des Postes au dit sieur Paris a l’effet de quoy il sera remis au dit Pecon dans la quinzaine un extrait des conventions passés par le dit Sr Rouillier au dit Sr Paris qui promet de faire jouir le dit Pecon des franchises et immunittés suivant et conformément icelles conventions, se chargeant le dit sieur Paris de payer le dit Picon suivant le marché porté par icelles conventions pour le temps et terme d’une années trois mois a commencé des ce jour et finissant au premier janvier de l’année mil six cent quatre vingt quinze. Le dit Anthoine Bon déclare que le dit Picon a receu du dit sieur Paris le nombre de sept chevaux, trois selles avec leur harnais, le tout estimé par les parties à quatre cent vingt livres laquelle somme sera imputté sur les premiers payement de janvier et juillet en outre promettant le dit Sr Paris de nourrir à Moyrans un cheval moyenant la somme de dix sols par jour et continuera de jouir de l’affranchissement de ses lettres de Lyon à Grenoble et de Grenoble à Lyon ainsy convenu et accepté par les parties…
La certitude de la mort et l’incertitude de l’heure d’icelle
Me Delphin, (notaire de Coublevie 3 E 1197/29)
Testament de Jean Paris.
Au nom de dieu soit amy que ce jourd’huy huictieme jour du mois de décembre appres midy année mil six cent quatre vingt et dix sept par devant le notaire royal et présent les témoins cy bas nomme estably en sa personne sieur Jean Paris conseiller du Roy maire du mandement de Moyrand, lequel de gré sain de bon sens mémoire et entendement destenu de maladie corporelle estant dans son lit, considérant que nous sommes tous mortel a voulu disposer des biens qu’il a eu en ce monde par testament nuncupatif et dernière volonté comme s’en suit, ayant invoqué le nom de Dieu, In nommine patris et filis et spiritus amen a recommandé son ame à Dieu, prie la Ste Vierge et tous les saints de paradis….prie nostre sauveur et rédempteur affin qu’il luy pardonne ses pechés et luy fasse miséricorde et pretre son ame en son sainct paradis . Elizant la sépulture de son corps en l’églize des R.P de St François du dit Moyrans et pour ses obsèques et funérailles à la discrétion de son héritier cy bas nommé, lequel il prie de ses debtes acquités.
Donne et lègue le dit testateur aux dits R.P de St François du dit Moyrans la somme de trante livres pour dire des messes pour le salut de son ame qui seront payés d’abord appres son décès. Donne et lègue le dit testateur à monsieur le curé du dit Moyrans la somme de quinze livres pour estre employé à dire des messes pour le salut de son ame qui luy seront payes comme dessus Item donne et lègue le dit testateur et par droict d’institution particulliere a Claude Paris son fils naturel et légitime et de dalle Justine Trenonay son épouse la somme de quinze cent livres et cent livres pour meubles, lesquels cent livres seront payes en meubles ou en deniers au choix de son héritier … Item donne et lègue ce par mesme droict que dessus à Marthe Paris sa fille, femme de Joseph Nugues advocat en la Cour, la somme de quarante livres de l’ordonnance pour achepter un habit de deuil et quy luy seront payé dalors appres son décès outre ce qu’il luy a constitué en son contract de mariage avec le dit sieur Nugues. Item donne et lègue le dit testateur et par mesme droict d’institution particulliere et héréditaire à Marie et Thérèse Paris ses filles naturelles et légitimes à la chascune d’elle pareille somme de quinze cent livres et cent livres pour meubles payables au choix des dites héritières, ces cent livres en meubles ou deniers et les dits quinze cent livres choira qu’elles auront pris leurs parties ou auront atteint l’aage de vingt cinq ans. Item donne et lègue par mesme droict que dessus a Joseph Paris son autre fils légitime pareille somme de quinze cent livres et cent livres pour meubles payables comme dessus
Item donne et lègue le dit testateur et par mesme droict que dessus à Pierre et Sébastien Paris ses autres fils naturels et légitimes semblables sommes de quinze cent livres et cent livres pour meubles payables au mesme conditions sus exprimé
Item donne et lègue et par mesme droict d’institution particulière et héréditaire à Jean Baptiste Paris son autre fils naturel et légitime semblable somme de quinze cent livres et les cent livres pour meubles payables aux mesmes conditions cy dessus et moyenant lesquels légats il dejette tous ses dits enfants de ses autres biens.
Item il donne et lègue le dit sieur testateur a la dite Justine Trenonay son espouze par droits d’institution particulliere et héréditaire les fruicts et usufruicts de tous et un chascun ses biens meubles et immeubles dont elle jouira pendant sa vie naturelle, durant laquelle elle s’oblige d’en rendre aucun compte a qui que ce soit par quelle voix, manière ny prétexte que se soit car ainsy est sa volonté et luy ordonne de payer les charges deubts sur ses biens et de nourrir et entretenir ses enfans légataires et son héritier bas nommé, a ce qu’ils soient logés et delors le dit testateur donne meubles et danrée qui sont depuis dans le logis au dit Moyrans en équivalence de ceux quy y estoient au temps de feu Jacques Trenonay père de la dite dalle Trenonay et quy luy avoit esté donné par son dit père en son dernier testament suivant la vérification qui en a esté fait par sa dite femme de son vouloir et parce que les choses de tout légat institutions héréditaires et legs le dit testateur au résidu de tous ses autres biens a fait et institué pour son héritier universel le nommant de sa propre bouche, scavoir Antoine Paris son fils aisné advocat en la Cour pour lequel il veut et ordonne tous ses debts et légats estre payés et acquittés ensemble, le prie d’achepter un habit à Louise sa sœur de la valeur de vingt livres ou de luy donner la dite somme laquelle il luy lègue par le présent, ensemble lègue à tous autres prétendants droict en son hoirie a chescun cinq sols qui seront payes par son dit héritier et faisant aparoite de ce dit droict.
Ceci estant son dernier testament nuncupatif et de dernière volonté lequel il veut qu’il vaille par droict de testament codicilles données au cause de mort par tout autre voye et moyen qu’il pourra et debvra valloir tant de droict que de coustume, casse annulle et révoque le dit testateur tous autres testaments codicilles donations à cause de mort et tous autres actes et dispositions de dernière volonté qu’il peut avoir fait cy devant, veut et ordonne que le présent soit son plain et entier effet , priant à ces fins Les tesmoins cy présent de bien vouloir porter tesmoignage de volontté et moy notaire d’en faire ce présent acte que j’ay fait leu et publié au dit Moyrans dans la maison du dit sieur Paris en présence de monsieur Morel, Estienne Paris, docteur en médecine agrée de Grenoble, sieur Pierre Ceré Me chirurgien du Roy habittant à Moyrans, sieur François Mery, Pierre Bolleteau, Guillaume Guonon, monsieur Me Joseph Nugues advocat en parlement, Laurent Chollet et Anthoine Nuperoud, tous habitant au dit Moyrenc, tesmoins requis et appellé , les dits Paris médecin, sieurs Nugues Ceré et Bolleteau signe avec le testateur, non les autres pour ne scavoir de ce enquis et requis.
L’an mil six cent nonante sept et le seizieme decembre le Sr Jean Paris maire de Moirans a esté enterré en l’eglise des R.R.P cordellier estant decede le jour precedant, ainsy je le certifie. Diddon curé
Sachant que les Paris ont le goût du secret, il est possible que ce testament ne montre pas la réalité. D’importantes sommes ont sans doute été réparties sous seing privé du vivant de Jean Paris. Mais cependant la famille ne roule pas sur l’or. L’Etat s’étant abstenu de les rembourser des avances qu’ils ont faites durant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Justine pour vivre continuera d’exploiter son auberge ; elle ne la donnera en location qu’en 1708, époque où ses fils seront sur la voie de la fortune.
Moirans avril 1701
Estienne Jean Bouchu chevalier, conseiller du Roy en ses Conseils mestre des requettes ordinaires de son hostel Intendant de justice police et finance de la province de Dauphiné.
Estant nécessaire pour faciliter le passage de Monseigneur le Duc de Bourgogne et de Monseigneur le duc de Berry depuis Grenoble jusque à Lion, de faire oster du grand chemin les neiges qui sont tombées et qui tomberont, jusque à ce que mes dits seigneurs soient passés.
Nous ordonons au Sr Macée de se transporter incessamment le long du dit grand chemin pour faire oster les dittes neiges et a cet effet ordonnons aux maires, consuls et officiers des communautés de la ditte ville de Grenoble à Lion et des environs de commander tel nombre d’hommes que le dit Sr Macé Trouvera à propos pour travailler sans discontinuation à nettoyer le dit chemin de manière que les équipages de mes dits seigneurs et ceux de leur suitte puissent facillement passer à peine contre les dits maires et consuls, officiers et habitants de cent livres aplicable à l’hospice général de Grenoble et de prison. Enjoignons au prevost de la maréchaussée generalle de Dauphiné ses lieutenants exempts ou archers de tenir la main a l’exécution de nostre présente ordonnance, fait à Grenoble ce trois iour d’avril mil sept cent un, signé Bouchu et plus bas par Monseigneur Guevignon.
Claude Paris poursuit ses souvenirs
« Que serviroit d’étendre ce récit qui n’est peut être déjà que trop long. Après avoir servi les vivres d’Italie et ensuite dans ceux de Roussillon et de Catalogne jusqu’à la paix de Riswick en 1697, nous reprimes les mesmes erremens en 1701 quand la guerre se ralluma. Feu mon frère fut nommé directeur général de l’armées de Flandres pour la campagne de 1704 on me confia la direction des Comptes en Allemagne et Du Verney, mon cadet fut fait garde magazin à Mons et ensuitte directeur dans le Haynaud. Ils restèrent dans ces emplois jusqu’à la fin de l’année 1709. Pour moy je fut nommé trésorier général de l’extraordinaire des guerres à l’armée de Flandres pour la campagne de 1707. Je tomberois dans la prolixité, si je suivois la gradation de tout ce qui nous est arrivé dans ces differentes fonctions, j’en toucheray seulement quelques circonstances essentielles.
En 1706, après la perte de la bataille de Ramilly toutes les places où étoient les subsistances furent abandonnées et notre armée de Flandres se retira derrière l’Escaut dans un pays ou il n’y avoit point de magazins, mon frère aisné pourvut si heureusement à ces besoins, qu’elle manqua de rien pendant la campagne »
La Bataille de Ramillies
Date : 22 mai 1706
Emplacement : Belgique, un village environ à une quinzaine de km au nord de Namur
Guerre et campagne : Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) - Campagne des Pays-Bas espagnols (1706)
Protagonistes : Alliés (Britanniques, Hollandais, Allemands, Impériaux Français)
Commandants des deux camps : Le Duc de Malborough Le Maréchal de Villeroi
Forces en présences : 74 bataillons d’infanterie, 123 escadrons de cavalerie 62 000 hommes et 120 canons 70 bataillons d’infanterie, 132 escadrons de cavalerie, 60 000 hommes et 70 canons
Pertes : 1 066 tués et 3 633 blessés 8 000 tués et blessés, 7 000 prisonniers et 50 canons capturés
Description des opérations : Les deux adversaires sont décidés à livrer bataille : Malborough cherche à livrer une bataille décisive et Louis XIV a demandé une victoire française pour retrouver un prestige perdu à Blenheim. Les Français sont partiellement retranchés sur les hauteurs. Malborough lance une vigoureuse opération de diversion sur la gauche du dispositif français. Villeroi engage alors ses réserves et même des unités de son aile droite. Or, l’attaque principale de Malborough vise cette aile désormais dégarnie. Malgré une superbe résistance, elle finit par s’effondrer sous le nombre. L’attaque générale qui s’ensuit désorganise complètement l’armée française qui retraite en désordre.
Malborough s'en va-t-en guerre !
Le 23 mai 1706, un jour de Pentecôte, le village de Ramillies a été le théâtre d'une terrible bataille. Deux armées, totalisant 120.000 hommes, se sont affrontées dans les paysages onduleux et fertiles de ce coin de Hesbaye.
D'une part, l'armée franco-espagnole des Deux Couronnes, dirigée par le duc de Villeroi (un homme de confiance de Louis XIV )
D'autre part, l'armée des alliés anglo-hollandais, emmenée par John Churchill, duc de Marlborough, qui allait l'emporter haut la main.
Côté français, on s'est empressé d'oublier ce revers.
Côté anglais, la bataille de Ramillies est considérée, aujourd'hui encore, comme un fleuron de l'histoire militaire.
Quant aux villageois, ils ignorent - à quelques exceptions près - que leurs ancêtres ont terriblement souffert de cette bataille et que la fameuse chanson " Marlborough s'en va-t-en guerre " date à peu près de cette époque.
« En 1708 après la bataille d’Outenarde, l’armée de France se retira entre Gand et Bruges et celle des ennemis s’avanca jusqu’à Meunin…. Mon frère aisné se vit seul chargé de la nourriture d’une grande armée et dépourvu de tous secours. Nous employames sans mesure le crédit que nous avions luy et moy à Anvers, à Gand et à Bruges et par nos empruns personnels nous nous procurames les secours nécessaires pour assurer les subsistances de l’armée, qui fut fournie avec autant d’abondance que si elle eut été au milieu de nos places pendant trente cinq jours qu’elle demeura dans le mesme camp.
En 1710 mon frère aisné entra dans la Compagnie de la manutention, et la Régie entière luy fut confiée…
En 1711 la Compagnie changea et mes frères Paris et Duverney entrèrent dans celle qui fut formée…
En 1712 on continua la mesme Compagnie, nous demeurames à Paris mon frère aisné et moy, affin de solliciter les fonds nécessaires auprès du ministre… et nos deux cadets firent le service des vivres à l’armée…
En 1713 nous fumes chargés de l’entreprise des vivres d’Allemagne… Le Roy ne nous avoit pas délivré un écu en espèce pour ce dernier service, notre crédit y supléa, nous fimes compter un million de livres à Duverney dans les villes de Strasbourg et de Nancy, ce premier envoy fut suivie de plusieurs autres, la caisse des vivres à l’armée ne fut pas un seul jour sans plus de trois cent milles livres…. L’effet du bon ordre observé pendant toute la campagne fut telle, que sur une consommation de quarante quatre millions de rations de pain ; il n’y en eut que cent cinquante quatre milles de perte pour le Roy.
Au mois de janvier 1712, M. Desmarets accorda à mon frère aisné l’agrément de la charge de receveur général des finances du Dauphiné… »
Bureau des Finances
(A.D.I 7 C 17 folio 149)
Pour Me Antoine Paris trésorier receveur général des finances.
Sur la requette présenté par Me Antoine Paris tendant à ce qu’il plaise au Bureau le recevoir en l’Estat et office de conseiller de sa Majesté ,trésorier receveur général et mitriennal des deniers de Dauphiné auquel office il a esté pourvu par lettres patentes de sa Majesté, données à Versailles le quatriesme mars mil sept cent douze et receu en la Chambre des Comptes de cette province le douziesme du présent et en conséquence qu’il jouira des gages ,droicts, honneurs et prérogatives attribués au dit office et que le tout sera enregistré.
Veu les lettres de provision du sieur de Ferreol résignant en datte du mois de may mil six cent quatre vingt quatre, la quittance de l’achapt du présent et droit annuel en faveur du dit sieur Ferreol du 5 9bre 1710, procuration du dit sieur Ferreol du 20 février 1712, l’acte d’attestation pour l ‘aage du dit sieur Paris du troisiesme mars 1712, l’extrait de la quittance de la somme de 3300 livres et les deux sols pour livres payé par le dit Me Paris pour luoit du dit office à titre de survivance du 23 février 1712, quittance du marc d’or en faveur du dit sieur Paris du 23 du dit mois de février, les dites lettres de provisions du dit sieur Paris données à Versailles le quatrième mars 1712 signé sur le replis par le Roy Dauphin, Chappuzeau. Scellée du grand scelle en cire rouge et contre scellés, Requete présenté à la Chambre par le dit Me Paris tendant à estre receu au dit office, l’enqueste en information faites des vies et mœurs du dit Me Paris, contenant audition de quatre témoins du onziesme du présent, l’arreste de la Chambre des Comptes de cette province portant réception du suppliant au dit office du douzieme du dit présent mois, signé par la Chambre Vingtain, la dite requette signé Delisle au bas de laquelle est l’ordonnance de soit montre au procureur du Roy du treize du dit présent mois, les conclusions du procureur du Roy sur icelle du dit jour signé Guillermet conseiller du roy ,ouy le rapport et tout considéré
Le Bureau des Finances chambre du domaine entérinant la dite requette a receu et recoit le dit suppliant au dit office de conseiller du Roy trésorier général alternatif des deniers de cette province et moitié du triennal vrey au dit office pour l’exercice de la forme des dites lettres en lieu et place de Me Augustin de Ferreol dernier possesseur d’icelluy et prestant le serment accoutumé et icelluy presté la mis en possession du dit office par la tradition de ses dites lettres de provisions à la charge qu’il donnera bonne et suffisante caution jusque à la somme de 10000 livres chacune des années qu’il sera en exercice et que le dit office demeurera affecté et ypotequé pour la sureté des deniers de son maniement et debtes des comptes des précédents titulaires. Si aucun se trouvent pur la fin en closture d’iceux, qu’il comptera par état au bureau toutes les fois qu’il luy sera ordonné, establira son bureau de recette et élira domicille en cette ville, et en conséquence qu’il jouira des gages franc saltes et autres droicts attribués au dit office suivant l’employe qui en sera fait dans les estats du Roy a commencer au douzième de ce mois jour de la dite réception, lesquels gages et droict il retiendra par ses mains en années de son exercice et lors d’icelluy seront payés par son compagnon d’office et le dit franc salte par le fermier des gabelles à la forme des dites lettres, desquelles rapportant coppie collationnée, ensemble du dit arrest de réception et de la pressente ordonnance pour une fois seulement avec quittance du dit suppliant, les dites gages, droits et franc salle leurs seront alloués en la dépense de leurs estats et comptes tant par le Bureau que par nos sieurs et frères les gens de comptes de cette province que nous prions ainsi le faire sans difficultés, et sera le tout enregistré, fait à Grenoble au bureau le treizième avril mil sept cent douze.
« En 1721 j’acquis avec mon frère l’office de Receveur général des finances de Dauphiné, je fit l’exercice de 1722 et dès le mois de Xbre 1723 tous mes comptes furent rendus et arretes au Conseil et à la Chambre des Comptes après quoy je vendis cette charge. Montmartel fut pourvu par mes soins et par notre secours de l’Office de Trésorier Général des Ponts et Chaussées au commencement de l’année 1715, il n’avait encore que vingt quatre ans. Nous exigeames de lui qu’il tiendroit lui mesme ses journaux et ses grands livres ; afin que non seulement il se perfectionna dans cet ordre de Compte ; mais encore qu’il fit une étude particulière des matières qui devoient composer la dépense de son maniement et qu’il fut très attentif à retirer ses descharges ; il a gardé cette charge jusqu’en 1723 et l’on sait bien qu’il s’y est pas déshonoré ; passons à une autre matière. Nos ennemis semèrent des bruits étranges contre nous, ils publièrent que nous avions fait des gains immenses dans l’établissement des actions des fermes, notre conduite fut approfondie, la dessus après notre disgrace de 1720. les mesmes recherches ont peut estre été renouvellées depuis et il s’en faut bien qu’on ait trouvé en nous aucun sujet de reproches. »
La charge est anoblissante au premier degré : elle confère la noblesse hérèditaire après vingt années de fonctions ou en cas de mort en exercice. Dès la réception elle donne droit au titre d’écuyer, aux exemptions fiscales, à la permission de tenir fief sans payer finance, bref à tous les privilèges de la noblesse.
Les différentes façons de devenir un grand financier
(d’après Daniel Dessert)
« En premier lieu la voie juridique, où après une formation au barreau, le futur financier acquiert un office d’avocat aux conseils qui l’introduit dans le monde des affaires. Il participe aux enchères des fermes, se mêle aux intéressés dans les finances du roi, réalise quelques bénéfices dans de petits traités. Il franchit ensuite une étape nouvelle en achetant une place de receveur des tailles qui préfigure l’obtention d’une recette et d’une trésorerie générale ou bien encore une place de fermier général. »
C’est dans cette intention que Jean Paris fit donner à ses deux aînés une instruction solide qui les préparait aux carrières de la finance. Antoine et Claude se firent recevoir avocats au parlement de Grenoble.
« La seconde filière est entièrement financière. Provenant d’un milieu d’officiers comptables, le jeune débutant entreprend sa formation comme commis dans les bureaux d’un administrateur ou dans les services d’une ferme. Puis il passe dans une recette particulière, participe à des traités divers, à des sous-fermes, enfin accède tout naturellement à une charge de receveur général ou à une place de fermier général qui était déjà dans sa famille. » C’est ce que tenterons de faire les neveux, petits-neveux, petits cousins et alliés des Paris.
« En troisième lieu, le cheminement le moins usité, le plus long, le plus aléatoire, mais tout aussi rentable que les deux autres quand on le suit jusqu’à son terme, part du grand négoce. Le financier en herbe fait son apprentissage dans les vivres aux armées et autres munitions. Ce genre de fourniture fort lucratif l’initie aux affaires de finance, mais procure des liquidités, lui permet de nouer des contacts, de se faire des relations, de s’assurer du crédit. Peu à peu il s’intéresse à tous les partis, à toutes les sous-fermes, il se fait connaître sur place, sait s’attirer les plus puissantes protections et s’insère dans les milieux les plus fermés de la haute finance. »
Ce fut la voie choisie par les Paris qui mettront vingt deux ans à obtenir le poste de receveur général du Dauphiné en 1712.
La Chambre des Comptes du Dauphiné
(A.D.I Série B . Répertoire des registres du fond de la Chambre des Comptes du Dauphiné par G. Letonnelier)
C’est seulement dans les toutes premières années du XVIe siècle qu’on voit apparaître les devis mentionnant les différents locaux dont va désormais se composer le Chambre des Comtes jusqu’à la fin de l’ancien Régime. L’ancienne tour romaine en bordure de l’Isère, avait été compartimenté en étage. Le premier prit le nom de « Tour du terrie » le second fut appelé « Tour des parchemins » On y comprit également deux catégories de registres de la plus haute importance ; les comptes de châtelains et les comptes des trésoriers. Au cours du XVIe siècle, les attributions de la Chambre des Comptes n’ayant cessé de prendre de l’extension, la nécessité d’agrandire les locaux affectés à ses services finit par s’imposer. Pour résoudre le problème, on construisit en 1696 et 1706 un immeuble nouveau d’un étage attenant à la Chambre des Comptes du XVIe au nord, à la partie renaissance du palais à l’ouest, à la rue du palais au sud à une ruelle en cul de sac à l’est.
Provision d’office Bureau des finances.
A.D.I Serie 7 C 21 folio 151 Registre d’ordonnance 6.3.1722.
Pour Me Antoine Paris, conseiller du Roy Receveur général des finances de cette Province.
Sur la requette présentée par Me Antoine Paris conseiller du Roy Receveur général des finances de cette province contenant qu’il avoit acquis son dit office de Me Augustin Deferriol ensemble sous les droits et augmentations de gages y appartenant et comme il est porteur d’une quittance de finances dont l’employ est fait sous le nom du dit Me Deferriol de la somme de seize cent livres que le dit Me Deferriol avoit payé cy devant pour jouir héréditairement de celle de cent livres treize sols quatre deniers d’augmentation de gages au dernier quinze en ces et attribués par celle du mois de juin 1706 aux receveurs généraux des finances et qu’il désir à l’advenir jouir sous son nom de la dite augmentation de gages. Ensuite de l’acte de vente requeroit qu’il plust au Bureau ordonner l’enregistrement de la dite quittance de finances et en conséquence qu’il jouira sous son nom de la dite augmentation de gages, à commencer du premier may mil sept cent six en conformité de la dite quittance avec injonction à ceux qui en ont et auront les fonds de luy faire le payement à peine d’y estre contraint ainsy qu’il est accoustumé. Veu la dite quittance de finances de la somme de 1600 livres du 1er apvril 1707 signé Bertin, enregistrée au Controlle général des finances Chambre du domaine faisant droit à la dite requeste a ordonné et ordonne que la dite quittance de finances soit enregistrée au greffe et en conséquence que le suppliant sera payé de la somme de cent six livres treize sols quatre deniers d’augmentation de gages faisant partie de vingt mille livres d’augmentations de gages héréditaires au dernier quinze crée et attribuer par Edit du mois dernier mil sept cent six aux receveurs généraux des finances et autres à commencer du premier may mil sept cent six en conformité de la dite quittance de finances, jusque au premier janvier mil sept cent dix, et à commencer du dit iour premier janvier de celle de quatre vingt livres a laquelle reste réduite de la dite augmentation de gages au denier vingt en exécution de la déclaration de sa majesté du 7 Xbre 1710 jusqu’au premier janvier mil sept cent seize et à commencer du dit iour premier janvier 1716, de celle de soixante quatre livres à laquelle a esté pareillement réduite la dite augmentation de gages au denier vingt cinq en conformité de l’Edit du sus dit mois de janvier jusqu’au premier janvier mil sept cent vingt, et à commencer du dit iour de janvier 1720 et à l’advenir sous son nom, de celle de trante deux livres à laquelle a encore esté réduite la dite augmentation au denier cinquante en conformité de l’arret du conseil du 25 aoust mil sept cent vingt par Me Antoine Lambert conseiller du Roy trésorier général de France, céans à ces fins commis et ce suivant les fonds qui en seront fait dans les Etats du Roy dans ceux de distribution du Bureau, au payement de laquelle augmentation de gages les receveurs et payeurs qui en ont et auront les fonds seront contraints aux formes ordinaires et rapportant par eux coppie collationné de la dite quittance de finances et de la présente ordonnance pour la première fois seulement avec quittance du suppliant. Sur ce suffisante la dite augmentation de gages sera passée et allouée en la dispense de leurs Etats et Comptes par le Bureau et par nos sieurs et frères les gens des Comptes de cette Province que nous prions ainsy le faire sans difficulté. Fait à Grenoble au Bureau le sixième mars mil sept cent vingt deux.
Pour Me Claude Paris Conseiller du Roy procureur général des finances de Dauphiné.
Sur la Requeste présenté par Me Claude Paris conseiller du Roy trésorier receveur général alternatif et mitriennal des deniers et finances du pays de Dauphiné tendant à lequel plaise au Bureau le recevoir au dit office auquel il a été promu sur la démission de Me Antoine Paris son frère par lettres patentes de sa majesté données à Paris le 26é juin dernier et receu en la Chambre des Comptes de cette Province le 27 du présent mois, et en usage il jouira des gages honneurs et prérogatives attribués au dit office à commencer du jour de la réception de la dite Chambre en conformitté des dites lettres de provisions.
Veu extrait de quittance de finances collationnée signé Jeard payé par le suppliant pour droit de survivance, et droit de marc d’or, les dites lettres de provisions données à Paris le 26 juin 1722 signé sur le replis par le Roy Dauphin, scellés du grand sceau en cire rouge et contrescellés l’arrest de la dite Chambre des Comptes de cette Province le 27 du présent signé Vingtain portant la réception du suppliant au dit office, la dite requeste signée Delisle, l’ordonnance de fait montre au conseiller du Roy de ce jour, et les conclusions du dit procureur du Roy sur icelle, ouy le rapport du commissaire.
Le Bureau des Finances Chambre du Domaine entherinant la dite requeste à receu et reçoit le suppliant au dit office de Conseiller du roy trésorier Receveur Général alternatif et mitrienanal des deniers de cette Province au lieu et place de Me Antoine Paris son frère dernier titulaire d’icelluy en prestant le serment accoustumé et icelluy presté la mis en possession du dit office par la tradition de ses dites lettres de provisions, à la charge qu’il donnera bonne et suffisante caution jusque à la somme de dix milles livres chacune des années qu’il sera en service et que le dit office demeure affecté et ypothéqué pour la sureté des deniers de ses maniement et débats des comptes des précédent titulaires si aucuns se trouvent par la fin en clostire d’iceux, qu’il comptera par Etat au Bureau toutes les fois qu’il lui sera ordonné, establira son Bureau de recette et élira domicille en cette ville en la personne de son procureur et en conséquence qu’il jouira des gages et autres droits attribués au dit office suivant l’employe qui en sera fait dans les Etats du Roy à commencer du vingt septième du présent mois jour de sa réception en la dite Chambre, lesquels gages en droit il retiendra par ses mains et années de son exercice, et hors d’icelluy luy seront payés par son compagnon d’office en conformité des dites lettres desquelles rapportant coppie et collation ensemble de l’arrest de la dite Chambre et de la présente ordonnance pour la première fois seulement avec quittance du suppliant sur ce suffizante, les dits gages et droits leurs seront passés et alloués en la dépense de leur Etat en compte tant par le Bureau que par nos sieurs et frères les gens de Comptes de cette dite Province que nous prions ainsy le faire sans difficulté et soit le tout enregistré. Fait à Grenoble au Bureau le vingt septième juillet mil sept cent vingt deux.
Pour M. Jean Paris de Montmartel, écuyer.
Sur la requette présenté par M. Jean Paris de Montmartel écuyer tendent à ce qu’il plaise au Bureau ordonne l’enregistrement de la quittance de finance du garde du Trésor Royal de la somme de cent mille livres pour jouir héréditairement de deux mille livres de rentes faisant partie des huit milles livres de rente en denier cinquante crée par Edit du mois d’aoust 1720 et en conséquence qu’il jouira de la dite rente à commencer du premier juillet mil sept cent vingt un en conformité de la dite quittance de finances avec injonctions aux receveurs généraux des finances de cette province ou autres payeurs qui en auront les fonds de luy en faire le payement à peine d’y estre contraint ainsy qu’il est accoustumé.….. Fait à Grenoble au bureau le dix neufvieme avril mil sept cent vingt trois.
Moirans hiver 1709
(A.D.I Me Marchand)
L’année mil sept cent neuf a esté sévère et si cruelle que l’histoire nous fourni aucun exemple. Le froid commenca la nuit du six au sept du mois de janvier et dura jusque au dix neuf de mars. La rivière de Lizere et le fleuve du Rhone estoient si glacés que les voitures et charriots passèrent librement chargés dessus avec leurs attelages.
La rigueur de cette saison fit mourir les bleds hivernant et les arbres de la plaine et les vignes. Et sans le secours de celluy des bleds tremois la famine auroit esté générale en France. Le premier marché de janvier le bled froment se vendit trois livres cinq sols le quartal, le 30e de mars suivant jour du samedy Saint, il se vendit quatre livres dix sols, mauvais bléds pourri ou corrompu, encore peu de gens en pourroient avoir, le beau bled se vendoit en secret dans les magasins.
Ce meme jour le peuple se souleva contre les usuriers, on enfonça plusieurs magasins plein de froment dans la cour des Jacobins à la Grenette, les puissances ne purent pas calmer le peuple tant il estoit irrité. Le 31e de mars jour de pasques, le parlement s ‘assembla avant midy, un homme et deux femmes, des rebelles et séditieux furent emprisonnés. Le 10e avril l’homme fut pendu, une femme fouettée et l’autre bannie.
Le mesme jour de Pasques le parlement décréta de prise de corps les nommés Girin, Leydrie, La Grange, marchands, le premier fut emprisonné et les deux autres s’évaderent. Il y eu un grand procès criminel de l’authorité de la Cour et un monitoire fulminé à la requete de Monsieur le procureur général dans la paroisse de Saint Hugues le 14e juillet 1709.
Le 9e juin 1709, le bled froment a esté vendu scavoir le beau dix livres dix huit sols le quartal, le seigle huict livres dix sols, l’orge cinq livres dix sols et le pain blanc huit sols six deniers la livre. Le vin de pais s’est vendu jusque à quarante livres la charge.
Suite des souvenirs de Claude Paris
La peste en Provence
« J’ay déjà observé que la Provence qui etoit affligée de la contagion, étoit comme abandonnée du ministère, dès que nous fumes rappelés (d’exile) une de nos principales attentions dans les premiers jours de janvier 1721 fut de solliciter vivement les ministres à donner à cette province des secours en argent, en bleds et en viande. Il nous fut d’abord impossible de rien obtenir pour elle, les besoins pressant qu’elle avoit d’ailleurs, faisoient espérer que le mal ne s’étendroit pas d’avantage et que cette province bornée par le Rhone et par la Durance dont on faisoit exactement garder les passages, souffriroit seul de ce fléau, pour nous qui n’avions pas la mesme confiance, nous pensames du moins à prouver à nos concitoyens quelques soulagements par nous mesme et par nos amis, et nous pretames et fimes preter six cent mille livres à M. de Beaumont député des Etats de Provence… Au mois d’avril la peste se communiqua dans quelques villes du Languedoc, la crainte saisit tous les esprits et le danger détermina le gouvernement aux sois utiles qu’on auroit du prendre des le tems que la maladie s’estoit manifestée à Marseille… Nous dressames une ample instruction qui marquoit les moyens de faire passer en Provence des prestres et religieux pour faire le service divin et pour administrer les sacrements aux malades ; des médecins et des chirurgiens pour les secourir, des bleds et des bestiaux et des remedes et parfums pour l’aprovisionnement et des infirmeries de toute la province, les distributions manuelles d’argent et de sel en faveur des hospitaux et des pauvres tant des villes que de la campagne étoient pareillement réglés dans cette instructin…Le Conseil de santé nous remis le soin de faire exécuter toutes ces choses et d’en rendre compte à M. le controlleur général…
En mil sept cent vingt trois mon frère aisné acheta la charges d’office de Garde du Trésor Royal, cette charge lui couta un million : sçavoir 600 milles livres en valeur d’espèces réelles et 400 milles livres en effets royaux qui provenoient de nos capitaux. Mr le duc d’Orléans fit attention aux 400 milles livres en effet royaux, sur quoy Mr de la Houssaye qui luy faisoit un rapport de l’etat lui dit « Monseigneur les six cent milles livres sont la justice et les quatre cent mille livres sont la grace, c’est à vous Monseigneur de décider si ces quatre frères ont mérité cette récompense par leurs services immenses qui sont connu de S.A.R. Le prince lui répondit- votre observation est judicieuse et cette récompense n’est pas proportionné à l’utilité de leurs services. Les infirmités de mon frère aisné luy permirent de l’exercer que peu de tems, il en obtient l’agrément pour Monmartel et fut récompensé d’un Brevet de Conseiller d’Etat
Si j’ay trop longtems appuyé sur les evenemens de nostre vie et sur nos differens travaux, mon dessin n’a pas esté de les faire valloir, tout ce qui peut nous flatter, c’est la réputation d’avoir eu les intentions et les mains pures… Le plus grands nombres des faits cités dans ce mémoire sont appliqués dans les lettres de noblesse qu’il a plut au Roy de nous accorder au moys de janvier mil sept cent vingt.
Actes notariés
Le droit de dresser des actes authentiques et ayant force exécutoire était conféré aux notaires. Jusqu’au règne de Louis II, le gouvernement delphinal toléra sans trop de récrimination la présence d’innombrables notaires ayant reçu l’investiture de leur office d’une autorité étrangère : Pape, Empereur etc. Ce fut le futur roi de France, Louis XI, qui le premier commença à réagir avec vigueur contre une pratique qu’il considérait comme abusive. Désormais tout candidat à une office devra passer un examen professionnel et moral devant une commission spéciale. Toutefois il existait une différence entre le régime du notariat dans la France du nord, ou pays de droit coutumier, et dans la France du sud, ou pays de droit écrit, dont faisait partie le Dauphiné. Les notaires du midi écrivaient leurs actes sur des registres appelés protocoles. A la demande des parties, ils pouvaient en délivrer des expéditions ou « grosses » Ces grosses, il suffisait qu’elles fusent revêtues du seing manuel et de la souscription du notaire pour qu’elles eussent force exécutoire et devinssent des écrits « en forme publique » Les notaires estimaient toujours que leurs tarifs étaient insuffisants, et comme d’autre part les conditions du notariat devenaient de plus en plus difficiles du fait de l’augmentation de leur nombre, ils imaginèrent d’arrondir les revenus de leur office de deux manières adroites mais illicites. Ils inventèrent tout d’abord le système des expéditions multiples. Ils transcrivaient l’acte quelque fois très long, extrait de leurs protocoles, et sans même que les parties intéressées en eussent manifesté le désir, ils en remettaient plusieurs grosses à chacune d’elles. Mais le système des expéditions multiples, quoique assez rémunérateur, ne paraissait pas encore suffisant. Les notaires lui en ajoutèrent un second, plus profitable. Il consistait à allonger d’une manière démesurée l’acte qu’ils avaient à rédiger. A l’aide de mots synonymes qui n’ajoutaient rien au sens de la phrase, de redondances, de formules juridiques qui bien souvent n’avait qu’un lointain rapport avec l’acte qu’il s’agissait de copier, ils arrivaient à une rédaction ampoulée et prolixe, mais qui présentait pour eux un avantage immédiat : le nombre des lignes se trouvant ainsi augmenté d’une manière très sensible et ce supplément de texte devait être naturellement payé par les parties contractantes. A la fin du XVIIIe siècles le Dauphiné comptait 1500 notaires.
( Source : Répertoires des minutes de notaires conservées aux archives de l’Isère, rédigé par G. Letonnelier archiviste du département.)
Compte
1690 : Par devant moy notaire Royal de Moyrans souzigne ce trentième juillet mil six cent quatre vingt dix après midy furent présent sieur Pierre Trenonay bourgeois de Moyrans d’une part et demoiselle Justine Trenauney sa sœur femme de Jean Paris conseiller du Roy, maire perpétuel de Moyrans agissant de son authorité pour deux cy présent stipulant et acceptant d’autre. Lesquels de leur gré mutuelle et réciproques stipulations et acceptations irrévocable sont présentement venu à compte entre eux de tout ce qui pouroit estre deub au dit sieur Trenonay pour sa part et portion à luy afférente et appartenant de la dette par le sieur Maurice Mandrin de Saint Etienne de saint Geoirs deue à feu sieur Jacques Trenonay la Montaigne père des dits sieur et damlle Trenonay par acte obligatoire de sa datte, et imputation et de transaction faicte de la somme de cent vingt cinq livres cy devant receue par le dit sieur Trenonay constituant ainsy qu’il la déclaré, et celle de quarante cinq livres aussy payé ou respondue par les dits sieur et Damlle Paris à noble Sébastien du Puy, seigneur de saint Vincent, conseiller du Roy président au bureau des finances de cette province. Il s’est trouvé estre encore deub de reste au dit sieur pierre Trenonay pour sa dite portion de la dette cy dessus tant en capital interets que dépens, jusque à ce jour, la somme de soixante livres laquelle sus dite somme de soixante livres la dite Damlle Trenonay de l’authorité de son dit mary, promet et s’oblige payer des demain au dit Trenonay ou a son acquit est descharge à sieur Pierre Gachet commis à la Recette de la Taille Royale du dit lieu de Moyrans pour la cotte de taille du dit sieur Trenauney et d’en rapporter acquit en faveur du dit sieur Trenonay. Le dit sieur Trenonay fait cession rémission et transport par ces présentes à la dite Damlle Trenonay sa sœur de ses droicts actions privilèges et hypothèques contre le dit sieur mandrin et tous autres qu’il appartiendra et subroge la dite Damlle sa sœur en la dite portion au péril toute fois de la dite Damlle et sans lut estre tenu d’aucune éviction, manutention, jouissance, garentie ny restitution de deniers en aucun cas prévu ou imprévu et pour quelque cause et prétexte que ce soit sans quoy il n’auroit fait la dite subrogation. Consent néanmoins le dit sieur Trenonay que la dite Damlle Paris poursuivent le procès intanté contre le dit Mandrin et qui les en traine, trangigent, recoivent payement et passe quittance de la dite dette et portion du dit sieur Trenonay et générallement qu’ils en fassent à leur volonté et comme de leur chose propre et irrévocablement acquise sans que le dit Trenonay soit en droict d’en prendre connoissance ny former aucune opposition ny empechement quelconque, ainsy convenu et accordé par les dites parties à peine de tout despans dommages et interets et ont pour cet effet passé les promesses et obligations de tous leurs biens présent et à venir. Jurement renoncement et clauses en tel cas requises fit et publyés au dit Moyrans dans la maison du dit sieur Paris, présent honnete Pierre Boleteau vigneron du dit lieu, et sieur Claude Bonety marchand de Grenoble estant de présent au dit Moyrans, tesmoings requis et signe avec les parties.
Trenauney Paris Justine Paris la Montagne Bonety P Boleteau Vallon notaire Me vallon, (notaire 3 E 1992)
Le destin des familles Mandrin et Paris
Texte extrait de la conférence faite par + Philippe Chanaron aux journées du Comité intercommunal pour les retraités et personnes âgées en octobre 1988 à Réaumont.
« Rares sont les historiens régionaux ayant tenté un rapprochement entre les destinées opposées des frères Paris et Louis Mandrin, le capitaine des contrebandiers.
Les points communs entre ces personnages se réduisent à peu de choses, certes les deux familles appartenaient à la petite bourgeoisie rurale et pratiquaient le négoce.
L’évènement capital qui fixa leur destin est le fait qu’ils furent volontaires pour assurer le ravitaillement des troupes en campagne. Pour les Paris se fut une pleine réussite qui les amena au faîte des honneurs avec la direction des affaires du Royaume.
Pour Louis Mandrin, au contraire, ce fut l’échec qui anéantit ses espérances, entraînant sa ruine puis une haine farouche envers les Fermiers généraux lesquels lui refusèrent le remboursement des frais engagés pour les opérations.
Cela semble probable que Louis Mandrin ait voulu imiter les Paris,, d’autant plus que les deux familles se connaissaient.
Dès 1676, des relations malheureuses entre Jacques Trénonay la Montagne grand-père maternel des quatre financiers d’une part et Pierre Maurice Mandrin, bourgeois de Saint Etienne de saint Geoirs, grand-père de Louis existaient, relations qui trouvèrent un heureux dénouement en 1721 par un arrangement à l’amiable.
L’affaire remonte par un acte d’obligation de 1670 signé chez Me Lovat, notaire à Moirans et repris dans une convention chez le même notaire en 1676 dans les termes suivants : « Noble françois de Barral conseiller du Roy au parlement aye remis à sieur Jacques Trenonay la Montagne la somme de 900 livres à prendre et à exiger de sieur Pierre Maurice Mandrin par acte reçu par moy notaire, le 7 janvier 1670… à compte duquel plusieurs payements ont esté faits par le dit Mandrin… après entente entre les sieurs Trenonay et Mandrin, il se trouve que la dit sieur Mandrin est redevable au dit sieur Trenonay de la somme de 410 livres… »
Après le décès de Jacques Trenonay, son gendre Jean Paris de la Masse, s’occupa sans succès d’obtenir le paiement de la dette.
Jean mourut le 15 décembre 1697 à Moirans, Pierre Maurice Mandrin trépassa en novembre 1702, sans avoir payé sa dette.
Malgré sa patience Justine Trenonay, veuve de Jean Paris, maîtresse femme, ne voulu pas en rester là : elle porta plainte devant le juge de saint Etienne de saint Geoirs contre la veuve Mandrin. Justine obtient par décret du vibailly de Saint Marcellin, en date du 18 juin 1714, la possession de biens sis à Saint Etienne de Saint Geoirs ayant appartenu à la famille Mandrin.
Anne Mandrin, fille de Pierre Maurice, se mariera le 7 mai 1726, à Moirans, avec Antoine Genin, marchand de Voreppe. Etait témoin son frère François père du futur Capitaine Mandrin.
Il est plus que probable que la jeune Anne était au service de Justine Trenonay, sinon, comment expliquer que la veuve de Jean Paris eut pour cette demoiselle Mandrin des attentions presque maternelles, en lui assurant un capital de cent livres versé au moment du mariage.
Louis Mandrin dit Conseiller, frère d’Anne, signe devant Me Vallon, notaire à Moirans le 19 août 1721, et au domicile de « dame Justine Trenonay la Montagne, veuve de Jean Paris, vivant conseiller du Roy, maire de Moyrans, laquelle de son gré et libre volonté a cédé remis et transporté, ainsi que par les présentes elle quitte, cède, remet et transporte à sieur Louis Mandrin, bourgeois du lieu de saint Etienne de Saint Geoirs, cy présent, fils de feu sieur Pierre Maurice mandrin, tous les droits , actions et prétention que la dite dame avait sur les biens ayant appartenu au dit feu Pierre Maurice Mandrin, père du dit sieur Louis situés au dit lieu de Saint Etienne dont elle avait esté mise en possession par acte du huictieme juin mil sept cent quatorze. En vertu de séances et décret du Sr vibailly de St Marcellin par elle obtenue soit contre le dit feu Mandrin ou contre Damlle Anne Bernard sa veuve et administresse de ses enfants.
La présente cession est faite par la dite dame Paris, moyennant la somme de trois cent livres, présentement réellement et comptant, payée à la dite dame Paris en louis d’or et d’argent, et autres bonnes espèces ayant cours, par elle retirée et emboursées a son contentement au veu de moy notaire.
Cinq mois après dame Paris mourait à l’âge de 76 ans (6.1.1722) et le 11 février 1725 naissait Louis Mandrin.
( Archives départementales de Grenoble : 3 E1983 ,3 E 1985 Me Lovat - 3 E 2010 Me Vallon)
Les Ursulines
Les Ursulines, de leur première appellation «la Compagnie de Sainte Ursule», sont fondées en 1535 à Brescia en Italie, par sainte Angèle Mérici. Cette compagnie consacrée à l'éducation est mise sous la protection de sainte Ursule, martyre du Ve siècle. Avec cette fondation, Angèle Mérici ouvre toute large une porte pour les femmes, autre que celles du mariage et du cloître, celle de la consécration vécue dans le monde. La règle qu'elle propose aux membres comporte douze chapitres et présente plusieurs traits originaux dont celui du gouvernement de la compagnie qui dit que l'exercice de l'autorité est remis entre les mains de femmes à la tête desquelles est placée la «Mère principale. Aussi lorsqu'il faut apporter des modifications, sainte Angèle indique la marche à suivre: prier et discerner ensemble, agir avec prudence et bon conseil. Mais les choses se modifièrent rapidement. Dès qu'il fut évêque de Milan, Charles Borromée introduit la Compagnie de Sainte Ursule dans son diocèse, puis il en recommande la fondation aux autres évêques. En 1581, en visite à Brescia, il fait remanier la Règle de sainte Angèle. Le douzième chapitre, sur le gouvernement, est complètement changé: l'autorité est passée au «Père supérieur», auquel la Compagnie est dorénavant soumise. Les décrets du Concile de Trente et l'opinion publique conduisent les Ursulines à se cloîtrer. L'Ordre de Sainte Ursule, O.S.U, est née. Les Ursulines sont le premier ordre enseignant pour les femmes dans l'église. Dorénavant, la religieuse enseignante exerce sur la scène du monde.
A Moirans, Gaspard de Simiane décide de fonder une institution d’éducation et d’enseignement pour les jeunes filles, sans distinction de classes sociale. Il mettra à disposition aux ursulines l’ancien château delphinal et une partie de sa fortune. Il obtient de Monseigneur Scarron, évêque prince de Grenoble, le 14 mai 1627, la permission d établir dans le bourg de Moirans, un couvent de religieuses de Sainte Ursule. Le couvent est fondé en 1638. les religieuses sont au nombre de dix-huit et viennent de la maison de Grenoble fondée en 1607. Elles reçoivent des adolescentes de toute la région. Leur chapelle est desservie par les Pères Cordeliers et sera le lieu de sépulture des Simiane, des pensionnaires et des religieuses.
Testament de Justine Trenonay
Pour servire à la vêture de sa fille Thérèse Me Vallon 3 E 2001 6.3.1707 : Extrait
S’est personnellement establie Damlle Justine Trenonay la Montagne, veuve de M. Jean Paris, vivant conseiller du Roy et maire du dit Moyrans ,laquelle estant saine de son corps et de ses sens mémoire et entendement ayant considéré l’incertitude du temps de son décès a voulu disposer de ses biens qu’il a plu à Dieu luy donner, pour laisser la Paix entre ses enfants…..
Déclare vouloir estre enterré dans l'église parroissialle de ce présent lieu de Moyrans à l’endroit ou ses prédécesseurs sont inhumés…
Donne et lègue par droit de légat et institution particulière à Joseph ; Sébastien, Jean et Thérèse Paris ses enfans et fille naturelle et légitime et du dit feu Sr Paris et au chacun d’iceux la somme de mille livres qui leurs sera payé par ses cohéritiers sous nommés…
Plus donne par mesme institution particulière à Damlle Marthe Paris son autre fille naturelle et légitime et du dit feu sieur Paris, espouse de Mr Me Joseph Nugues avocat en la Cour un habit de deuil outre ce qu’elle luy a donné en son contract de mariage…
Elle a fait, crée et institué, nommé et surnommé de sa propre bouche pour ses héritiers universels et généraux sieurs Antoine et Claude Paris ses autres enfans naturels et légitimes, par égale part et portion…. Casse et révoque le testament par elle faict receu par Me Chorot notaire de Vourey en sa date….
Acte de Vesture
Me Vallon 3 E 2001 Acte de vesture de Damlle Thérèse Paris par les dames religieuses de Sainte Ursule.
Par devant moy notaire royal de Moyrans soussigné présence de Me Antoine Bourget scindic et des témoins bas nommés de dixième de mars mil sept cent sept après midy se sont personnellement constituées reverande Dame Marie de Saint Bernard Barde supérieure du monastère Ste Ursule du dit Moyrans, sœur Antoinette des Séraphins Coppin assistante, sœur Jeanne du St Esprit Vincent zélatrice, sœur Françoise de Saint Jean Baptiste Reynaud dépositaire et sœur Angélique de St Dominique Amabert discrète, toutes religieuses, professeurs au dit monastère et capitulairement assemblées aux formes ordinaires ensuite du consentement de son éminence monseigneur le Cardinal le Camus évêque et prince de Grenoble par sa réponse au bas de la lettre missive qui luy feut escrite le jourdhyer par la dite dame supérieure et restée au pouvoir d’icelle d’une part, et Damlle Justine Trenonay veuve de St Jean Paris, vivant conseiller maire du dit Moyrans d’autre part, lesquelles ont convenu et accordé par ces présentes que Damlle Thérèse Paris sa fille entrera dès ce jour dans leur dit monastère de l’agrément de Sr Claude Paris la Montagne son frère conseiller du roy maire perpétuel du dit Moyrans et de Mr Me Joseph Nugues avocat en la Cour son beau frère icy présent et la conseillant, en qualité de pensionnaire et donnée perpétuelle à la dite maison de religieuses réciproquement tant pour elles que pour celles qui leur succéderont à l’avenir au dit monastère, à recevoir la dite damlle Thérèse Paris à la sus dite qualité pour y vivre et estre entretenu tant en santé qu’en maladie avec le petit habit et nourrie et entretenue de toutes charges généralement quelconques dans le réfectoire avec et comme les autres dames religieuses pendant tout le cours de sa vie, moyenant la somme de trois mille livres outre les meubles cy après spécifiés, sçavoir un bois de lict avec le tour destofe, deux couvertures de laine, un matelas, une paillage, huict draps, une cuillier et une fourchette d’argent et une robe de bonne estofe ;deux jupes une noire et une grise, une chemisette de ratine neufve, une coeffe de tafetas et un collet de mesme, un corps neuf, tout le linge de sa parsonne, sçavoir deux douzaine de cheuses, deux douzaine de mouchoirs à moucher, une douzaine et demy de coeffes pour le jour de jolie toile autant de mouchoirs de col , une douzaine de coeffes longueurs et autant de rondes pour la nuict, une douzaine de bonets de cotton ou bazain, une aulne et demy de toile pour des bandeaux, deux douzaines de serviettes une à la venise l’autre de triege tout le dit linge cy dessus à neuf et quelle soit chaussées à neuf, pour le payemant de laquelle somme de trois mille livres s’est personnellement constitué le dit sieur Claude Paris frère de la dite damlle Thérèse Paris lequel de son gré et libre volonté tant en son propre et privé nom qu’en qualité de procureur spécial fondé de Mr Me Antoine Paris son frère advocat en la Cour pour procuration du vingt quatrième avril de l’année dernière receu par Mes Boscluzon et Junot notaires au Chastellet de Paris resté au pouvoir du dit sieur Claude Paris la Montagne et le dit sieur Antoine Paris héritiers du dit feu Jean Paris leur père par son dernier testament de sa datte ; a promis et s’oblige payer la susdite somme de trois mille livres aux dites dames religieuses dans six semaines d’huy prochaine à peine de tout despens dommages et interets, faute duquel payement au sus dit temps le présent demeurera nul et comme non avenu, et ce pour tous droicts tant paternels , maternelles que autres généralement quelconque que la dite damlle Thérèse Paris pourroit avoir, espérer et prétendre de présent et à l’advenir sur leurs dits biens et hérédités, et la dite damlle Trenonay promet et s’oblige de fournir et donner tous les sus dits meubles dans le sus dit délay, et au moyen de tout ce que dessus les dites dames religieuses ne pourront en aucune manière ny sous quel prétexte et occasion que ce soit prévu ou non mettre hors du dit monastère la dite damlle Paris ny changer aucune chose à la disposition du présent, demeurant en outre les dites dames obligées pour l’autorisation du présent de faire approuver et ratifier icelluy par son éminance avant le sus dit payement ainsy le tout respectueusement convenu et promis observer par les dites parties à peine de tout dépans dommages et interets et ont pour cet effect passé leur promesse et obligations de tous leurs biens présents et advenir, soumis à toutes Cours en forme, ayant adverty les dites parties de faire insinuer les présentes au Bureau des gens de main morte dans le temps et sous les peines portées par les edicts et déclarations de sa majesté, de tout quoy j’ay faict acte et publyé au dit Moyrans dans le grand parloir du dit monastère, présent Sr Pierre Ceré Me chirurgien juré du dit lieu, et Sr Hugues Delaye cuisinier au dit Moyrans tesmoins requis et signe avec les parties et le dit Sr Bourget scindic.
Quittance passée par les dames religieuses Ste Ursule de Moyrans en faveur de Srs Antoine et Claude Paris et de damlle Justine Trenonay leur mère le 24 juillet 1707.(Archives départementales de l’Isère, côte 2 E 615)
De l’Auberge au Château
On lui a donné le non de château et même château de la Grille, alors que Claude n’y voyait que son hôtel particulier, demeure citadine, où il aimait retrouver ses racines, ses jeux d’enfants en cette ancienne auberge qui l’ avait vu grandire.
En 1869, Macé de Lespinay décrit comme suit le château et le parc de la Grille.
En face de cette longue maison, peu imposante, à un seul étage, irrégulière, badigeonnée de jaune de l’autre côté de la rue et de la grande route se développe une de ces belles grilles en fer forgé, telles qu’on en fabriquait au XVIIe et XVIIIe siècles et qui laisse apercevoir des arbres magnifiques. Elle sert en effet d’entrée et délimite vers le midi un superbe jardin qui a été dessiné, lors de la puissance des frères Paris, non pas par Le Nôtre, quoiqu’en disent les gens du pays, puisque cet illustre artiste est mort en 1700, c’est à dire avant la haute fortune des célèbres financiers, mais par quelqu’un de ses élèves. Des plantations d’arbres verts, faites, depuis quelques années à l’entrée près de cette belle grille ont fâcheusement altérée le plan primitif de ce jardin ; mais les belles et régulières avenues de charmilles et de tilleuls qui subsistent encore, les tapis verts méthodiquement dessinés et entourés de fleurs, les jets d’eau, les vastes bassins que couvrent des nénuphars et qu’animent des poissons de diverses espèces, les terrasses avec doubles escaliers et garnis de balustres en marbre, les serres, les orangeries, tout dans ce beau parc, rappelle les Tuileries, le Luxembourg, Versailles et saint Claude, et cette régularité majestueuse quoiqu’un peu monotone, que Louis XIV avait imposé, tel que le XVIIIe siècle conserva plus longtemps dans ses œuvres d’art que dans ses mœurs.
Parmi les propriétés que possèdent les Paris à Moirans, en tout premier lieu est celle qui vient de Jean Trenonay acheté dès 1614 aux Réverents Pères Cordeliers.
Le Couvent des Cordeliers
Pilot de Thorey R 7906 n°298 (B.Lyautey) Notice sur le couvent des frères mineurs ou Cordeliers de Moirans.
« Le dauphin Humbert II se plu à entourer les frères mineurs de Moirans d’une protection particulière.Comme ces religieux craignait que des voisins trop rapprochés ne prissent des jours sur leurs jardins, ou qu’ils n’appuyassent des constructions contre les murailles du monastère, ce prince par des lettres du 12 octobre 1346 donna l’ordre exprès au châtelain d’empecher qu’on ouvrit des fenêtres qui auraient pu nuire aux religieux, ou que l’on appuyat aucune constructin contre les murs, soit du jardin, soit du couvent, voulant au surplus que les bâtiments et le jardin des religieux fussent complétement isolés du bourg.
Humbertus dalphinus vicunnecisis dux campissauri vienne comes et albouis, ac Palatinus, nuiversis et singulis presentibus et futuris reigeste noticiam et salutem ..déo directo meditamice libeurter pii aperibus inclina mus maxime de bonis nobis a déo collatis religiosis pauperibus croyaude ut iude fructum mercamur retributions eterné. Sine est quod actento fossata nostra clausure ville Moyrenci parum nobis prodesse preter quam pro clausura et tuicione, ville eicesdem et fratibus minoribus couventus ville esusdem Moyrenci posse aliqualem utilitalem afferre quod quepropter infrascripta non delibilistabitur sed protius roborabitur dicta villa fossata nostra exnucia extra et juxta menia et palacium dicte ville videlicet aporta granerie usque ad portour et platt sea couventui dictorum fractrum mogrencii pro nobis et successaribus nostris ad faciendum iveis priscarium per cisdem ad curandum recurandum et appensse nandum perpetue concidemus et don armus soc salve quod qui cumque nos vel Dalphina cousers nostra aut since essores nostri dalphini et dalphine . Stidem personaliter essemus possimus dicta fossata piscare et pisces ibidem accipere pre sibito volautatis nulli aut alii officinali vel sub dicto nostro sub pena indignationis nostre piscare siceat in cisdem maudamus enpresse castellano Moyrenci moderno et futur vel… locatenentibus quathinus dictos frates in possessione dictorum fossatorum et pisceture corum mauutenean et deffendant et sub pecca forvidabili faciat provideri quod nulsum besalesen alveum a que que transit per villam mutare andeat a cursu consueto yme ipsa aqua in suo corsu semper teneatur et… me forsam ipsa fossata dicte aque derivatio cumularet.
Datum Medulium sub anno nostro secreto mercurum adio sigillo die uta mensis julii anno domici M C C C X X X V I I... (tiré d’une copie des archives de l’Isère B 282)
On comptait dans se couvent quatre pères en 1683, deux pères et deux frère en 1701, trois pères et deux frères en 1711 et quatre pères en 1790.
L’un des pères les plus distingués fut Louis Morel, docteur en théologie, qui a été gardien en 1677,1683,1688,1689,1696,1697,1698,1705,1708,1711 et 1712, et fut aussi Provincial des Mineurs conventuels de la province de Bourgogne d’où dépendait son monastère, et définiteur perpétuel. Leurs biens, situés sur le territoire de Moirans, consistait en : un pré garni de hautins, au lieu dit Montmartel, acquis en 1632 de François de Galles, en fonds de terre aux Isles du contenu d’environ 15 sésterées, acheté en 1682 d’Antoine Dode, fils d’André Dode, tous deux marchands de Voiron ( appelé domaine de la Grange Dode) en un pré ey bois appelé Pré-Fornin acquis en 1683 d’Alphonse Mosnier de Rochechinard et en un pré de 12 sésterées, en l ‘île Balmat, appelé Pré-Paris, acheté en 1710 de Joseph Lovat docteur en médecine. Jonas Paris fut religieux Cordelier en 1624 et Antoine Paris, docteur en théologie, gardien de cette communauté en 1693 et 1700. Les Paris avaient également dans l’église des Cordeliers, un tombeau de famille, ou furent inhumées Louise et Isabeau, sœur de Jean Paris dit la Masse » .
Le 21 avril 1611 l’assemblée des habitants de Moirans adopte la résolution, reçue par Me Charles Bernard, notaire, dans laquelle elle déclare et certifie qu’il serait avantageux pour les Révérends Pères Cordeliers, d’alberger quelques places et fonds qui leur étaient inutiles.
A cette époque le couvent occupait l’emplacement de l’ancien hôpital-hospice et le clos s’étendait de la place Ch. de Gaulle (à l’état de verger) à la rue de la République, d’autre part, la limite sud se trouvait être la rue de Kerdréan, fossé de défense du Bourg, formé par le Muret, ruisseau-canal issu du canal des Moulins.
Archives départementales de Grenoble 6 H 117, procés du Syndic du Couvent des Cordeliers contre Jacques Trenonay la Montagne deffendeur 1674 (diverses pièces)
29.6.1614 : (premiers pas vers le parc ) L’an mil six cent quatorze et le vingt neuf du mois de juin c’est estably et constitués en leurs personnes Guilliaume Millien Arguillion et Jeanne Roux Saget sa femme, habitant ce lieu de Moirans, ont vendu, cédé, quitte, remis et transporte comme par le présent, ils vendent, cédent, quittent, remettent et transportent purement et simplement à Me François Ronzier Chapuis de Moirans et Me Jean Trenonay notaire Royal du dit lieu, son beau fils présent et acquerant, pour eux et les leurs à l’advenir est : à sçavoir, un jardin assis dans la ville du dit Moirans en rue Gravière contenant environ une modurière, confrontant le jardin des hoirs d’Artus Carlin du levant, le jardin de Guillaume Tollet du midy,les murailles de la ville du couchant et bize avec ses autres plus vrays confins, entrées, sorties, droicts et appartenances quelconques, se mouvant du fief et directe seigneurie du seigneur qui mieux informera soubs la cense qui se trouvera aux plux vieilles et anciennes reconnoissances, usages et deslivrés de tous arrérages, moyenant le prix et somme de dix huit livres…
7.7.1614 : Il est ainsy que ce jourd’huy, septiesme du mois de juillet après midy année 1614, par devant moy notaire Royal, se sont establis en leurs personnes les dits R.P Marc de Bebulles, commissaire général et présidant du chapitre de la dite Province, se tenant au dit Moirans assisté des R.P de son deffinitoire lesquels de leurs grés pour eux et leurs successeurs advenir au dit couvent et capitulairement assemblé au son de la cloche après avoir oui lecture des dits actes et veu qu’ils estoient au proffit et advantage de leur dit couvent ils ont iceux approuvé,ratiffié et homologué, aprouvent, ratifient et homologuent, veullent qu’ils sortent leur pleine et entière effect et pour ce, ils obligent tous leurs biens et du dit couvent à touttes Cours, en bonnes formes.
23.5.1616 : Un contrat d’albergement est passé devant Me Jolan, notaire, par les pères Cordeliers au profit de Me Jehan Trenannay, notaire royal de Moyrans d’une place rue Gravière, contenant environ une mordurière et demy, moyennant la somme de quatre vingt seize livres Jusqu’en 1699, l’auberge est de petite dimension, environ 150 mètres carrés, elle n’a aucune ouverture sur le couvent des Cordeliers, suivant le désir des Pères en vertu des lettres patentes du Dauphin Humbert II d’octobre 1346 faisant « défense de construire des maisons ayant des ouvertures sur les bâtiments et jardins des Frères ».
22.5.1673 : (B Lyautey R 8889) Quittance. Pour Jacques Trenannay bourgeois de Moyrans,absant, receu par monsieur Me Jean Trenonnay la Montagne advocat en la Cour, son fils, de Félix Greffe mestre masson de Moyrans pour le prix fait par le dit Sr Trenannay pour avoir reffait la muraille mitoyenne entre le dit Sr Trenannay et les réverends pères Cordeliers, estant le long de leur jardin et au derrière d’un batiment au dit Sr Trenannay par luy acquit de honneste Tollet appellé le dit battiment remise ou bucher, de laquelle somme de six livres le dit Greffe en aquitte le dit sieur Trenannay.
Requeste du Syndic (A.D.I .6 H 117) 22.9.1674 : A la requeste du sindic du couvent des relligieux de saint François sont assigné sieur Jacques Trenonay la Montagne, pour comparoistre par devant nos seigneurs de la Cours de Parlement pour répondre sur ce que cy après.
Sçavoir sur ce qu’il est détenteur d’une pièce et plassage qui estoit autrefoy un jardin dans l’éclos des dits religieux dans lequel est à présent édifié partie de la maison du dit deffandeur de la contenance d’environ une modurière et demy situé dans la ville au Bourg de Moyrans en rue Gravière, joignant la dite rue du couchant, le surplus de la maison de long en long du midy ou vent, le tènement du jardin ou chènevière restant au dit couvent, fins une muraille ou limite qui a esté planté du levant, le chemin par l’où on va de la Grande Rue au dit Couvent et l’églize de bize, plus le dit deffandeur tient et possède un autre plassage de par ville contenant environ une modurière et demy, situé au dit lieu de Moyrans en la dite rue Gravière, confrontant autre plassage du dit couvent du midy, la Grande Rue, une petite muraille de haulteur d’environ une toise qui seroit autrefois de closture qui va de la dite rue à l’église du couvent du couchant, la maison ou estable qui fut de Michel Sartre à présent tenu et possédé par sieur Pierre Richon du costé de ma dite muraille qui seroit aussi de closture au dit couchant avec ma dite ruelle du levant, comme les susdits fonds du clos des susdits Religieux, sont tenus et possédé par le deffandeur, soit par contract d’albergement ou autres actes lesquels sont nuls, abusifs et invalides…
Sur la première question, concernant les prétendues fins de non recevoir, fondées sur prescriptions de quarante ans, sur la validité des prétendus albergements des 19 may 1614 et 19 janvier 1634. Il faut nécessairement conclure qu’il n’y peut avoir aucune prescription légitime, soit à l’égard du prétendu contract de 1614, puisque le fonds y mentionné n’est possédé par le deffendeur qu’à titre successif, soit pour raison de l’autre fonds aliéné à luy mesme en 1634, depuis lequel temps il reconnoist qu’il n’est possesseur que de trente neuf ans avant l’interpellation en délaissement du mesme fonds faite contre luy mesme… Il allègue diverses choses également faibles et non véritables : la première, qu’il n’est pas heritier ny successeur unviversel de Jean Trenonay son père, ny de Françoise Ronzier son ayeul maternel, au profit desquels le premier albergement de 1614 fut passé, mais que se fut sa mère qui fut héritière de l’un et de l’autre et qu’il n’a esté possesseur du sol désigné dans le dit acte de 1614, qu’en vertu de la donation que la dite Ronzier sa mère luy en fit par son contract de mariage avec Catherine Berlorin du 22 novembre 1625 et par le partage qui s’ensuivy le 9 juillet 1627.
Sur quoy le suppliant répond – que cette donnation à luy faite n’est pas seulement du dit fonds ou autre en particulier, mais elle est quatae bonorum , c’est à dire de la moitié de tous les biens de la donante, présent et a venir. Pour convaincre entièrement le deffendeur, le suppliant employe le testament de Jean Tranaunay son père en datte du 15 septembre 1624, par lequel il résulte qu ’Anne Ronzier fut chargée de rendre l’hérédité du testateur au dut deffendeur.
En 7é lieu, le deffendeur prétend qu’il n’y a pas lieu d’aucune restitution, parcequ’il n’a point de lezion ; mais la lezion est assez évidente, en ce que l’on a aliéné deux fonds qui faisoient le principal agencement du couvent ; outre que s’il estoit de besoin, l’on feroit voir facilement que la lezion est énormissime et presque du tout au tout. En 8é lieu, le deffendeur oppose, qu’il est de la nature des restitutions en entier, que les choses soient restablies au mesme estat qu’elles estoient ab initio ,ce qui ne se pourroit pas faire icy, à cause des batiments qu’il dit avoir fait de bonne foy au veue et sçeu des Religieux sur le sol contentieux, mais 1° les lettres Royaux sont surabondantes, veu que les prétendues contracts d’aliénation sont nuls de droicts et que les Religieux et autres gens d’église ne sont pas obligés d’impétrer lettres Royaux pour estre restitués contre semblables actes. 2°, si le deffendeur s’est engagé témérairement à bastir sur le sol de l’esglise et sous prétexte de contracts nuls de droicts, il ne doit prendre qu’à luy mesme. La nullité est suffisamment déclarée, non seulement par les textes du droict, mais encore par une déclaration expresse d’Henry IV donnée à Paris en 1606, par lequelle « toutes aliénations faites du temporel de l’Eglise sans les solennités requises par le droict et part les constitutions canoniques, sont déclarées nulles et de nul effect »
C’est pour cela sans doute que le deffendeur pour la 9é exception dit que ses acquisitions ont été suffisamment validé par un décret du diffinitoire de l’année 1639 qui justifie que le Chapitre Provincial, pour lors assemblée à Moirans, s’estant transporté en Corps sur les lieux et ayant visité les batiments, il approuva toutes choses, et déclara qu’il n’y avoit aucune contravention aux conditions de l’albergement, et que tout avoit esté fait à l’utilité de l’Eglise, dont il veut conclure que cette prétenduë ratification suppleeroit au défaut des solennités, si elles avoient esté requises. On n’a point veu ce prétendu acte de 1639, parmy les pièces communiquées de la part du deffendeur, il y a seulement une déclaration passée en sa faveur le 19 juillet 1639, par le P. Provincial, que la somme de cent vingt livres, promises pour introges, par l’albergement de 1634, avoit esté payée. Somme qui avoit esté employée à la construction de murailles de closture au devant de l’église du dit Couvent.
2° il faut observer que le dernier albergement ait esté passé au mois de janvier 1634 et qu’il ne paya cette somme de cent vingt livres qu’au mois de décembre 1638, les murailles à la construction desquelles ces derniers furent employés, n’ayant esté faite qu’en 1639 et néanmoins qu’il n’avoit payé aucun interet desdites cent vingt livres pendant cinq années entières qu’il avoit jouy du dit fonds que se dessaisir du prix…
Deuxième question, concernant les servitudes usurpées par le deffendeur, sur le clos du Couvent.
Et quant aux autres qu’il a pris aux bastimens par luy construits sur les deux fonds albergés en 1614 et 1634, il suffit de dire qu’ils ont esté fait contre la teneur mesme des dits albergements, par lesquels il est expressement déclaré que le deffendeur ne pourroit prendre aucuns jours ny servitude sur le monastère et ses dépendances (alors qu’il a pris jours et stillicides)
Mais comme in faut nécessairement que le deffendeur délaisse ces deux fonds, à cause de la nullité de ses titres, il n’est pas de besoin d’examiner plus particulièrement les servitudes qu’il a pris en cet endroit ; mais seulement celles qui sont dans ses batimens du costé du jardin du monastère, les autres n’ayant esté déduites que pour faire voir que le deffendeur s’estoit en toute manière voulu avantager sur le dit couvent et s’estoit prévalu de la facilité et ignorance des précédents religieux, sur lesquel il s’estoit acquis un empire absolue.
Quant à celle-cy il est surprenant qu’il ait osé nier que la propriété de la muraille qui sert de closture au dit jardin et monastère luy appartiennent, puisque luy mesme se condamne, quand il dit, Que toute personne qui élève une muraille de closture, est obligée de laisser deux pieds de distance entre sa muraille et le fonds de son voisin,
Mais s’il veut bastir une maison, il doit laisser deux pieds entre son fonds et celui de son voisin, et ces deux pieds doivent servir pour le stillicide du propriétaire, c’est à dire pour recevoir ses eaux pluviales et pour le port de l’échelle pour monter sur son couvert lorsqu’il est de besoin.
Et c’est ce qui avoit esté fait au moyen de l’espace qui avoit esté laissé entre les maitresses murailles des bastimens du deffendeur et des autres aboutissans et la dite muraille de closture, lequel espace appelé vulgairement Rendon, est encore existant et regne tout au long de la dite muraille comme la Cour pourra reconnoistre par la vue figurée aux N°1.2.12 et 20, et pour preuve certaine et convaincante que le sol de ce Rendon dépendoit encore du couvent, la Cour remarquera qu’il y avoit une porte en la dite muraille de closture, à l’endroit cotté N° 2 dans la dite vue, par laquelle porte l’on pouvoit entrer du monastère dans le dit Rendon. Il y a encore une autre preuve évidente à l ‘endroit marqué N°17 ou l’on voit que le deffendeur depuis peu d’années à fait construire un cabinet qu’il a attaché en partie à cette muraille de closture qui appartient au couvent et pour faire un toict sur ce cabinet, il a fait attacher par addition des chevrons au vieux couvert de sa maison, dont le stillicide tomboit dans ce rendon ou enfonceur, qui estoit entre son bastimen et la dite muraille de closture et maintenant par le moyen de cette addition ou appentie, le stillicide de ce nouveau couvert avancé, tombe dans le jardin du Couvent et au delà de la dite muraille de closture, comme il est désigné aux nombre 16.17 et 18.
Mais cela souffre encore moins de difficulté à l’égard des bastimens qui sont contigus ou proche des maisons religieuses et notamment pour les jours et les veues qu’on peut jamais prendre sur leur enclos… Aussi sur ce principe il n’a pas pû s’empecher d’advouer en la page 13 en l’article commençant, qu’après l’albergement de 1634, il fit bastir une muraille de séparation d’entre le fonds qu’il avoir albergé et celuy qui estoit aux demandeurs. Il est bien surprenant que le deffendeur ait la hardiesse de proposer que la demande des dits religieux est une vexation, parcqu’il est certain que les égouts des bastimens du deffendeur rendent les fonds aboutissans plus fertiles, comme si c’estoit un bel agencement à un jardin de religieux de recevoir les égouts des éviers et les puanteurs des latrines d’un grand logis comme celuy du deffendeur. Le deffendeur a contrevenu à une clause expresse contenue au premier albergement de 1614 ; par laquelle il avoit ésté expressement stipulé, qu’il ne pourroit prendre aucuns jours sur le fond albergé, cependant il ne se contente pas d’y avoir contrevenu, mais encore il ne fait point de scrupule de dir qu’il n’a pas esté obligé de tenir cette convention, parcequ’il ne pouvoit pas bastir sans prendre des jours, comme si lors du contract l’on n’avoit pas pû prevoir ce pretendu inconvénient…
Troisième qualité, concernant les informations prises à la requeste du Syndic.
Elles prennent qu’au mois de septembre dernier, divers coups de pistolets furent tirés par des personnes qui estoient aux fenestres à croisée de la chambre du logis du deffendeur, qui ont leur veue toute entière sur le jardin et couvent des dits Religieux ; ces coups de pistolets réitérés furent tirés contre la fenestre d’une des chambres du couvent, par dérision et avec mépris des des dits religieux, ce qui est encore évidant par grands nombres de trous que les bales firent à la muraille tout autour de la fenestre du dit Couvent. Il est certain que le deffendeur a fait faire ces fenestres d’appuy ou acoudoires, depuis trente ans en ça qu’il acquit une petite maison qui estoit contiguë à la sienne, en laquelle maison, il fit édifier sa chambre verte, avec les dites croisées qui sont marquées dans la vue figurée par le N°15. Veut que le deffendeur soit condamné à vuider et délaisser aux dits Religieux les deux fonds dont s’agit avec restitution de fruicts, qu’il soit condamné à démolir les bastimens qu’il a fait construire tant sur les dits deux fonds, que sur la muraille de closture du jardin du couvent, et de fermer et boucher tous les jours et fenestres qui ont aspect sur le sus dit couvent avec deffanses d’en prendre d’autres à l’adevenir et à deffaut de faire les dites démolitions et fermer les dits jours dans le mois après la signification de l’arrest, il sera permis aux dits religieux de le faire faire aux deppens du dit deffendeur.
Bolian Monsieur Dupilhon, rapporteur
Tout peut s’arranger !
Les soussignés Père Louis Morel, gardien et religieux conventuel du couvent de St François de Moirens, adcisté de Père Claude Paulin, sindic du dit couvent et père Benoit Guyroche Religieux, capitulairement assemblés au son de la cloche d’une part, et sieur Jacques Trenonay, bourgeois de Moirens d’autre, désirant terminer à l’amiable les differents qui sont entre eux pendants au parlement de Grenoble sur la demande des dits religieux et exploit du vingt deuxiesme septembre année présente mil six cent soixante quatorze, ont convenu pour arbitres, arbitrateurs et amiables compositeurs des personnes de messieurs maistre Claude Bolian et Jean Baptiste du Fraisne advocats en la dite Cours et de noble Philippe Pourroy de Lauberiniere, conseiller du Roy maistre ordinaire en sa Chambre des Comptes de Dauphiné pour surarbitre, auxquels ils donnent plein et entier pouvoir de juger, décider et régler leurs differents…Fait à Moirans ce 4è janvier 1675
Archives communales de Moirans
(Série CC 9 Parcellaire des fonds nobles de Moirans 1699.1700) Les Réverands Pères Cordeliers de l’ordre de St François
1, terre en Montmartel qui confine terre de Claude Perroud de bize, vigne du seigneur de Simiane du couchant et bize, terre de sieur Abel Trenaunay du couchant, terre du seigneur de Montferra du midi, contenant trois sesterées quatre bichettées deux modurières.
2,terre au mas de St jacques qui confine le chemin de Moyrans à Tullins du midy.
3, Vigne au mas de St jacques qui confine le chemin royal de Moyrans à Tullins du midy.
4,terre et pré au mas de St jacques qui confine le chemin de Moyrans à Lyon de bize.
5,Terre en l’Isle Dallay.
6,maison, grange, terre et bois aux Isles de Moyrans appellé le Glayron.
7, Pré aux Isles de Moyrans au Glayron appellé la Sestivé
8, Terre en Champ Chevallier.
9, Prés, jardin et terre aux Isles appellé le Glayron.
10, Pièce de bois située au Glayron.
11, Couvent, cave, tinerieu, escuyerie, verger, jardin et cour qui confine les mures du bourg du midy, maison du sr Paris du couchant, leur église et son entrée de bize couchant et l’inclos des dames religieuses de bize, escuyerie du dit La Coste et chazal de Sr Pierre Trenonay du couchant, contenant trois sesterées une bichettée une modurière deux tiers. Total des estimes 49 livres 5 sols 3 deniers.
Actes notariés
concernant la famille Trenonay ( Biblio Lyautey R 8889/1)
Promesse de mariage
Extrait (en mauvais état) : Au nom de Dieu soit à tous que mariage aye esté traitté entre sieur Jacques Trenonnay dit la Montagne de Moyrans d’une part et honorable Aymare fille de feu sieur Anthoine du Frayne, mestre de Poste pour le Roy au Pont de Beauvoisin et honorable femme Claudine Pichon, du diocèze de Bellay, d’autre part….
Ce jourd’huy huitieme jour de janvier mil six cent trente six…
Aymare du Frayne de l’advis de Anthoine et François du Frayne ses frères et autres ses parans et alliés… Ont promis, juré entre ses mains et expouser en face de nostre Sainte Mère l’Eglize à la première réquisition de l’un l’autre…
Le dit sieur Anthoyne du Frayne, escuyer et mestre de Poste pour sa majesté ,frayre de la dite Aymare a constitué en dotte la somme de mil livres légué par feu sieur Anthoyne du Fraisne leur père receu par feu Me Garnier, vivant notaire Royal le 12 octobre 1622, tant pour les droicts paternels que maternels…
Correspondance et rapport
(adressés au procureur général près la Cour de Grenoble 1675) Bibliothèque Lyautey Grenoble (R 8890)
Nous soubsigne sieur Jacques Trenonnay et sieur Jean Paris du lieu de Moirans avons fait les conventions suivantes scavoir que je dit Jacques Trenonnay donne en arrentement au dit Paris mon logis ou pend pour enseigne la Montagne de saint François, la remize qui est à costé l’escurie, le jardin, le réservoir, la glacière le fond que j’ai au chappottier avec toutes leurs dépendances entrées et sorties et appartenence et comme aussi l’estable estant dans le plassage de mon pressoir avecq tous les dits droicts pour le temps de quinze années a commencer de ce jour moyennant le prix et somme de trois cent livres payable annuellement en deux payes egalles, la première commencant a Noël prochain mil six cent soixante quinze et l’autre a la saint Jean Baptiste mil six cent soixante seize ainsy continuant d’année en année en considération duquel prix je dit Trennanay ay remis au dit Paris les meubles mentionnés et inventaire signé de ce jour auquel il a en bon père de famille la charge de les rendre en l’estat auquel ils seront en fin d’arrentement, sans qu’il puisse estre tenu d’aulcunes détériorations, comme aussy je dit Trenonnay ay remis au dit Paris deux cent dix sept bichets de froment au prix de trente sols le bichet montant en tout deux cent soixante quinze livres dix sols, plus trois cent trente bichet avoine à vingt sols le bichet montant trois cent trente trois livres plus la quantitté de treize charges de vin de Languedoc à quatorze livres la charge, plus trente un charge de vin de Vinares à dix livres huit sols la charge montant le tout le dit vin estranger la somme est cinq cent deux livres cinq sols sauf erreur de calcul plus trente six charges vin de pays à six livres la charge montant deux cent seize livres laquelle estimation a esté faitte affin que soit promis au dit Paris de rendre en fin d’arrentement les dites danrées cy dessus ou d’en payer le prix sans intherés au choix du dit Paris, ainsi accepté par je dit Paris, promettant je dit Trenaunay de maintenir et faire jouir le dit Paris des choses arrentées et je dit Paris de bien payer le prix aux termes cy dessus convenu ainsy entre nous convenu en avons gardé le chescun un double des présentes conventions que nous voullons avoir force d’acte public et en foy de ce les avons respectivement signés à Moirans le cinquiesme juin mil six cent soixante quinze.
L’an mil six cent septente cinq et le vingt uniesme jour du mois de juin advant midy par devant moy notaire royal héréditaire de Moirans soubsigne et présent les tesmoings bas nommés se sont establis en leurs personnes le dit sieur Trenonnay et Jean Paris cy dessus nommés lesquels de leur gré pour eux et les leurs ont approuvé et rattiffiés les conventions cy dessus escriptes veulent et entendent quelles sorte leur plain et entier effect en touttes les clauses et conditions y portés quelles ayent force d’acte publiq ayant pour l’observation de tout le contenu ainsy conventionné et présent acte soubmis tout et un chescung leurs biens meubles et immeubles présent et advenir à touttes Cours en forme et se sont réservé le chescung un double du présent acte signé par moy dit notaire faict et stipulé à Moirans dans la maison Colombin du dit sieur Trenonnay en présence
A Trenannay, J Paris, Restif, J Ogier, Et moy notaire : Barnier
Bib Lyautey R 8889 (3)
Inventaire de ce que le sieur Jacques Trenonay laisse d’avecq son logis ou pend pour enseigne La Montaigne de St Francois. Arrenter le tout à sieur Jean Paris mon beau fils. Premièrement Dans la grande cave 10 pièces de vin de Vinares tenant 5 muids, plus six pièces de vin de Languedoc tenant treize charges Plus au sellier un muid un quart en deux pièces et une feuillette de vin de …, plus quatre pièces vin de vinares qui sont dans la cave de la maison acquise à sieur Colombin Plus au dit sellier cinq pièces de vin de Pays tenant 18 charges Plus dans la petite cave dans la dite maison arrenter, cinq pièces de vin tenant 18 charges De plus dans le dit sellier il y a un saloir de pierre en roche avec son couvert. Plus dans la cuisine il y a deux licts en bois noyer entouré de toille d’estoupe avecq leurs courtines, fort vieux et bien uzées. Plus un pottager dans la dite cuisine dont la grosse pierre est fendu et soubstenue par des pieds de fer en assez bon est, plus derrière le lict une petite despance ou il y a quelques haumoires ou redressoir de bois blanc, vieux et de peu de valleur fermant à trois clefs y compris la clef de la porte de la dite despance. Plus un mortier de fonte pezant douze livres et demy, Pus un autre mortier de pierre pour faire des macarrons avec son pillon de bois. Plus trois broches pezant dix livres. Pus la roue du tourne broche, plus la chesne et la dite roue en assez bon esta . Plus une poille à frire servant. Plus quatre poilles blanches pezant douze livres pour la plus grande et de peu de valleur y compris leurs manches en fert. Plus une bassine de cuivre en assez bon estat pesant neuf livres avec le cordonnet autour en fert. Plus une poille blanche neufve pesant neuf livres avec son manche. Plus trois bassinoires de cuivre pezant seize livres avec leurs manches Plus des mouchettes de lotton Plus deux marmittes de cuivre pezant quinze livres avec leur garniture de fert Plus deux poissonnieres de cuivre pezant vingt cinq livres Plus deux tourtieres de cuivre avec leur boucles de fert en assez bon est avec un méchant couvert pezant le tout cinq livres trois quart Plus deux lechefrittes de fert fort uzes de peu de valleur Plus un grand pot de fer tenant environ vingt escullées pezant trente cinq livres Plus un autre pot de fert tenant environ quinze escullées pezant vingt trois livres Plus un autre pot de fer tenant dix escullées pezant douze livres Plus sept chandellier de lotton pezant vingt livres, tous vieux et racommodé d’estaing ou de plomb, servant Plus un autre chandellier pezant deux livres et demy de meme accomodé Plus quatre chandelliers d’estaing pezant quatre livres, fort vieux de peu de valleur Plus deux chenets de fert pezant septante livres Plus une plattine de Guize Plus deux attieres et deux traversieres pezant cinq livres Plus une crémalliere qui ne peut estre detachée de la cheminée Plus deux trippiere de fert, une grille, deux appes à la cheminée pezant le tout onze livres Plus deux pelles de feu de fert pezant onze livres Plus une rappé estimé à cinq sols Plus dix huit cullieres et douze fourchettes d’argent pesant deux livres deux onces, servant Plus quatre douzaines assiestes d’estaing fin pezant septante cinq livres, servant Plus dix huit assiestes estaing commun pezant trente une livres, servant Plus dix assiestes creuzes estaing commun pezant vingt livres, servant Plus douze placts fine pezant cinq et six livres, servant Plus deux placts en oualle fin pezant douze livres, servant Plus quatre placts poutage en estaing fin pezant vingt cinq livres, servant Plus dix huit placts estaing commun pezant quatre vingt trois livres, servant Plus huit pots de chambre estaing commun pezant dix neuf livres, servant Plus trois cocasles estaing commun pezant vingt six livres, servant Plus une cruche estaing commun pezant vingt cinq livres, servant Plus quatre sallieres estaing fin de peu de valleur pezant trois livres et demy, servant Plus quatre esguieres estain pezant onze livres, servant Plus un pot et une choppine pezant six livres, servant Plus deux placts bassine pezant onze livres, servant, en estaing fin.
A la Salle Basse du costé des Cordelliers, il y a costé d’icelle un cabinet voutté avecq quelques redressoirs ou quessons de sappin plus un grand petrin bois noyer et son couvert en sappin, en bon est Plus un petit four, la porte d’icelluy pezant quinze livres Plus un chesnet pezant huit livres Plus il y a une petite despance entouré de bois sappin fermant à clef dans laquelle il y a deux pierre d’huile avecq leur couvert, une quaisse à chandelles ou il y en a deux cent dix livres de chandelle et environ trente livres d’huile de noix ou d’olive Plus un panier estimé à vingt sols.
A la chambre appellé de plan pieds du derrier de la cuisine du costé des Cordelliers au dessus de la grande cave, il y a un lict bois noyer, une palliasse, une vieille poussiere, une couverte en cathelloigne, le tout de peu de valleur Plus une vieille table en noyer de peu de valleur.
A la chambre a costé de la dite cuisine, encore du costé de l’entrée en l’allée des Cordelliers il y a deux licts…..plus une garde robe de sappin fermant à clef plus que my uzé.
A la Grande salle Basse du costé de la Remize il y a trois licts… Plus un chenet de fert pezant douze livres, plus une table ronde my uzé, plus un vieux redressoir de noyer de peu de valleur, plus une fontaigne de cuivre pezant neuf livres Dans la dite chambre il y a aux fenestres, aux unes des chassis et aux autres point.
A la Grande salle Rouge au dessus de la sus dite il y a trois licts garnies… Plus une table ronde de noyer avec un vieux tapis de sargette rouge, plus un lavoir de cuivre pezant vingt cinq livres, plus deux chenets pezant vingt cinq livres y compris leurs pommes en lotton, plus aux fenestres de dessus, sont vitrées et aux dessous aux unes il y a des chassis et aux autres non.
A la Chambre Verte du costé du jardin des Cordelliers il y a deux licts garnis… Plus une grande vieille garde robe fermant à clef néanmmoins servant, plus une table ronde bois noyer my uzée, plus deux chenets pezant trente neuf livres y compris leurs pommes de lotton, les fenestres sont vittrées dessus et au dessous en deux chassis et non aux autres deux, plus six grandes vieilles chaises de noyer fort uzées de peu de valleur, néanmmoins servant.
A la Chambre de St François, il y a deux licts…plus une garde robe de sappin fermant à clef pezant neuf livres, plus une pettitte table carrée, les fenestres du dessus vittrés et les autres en desoubs en chassis, icelle chambre fermant à clef.
A la Chambre Jaune, il y a trois licts …plus une grande table de noyer carrée bonne, avecq un tappis de Cadis jaune de peu de valleur,plus un redressoir de bois noyer fort uzé néanmmoins servant, plus deux chenets dont il y en a un quy a une pomme en letton ,pezant vingt deux livres en tout les deux.
A la Chambre du devant, dessus la cuisine il y a deux licts bois noyer… Plus à veue autre petite chambre derriere la susditte, il y a deux licts… A la Chambre de derriere, dessus le cellier il y a deux licts de noyer à collonne carrée fort vieux…plus un grand coffre de noyer fermant à clef, plus une grande table bois noyer. Plus dans les trois greniers il y a les graines, plus deux arches à tenir farine de bois sappin en assez bon estat, pourtant vieilles, plus une baritheliere de mesme bois en assez bon estat. Plus dans les deux galletas il y a des perches pour estandre la lessives ayant un fermant à clef. La dicte maison couverte de tuilles en bon estat que le dit Paris tiendra regottoyé Plus la Remize qui est entre Babotton et le dict Logis dans laquelle il y a cinq livres dix sols de charbons et cinq charrées de bois estimé à dix huit livres lesquelles ont estés payés presentement par le dit sieur Paris au dit Sr Trenonay. Plus toutes les escuyeries et grenier à foin, les planchers desquelles sont assez bon, les creches des dites escuyeries sont comme cy appres, sçavoir les creches et rathelliers du vieus escuyerie en mauvais estat, les creches et rathelliers du grand escuyerie du costé du jardin sont en bon estat comme aussy les couverts desquels ensemble celluy de la remize sont aussi en bon estat que le dit Paris tiendra comme dessus regottoyer . Plus tout le jardin et reservoir verger et clos en quelques endroits de muraille le reste de pallissade. Plus le chappottier est ensemancée de chanvre, clos de vieille closture de chaine. Et finallement la glassiere est garnie de glasse jusqu’à six pieds près de la croisée qui supporte le couvert, couvert de paille, en bon estat que le dit Paris maintiendra couvert. A esté observé de mesme … lescuyerie à pourceaux et le gillinier qui est dans le thinerieux, le couvert et porte sont en bon estat. Plus a esté baillé au dit Paris huit douzaines de draps de rite, plus une douzaine un peu plus fines que ritte Plus une douzaines et demy draps et nappes Plus seize douzaines de serviettes ritte et estoupes à la Venize Plus quatre douzaines serviettes de ritte plus que my uzées Plus quatre douzaines serviettes d’estoupes à la Venize Plus treize nappes à la Venize ritte et estoupes Plus six nappes carrées à la Venize, ritte et estoupes Plus sept nappes de criege ritte et estoupes Plus cinq nappes à la Venize Plus quatre nappes à la Venize ritte et estoupes Plus deux nappes ritte et estoupes Plus deux nappes à la Venize de ritte et estoupes Plus et finallement une nappe fine un peu plus que ritte Tout lequel linge le dit sieur Paris promet de rendre ensemble les meubles contenues au present inventaire et conformement à nos conventions. A esté observé de mesme en son rang que le bachat qui est au dehors du jardin à la sortie de l’eau du réservoir est en assez bon est avecq un bout à clef..
Testament de Jacques Trenonay
(le haut recto et verso est déchiré)
Septembre 1675 : Au nom de Dieu comme aussy soit que Jacques Trenonay aye consideré que rien n’est certain que la mort et rien de plus incertain que l’heure d’icelle et que pour prevenir toutes les difficultés qu’y pourroit naistre entre mes enfans il est nécessaire que je dispose des biens qu’il a plus à Dieu mes donner et affin que ma volonté soict secrete, et que je suitte tout lembarras des ouvertures de testaments et toutes les questions quy pourroyent naytre sy je choisissois la voye du testament , de gratiffier mes enfans d’une maniere à peu près esgalle, j’ay choisy ceste façon de disposer de mes biens et à ces fins appres m’estre muny du signe de la saincte croix, j’ay recommandé mon ame à Dieu le priant de la voulloir recevoir au ciel appres qu’elle se soit separée de mon corps, eslisant ma sépulture dans l’église parroichialle de ce lieu de Moyrans au tombeau de mes prédécesseurs, je remets mes funerailles à la discrétion de mes quatres enfans cy appres nommés, auxquels j’ordonne de s’en acquiter celon ma condition de le faire (déchiré sur 4 lignes)
Qu’ils leur plaira de choisir, voullant neanmoins que mes deux enfans malles faisent faire chascun le leur dans la paroisse et l’autre dans l’église des Cordelliers de ce lieu de Moyrans. Je veux que le jour de mon décès, il soit fait une aumosne publique, à tous les pauvres quy se présenteront de deux livres de Paris à chascun et cela des danrées qui se treuveront en existance lhors de mon décès.
Je veux de plus que mes dicts quatre enfans payent à Francois Daurel, mon vallet la somme de trois cent livres y compris ce qui luy sera deubt de reste de ses gages lhors de mon décés afin de le récompenser en quelques magnieres des grands soingts qu’il a heu de moy et des paynes extraordinaires qu’il a prix pour me bien servir, payable la dite somme une année appres mon deces. Je veux que mes quatre enfans donnent (déchiré sur une ligne) Pierre Tenonay aux Capucins, Abel Trenonay aux Augustins, Anthoyne Trenonay aux Carmes et Justine Trenonay aux Recollet de la ville de Grenoble, incontinant appres mon décés pour faire pour prier Dieu pour mon ame.
Je veux que Pierre Trenanay mon fils aimé naturel et légitime de premier lict aye en plaine propriété et appres moi, ma mayson que j’ay acquise de Collombin dans laquelle jhabite à present avecq les meubles quy y seront lhors de mon deces à la reserve de ceux dont je dispozeray cy appres en particulier de plus qu’il aye le fond par moy albergé des R.R P.P Cordelliers en mil six cent trante quatre dans lequelle est mon pressoir avecq le dit pressoir , est la plus grande quy y est, plus ma vigne des Potes mon fond appellé le Champ de la Grange, celluy appellé le Pont Fanjoud, la grange de Lisle, le pré du Fay, le pré..(déchiré sur 3 lignes) quy me sont deubt par Dode et Barnier, habitants de ce lieu de Moyrans et finallement l’obligation de trois mil cent livres qui m’est deubt par le sieur Rossat de la Coste St André, moyenant quoy j’entant qu’il soit pour la portion qu’il peut pretendre de mes biens et qu’il paye annuellement aux dits R.P la pention porté par les albergements et celle de vingt cinq livres portés par l’arrest Conventionnel que j’ay passé avecq eux l ‘année courante mil six cent septante cinq.
Je veux que Abel Trenaunay mon fils naturel et légitime du second lit aye le fond appellé le Grand Chamfret par moy acquis de monsieur le Comte de Maillat avecq ses bois et dépendances appelé Bois des filles et encore mon fond appelé la Gayetaz avecq toutes ses dépendances et autres, et deux lits de couleurs feuilles mortes quy sont dans la maison par moy acquise de Collombin dans laquelle jabitte et deux petites cuves qui sont (déchiré)… par moy alberger aux R.P Cordelliers au dit Moyrans avecq la faculté de faire presser son vin au pressoir construit sur le dit fond et d’aultant que c’este portion est de beaucoup plus grande que les autres, je veux que le dit Abel paye au dict Pierre son frère, les droicts dostaux de Catherine Belorin sa mère et qu’il paye encore à Catherine et Justine Trenaunay la somme à laquelle arrive la portion que chascune d’elle à prendre sur mes biens et cela une année appres mon deces, voullant que mes dits enfans se constente de cela, de plus je veux que le dict Abel Trenonay paye annuellement à semblable jour que je décideray onze livres de pentions à Dame Louise Trenaunay sa sœur Religieuse de l’ordre de Ste Ursulle de Tullins et cinquante livres annuellement au R.P Joseph Trenonay religieux de l’ordre de St Anthoyne leur vie durant tant seulement appres quoy je veux que les sus dites pentions soyent (déchiré sur 3 lignes)…au parlement de Dauphiné aye mon fond appellé le petit Chamfret par moy acquis de Mr le Comte de Maillat, avec ses dépendances, la vigne appellée de la Pouectaz et ma vigne de St Jacques et outre ce, la maison ou habittoit le sieur Trollier lors de son décés, laquelle m’appartient et, ou la dite maison ne seroit pas en mon pouvoir lhors de mon déces, je veux qu’elle preleve huit cent livres sur mes debtes actuels, desquels je dispozeray cy appres.
Je veux que Justine ma fille naturelle et légitime, femme de sieur Jean Paris aye ma maison ou pend pour enseigne, la Montagne de St Francois, avec toutes ses dépendances et tous les meubles, linges, veyselles, tonnaux et danrées que j’ay remis au dict Paris, charge que je luy a baillé le dit logis en arrentement et generallement tout ce qui est compris dans le dict arrantement et inventaire entre nous faict, comme aussi la remize, lescuryes, le jardin avec le réservoir, le fond.. (déchiré sur 3 lignes)… pour quelques causes que ce soit, moyenant quoy la dicte Justine sera tenue de payer annuellement la portion deubt aux R.P Cordelliers suivant l’albergement par eux passés avec proddessence en mil six cent quatorze, et encore la moytié de celle de vingt cinq livres à laquelle j’ay esté condamné par le sus dit arrest conventionnel.
Je veux mes debts, actions desquelles je n’ay cy dessus expressement disposé soit partagé à quatre portions esgalles pour estre distribuer à chacun de mes quatre enfans à la charge que le choix sera confié à Justine Trenaunay puis à Catherine, puis à Abel et ensuite à Pierre Trenaunay et qu’ils payent esgallement toutes mes debtes, paiement à la reserve de celle dont j’ay cy dessus reiglé, ce paiement, institutions en temps que de besoingt, mes dits quatre enfans le chescun et sa portion cy dessus expeciffiés mes coheritiers. Et quant au linge, batterie de cuizine drapts, serviettes, nappes dont …(déchiré sur 4 lignes)… soit partagé en trois portions esgalles dont l’une appartiendra à la dite Catherine Trenaunay à son choix,l’autre à Abel quy la choizira, ensuite est la portion restante à Pierre Trenonay et ce compris les meubles meublant de ma mayson acquise de Collombin lesquels sont contenus dans le legat et disposition de la dite maison à la reserve des deux licts feuilles mortes ainsy que j’ay cy dessus disposé. Cecy est le partage de mes biens que je veux valloir comme derniere disposition privilegié du père, entre ses enfans et qu’il n’y intervienne pas les sollanités des testamens dont je pretend estre dispensé en rayson de ma qualité de père.
Je case et révoque tous testaments nuncupatifs clos par moy cy devant fait et particullierement celluy par moy fait au mois d’avril dernier, lequel j’ay remis pour lhors et disposer à Sr Abel Trenaunnay mon fils lequel je casse et revoque comme sus est dict ensemble toutes les dispositions que je pourroit avoir faict …(déchiré sur 4 lignes)… mon nepveux advocat en la Cour ,ne l’ayant peu escrire à cause de ma faiblesse ,je l’ay signé au bas des trois pages et est celle que j’ay faict à Moyrans ce dixiesme septembre mil six cent septente cinq, signé à l’original Trenaunay
L’an mil six cent septente cinq et le douziesme jour du mois d’octobre par devant moy notaire Royal hérèditaire de Voyron soubsigné,casuellement treuvé dans ce lieu de Moyrans dans la maison du dit sieur Trenaunay, à comparu sieur Jacques Trenaunay, bourgeois du dit lieu lequel m’a remis la présente carte dans laquelle il a déclaré que icelle c’est la disposition de sa derniere vollonté qu’il veut valloir en la meilleur forme que de droict…
Me Lovat (A.D.I 3e 1991) (Inventaire qui se trouve dans la maison de Jacques Trenaunay)
Ce jourd’huy vingt troisieme novembre mille six cent soixante seize a esté procédé au partage des linges qui sont trouvés dans la chambre feuille morte et est venu a chascun des dits sieurs Pierre, Abel,et demlle catherine Trenonay , au chascun trois douzaine de nappes, scavoir vingt trois tant fines que cordaille et treize à la venise. Plus au chascun sept chemises de feu sieur Jacques Trenonay leur père tant neufves que usées. Plus au chascun six douzaines et sept serviettes dont il y en a cinquante deux à la venise. Plus au chascun deux douzaines de linceuls tant fines que grossières plus u linceul et a chascun des deux autres une nappe de semblable valeur Finalement à chascun soixante huict grosses chandelles.
Ce jourdh’huy vingt sixiesme du dit mois et an a esté procédé au partage des bœufs et pourceaux en trois portions : sçavoir pour la part de la dite demlle Catherine Trenonay les deux boufs rouges avec le plus gros pourceau au prix de cent trente deux livres. Plus au dit sieur Abel Trenonay les deux grands bœufs avec le plus petit des deux pourceaux au prix de cent trente six livres dix sols. Plus au dit sieur Pierre trenonay les quatre veaux pour la tierce portion au prix de cent quarante quatre livres, de sorte que la portion du dit sieur Pierre Trenonay est plus forte que celle des deux autres pour les egalisés le dit sieur Pierre trenonay est chargé de donner cinq livres dix sols à la dite demlle catherine Trenonay et une livre au dit sieur Abel Trenonay. Plus a esté partagé le chanvre qui s’est trouvé dans la grange de Champfret en quatre portions egales et in en est arrivés au chascun des dits sieurs Pierre et Abel, demlle Catherine et Justin Trenonay cent vingt huit boisses. Le tout, sauf et sans préjudice au chascun leur protestations sur l’explication du testament. Trenaunay soub protestation que dessus (suit le partage entre les quatre enfants du materiel agricole : chars, charrues, herse, foin, pailles, bleds, noix, blé froment, pois blancs, lentilles.)
Le 9 décembre 1676 partage du vin des vignes compris les deux tonneaux de vin qui sont dans la chambre de Pas perdu, entre Abel et Justine femme de Sr paris, plus au chacun quatre charges de vin blanc. Le 19.12.1676 sensuit l’est et invantaire des papiers trouvés dans les cabinets de la maison du deffunt et par luy legué à sieur Pierre trenonay son fils. Premier, est trouvé un livre de Raison tant de feu Sr jean Trenonay, vivant notaire, que du deffunt Sr Jacques Trenonay son fils…. Il y a les naissances des enfans tant du dit feu Jean Trenonay que du dit feu Jacques. Plus un est et invantaire des actes et obligations du dit deffunt Jacques Trenonay… Plus un petit livre de mémoire des monofactures servant pour les bastiments… Cahier de procédures, transport fait… Plus divers pièces de procès… Plus une liasse de divers contrats d’arrentement passés par les R.P Chartreux avec les quittances y estant. Plusieurs billets contre Mr et madame Deslin. Plus un vieux livre de Raison tout poury par un bout. Plus un sacq dans lequel sont la vente passé en faveur du dit feu sieur Trenonay par le seigneur Comte de mailliat receu par Me Lovat , remis à Pierre Trenonay. Autre sacq de procés entre le feu sieur Trenonay et le syndic du couvent de St françois de Moyrans, complan avecq les pieces, avec l’arrest convantionel, lequel procés a esté retiré par demoiselle Justine Trenonay comme légataire de la plus grande partie des fonds dépendant de l’albergement du dit syndic… Autre sacq ou sont les pieces justificatives de la debte payé par feu Sr Trenonay de deux mil cinq cent sept livres à monsieur Darmond ensuite de lacquisition du dit Chamfret,, lequel sacq a esté remis au dit sieur Abel Trenonay. Plus un sacq de proces dans lequel est l’albergement de l’eau pour le vivier du dit deffunt, ensemble leschange fait par le dit deffunt Trenonay entre luy et Ennemond Rossas de party de son jardin et vivier, lequel sacq est demeuré au pouvoir de demoiselle Justine Trenonay. Plus un autre sacq de poces dans lequel il y a la vente passé par Me Pierre Puissant à Ennemond Robin Canaud de la pièce de terre appellé la Perela, a esté retiré par Sr Pierre Trenonay. Testament de Constance Rozier qui est demeuré dans les papiers communs de l’hoirie. Plus contrat d’investiture passé par le Sr Prieur de St Robert en faveur du deffunt pour raison des acquisissions de divers maisons tant de Jean merlin, de Guillaume Toulu et Pierre Roux, lequel a esté retiré par Justine Trenonay. Plus un sacq dans lequel est la fondation d’un chapelle de St Roch dans l’eglize paroissialle de St Pierre avec le viza de monseigneur de Grenoble. Plus contract d’entrée en religion de sœur Louis Trenonay avecq la quittance de son douaire passé par les dames Religieuses de Ste Ursulle de Tullin. Plus la vente passé par Pierre Colombin, comme heritier de Paul son frère de la maison legué par le deffunt et par luy legué au dit Pierre Trenonay son fils. Plus une quittance passé par feu Me Bastien Pelissier de la constitution de dotte faite par le dit deffunt à demoiselle catherine Trenonay sa fille 8.4.1678 : A esté procédé à la continuation de l’inventaire des actes et papiers trouvés dans la maison du dit deffunt et dans le placard de la chambre ou il est décédé, outre les cy dessus spécifiés.
En 1708 Justine Trenonay passera un bail à ferme avec Pierre Bastier, cuisinier.
Arrentement (Me Vallon 3 E 2001) : Par devant moy notaire Royal de Moyrans soussigné et présents les témoins bas nommés ce vingt deuxième fevrier mil sept cent huict avant midy ,feut présent Damlle Justine Trenonay la Montagne veuve de sieur Jean Paris vivant conseiller maire du dit Moyrans laquelle de son gré et libre volonté pour elle et les siens a arrenté comme par ces présente elle arrente et donne à titre de ferme à sieur Pierre Bastier résidant à présent à Artas cy présent stipulant et acceptant , scavoir est le logis que la dite Damlle possède dans le dit lieu de Moyrans ou pend pour enseigne l’image de la Montagne St François, à la réserve de deux chambres et du grenier qui sont au dessus de la remise du dit logis, plus luy arrente les escuyeries dépendantes du dit logis ensemble le jardin, pigeonnier, Réservoir et basse court ou il y a un pressoir et deux cuves. La dite Damlle se réserve aussy dans le dit tinerieu ou le dit Bastier pourra mettre son bois sans pourtant incommoder la dite damlle tous les siens qui proviendront dans les dites escuyeries sauf qui sera nécessaire au dit sieur Bastier pour le jardin et pour semer trois bichés graines de chanvre que le dit sieur Bastier pourra prendre, et la dite Damlle luy fournira toutes les pailles nécessaires pour les dites escuyeries, sera obligé, le dit Bastier de faire deslites dans le dit logis de toutes les danrées que la ditte damlle luy remettra, tant graines, vins, foins, fruicts que autres de quelques espèces qu’elles soient suivant le prix courant lors de la deslivrance des danrées et le dit Bastier payera le dit prix à la dite Dalle ainsy qu’il promet et s’oblige par les Présentes. Se réserve aussy la dite Damlle de prendre des herbages dans le dit jardin pour son usage tant seulement et d’avoir la liberté d’entrer et sortir dans le dit jardin toutes fois et quand bon luy semblera, dont elle a une clef, comme aussy se réserve la dite Damlle la chaponiere qui est au fond du dit jardin qu’elle fera faire à ses dépents et luy appartiendra en entier pour en faire à sa volonté, plus la dite Damlle luy arrente la terre et verger appellé le Chapotier avec la glacière, ensemble le verger confinant le grand four de cette communauté de la contenance et confine de tout quoy le dit sieur Bastier a dit estre bien certain, ayant esté convenu entre les dites parties qu’il sera faict estat description et inventaire par moy dit notaire et par leurs amis communs, des meubles et autres effects et batterie de cuisine quy luy seront remis par la dite damlle en entrant , dont le dit Bastier en passera charge et s’obligera de rendre le tout suivant ce qui sera réglé et convenu entre eux par le dit inventaire , le présent estant passé au dit sieur Battier par la dite damlle pour le temps et le terme de quatre années a commencer aux festes de pasques prochain, et a semblable terme finissant les dites quatre années estant expirées et révolues et quatre récoltes levées au dit fond arranté sous le repentir réciproque neant moins à moitié de terme en l’advertissant verbalement une année à l’avance, et ce pour et moyenant le prix et somme de huict cent livres annuellement payables en quatre payes esgales de deux cent livres la chacune de trois mois en trois mois dont la première paye de deux cent livres commencera à estre faite trois mois après les dites festes de pasques prochaines jour de l’entrée, et ainsy consécutivement de trois en trois mois et continuant annuellement jusque à la fin de la dite ferme à peine de tous despans dommages et interets. Remettra la dite Damlle au dit sieur Battier les couverts des bastiments bien regoutoyés et il les remettra de mesme en sortant, et lorsqu’il sera nécessaire de faire regoutoyer les dits couverts pendant le cour de la dite ferme, le dit sieur Bastier le fera faire et la dite damlle luy fera fournir les tuilles et autres attraits nécessaires , promet aussy la dite damlle de faire et laisser jouir le dit sieur Bastier pendant le temps et iceluy de bien payer le dit prix, le tout à peine que dessus, et pour l’observation du tout les dites parties ont respectivement passé les promesses et obligations de tous leurs biens présents et avenir et le dit sieur Battier et par express soumis sa personne a tenir prison à la forme de l’ordonnance, jurement renoncement et clauses en tel cas requises, faict et publyé au dit Moyrans dans le dit logis arrenté, présent monsieur Me Joseph Nugues, avocat en la Cour résidant à la Buisse, Sr Pierre Ceré Me chirurgien juré du dit Moyrans, Sr François Demery résident au dit Moyrans et Estienne Cublon cuisinier habitant au dit Moyrans tesmoins requis et signe avec les parties.
Inventaire et charge au profit de Damlle Justine Trenonay de Moyrans.
Par devant moy notaire Royal de Moyrans soubsigné et présent les témoins bas nommés ce douzième avril mil sept cent huict avant midy fut présent en personne sieur Pierre Battier mestre cuisinier habitant ai dit Moyrans, lequel de son gré et libre volonté a reconnu en exécution de contract d’arrantement à luy passé par Damll Justine la Montagne veuve de Sr paris vivant conseiller maire perpétuel du dit Moyrans de son logis du dit Moyrans ou pend pour enseigne l’image de la montagne de St François le vingt deux fevrier dernier par moy receu et a confessé avoir receu et Retiré ,renoncant à toutes exceptions contraires de la dite Damll Trenonay cy présente stipulante et acceptante les meubles, batterie de cuisine et autres effects trouvés dans le dit logis ainsy et de la manière qu’ils ont cy après spécifiés et premièrement :
Dans la chambre verte du dit logis il y a deux licts bois noyer entourés de sargette verte garnie d’un ruban rouge avec toutes leurs pentes et double falbala en haut avec trois pommes et au chacun leur ciel de lict en bois sapin avec une toile peinte au dessus des dits ciels et licts tous deux en bon estat, trois matelas de laine pesant cent trante une livres et un autre matelas de crain pesant quarante deux livres, y ayant au chascun des deux licts une coetre de toile de cotty garnie de plumes pesant quatre vingt deux livres avec leurs paillasses de toile ordinaire, et deux aureillers de semblable toile de cotty garnis de plumes pesant trante deux livres avec une couverture de véritable indienne et deux autres couvertures de cataloigne le tout en bon estat, y ayant aussy huict chaises de noyer garnies de moquette avec leurs clous de lotton estant my usées, deux tables de noyer l’une brisée et lautre avec les pilliers a colonne torse en bon estat, deux chesnets de fer avec leur pommes de lotton, il y a aussy un triangle en menuiserie pour tenir une cuvette, les fenestres de la dite chambre sont en bon estat avec leurs chassis aussy bien que les quatre panneaux de vitre, icelle chambre fermant à clef par une porte de bois noyer en bon estat
Plus en la chambre appellé de St François il y a deux licts bois noyer en bon estat, les ciels des dits licts bois sapin avec leurs tours de sargette feuille morte plus que my usées, les crépines de soye moire ou il y a des petites franges autour des rideaux de mesme soye y ayant trois matelas pesant cent trante une livres, deux coetres de plume pesant cent sept livres, deux couvertures bleus de catalogne my usées avec deux autres piquées de toile teinte, deux oreillers en toile de couty garnis de plumes pesant trante sept livres, plus deux vieilles toiles de paillasse, plus deux chesnets de fer, une table de bois noyer en bon estat couvert d’un petit tapis de Turquis aussy en bon estat, plus six chaises bois noyer couvertes de moquette avec leurs clous de lotton en bon estat, plus une grande garde robe peinte et my usée, plus un placcard de bois noyer peint dans la muraille fermant à clef, les fenestres de la dite chambre estant de bois noyer en bon este avec les chassis de bois fermant à clef, et dans la galerie au dessus du puy il y a une garde robe de bois noyer à quatre panneaux et deux tiroirs fermant à quatre serrures, le devant de trois des dites serrures estant enlevés et la dite garde robe my usée
Plus en la chambre Rouge il y a trois bois de lict noyer avec leurs fonds my usés le ciel de deux d’iceux estant d’aix et l’autre de toile blanche, les dits trois licts sont garnis de sargette rouge avec une petite frange de soye jaune, les courtines du dit lict estant bordées d’une grande frange de soye jaune, toutes les dits garnitures my usées, plus un matelas moitié crain et moitié laine pesant quarante deux livres, et un autre matelas tout de crain pesant quarante trois livres, plus deux autres matelas de laine pesant quatre vingt une livres, deux coetres l’une de toile de coty et l’autre triege garnies de plumes pesant les deux quatre vingt trois livres, plus trois oreillers dont deux sont de triege et l’autre de toile de coty garnis de plumes pesant cinquante deux livres, trois toiles de paillasses dont l’une est my usée et les autres deux de peu de valeur, plus six couvertes blanches de catalogne dont trois sont bonnes et trois fort usées, plus huict chaises bois noyer en bon estat, plus une table carrée bois noyer fort usée attachée à la muraille et soutenue par deux barres de fer, plus un trépied bois noyer pour y poser une bassine, plus deux petits chesnets de fer, les deux croisées de la dite chambre ont leurs croisées bois noyer en bon estat ayant des chassis en bas dont les quatre sont rompus, les deux panneaux de vitre en bas estat les deux portes de la dite chambre de bois noyer, celle du costé de la galerie fermant à clef et l’autre non, y ayant pourtant une serrure.
Dans la chambre neufve il y a deux bois de lict de noyer avec leurs fonds et leur ciels d’aix my usés, les licts sont garnis de sargette couleur minine bordés d’une petite frange de filoselle meslée et les courtines bordées d’une grand frange de filozelle de mesme couleur le tout en très bon estat, plus deux matelas de laine pesant quatre vingt livres, plus deux coetres l’une de toile de coty et l’autre de triege garnies de plumes pesant quatre vingt treize livres, plus deux aureillers toile de cotty garnis de plumes pesant vingt huit livres, plus deux toiles de paillasse asses bonnes, plus trois couvertures blanches de catalogne dont deux sont très bonnes et l’autre my usée, plus une table bois noyer brisée en bon estat y ayant un tapis qui couvre la dite table de tapisserie à poinct croisés my usé, plus un triangle bois noyer pour soutenir une bassine, plus deux vieux chenets de fer, six chaises sont en bois noyer en bon estat, les deux fenestres de la dite chambre sont en bois noyer garnies de chassis en bas dont les cadres sont rompus , les deux panneaux de vitre qui sont en haut en bon estat, la dite chambre ayant une porte bois noyer fermant à clef et au dessus de la dite porte il y a un panneau de vitre et bon estat.
Dans la chambre du cuisinier il y a deux vieux bois de lict de noyer, les deux ciels estant de toile my usée et garnis de toile destoupe faite à la venise de peu de valleur, plus un matelas de laine pesant quarante quatre livres plus deux coetres l’une de cotty et l’autre de triege usées garnie de plumes pesant trante livres et deux couvertures de catalogne l’une blanche et l’autre rouge usées.
A la chambre du derrier il y a trois bois de lict noyer dont deux ont leur ciel de toile et l’autre d’aix le tout my usés garnis de sargette verte, les rideaux bordées d’une petite frange de soye verte et les courtines d’une grande frange de soye de mesme couleur d’où il y a un des deux qui a un rideau de toile teinte, plus trois couverts vertes de catalogne my usées, plus trois oreillers toile de couty garnis de plumes pesant trante six livres, plus deux matelas de laine pesant quatre vingt livres, plus trois toiles de paillasses de peu de valleur, la dite chambre n’a qu’une fenestre avec trois barres de fer et la porte de noyer icelle est sans clé.
Plus la grande chambre, il y a une table bois noyer brisée en bonne estat couverte d’un tapis de Bergame my usé, un trépied pour soutenir une bassine, la dite chambre à quatre fenestres de bois noyer en bon estat, la porte de la dite chambre est de bois noyer fermant à clef.
Dans la salle des voitures, il y a trois bois de lict dont deux ont le ciel d’aix et l’autre de toile le tout my usé lesquels licts ont leur entours l’un de sargette les autres deux de cadis vert aussy my usés, plus trois matelas de laine pesant cent vingt six livres, plus deux coetres l’une de toile de couty et l’autre de triege garnie de plumes pesant quatre vingt dix livres, plus trois oreillers de triege fort usés garnis de plumes pesant trante trois livres, plus trois toile de paillasses fort usés, trois couvertes de catalogne vertes très usés, trois autres couvertures fort vieilles, une grande table bois noyer avec deux bancs alentour mesme bois le tout en bon estat, plus une autre table bois noyer brizée aussy en bon estat et un garde robe bois sapin fermant à clef.
A la cuisine il y a un vieux bois de lict avec son fond, le ciel d’aix sapin et sous le lict un plancher d’aix aussy sapin avec un entour de lict sargette jaune avec les franges le tout très usé, la paillasse bonne, une couverture de catalogne my usée, plus un matelas pesant trante huit livres, une coetre pesant cinquante quatre livres et un oreillier de plumes et derrière le dit lict il y a une petite dépence avec le placcard pour tenir des fromages fermant à clef et deux estagères bois sapin, plus dans la dite cuisine il y a une grande table de noyer avec quatre tiroirs, deux bancs autour d’icelle, deux redressoirs pour la vaisselle bois sapin et un contre le plancher, plus une horloge avec sa caisse en bon estat, un tourne broche de fer avec deux chaines aussy de fer et ses contre poids, deux grands chesnets de fer et une grande barre aussy de fer qui traverse le feu, une platine de fer à la mesme cheminée et deux crémailieres. Plus un potager de pierre de molasse avec quatre fourneaux et leur grille de fer avec une barre de fer tout autour du dit potager, un placard bois noyer fermant à clef a cotté du feu, plus une dépence sous le degré garnie d’estageres bois sapin fermant à clef, un vieux coffre bois sapin à tenir du sel, un grand partelet de fer et un petit avec leurs manches de bois à couper la viande, un coquenard de cuivre pesant six livres et deux pinces pour le feu et au bas de la dite cuisine est un évier pour escurer la vaisselle avec une grande chodiere de cuivre.
Plus en entrant en la grande cave, il y a un saloir de pierre couvert de bois noyer, dans le mesme endroit, il y a un petit cabinet pour tenir le charbon entouré d’aix sapin. Et dans icelluy cabinet il y a une fenestre barrée de fer comme aussy il y a à la dite cuisine quatre fenestres barrées de fer avec leurs chassis, plus il y a une chambre pour faire la lessive à costé de la cuisine ou il y a un grand cuvier bois sapin lié de deux cercles de fer, un grand chodron de cuivre, muré dans le fourneau près du dit cuvier en bon estat, plus dans la dite chambre il y a un vieux bois de lict de peu de valleur avec son fond, ciel et vieille paillasse, un entour de triege, un matelas de laine pesant quarante trois livres, une couverte catalogne my usée, une depence a costé de la dite chambre entourée d’aix avec ses estageres et une porte fermant à clef, il y a aussy dans la dite depence une grande pierre huile et une petite y ayant dans icelle chambre un cabinet vouté fermant à clef ou il y a quatre tiroirs et trois placards dont il y en a six qui ferment à clefs et le dit cabinet est tout garny destageres en dessus et deux au dessous, plus un moulin a poivre en bon estat.
A la basse cour une garde robe bois sapin avec deux estagères fermant à clef en bon estat, un grand mortier de pierre, une vieille table de noyer reposant sur le puy. A costé de la cour il y a une Chambre appellée pas perdue ou il y une penne pour le four de fer en bon estat et le four aussy en bon estat, un placcard bois noyer dans la muraille fermant à clef et un petrain bois noyer fort usé.
Comme aussy a la chambre de derrière la cheminée de la cuisine, il y a deux licts my usés dont les rideaux du dernier sont plus que my usés, deux matelas de laine pesant quatre vingt neuf livres avec deux chenessiers de couty garnis de plumes pesant trante trois livres avec leurs bois de lict de noyer et leur ciel de lict bois sapin my usés, les deux couvertes blanches de catalogne en bon estat et une de catalogne jaune my usée, plus une garde robe de noyer à trois estageres a tenir pain avec deux portes grillés de fil de Rechal fermant à clef, plus une vieille garde robe de noyer fermant à deux clefs, plus deux placards dans la muraille dont les portes sont bois noyer y en ayant un fort petit et tous les deux fermant a clef en bon estat. Plus un evier ou il y a un placard dessus, plus la porte d’entrée de la dite chambre bois sapin fermant à clef avec un loquet en bon estat, plus le dit sieur Battier reconnoit avoir receu de la dite damlle Trenonay trante six assiettes estain commun pesant quarante quatre livres en bon estat, plus autres trois douzaines assiettes estain commun comme dessus pesant quarante neuf livres, huict petits plats estain fin pesant seize livres, plus douze plats potagers estain fin pesant cinquante deux livres en bon estat, plus quatre bassines estain fin et deux autres en oval aussy estain fin pesant trante trois livres en bon estat, plus quinze porcelaines pesant neuf livres et trois autres estain commun pesant deux livres, plus six salieres estain fin le tout en bon estat, plus cinq casseroles de cuivre avec leurs manches de fer en bon estat pesant quinze livres, deux lichefrites de fer en bon estat dont il y en a une grande, une poissonnière de cuivre pesant treize livres avec son ance de fer, plus deux cuvettes de cuivre pesant vingt sept livres en bon estat, une grande bassine de cuivre pesant quinze livres aussi en bon estat, plus deux petite bassines de cuivre fort usées pesant dix huict livres, une cloche cuivre asses bonne pesant cinq livres, un pot de cuivre a tenir friture pesant quatre livres et demy, plus une grande poele de fer à frire, trois broches de fer pesant quarante quatre livres avec leurs ances de bois, six petites broches de fer, une cruche d’estain pesant dix livres, dix chandeliers de loton pesant dix huict livres en bon estat, un grand pot de fer, un autre médiocre et deux petits a faire de la soupe asses bon, plus une gril de fer avec une passoire en loton en bon estat.
Au galetas au dessus de la cuisine il y a une grande arche de fayard en bon estat, plus deux grandes vieilles arches a tenir farine en bon estat, un molin a passer farines très bon, une table dont le dessus est de noyer et le dessous de sapin, cinquante quatre perches de sapin pour estendre la lessive, plus au galetas au dessus de la grande salle il y est trouvé cinquante trois perches sapin pour estandre la lessive, auxquels deux galetas il y a au chacun une espèce de table a reposer la lessive. Au dessus de la chambre Rouge il y a un grenier garny de trois estagères en entrant à main droite et trois a costé de la cheminée, plus trois rondeaux et un grand rondeau neuf.
A l’escuyerie en entrant à main gauche il y une lanterne, les crèches et rateliers de la dite escuyerie en bon estat, et a la grande escuyerie il y a quatre lanternes et toutes les crèches et rateliers en bon estat, plus un coffre bois sapin a tenir avoine fermant à clef. Au jardin il y a une porte d’entrée en bon estat avec sa serrure et clef dans lequel il y a un berceau garny de cercles de bois chataignier et les piliers mesme bois tout le long de lalée du costé de la muraille de l’escuyerie presque neuf estant les dits cercles tous attaches avec des cloux, il y a une cour du costé du réservoir et l’entrée et par un grand portail hors la porte du bourg du dit Moyrans sur le grand chemin de Lyon, non en bon estat, et fermant à clef avec ses verrouiles. Dans laquelle cour il y a un pigeonnier au dessus de l’escuyerie, ou il s’y est trouvé la quantité de vingt deux paires de pigeons, le dit pigeonnier en bon estat, et tout le long de la dite cour et du dit jardin il y a un réservoir a tenir poissons, plus une volière et au dessus une escuyerie a pourceaux, plus dans le dit jardin il y a une petite volière a tenir pigeons et poules entouré d’aix et couverte de tuiles fermant à deux clefs, comme aussy le dit Battier confesse avoir retiré réserve avec la dite damlle Paris, douze cuiliers et douze fourchettes dargent pesant le tous trois livres poids de marc et six onces poids de table, comme aussy il a retiré de la dite damll la quantité de onze douzaines de serviettes à la Venise estimées dix livres quatre sols la douzaine, montant en tout cent douze livres quatre sols, plus seize napes à la Venise estimées trois livres pièces montant quarante huict livres, plus deux douzaines se napes trieges estimées dix huict sols pièce, montant la douzaine dix livres seize sols, plus deux douzaines serviettes de triege et deux douzaines dessuie mains toile unie neufves estimées les dits quatre douzaines à raison de sept sols pièces montant seize livres seize sols, plus douze draps de lict fins estimé à cinq livres pièces montant soixante livres ,plus huict draps moyens estimés a raison de quatre livres pièce montent trante deux livres, plus vingt draps toiles rite rousse estimés à trois livres huict sols pièces montent soixante huict livres, tout le sus dit linge evalué ensemble arrive à la somme de trois cent cinquante huict livres douze sols et a lesgard du sus dit linge le dit sieur Battier promet et s’oblige d’en rendre à la dite damlle Paris ou aux siens à la fin de sa ferme mesmes quantités, espèces et valleur ou en deniers suivant lappreciation cy dessus faite à lamiable par leurs amis communs, au chois de la dite Damll Paris et quant à largenterie cy dessus spécifiée et par le dit Sr Battier receue, il promet et s’oblige de rendre la mesme argenterie aussy à la fin de sa ferme au mesme poids dargenterie équivalente a pareil titre espèce et poids ; est en ce qui est des sus dits licts, matelas, coetres, couvertures et autres meubles aussy cy dessus spécifiés, le dit Sr Battier rendra les mesmes à la dite Damll ou aux siens ainsy promet et s’oblige, sauf l’usage, néanmoins sans abus auquel cas d’abus on en sera à l’estimation qui en sera faite par leurs amis communs, ayant au sur plus esté convenu entre les dites parties que la dite Damll aura l’usage pendant la dite ferme de la cave qui est à costé de la remise pour y mettre son vin ; ainsy le tout convenu et promis observer par le dit sieur Battier à peine de tous depans dommages et interets et pour cet effet il a passer les promesses et obligations de tous ses biens presents et avenir soubmission à toute cours mesme et par expres de sa personne a penir prison comme pour prix d’arrantement à la forme de l’ordonnance, jurement, renoncement et clauses en tel cas requises, faict et publyé au dit Moyrand ans le dit logis de St François present monsieur Me Pierre Riviere, conseiller du roy receveur au grenier à sel du dit Moyrans, sieur Antoine Lovat bourgeois du dit lieu et sieur Claude Billiard bourgeois de Rives tesmoins requis et signes avec les dites parties, sera le dit battiet tenu de donner une expedition en forme à ses fraix du present aussy bien que du dit contract d’arrentement lequel pour le surplus sera exécuté selon sa forme et teneur à la dite damll Paris à sa requeste.
Pilot de Thorey ressence les auberges du Dauphiné
Du 13é au 18é siècle et en autre à Moirans en 1693, sont:
La Croix Blanche, St Claude, Les Trois Pigeons, Lyon d’Or, L’Ange, Le Paradis Le Capitaine, L’Epée Royale, La Fleur de Lys, La Montagne de St François, Le Pont de l’Esgalla. (Bibliothèque Lyautey R 7906)
Achats divers autours de l’auberge
Me Guillaume Lovat 3 E 1980 30.4.1720 : Vente à Claude Paris Lamontagne par sieur Pierre Simeon, marchand à Moyrans, d’une maison située au bourg qu’il a acquise de Marie Rivoire, pièce acte receu par moy notaire le quatieme juin dernier, contenant environ un tiers de moduriere, confrontant l’hoirie de dame Justine Paris du levant et bize, maison des héritiers de Jeanne Porchier du couchant, la grande rue du midy, pour le prix et somme de mil livres, et cinquante livres pour estraine à l’épouse du dit Sr Simeon, et outre le prix cy dessus mon dit sieur Paris cédde au dit Simeon une particule de verger appellé le Chapotier situé sur le territoire du dit Moyrans à prendre depuis le grand chemin en longueur jusque à la terre de Marie Rivoyre, pièce qu’elle tient à tittre d’albergement de Me Lovat avocat général au parlement de Grenoble, et quatre toise en largeur du costé de bize et du costé du midy contenant deux toises quatre pieds deux pouces, confrontant le dit grand chemin de Bize, le jardin du nommé Bourdon, un petit chemin entre deux, celuy du dit Simeon terre du nommé Drevet du couchant la dite terre de la dite Rivoyre pièce du midy, verger restant à mon dit sieur Paris du levant. Fait et stipulé au dit Moyrans dans l’hôtel de mon dit Paris. Contrôle de l’acte 3 may 1720 prix de la maison 1000£ payé en billet de banque. Me Vallon 3 E 2009
1.5.1720 : Devant le notaire de Moirans, vente par Louise Ogier veuve de Jean Romanet de Moirans à Claude Paris conseiller secrétaire du Roy, maison couronne de France et de ses Finances un verger et bastiment situés sur le territoire de Moirans au dessoubs des entrées remparts de ce bourg contenant trois bichettés confrontant le verger de mon dit Paris du levant terre de sieur Paris médecin, un ruisseau entre deux de bize les jardins de mon dit sieur Paris de la Delle Bressieu veuve de Pierre Richard , de Jean Marquis et du sieur Roybon du midi, les dits remparts entre deux et le chemin tendant du dit Moyrans à Reaumont le dit ruisseau entre deux du couchant.
Plus la dite Ogier vent comme dessus une petite maison située au Bourg du dit Moyrans contenant environ un tiers de modurière confrontant la maison de Marguerite Sicille du levant les ecuries de mon dit sieur Paris de bize la maison des héritiers de Claude Pattin du couchant et la grande rue du midy et sus dit deux maisons sur plus vray et meilleurs confins.
La présente vente estant faitte pour le prix et somme de deux mille livres. Mon dit sieur Paris cedde et remet à la dite Ogier un coin de verger nommé le Chapotiée situé au territoire du dit Moyrans à prendre depuis le grand chemin en longueur jusque à la terre de Marie Rivoire pièce qu’elle tient à titre d’albergement de monsieur Lovat advocat général contenant en larguer du costé de bize dix toises et demy pied, du costé du midy onze toises quatre pieds confrontant le coin de verger acquis le jour d’hier par sieur Pierre Simeon de mon dit sieur Paris du costé du couchant, la dite terre de la dite Rivoire pièce du midy, le dit grand chemin de bize et le verger restant de mon dit Sr Paris du levant avec promesse du sieur Paris de faire battir dans le dit verger dans quinze mois une maison telle qu’est celle qui appartient à jean Gay Bouquier qui est située au bourg vis à vis le logis de la fleur de Lys de la mesme hauteur, largeur et longueur et de faire bastir aussy une grange.
Prix de vente 2050 livres, payé en billet de banque
1 mai 1720 : Vente d’Antoine Garcin boulanger de Moirans en qualité de mary de honneste Isabeau Pattin et honneste Marguerite Gachet, veuve de Claude Pattin en qualité de mère d’Izabeau Pattin et Pierre Gachet huissier sergent ayeul maternel de la dite Izabeau Pattin à noble Claude Paris. Scavoir une maison située au bourg de Moyrans contenant environ un tiers de modurière, confrontant la grande rue du midy, maison appartenant à Louise Ogier vendu ce jourd’huy du levant, batiment de mon dit sieur Paris de bize, plassage et maison aussy vendu ce jourd’huy par la dite Louise Ogier du couchant inclinant à bise avec les autres plus vrays et meilleurs confins entrée et sortie droits et appartenances. La présente vente pour le prix et somme de deux mille cinq cent livres et trois cent livres pour gratification que mon dit Paris a voulu faire aux dits vendeurs, desquelles dite de quinze cent livres d’une part et trois cent livres d’autre a été tout presentement et réellement paié en billet de banque, et quant au restant du prix montant neuf cent livres mon dit Paris de le garde entre ses mains jusqu’à ce que la dite Izabeau Pattin trouve son parti en mariage ou quelle ait atteint l’age de valablement acquitté. Prix de vente 1500 livres, payé en billet de banque
3 mai 1720 : Jean Blanchet, fermier de la Commanderie de Saint Jean confesse avoir reçu de noble Claude Paris la Montagne à la décharge de sieur Abel Trenonay, la somme de mil sept cens quarante trois livres pour raison de touts les arrérages de rente dont le domaine de Chamfret est asservi à la dite commanderie.
5 mai 1720 : Convention suivante entre noble Claude Paris la Montagne et Jean Louis Gaultier. Scavoir que le dit Gaultier promet et s’oblige envers mon dit sieur Paris de fournir toutes les briques et carreaux et la quantité bien cuites pour les batiments que mon dit Paris pretend faire construire à Moyrans, scavoir de faire cuire et délivrer par le dit Gaultier à mon dit sieur Paris tous les huit jours la quantité de dix millier briques de qualité que cy après qu’est pour carreaux de cheminées, deux pouces d’épaisseur neuf pouces de longueurs trois pouces de largeur, carreaux à batir quatre pouces et demy de largeur neuf pouces de longueur deux pouces et demy d’épaisseur aux prix pour les carreaux de pavé à dix livres le millier et pour les autres à neuf livres le millier. Dont le prix sera payé par mon dit sieur Paris au dit Gautier à chaque délivrance des dits carreaux et pour faciliter l’ouvrage mon dit sieur Paris promet de faire construire à ses frais un rafour pour la cuite des dits carreaux, outre le vieux rafour qui est existant que le dit Gautier mettra en estat de cuire et à ces frais les dits carreaux, et en avance mon dit sieur Paris promet de délivrer au dit Gautier et à compte du prix des dits carreaux quatre bœufs ou deux bœufs et deux vaches au choix du dit Gautier et lors de la réception du bétail, il en accusera le prix à mon dit sieur Paris pour en faire l’imputation sur les dits carreaux que le dit Gaultier délivrera qui promettant à mon dit sieur Paris de ne travailler à autre usage qu’à la cuite des dits carreaux et que pour le service de mon dit sieur Paris à peine de tous dépens dommages et interets. Declarant le dit Gaultier que mon dit sieur Paris a délivrer au sieur Charrel bourgeois de Voreppe la somme de trois cent livres pour acompte la couppe de bois qu’il a vendu au dit Gaultier pour la cuite des carreaux, laquelle somme sera imputée aussy bien que celle de cent livres restantes de la dite vente sur le prix des dits carreaux et semblable imputation sera aussi faite par le dit Gaultier des sommes qu’il délivrera tant pour charrois des dits bois qu’aux ouvriers qui travailleront à la facture de dits carreaux que pour la cuite d’iceux.
15 mai 1720 : Jean Louis Gauttier confesse avoir reçu de noble Claude Paris la Montagne, absent, la somme de quarante cinq livres que le dit Gauttier déclare avoir employé à l’achapt de deux roues pour son charel qui doit estre employé à la voiture des bois du rafour pour l’usage des batiments que mon dit sieur Paris désire faire construire en ce lieu.
20 mai 1720 : Présent Claude Guillion, tuillier de la parroisse de Virieu lequel c’est engagé avec Jean Louis Gaultier pendant six mois à faire des briques et carreaux pour l’usage de noble Claude Paris la Montagne, faire cuire icelles aux prix pour chasque mois de quinze livres, et quatre livres dix sols pour estraine et à chasque fourné une livre dix sols outre le sus dit prix en travaillant le dit Guillion en bon père de famille à ce qu’il promet.
23 mai 1720 : Pressent Jean Louis Gaultier thuillier déclare avoir esté payé à sa décharge par noble Claude Paris la Montagne Scavoir : Quatre cent dix livres de la coupe de bois vendue par le sieur Charrel au dit Gaultier le 4e present mois. Quatre livres deux sols payés à Laurent Cholat le sixieme du courant. Seize livres le meme jour au dit Gaultier pour achept du bled. Une livre pour estraine des deux vaches que le dit Gaultier avoit achepté du nommé Sibut. Six livres pour une charge de vin
Plus payé à la décharge du dit Gaultier à Pierre Fayolle Marron le neuf du present mois la somme de quarante cinq livres pour l’achapt de pierre tant de l’ancien rafour que celui qui se doit nouvellement construire.
23 mai 1720 : Vente de M. mestre Estienne Paris docteur en médecine à noble Claude Paris la Montagne une pièce de terre située sur le territoire de Moyrans au mas du grand Mais acquise de sieur Blaise Cheuilliat Larenie contenant environ deux seterées une bichettée, confrontant le pré de mon dit sieur Paris médecin du levant, le torrent de la Morge du couchant et un peu de bize, le pré et le verger acquis de mon sieur Paris la Montagne de la veuve de Jean Romanet et du midy et aussi le dit pré du sieur Paris médecin du levant. Et ce la presente vente pour le prix et somme de quatre mil livres, payé en billet de banque au dit sieur Paris médecin qui donne à mon dit sieur Paris la Montagne tous les écoulements des eaux.
24.5.1720 : Vente de Pierre Bolleteau vigneron à Moyrans à noble Claude Paris la Montagne conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France et de ses finances cy present, sçavoir Serre, jardin, terre et pressoir situés au bourg de Moyrans contenant environ demy moduriere confrontant le jardin de mon dit sieur Paris du couchant, un petit plassage à présent possédé par Nicolas Gachet du midy une petite ruelle du levant et un autre coingt de terre à present en jardin de bise, pour la somme de trois cent livres laquelle somme à esté présentement et réellement payée par le dit sieur Paris au dit Bolleteau en billet de banque, et en augmentation du sus dit prix mon dit sieur Paris a ceddé au dit Bolleteau à perpetuité un coingt de terre au mas du Chapottier, territoire du dit Moyrans contenant environ un modurière un quart tendant jusque la palissade de la glassiere, confrontant le grand chemin du levant, les glassieres du midy en partie du levant, la terre cy devant vendue à la veuve Romanet du couchant aussy bien que celle restante à mon dit sieur Paris de bize et le grand chemin de Moyrans.
24.5.1720 : Vente de Nicolas Gachet feu Claude tisserand à Moyrans à noble Claude Paris la Montagne deux coingts de terre située sur le territoire de Moyrans et dans le bourg Prix de vente 1000 livres.
1 juin 1720 : Vente par François Roybon de Moyrans en qualitté de mary de Françoise Massit Larquillon à noble Claude Paris la Montagne, petit coingt de terre, plassage situé sur le territoire du dit Moyrans au dit Bourg contenant environ un quart de moduriere confrontant une petite ruelle du levant plassage vendu par Nicolas Gacher de bize, jardin de mon dit Paris du couchant, maison de mon dit sieur Paris du midy avec ses autres plus vrays et meilleurs confins pour le prix et somme la presente vente de quatre cent livres et cinquante livres pour estraine, laquelle somme à esté payé en billet de banque par mon dit sieur Paris au dit Roybon.
1 juin 1720 : Subrogation de Joseph Tournier mestre chirurgien habitant Moyrans à noble Claude Paris la Montagne d’un fond de terre situé sur le territoire du dit Moyrans et albergé par le dit sieur Tournier de mestre Louis Marin Lovat recteur de la chapelle de St Claude fondée en l’église perroissialle contenant environ un journal ,confrontant la maison plassage et jardin de François Bruna, maison d’Alexandre Rey tisserand du levant, le grand chemin tendant de Moyrans à Lyon du midy et un peu du couchant, la ditte riviere de Morge de bize et terre acquise du sieur Paris médecin par mon dit Paris la Montagne de bize avec ses autres plus vrays et meilleurs confins et encore le chemin tendant du dit Moyrans à Reaumont du levant. Prix de vente 400 livres.
5 juin 1720 : Furent présent honnette Jean Louis Gauttier habitant Moyrans d’une part et honnette Anthoine Mouthet tuillier de Divisin y habitant lequel s’est engagé à cuire pendant une année commençant le dixieme du courant finissant le dixieme du prochain mois mil sept cent vingt un toutes les briques, carreaux en tuilles qui seront fabriqués en ses rafourds au dit Moyrans en fournissant par le dit Gauttier ses bois sur plaine et mesme de luy donner des manœuvres pour ayder….
7.6.1720 : Barthelemy Baude dit Nicolet journalier habitant de Moyrans reconnaît debvoir à noble Claude Paris la Montaigne la somme de cent vingt livres en billet de banques,laquelle somme le dit Baude promet employer à l’achapt de deux chevaux pour voiturer les materiaux destinés à l’usage des bastimens que mon dit Sr Paris fait construire à Moyrans et de ne convertir les dits chevaux à autre usage en imputant pour mon dit Sr paris le travail qu’il fera et à deffaut par le dit Baude de travailler avec ses chevaux à l’usage que dessus, sera loisible à mon dit Sr Paris de faire payer du sus dit capital , à se requette…
7.6.1720 : Jean Louis Gauthier thuillier à Moyrans, recognu aboir receu de noble Claude Paris la Montagne la somme de cent quarante livres dix sols, sçavoir cent livres en billet de banque et le reste en monnoyes,laquelle somme le dit Gauthier a déclaré vouloir employer pour marchandises et denrées que pour le payement des ouvriers qui travaillent actuellement à la fabrique des carreaux et briques pour la batisse de mon dit Sr Paris et que pour la nourriture des bœufs et vaches que mon dit Sr Paris luy a délivré…
21.6.1720 : Par devant le notaire soubsigné furent present Joseph Baboy mestre chirurgien habitant Moyrans pour noble Claude Paris la Montagne et honnettes Michel Gallian, Claude Perrin, Louis Guimet et Louis Perrin tous maitres massons de la parroisse de Coublevie, qui, ont fait les conventions suivantes. Scavoir que les dits maitres massons fairont le bastiment au bourg de Moyrans de mon dit Paris à raison de deux livres dix sols la toise carrée de tous les mures principaux et de refaire d’un pied d’epaiseur et au dessus à prendre depuis le ré de chaucay jusqu’aux filieres pour les mures principaux et jusque au sommet du toit pour les mures du milieu et les autres mures jusque au dessus du planché de comble au plus haut s’il y echoit, ayant les quatre mures principaux deux pieds quatre pouces au ré de chaucay, le reste à proportion comme il sera marqué en ayant les mures du ressaut deux pieds au dit ré de chaucay et le reste plain que vide, ils posseront à cet effet touttes les pierres de taille et les cordons, touttes les portes et fenestres pour lequel portage il leur sera donné en augmentation de pris la somme de soixante livres, le tout suivant le devis et plan qu’il leur sera donné et en ce qui concerne l’escalier ils le porteront proprement ayant le dit escalier soubs les marches une voutte de tuf de meme que les deux plattes formes moyennant le prix d’une livre pour chasque degré en pierre des dites plates formes pour lesquels ouvrage leur seront fourny la cheau, le sable, les pierres et bois necessaires pour les chafaux, les cordes les pailles de cuir et deux pailles de fert. Les bajauds, les gamattes necessaires et enfin une echelle d’angin avec sa corde et poulie en pierre. Les pierres à massonner qui se trouvent actuellement aupres de la porte du bourg du dit Moyrans, il leur sera fourni un manouvrier pour l’ayder à les transporter.
Ils commenceront le sus dit quinze jours après que les fondations seront achevé jusqu’au niveau du sus dit battiment de pierre de taille, ils maintiendront dans la massonnerie au moins six massons travaillant de leur profession et les ouvriers ou manouvriers à proportion, il a esté encore convenu que les sus dits maitres massons tailleront les portes interieures du sus dit batiment de pierre de molasse ayant une des dites portes quatre pied et demy de largeur et neuf pieds d’autheur et les autres portes quatre pieds de largeur et huit pieds d’autheur et autres plus petites portes s’il y echoit, il leur sera payé pour chascune des dites portes la somme de neuf livres. Ils feront encore de pierre de molasse un petit degré pour monter au comble ayant le degré deux pieds et chascune les marches auront six pouces d’autheur et un pied de vouture, suivant le devis qui leur en sera donné et leur sera payé pour chasque marche quinze sols.
Il a esté encore convenu avec les susdits massons qu’ils travailleront touttes les fenestres du sus dits batiment de pierre dure du lieu de Sassenage à scavoir les grandes fenestres ayant quatre pieds de largeur et huit pieds d’hauteur et comme avec son accoudoir le dit accoudoir ayant une salie de quatre pouces et son cordon carré de quatre pouces d’hauteur les dittes fenestres suivant les panneaux qui leur a esté delivré et ce moyenant la somme de trante trois livres pour chascune des dites fenestres taillées et posées proprement, aux fenestres des combles elles auront quatre pieds en carrure sans accoudoirs et suivant le panneau qui leur en sera donné…… et ce moyennant la somme de vingt livres pour chascune des dittes fenestres taillées de mesme et posées proprement, et pour tailler les dites pierres ils employeront des tailleurs à proportion d’ouvrage de sorte qu’ils ne puissent pas estre retardé. Les susdits ouvrages seront vues à dire d’expert car il leur sera payé à proportion.
Et sur le tout, l’ouvrage fini il leur sera donné la somme de deux cent livres comme aussy en travaillant il leur sera délivré huit charges de vin lorsqu’ils le demanderont et leur sera fourny une chambre et trois lits à costé. Ainsy convenu que pour le carrelage à batton rompu, ils leur sera payé dix huit sols la toise carrée et pour l’induit du sus dit bastiment interieur et blanchissage s’il echoit, il leur sera payé seize sols la toise carrée et pour les dix travaux de carrelage, blanchissage et induit, outre le sus dit prix, il leur sera délivré quatre charges de vin , ainsi convenu et accepté par les parties qui ont promis l’observation des presentes, soubs les obligations soubmission de tous leurs biens à touttes cours en forme dont acte stipulé au dit Moyrans dans la maison de mon dit Paris et en presence de messire Charles Jacquinot, curé du dit Moyrans et de Jean Baptiste Gacher courdonnier du dit Moyrans tesmoins requis soubsigne avec le dit sieur Baboy non les dits Gallian Perrin Guimet et autre Perrin pour ne scavoir, enquis et requis. 26 octobre 1721. Jean Louis Gauttier reconnaît avoir reçu de noble Claude Paris la Montagne, en payement cent cinquante livres en deux billets de banque le 8 octobre meme année, deux cent livres et autre cinquante livres. Me Joseph Delay (3 E 1945)
19.6.1721 : Vente par Rey Alexandre à noble Claude Paris sieur de la Montagne absent, Dame Justine Paris sa mère cy présente pour luy stipulante et acceptante trois cens trente pieds en figure triangulaire à prendre dans la jardin que le dit Rey possède au dit lieu Mas de l’Hospital , confrontant les dits trois cens trente pieds le dit chemin de Reaulmont du levant inclinant à bise, plassage de Claude Colomb dit Bourru de bize avecq ses plus vrais et meilleurs confins, entrées, sorties, droits , apartenance et dépendances usager et debringue, pour en jouir par mon dit sieur de la Montagne et les siens dès ce jour.
19.6.1721 : Vente de Claude Colomb dit Bourru, travailleur habitant au dit Moirans à noble Claude Parie la Montagne absent, Dame Justine Trenonay sa mère cy présente pou luy scavoir cent soixante pieds en figure triangulaire à prendre dans et sur un plassage joignant la maison que le dit vendeur a au dit Moirans Mas de l’Hospital et du costé du chemin de Réaulmont confinant le dit chemin de Réaulmont du levant, terrain cy devant vendu au dit sieur la Montagne par Allexandre Rey du midy, terrain restant au dit vendeur un peu du midy et couchant, terre de mon dit sieur de la Montagne de bise avec ses plus vrais et meilleurs confins……. Me Marchand Charles l’aîné, notaire à Grenoble ( 3 E 1107/9)
8 et 9 avril 1722 : Sur les huit heures du matin au Bourg de Moirans par devant nous Pierre Richard, capitaine chatelain royal du mandement du dit Moirans… ont comparus tous les religieux du couvent lesquels nous ont représentés qu’ils sont dans le dessein de vendre et aliéner une partie du terrein du jardin qui dépend d’icelluy atenant à la maison de monsieur Paris la Montagne tant pour s’exempter des servitudes auxquelles il est asservy que pour se procurer une somme en denier suffisante pour faire provision de drogues remèdes et médicaments nécessaires aux dits religieux dans ce temps ou la province de Dauphiné est menacée de la peste qui afflige les provinces voysines. Ils auroient proposé verballement et par escrit à mon dit sieur Paris de la Montagne de faire cette acquisition sçavoir de la contenance de quatre toises delphinales de largeur sur la longueur de sa maison, mais le dit Sr Paris la Montagne n’auroit voulu acquiser à aucune proposition que par un préalable la dite maison conventuelle n’aye fait procéder à la mansuration du dit terrein ce qui oblige les dits Religieux de nous requérir….
Du jeudy neufvieme avril mil sept cent deux sur environ les deux heures de relevé au Bourg de Moirans, par devant nous Pierre Richard capitaine chatelain royal du dit lieu, ont comparus Me Jean Vallon notaire et sieur Pierre Favre experts assermentés pris d’office en la procédure dont s’agit… Ils ont fait dresser leur rapport Requis par les révérends pères cordeliers sue deux feuilles de papier timbrés écrit de la main du dit Me Vallon… Nous Jean Vallon notaire Royal du lieu de Moirans et Pierre Favre bourgeois du dit lieu experts nommés d’office par Sr Pierre Richard en la procédure verballe faite par devant luy à la requette des frères mineurs pour procéder à une mansuration et estimation de quatre toises delphinal en largeur de terrein dépendant du jardin de la dite maison conventuelle attenant à la maison de Claude Paris la Montagne est de la longueur d’icelle ensuite du serment que nous avons prété le jour d’hier de ce faire duement assigné.
Nous nous somme transportés sur le terrein dont sagit et après avoir mesurer les dits quatre toises de largeur, nous avons ensuite procédé à la mansuration de la longueur du dit terrain qui règne au derrière et tout le long de la maison du dit sieur de la Montagne que nous avons trouvé estre de la contenance de quinze toises huit pouces, laquelle longueur reparti sur la largeur de quatre toises compose soixante toise et demy de mesure delphinal, en procédant à l’estimation du dit terrein il est de notre connoissance que le journal composé de six cent toises delphinalles de toute valleur, bienséance et exemption de charges tant du Roy que les seigneurs dans le mandement du dit Moirans ne peut excéder en valleur au dela de vingt sols la toise, nous estimons pour l’interet de l’église et pour rendre sa condition toujours meilleure que les dits soixante toises et demy carrées de terrein doivent valleur en considération du sujet pour lequel la dite maison conventuelle en veut faire lalienation de la somme de cent vingt livres.
Délibération du Couvent
Du quinzieme jour du mois d’avril à dix heures du matin année mil sept cent vingt deux. Le révérend père gardien auroit dit que Monsieur Paris de la Montagne comme propriétaire d’une maison size au dit Moirans qui n’est séparé du Corps de la maison conventuelle que par un terrain qui fait partie du jardin des dits Révérends pères, il a droict d’estillicide et d’écoulement des eaux de sa dite maison sur le dit terrain en conséquence d’un ancien albergement à la charge de la somme de vingt sept livres de rente annuelle, passé le vingt trois may mil six cent quatorze par devant Jolan notaire, par la dite maison conventuelle à Me Jean Trenonay notaire du dit lieu et à François Rosier Chapuys ; vingt cinq livres pour les causes dont l’arrest conventionnel rendu par le parlement de Grenoble le sept may mil six cent soixante quinze et vingt sols de pention annuelle portée par l’acte du onze novembre mil six cent quatre vingt six recu par Me Delphin notaire à St Jean de Moirans. Le dit R.P gardien ayant jugé que le terrain au lieu d’estre profitable à la dite maison conventuelle, il estoit inculte et inutile par la servitude du stillicide, et que la dite maison trouveroit un avantage en cédant une partie de ce terrain a mon dit sieur de la Montagne a condition d’estre fermé à ses fraix par un mur suffisamment élevé auquel cas la dite maison conventuelle pourvoit adosser contre ce nouveau mur plusieurs bastiments de commodités et agrandir le pressoir . Ce qui auroit obligé le dit révérend père gardien de proposer verballement et par lettres missives à mon dit de la Montagne d’acquérir le dit terrain aux prix et conditions que la communauté trouveroit leur estre avantageux.
Projet du Contrat de vente.
Les Révérends pères auront délibéré et arreté qu’il seroit fait vente au dit Sr La Montagne d’une partie du dit terrain de quinze toises de long sur quatre toises de large moyenant cinq cent livres outre la charge de part le dit Sr La Montagne de faire clore le dit terrain par un mur de bonne maçonnerie de deux pieds d’épaisseur en fondation et quinze pieds de haut, au moyen duquel mur qui sera mitoyen les dit R.P pourront faire agrandir leur tinerieu et se pratiquer et autres commodités dont leur maison pouroit avoir besoin, a condition que le dit mur tant qu’il servira que de cloture sera entretenu aux fraix du dit Paris la Montagne, mais que si les révérends pères en font usage et y adossent quelques commodités les réparations s’en feront à fraix communs. Que pour conserver à la dite Maison de la rente de vingt six livres les dits religieux sont convenus de changer le dit écoulement des eaux et iceluy fait, passer un aqueduc souterrain au travers du jardin des dits révérends pères conduisant au grand chemin, le dit aqueduc construit aux fraix et depans du dit sieur La Montagne… Et pour l’avantage de la maison, et que les veues et croisés que le dit sieur de la Montagne peut avoir luy seront conservées et sera loisible au dit sieur de la Montagne d’en ouvrir telles autres quy luy seront convenables. Les dits révérends pères ont par ces présentes, vendu, cédé abandonné, délaissé et promis garantit de tout troubles et empechement quelconques au dit sieur de la Montagne, ses hoirs et ayant causes, acceptant par le dit sieur de Sautereau son procureur au dit nom, la dite partie de terrain contenant quinze toises delphinal de longueur et quatre toises de large depuis le mur qui forme l’allée de la Grande Rue à l’Eglise jusque vis à vis le mur mitoyen de la maison de la dlle Faisande et d’icelle de Monsieur Paris la Montagne, la longueur de quinze toises parallèlement à la maison du dit Sr Paris de la quelle portion cy dessus vendu, le dit sieur Paris de la Montagne et ayant cause, jouiront en toute propriété moyenant le prix et somme de cinq cent livres. Le dit sieur procureur au dit nom et des deniers du dit sieur de la Montagne a présentement payé et délivré en louis d’or d’argent et monnayes ayant cours, aux dits révérends pères.
Par devant Charles Marchand, bachelier es droict et notaire de Grenoble venu exprès au Bourg de Moirans, furent présent les Reverands Peres Louis Morel docteur en théologie ex provincial et gardien du Couvent des Frères Mineurs de St François, Laurent Morel aussy docteur en théologie, Georges Duppré aussy docteur en théologie, François Faure, Anselme Marjollet, Jean François de Mure, frère Joseph Bertellon, sindic, Hyacinte Margeride et Antoine Blanc tous religieux composant la communauté et couvent des frères mineurs conventuelles de St François de Moirans. Assemblés au son de la cloche aux formes ordinaires en la salle de leur Chapitre pour procéder en conséquence de leur délibération capitulaire du quinsiesme jour du mois d’avril dernier d’une part et messire François Abel de sautereau, chevalier, seigneur de Dampierre, conseiller du Roy, chevalier d’honneur en la Chambre des Comptes de Dauphiné résidant ordinairement à Moirans au nom et comme procureur fondé de pouvoir spécial et ami auprès du projet des présentes en datte du vint cinq du dit mois d’avril dernier, de Claude Paris de la Montagne, ecuyer, conseiller du Roy, maison couronne de France et de ses finances, lequel projet et pouvoir ensuite sont demeurés cy joinct après avoir été du dit seigneur de Sautereau au dit nom certifier véritables en présences des notaires et témoins soussignés d’autre part. Lesquelles parties ont dit que le dit seigneur Paris de la Montagne est propriétaire d’une maison size dans le Bourg de Moirans séparé du corps de la maison conventuelle par un terrain faisant partie du jardin du dit couvent, le dit terrain inculte et sans produit, qu’il recoit le stillicide de la maison du dit seigneur Paris de la Montagne à la charge de vint sept livres de rente ou pension, quelle est encore la dite maison conventuelle ou il y a eu depuis longtems diverse contestation entre la maison conventuelle et celle du dit Paris de la Montagne sur les servitudes et sur la trop grande proximité des deux maisons. Qu’en cédant au dit seigneur Paris de La Montagne une partie du dit terrain qui confine immédiatement la sienne on fera cesser toutes difficultés et que s’y se faisoit à ses fraix un mur pour clore le dit terrain, la maison conventuelle en tireroit plusieurs avantages, ce qui auroit engagé le R.P gardien de faire proposer au dit seigneur Paris de la Montagne d’acquérir le dit terrain et sur son acceptation la Maison Conventuelle en son assemblée et par délibération du quinzieme du mois d’avril dernier dont l’expédition délivré par le frère Joseph Bertellon sindic est demeurée joinct, auroit délibéré et arreté qu’il feroit faire vente au dit seigneur Paris de la Montagne d’une partie du dit terrain de quinze toise de long ou environ sur quatre de large moyenant la somme de cinq cent livres, outre la charge de par le dit seigneur Paris de la Montagne de faire clore le terrain par un mur de bonne maçonnerie de deux pieds d’épaisseur en fondation et de quinze pieds de haut, au moyen duquel mur sera mitoyen, les dits révérends pères pourront faire agrandir quand bon leur semblera leur tinter et sepratiques et autres commodités dont leur maison pourroit avoir besoin, a condition que le dit mur qu’il ne servira que de cloture sera entretenue aux fraix du dit seigneur Paris de la Montagne, mais que si les religieux en font uzage en y adossant quelques commodités, les réparations s’en feront à communs fraix entre eux et le dit Paris de la Montagne et par moitié, que pour conserver à la dite maison, la rente ou pension de vint sept livres les dits religieux sont convenus de changer le dit écoulement des eaux et icelluy faire passer par un aqueduc souterrain au travers du jardin et la dite maison conventuelle et conduisant au grand chemin, et le dit aqueduc construit au fraix et depans du dit seigneur Paris de la Montagne pour y parvenir ensemble pour l’entrée et sortie des ouvriers, voitures, appareil et employ des matériaux, il serait accord de passage par la maison conventuelle, ce qui seroit observé par la suite dans le cas des réparations à faire au dit aqueduc à la charge par le dit seigneur Paris de la Montagne du rétablissement des lieux au mesme estat qu’il auront esté trouvés avant les dites constructions et réparations et en outre moyennant la somme de cinq cent livres une fois payé pour tenir leur dédommagement que la maison conventuelle pourroit prétendre soit pour indemnité ou autrement à cause du droit d’écoulement et aqueduc, que les dites cinq cent livres avec les cinq cent livres prise du terrain seront employés pour suretté du dit seigneur Paris de la Montagne et pour l’avantage de la maison et qu’il veüe et croisés que la dit seigneur Paris de la Montagne peut avoir luy seront conservé et luy sera loisible d’en avoir telles autres qui luy seront convenables, touttes lesquelles charges et conditions ayant été acceptée par le dit seigneur Paris, par le dit seigneur de sautereau au dit nom, il a esté fait vente abandonnement, moyenant le prix et somme de cinq cent livres….
Je soussigné Claude Paris la Montagne écuyer conseiller secrétaire du Roy maison et couronne de France et de ses finances, donne pouvoir à Monsieur de Sautereau écuyer chevalier d’honneur en la Chambre des Comptes de Dauphiné, de pour moy et en mon nom, signer et passer avec les R.P Cordeliers du Bourg de Moirans, l’acte contenu au projet cy dessus et des autres parties sous les charges clauses et conditions y portées, meme a icelle augmenter ou diminuer ainsi qu’il avisera et leur payer de mes deniers les deux sommes de cinq cent livres chacune y énoncées, promettant approuver et ratifier le tout quand besoin sera, et approuve dès à présent l’élection de domicile que le dit sieur de sautereau fera pour moy au Bourg de Moirans pour l’exécution de ma part du dit acte. Fait à Paris ce vingt cinquième du mois d’avril année mil sept cent vingt deux. Sautereau Paris la montagne
3.5.1722 : Nous soussignés Claude Gourguet de la ville de Lyon et Louis Leclet de celle de Grenoble tous deux entrepreneurs et architectes, ensuite de la nomination et convention de nos personnes faites par les Reverands peres Cordelliers du Bourg de Moirans et monsieur Paris de la Montagne, dans le contrat de vente de ce jour passé par devant Me Marchand Lainé notaire à Grenoble pour régler et tirer en élévation les faces de la maison de mon dit sieur de la Montagne. L’une sur lallée conduisant de la rue de l’église des dits Religieux et l’autre sur leur jardin ensemble pour dresser le plan et devis de quatre toises de largeur du terrein du dit jardin sur quinze toises huict pouces de longueur mesure delphinalles affin d’y construire un mur de cloture de quinze pieds d’hauteur hors terre ayant deux pieds d’épaisseur en fondation avec un aqueduc sous le terrain pour l’écoulement des eaux composé de bonne massonnerie.
Nous nous sommes transportés sur le terrein vendu à monsieur Paris la Montagne par les dits religieux et nous avons dressés deux plans en élévation de la maison de mon dit sieur de la Montagne, le premier contenant les ouvertures qui sont à la face du costé du Nord et l’autre de celles qui sont à la face du costé du levant de la grandeur suivant les eschelles qui sont au bas des dits plans, nous avons ensuite procédé à la mansuration et fixation tant du mur de cloture que de l’aqueduc dont il est fait mention dans le contract de vente qui porte notre commission que nous avons tracé sur le plan de la face de la maison du costé du levant suivant la mesme eschelle qui est au bas d’icelluy
En conséquence de quoy nous disons que les trois faces du mur de cloture qui est trassé sur les dits plans contiendront quatre vingt une toises delphinalle de réduction en ce compris la fondation qui doit estre creusée d’environ cinq pieds sur deux pieds de largeur et que le dict mur sera réduit à vingt pouces au rez de chaussée, et à quinze pouces au sommet , que l’aqueduc sera creusé dans son commancement de deux pieds et de trois pieds dans son estrémité, le dit aqueduc sera construit de bonne massonnerie ayant les murs un pied d’épaisseur et pavé de callioux et couvert de pierre de Lauze de Fontaine et le dit aqueduc aura le moins un pied en son ouverture de tout sens, en conséquence de quoy nous disons que les deux murs du dit aqueduc, le pavé du fonds avec sa couverture contiendront trente toises delphinalles de réduction. Nous ayant mesurés et toisés les largeurs, hauteurs, épaisseurs des dits murs et aqueduc auront trouvé que les dits ouvrages produisent suivant les mesures cy dessus la quantité de cent onze toises carrées lesquelles toises estimons valloir chacune toise, dix huict livres y compris la fourniture de tous les matériaux nécessaires, sçavoir, chaux, sable, pierre de moellon, échafaudages, voytures et main d’œuvres, tous les dits ouvrages seront construit suivant lart de la massonnerie et au dit d’expert pour la réception des dits ouvrages qui monteront suivant le prix cy dernier à la somme de mil neuf cent quatre vingt nonante huict livres. Fait à Moirans ce troisième may mil sept cent vingt deux. Gourguet L. Leclet
4.5.1722 : Par devant Charles Marchand bachelier ez droict notaire à Grenoble soussigné trouvé casuellement au Bourg de Moirans, ce quatrième jour du moy de may avant midy de l’année mil sept cent vingt deux, fut présent sieur Joseph Baboy mestre chirurgien du dit lieu de Moirans agissant pour et au nom de Claude Paris de la Montagne, lequel en exécution du contrat de vente a luy passé le jourd’hier devant moy notaire par les religieux de la maison conventuelle de St François du dit Bourg de Moirans, et ensuite des plans et devis adressés par sieurs Claude Gourguet de la ville de Lyon et Louis Leclet de Grenoble, tous deux entrepreneurs architectes nommés à cet effet et convenus par les parties a batir à prix fait à honneste Jean jacques Arnaud Baboulin et François Brun mestres massons habitant au dit bourg de Moirans, icy présent et acceptant, scavoir construire un mur de closture entre la maison du dit sieur Paris de la Montagne et le jardin de la dite Maison conventuelle et un aqueduc souterrain sur le mesme terrain a commencer à l’angle de la maison du dit sieur Paris de la Montagne du costé du nord jusqu’au grand chemin qui est au midy du bourg de Moirans, le tout de la profondeur épaisseur hauteur longueur de ce quy est porté par les dits plans et devis dont coppie a eté remise présentement aux dits massons, lesquels travaux et ouvrages les dits massons promettent de rendre fait et parfait dans un mois tout au plus tard, moyenant la somme de deux milles livres payable a fur et a mesure des ouvrages et en entier payement lorsque les dits ouvrages seront revu par les dit Simon Gourguet et Clet desquels les dits massons conviennent, ainsy les parties compromis, observes chacune en droit foy, et pour assurance de ce, elles ont passées les obligations, soumissions, clauses requises et nécessaires. Fait et passé au bourg de Moirans dans la maison du dit sieur Paris de la Montagne aux présences de Sr Simon Gourguet et Leclet susnommés témoins requis et signe avec le dit Sr Baboy et le dit Brun, non le dit Jacques Baboulin pour estre illiteré de ce enquis et requis.
Me Lovat (A.D.I 3E 1980)
6.6.1722 : Achat de deux vaches, par Jean Marquis, pour voiturer les matériaux du bastiment que fait construire mon dit sieur Paris à Moyrans : 128 livres
7.6.1722 : Achat de deux chevaux par Barthélemy Baude dit Nicollet, journalier, pour voiturer les matériaux destinés à l’usage des bastiments que le dit sieur Paris fait construire à Moyrans :128 livres. Fait et stipulé au dit Moyrans dans l’hostel de mon dit sieur Paris en présence de Sr Joseph Baboy Me chirurgien du dit Moyrans et de sieur Claude Chatrouse marchand de Tullins.
7.6.1722 : Jean Louis Gaultier thuillier à Moyrans a recognu avoir recu de noble Claude Paris la Montagne la somme de cent quarante livres dix sols, auquels le dit Gaultier a déclaré vouloir employer pour marchandises et denrés que pour le payement aux ouvriers quy travaillent actuellement à la fabriques des carreaux et briques pour la batisse de mon dit Paris que pour la nourritures des bœufs et vaches… Me Charles Marchand l’ ainé (3 E 1107/9)
13.8.1722 : Présent honnéte Joseph Reynaud hoste au dit Moirans au logis ou pend pour enseigne le Capitaine, lequel reconnaît et confesse d’avoir à son consentement avec renonciation à touttes exceptions contraires de Claude Paris de la Montagne icy présent et acceptant la somme de soixante quinze livres, pour le droit d’apuy pris par le dit sieur de la Montagne du consentement du dit Reynaud sur le mur qui sépare le jardin des parteres, lequel mur a cinquante sept pieds de longueur de bise au midy sur la hauteur de neuf pieds tant dans terre que dehors, ce qui compose quatorze toises un quart, prix convenu à dix sols la toise….
Domaine de la Guillionnière
En novembre 1720, Joseph Barut de la Colombière, ancien capitaine de cavalerie, vend son domaine de la Guillionnière à Claude Paris de la Montagne
Inventaire et charge. Me Vallon ( 3 E 2011) : Par devant moy notaire royal de Moyrand sousigné ce dix huictieme jour du mois de novembre mil sept cent vingt deux advant midy, furent présent Joseph Baboy Me chirurgien du dit Moyrans et sieur Louis Charvet marchand du lieu de Rives ,lesquels de leur grés et libres volontés en exécution du contrat d’arrentement a eux passé et par moy receu le seizième d’octobre dernier par messire François Abel de Sautereau seigneur de Dampierre, conseiller du Roy, chevalier d’honneur en la Chambre des Comptes de cette Province en qualité de procureur spécialement fondé de noble Claude Paris de la Montagne seigneur de Serpaise et Illins , conseiller du Roy, trésorier et receveur général des finances de cette province, ont reconnu et confesse avoir receu et retiré des mains du dit seigneur de Sautereau, les bestiaux, outils de labourage et autres effects cy après spécifiés trouvés dans le domaine appellé la Guillionnière au terroir du dit Moyrans appartenant au dit seigneur Paris La Montagne.
Sçavoir en premier lieu quatre bœufs arables, deux d’iceux poil rouge agé d’environ quinze années, les autres deux poil chatain agés d’environ douze années, plus deux vaches l’une poil rouge et l’autre chatain agées d’environ douze années plus un veau agé d’environ quatre à cinq mois, le tout évalué par expert à la somme de quatre cent nonante cinq livres à prix foire. Les dits bœufs, vaches et veau ayant le chascun leurs liens de cordes my usés, plus deux paires de jougs en estat de servir plus deux paires de jouclas my usées estimées à dix livres, plus deux chars à quatre roues le chacun ferrée ,les dits chars garnis de toutes leurs pièces le tout my usés en assez bon estat estimée à cent trente cinq livres, plus une chaine de fer, deux chainons, deux coutres , deux demy pertuis et deux feces le tout pesant soixante dix livres plus une herse my usée, une desapes rompue estimée à quatorze livres dix sols, plus trois demy cordes de chanvres nouées en divers endroits plus que my usées, plus deux chaines de corde à faire tirer les bœufs my usées, plus un tombereau à bœufs avec deux roues icelles ferrées my usées, le dit tombereau rompu et presque hors de service estimé les dites roues à dix neuf livres, trois grandes fourches de fer presque neufves et une petite fort usée, deux tridents plus que my usés, un bigot presque neuf, deux pelles carrées doubles en bon estat, un tenon plus que my usé, un petit rateau de bois avec six pieux de fer pour le jardin plus que my usé, un petit ratissoir pour le jardin aussy plus que my usé, une cuillere de fer à faire des trous pour echalas plus que my usé, une table de fer my usée, un arpic presque neuf, deux pelles de fer simple à pointes presque neufves, un pal de fer pesant vingt neuf livres presque neuf, deux haches, une à main et pour abatre du bois en bon estat, quatre perches l’une desquelles est un manche de fer, le tout my usés, une petite herse my usée, un couteau aussy my usé, une gouge de fer pesant quatre livres et demi en bon estat, une coigneta de fer pesant sept livres et demy en bon estat, une cheville de fer brisée pour le tombereau en bon estat, un bade,une piarde et une sape le tout my usés, un petit piochon pour le jardin my usé, deux azels de fer pesant huict livres, deux tarières, l’une appellé aurelière et l’autre ovonière en médiocre estat, un enclume avec son marteau a battre la faulx en bon estat, une scie à main en médiocre estat, un arrozoir fer blanc tenant environ huict pots en bon estat, une lanterne fer blanc plus que my usée, deux faulx l’une en bon estat et l’autre presque hors de service, une petite meule avec son anse de fer, la dite meule de peu de valeur et la dite anse en bon estat, plus environ six charrées de foin estimées à cent vingt huict quintaux poids de pays, le dit foin en bon estat et recevable. Plus soixante quintaux reniure aussy bon et recevable, plus un cuvier tenant environ six faix de linge lié avec deux liens de fer en bon estat avec son trépied, plus un petit cuvier presque hors de service ,une gamate bois sapin avec ses ances de fer en bon estat, un choderon de cuivre tenant environ une bonatées en médiocre estat, trois eschelles neufves, une table ronde bois noyer suportée par quatre pilliers en bois bon estat, une grande marmite de fer avec son couvercle, icelle tenant environ quinze éculées en bon estat, une petite marmite de fer tenant environ huict éculées aussy en bon estat, un bassin de cuivre à manche de fer plus que my usé, une pelle salière et une tasse d’estain plus que my usées, une lampe en loton en bon est, une cuillière à pot et une écumoire le tout en fer en bon estat, un chesnet de fer pesant environ quarante livres, une armoire bois noyer à deux portes fermant à clef en bon estat, un lict bois noyer en bon estat icelluy garny d’une paillasse neufve, un petit matelas pesant environ trente livres, un traversin toile commune garny de plumes, plus que my usé, une couverture de laine blanche rapiéscées pouvant servir en l’estat, le dit lict entouré de quatre pièces de Cadis vert avec sa courtine sans franges le tout my usés, le ciel et fond bois sapin, le dit lict sur une estrade aussy bois sapin, il y a au dit lict trois verges de fer, plus une crémaillière de fer en bon estat, une poel à frire en bon estat, une pelle à feu, une pince à feu en médiocre estat, plus deux grands tonneaux cerclés de fer tenant environ vingt charges le chacun en médiocre estat, un tonneau cerclé de bois tenant environ quatorze charges en bon estat, deux tonneaux tenant environ neuf charges le chacun en bon estat, plus quatre tonneaux tenant environ quatre charges le chacun en médiocre estat, plus deux tonneaux de trois charges le chascun aussy en médiocre estat, plus huict tonneaux d’environ deux charges pièce pouvant servir en l’estat, deux groles tenant environ quatre charges la chacune en bon estat avec leur deux palanches, plus sept toises de pontis pour supporter les dits tonneaux pouvant servir en lestat, une cuve à trois courbes et deux cercles de fer tenant environ soixante dix charges en mauvais estat, un entonoir de bois à entoner le vin en bon estat, deux broches pour la cuve, une grande et l’autre petite liées de fer et une broche pour les tonneaux en bon estat, un pressoir à deux vis fendues, l’une liée à trois lien de fer et l’autre avec son ance, la conche presque hors de service. La sole et le porche en médiocre estat, plus un pétrin à paitrir du pain avec son couvercle et ses pieds bois noyer en bon estat, un redressoir à quatre estagères en bois sapin fort vieux pouvant servir en l’estat, une caisse d’aix sapin , un bichet à mesurer du grain bois blanc en bon estat, dans le grenier il y a onze caisson à tenir du grain, séparés et entourés le chascun d’une planche bois sapin, plus trois pièces d’un tour de lict cadis jaune rompus et fort usé, plus un banc à lict bois sapin my usé avec une paillasse et une coetre my usée et une couverture laine blanche rompue et fort usée, plus un bayard en bon estat, deux cordes pour les bœufs presque hors de service, un trépied de fer à tenir le chaudron sur le feu fort vieux, plus vingt poules et un coq , plus un petit marteau, une bassinoire fort vieux et hors de service, deux petites serpes à tailler la vigne my usées, plus dans le dit domaine il y a à présent de semé la quantité de cent trois bichets de froment et ce compris trente neuf bichets gros bled dont il y en a vingt quatre un peu chargés de poisetes et le reste pur et net, le dit froment semé à trois differentes pièces de terre, sçavoir au fond appellé la Secrette et celuy appellé le Champ de l’Etant et le troisième la Perelle, les dits fonds cultivés de tous leurs labours nécessaires, plus il y a dans le fond appellé la Route vingt quatre bichets de seigle semés pure et neste, aussy cultivée de tous ses labours et quant aux bastiments du dit domaine les dits fermiers s’en rapporteront à la description qui en sera faite par sieurs Joseph Tournier et Joseph Guillot expert nommés et convenus par les parties suivant le rapport qu’ils me remettront ,et useront du tout en bons pères de famille et rendront à la fin de leur ferme la mesme quantité de fond ensemencés d’une pareille qualité et quantité de froment et de seigle.
Histoire d’eau
25 mai 1724 : Messire François Abel de Sautereau, conseiller du Roy faisant pour noble Claude Paris la Montagne d’une part et maître Estienne Paris docteur en médecine et professeur au collège de messieurs les medecins de Grenoble d’autre. Ont fait les conventions suivantes.
Scavoir que pour maintenir la prise d’eau qui se prand sur le lit du ruisseau de la Morge des Moulins au meme lieu où elle a toujours été, tant pour l’usage du bassin de mon dit Paris medecin que pour l’usage de la partie de l’eau qui passe dans le bourg de Moyrans et aussy pour celuy de mon dit Paris la Montagne et consécutivement de ceux qui ont droit et ensuite pour l’arrosage des prairies de mon dit sieur de Sautereau et pour empecher que la dite eau ne puisse être détournée et employée à autre usages, il sera fait au sus dit lieu un mur de pierre de taille suivant le dessein qui en a été donné, dont les parties en ont une parfaite connaissance au frais de mon dit sieur Paris de la Montagne, dans lequel mur seront pratiquées deux trappes de deux ouvertures chacunes dont l’inferieur traversera le lieu de la Morges et servira à arrester l’eau du sus dit ruisseau toutes les fois qu’il sera necessaire pour les réparations des moulins et artifices de mon dit sieur de Sautereau, l’inferieur se fera au dessus et à cotté du ruisseau et servira pour le dégorgement de l’eau au sus dit cas, à cet effet il sera fait un canal depuis la dite trappe jusqu’au canal de mon dit sieur Paris le medecin au fraix comme dessus, entre les sus dites trappes sera entaillé dans une pierre faisant le gros mur une ouverture de cinq pouces en toutes quarrures dont la face superieure sera de deux pouces au dessous du niveau des sus dites trappes aux fins de maintenir de l’eau à la sus dite ouverture, laquelle ne pourra être ny augmentée, ny diminuée ny bouchée par aucune des parties, à l’ouverture exterieure de la sus dite prise, sera fait un canal de manière à ne pouvoir pas détourner la dite eau sous quel pretexte que puisse être, le dit canal servira à conduire l’eau en premier lieur dans le pettit canal ouvers de mon dit sieur Paris le medecin au bout duquel dans le lieu ou elle se distribue au bourg de Moirans sera mise une pierre de taille dans laquelle sera pratiquée une ouverture pour donner une partie de l’eau qui a de tout temps écoulée et traversée le Bourg de Moyrans, le restant de la dite eau sera distribuer en premier lieu dans le grand bassin inferieur de mon dit Paris le medecin dont le dégorgement entrera par le moyen d’un canal de pierre de taille dans les conduits qui portent l’eau au bassin de mon dit sieur Paris la Montagne. Le canal sera pratiqué contre et sur le mur et en tête du sus dit bassin du côté du levant. Me Guillaume Lovat ( 3 E 1980)
10.5.1725 : Convention entre François Abel de sautereau, tant en son nom que de celluy de noble Claude Paris de la Montaigne d’une part et monsieur Me Estienne Paris docteur médecin…d’autre Sçavoir que pour maintenir la prise d’eau qui se prend sur le canal du lit de la Morge des Moulins et pour empecher que l’eau ne puisse estre détournée, il sera fait sur le dit lit, un mur de pierre de taille suivant le dessain qui a esté donné, dont les partie en ont une parfaite connoissance, dans lequel mur sera pratiquer une trappe de deux ouvertures au travers le lit du dit canal qui servira a en arrester l’eau toutes les fois qu’il sera necessaire pour la réparation du moulin et autres artifices du dit seigneur de sautereau. A costé du meme canal au dessus de la dite trappe il sera laissé une ouverture de la meme largeur que la trappe ou digue cy dessus, à travers de laquelle ouverture il sera porté une pierre de taille d’environ deux pieds d’autheur au dessus de laquelle il restera une ouverture de la meme longueur que la dite pierre de taille pour le d égorgement de l’eau du dit canal. A cet effet il sera fait un canal depuis la dite ouverture jusque au canal du dit Me médecin Paris et entre la sus ditte trappe ou digue et ouverture cy dessus il sera entaillé dans une pierre faisant le gros de mur une ouverture de cinq pouces en toutte carrure .A la sortie d’icelle ouverture il sera fait un canal couvert de lozes de mamiere à ne poucoir détourner la dite eau…
1730 : L’an mil sept cens trante par devant moy notaire Royal furent présent le dit messire François Abel de Sautereau…Monsieur maistre Estienne Paris advocat au parlement fils de M Me Estienne Paris médecin, et sieur Jean Baptiste Dusaut agent des affaires de noble Claude Paris la Montagne… …sont convenu que pour vuider et nettoyer le canal qui conduit l’eau de la petite riciere de Morge jusque au retranchement de pierre de taille qui est à l’entrée du bassin superieur du dit Sr paris advocat, auquel lieu il y a un petit réservoir pour la distribution des eaux dans le bourg de Moyrans, dans les bassins et canal estant dans le jardin du dit seigneur de la Montagne…il sera fait au dit retranchement de pierre de taille une trappe ou ou lampallement qui tirera de fond laquelle ne pourra estre levée que dans le cas ou il sera besoin de nettoyer le dit canal… l’eau sera conduite dans les tuyeaux du dit seigneur de la Montagne pour aller dans les bassins et canal qui sont dans son jardin…
Domaines ruraux de la famille Paris
( Philippe Chanaron, les Chroniques rivoises)
TREFONDS : situé sur Réaumont, mais séparé de Charnècles par la largeur de l’ancienne Voie romaine de Grenoble à Vienne. Ce nom a gardé, à travers les siècles, les termes latins de Tréfonds, c’est à dire Trois Fontaines.
LA GOUTERIE : est un quartier au centre de Charnècles appelé autrefois la Gautery.
LA COLOMBINIERE : Jonas Paris avait acheté peu avant 1602, la résidence et le domaine de la Colombinière à Saint Jean de Moirans. Marie Vignon en avait été propriétaire avant lui.
LES GAYERES : domaine situé à cheval sur Réaumont et St Cassien, non loin de la demeure de Tréfonds.
BOLLARDIERE : domaine situé à Saint Cassien, au hameau de Mazula. Avant d’être acheté, en 1714, par Pierre Paris de Tréfonds, il avait été la propriété de noble François de Gumin, sieur de Romanèche. Il y avait une très vieille maison fermière. Son entrée se remarque, sur la route de Voiron à Rives, avec ses deux piliers du portail surmontés de boulets en pierre.
AVANCOUR : ce nom a un rapport avec une ancienne propriété « Pré de la Cour » qui s’étend de la Fontaine du Brochet à Tréfonds. (Situé à Lézardière.
LA BOURDE : domaine avec maison et bâtiments agricoles, s ‘étendant de Tréfonds à la Baconnière, et du Ri Dolon au chemin de Tréfonds à Lézardière.
LA MASSE : Deux lieux dits portent ce nom ; l’un au Pré de la Cour, contre la Fontaine du brochet, l’autre situé à Réaumont au Mas du Journal, non loin des Gayères. Le père des quatre frères Paris avait pris le surnom de La Masse.
LE PRIEUR : petit domaine de la Lézardière, possession en 1735 de Claude Paris la Montagne, acheté par Justine Trenonay en 1699.
Essai d’inventaires
biens possédés par la famille Paris
Chambre des Comptes du Dauphiné. A.D.I Série B, carton 4546
Requête présentée aux commissaires chargés de procéder à la réunion du domaine delphinal aliéné par Jonas Paris, fils et héritier d’Antoine Paris, notaire royal, lequel avait acquis le greffe de Moirans à Isabeau de Jacquellin, veuve de Joffrey Richard (1603).
Testament d’Antoine Paris, notaire royal delphinal à Réaumont : après de nombreux legs en faveur de fondations religieuses et notamment pour la construction d’un oratoire dans l’un de ses domaines, en faveur de Françoise Marchand, sa femme, d’Antoine, Thomas et Laurence, ses enfants, de son neveu Antoine Paris, fils de feu Sébastien son frère, de Gabriel et Jean Paris, frère du dit Antoine, il institue pour héritiers ses fils Jonas, pour ses biens du mandement de Moirans et notamment son domaine de Collombinières, et Ennemond et François, pour ses biens de Rives et de Réaumont (5 novembre 1602)
Archives municipales de Moirans, série CC
CC9 parcellaires des fonds de Moirans.
Abel Trenaunay, bourgeois de Moirans
Pièce de terre en Montmartel qui confine le chemin de Moyrans à la Murette du couchant vigne du seigneur de Simiane de Bize terre des R.P cordeliers du levant terre de noble Racher de Montferra du vent. Un chemin de servitude entre deux, contenant cinq bicheteré un quart de moduriere Battoir avec une petite maison en son tournant de pré qui confine le chemin de Moyrans à la Murette, du levant, la rivière de Morge de bize couchant et vent, pré dit Jean Faure contenant trois bicheterré une moduriere et sept huictieme. Bois Arpage en Criest appellé Bois des Filles qui joint le bois des R.P Chartreux du levant chemin ancien voisinal entre deux bois de monsieur du Tinier du vent, bois d’Antoine Cler et du seigneur de Sautereau du couchant, bois d’Antoine Rey du Saix et bois de Claude Nugues la Cassade de bize contenant sept sesterés Terre à la Goyetta appellé Chamfret qui joint chemin de Moyrans à Saint Jean et autres partant du dit allant à la Sie d’André Gonnard de bize, terre de jean Morel du midy, le beal du Moulin de vent, grange et terre du dit Gonnard du couchant contenant huict sesterés cinq bichetterrées une moduriere. Maison tenant en pré verger terre et bois arpage et rapilliat au Grand Chamfret qui joint le chemin de Moyrans à la Murette du levant et bize, terre d’André et Joseph Eymin du vent terre d’André Gonnard du couchant et encore la riviere de Morge à la sime du dit beal du couchant, pré de Jean Faure de bize contenant trente cinq sesterés cinq bichetterrés trois modurieres.
CC8 archives de Moirans
Parcellaire de la paroisse de St Pierre de Moirans fait en l’année 1650 et suivante
Sieur Antoine Paris
Premierement bois en bois Cochal jouste Jean Arguillon Massu, sieur Pierre Bourget jacques Eymin et luy pour la terre cy apprès du midy le chemin qui sépare les mandements de Moyrans et Reaumont du levant encore la pour pré et pré du sieur de Mestral qui sont situés sur le mandement de Rives, le ruisseau qui sépare les dits sieur de Mestral du couchant, neuf sesterés dans laquelle piece est encore bois de Claude Rebut Louvasson. 9 sesterés estimé à trois sols la sesteré. Soit 1 livre 7 sols Terre au Grand Criel jouste le chemin qui sépare le mandement de Réaumont d’avec celuy de Moyrenc du levant, luy pour son bois Cochat cy devant confiné et bois de Claude Rabut Louvasson de bise, jacques Eymin du couchant Bois de Claude Tollet du midy contenant deux sesterés trois bichettées deux modurieres trois quart. Estimé à raison de quatre sols la sesteré soit 10 sols 2 deniers. Bois à la Brosse de Miribel jouste le chemin public tenant de Moyrenc à Reaumont du levant, honnette Jean de Moyrenc, Benoist Pattin, Claude Clare et Jean Sernaing de bise, Louise Poncet veuve de Guigues Carre Mathinet du couchant, sieur Bonnaventure Molard secrétaire au bureau des finances du midy contenant neuf sesterés quatre bichettées. Estimé six sesterés à trois sols et le reste à quatre sols la sesteré soit 1 livre 12 sols 8 deniers.
CC3 Parcellaires. Cadastre XVI (en mauvais etat)
Me Anthoine Paris ,notaire (page 749) Premier, terre, vergiers et grange (le béal du moulin de la Morge)
2,Terre au mas de Reynaud, joignant la terre de honneste Jacques Da… châtelain du dit lieu de Moyrenc, le béal du molin de la Morge du levant.
3, Pré et mas de Peyron Balmat contenant 8 septiers onze modurière, jouxte le pré et mas d’Anthoyne Bernard.
4, Terre au mas de la Beliothet, jouxte la vigne du seigneur du Fay du levant, terre de Jean …du levant, la vigne des Cordelliers et de Me Gaspard Rostaing Molaret du midy.
5, Vigne au mas de St Jacques, jouxte la vigne de Pierre Massit Poncet, vigne de Hugues Tibre et Me Anthoyne Bernard Gyreaud.
6, Boys à tail au mas du Grand Bois.
7, Maison et … situé dans la ville de Moyrenc en rue Peyrolière près la Grande Place contenant un modurière troys quart,jouxte la maison de Gaspard Deboys du levant, maison au bas et plassage de honneste Johan Bourget du Bourg ,la rue allant à la porte --- et quelle baccon de bize de la grande rue du dit lieu du midy .
8, Bois chastaigneray au mas du Grand Bois de Criel, jouxte le chemin de Moyrenc à Reaulmont du levant, aultre boys de Sr Pacca, taillable à Charnècles de bize, boys de Jehan Eymin fils de Guillaume du couchant et le boys de Gaspard Beau… du midy.
CC21 Rôles des tailles 1730-1748
1730 : noble Claude Paris de la Montagne Allieu et roturier : cinquante deux livres neuf sols huit deniers Deux cent vingt deux livres huit sols dix deniers. Allieu noble, une livre quinze sols neuf deniers trois quart huit sols Ban vin et quartier d’hiver : cinquante six livres dix huit sols cinq denier.
1741 : Fonds nobles : deux livres six sols trois deniers Roturiers : deux cents septante six livres quatre sols six deniers. Me Vallon ( 3 E 1992)
6.4.1698 : Compte et obligation en faveur de Claude Paris la Montagne de Moyrans, contre Joseph Pierrat, tisserand de Charnècles au sujet du prix de la vente d’une pièce de terre et bois taillis de la contenance d’environ un journal sittué au mas de Manguely, terroir du dit Moyrans. Compte et obligation en faveur de Sr la Montagne en qualité de procureur spécialement fondé par Mr Me Antoine Paris avocat en la Cour son frère receu par mestre Chorot notaire de Veurey le troisième mars dernier, resté au pouvoir du dit Sr la Montagne, et le dit Sr avocat fils et héritier de Sr Jean Paris, vivant conseiller du roi, maire perpétuel du dit Moyrans d’une part et honnete Moyse Faure Borel de la paroisse de St Quentin d’autre, au sujet du grangeage passé par le dit feu Sr Paris au dit Faure du domaine de l’Isle Bernard le vingt septième septembre mil six cent quatre vingt seize par devant Me Lovat notaire au dit Moyrans. Me Vallon (3 E 2001)
Vente passée par Damlle Justine Trenonay de Moyrans, en faveur de Damlle Marie Tollet du dit lieu ce trantiesme d’octobre mil sept cent sept après midy, laquelle de son gré en qualité de procuratrice de monsieur Me Antoine Paris son fils avocat en parlement par acte de procuration en original Receu par Me Fortier et Goudin notaire au Chastelet de Paris du vingt troisième avril dernier. A vendu, quitte cède remet et transporte une maison d’en haut en bas sittuée dans le bourg du dit Moyrans en rue Gravière, appartenant au dit avocat Paris en qualité d’héritier de deffunte Damlle Marguerite du Poil Roux, veuve de Jacques Revol. Composée de cour, plassage et jardin tout contigu et joinct ensemble confrontant la maison du levant, l’eau appellée le Merdret coulant dans la basse cour le long de la muraille du dit jardin ou il y avoit cy devant un tinerieu, maison de Pierre Gabillon dit Fracot, les escuries de Damlle Antoinette Bressieux, veuve de Pierre Richard, vivant chastelain de Moyrans et la maison d’Antoine Morel héritier de Louise Broche, le tout du midy. La grande rue Gravière du couchant, la maison de Damlle Marie Ursule St Jean de bize et le dit jardin confine du levant , jardin de noble Henry de Simiane de bize, jardin des dits héritiers de feu noble Hugues Molard, vivant trésorier général de France en la généralité de cette province, la dite eau de Merdaret et le dit plassage de la susdite maison du couchant, une petite ruelle allant à l’église des Religieuses Ste Ursule du midy avec du tout leurs autres plus vrays et meilleurs confins. La présente vente estant faite moyennant le prix et somme de trois mille trois cent livres et vingt aulnes de toile de Rise pour estraine à la dite Damlle Paris moyenant quoy elle cède à la dite Damlle Tollet un garde robe bois sapin qui se trouve à présent dans la dite maison. Laquelle somme la dite constituante au dit nom charge et delague d’en payer par la dite Damlle Tollet celle de trois mille livres au seigneur trésorier de Morard seigneur de Fontanil pour pareille somme à luy due en capital par le dit avocat Paris. 30.10.1707 Quittance passée par Sr Marc Coq la Grange du mandement de Voyron en qualité de fournier des rentes droicts et devoirs seigneuriaux de Madame la duchesse de Lesdiguières à elle deub dans Moyrans et autres lieux circonvoisins suivant le contrat d’arrentement a luy passé le vingt sixième septembre mil sept cent receu par Me Bonnier notaire à Grenoble, et bien certain du contract de vente passé par Damlle Justine Trenonay la Montagne en qualité de procuratrice de monsieur Me Antoine Paris son fils en faveur de Damlle Marie Tollet d’une maison, cour, plassage et jardin situés dans le dit bourg de Moyrand dépendant de la directe de ma dite dame la duchesse de Lesdiguières.
Biens sur Charnècles, achetés par Antoine Paris, garde du trésor royal, à son frère Claude Paris la Montagne.
Un pré situé au mas Duplan à Charnècles, appartenant au sieur Girin d’environ deux seterées et demy (acte du 24.9.1709.) de la somme de 1713 livres 15 sols dix deniers, joint le pré de Me Estienne Paris avocat, du levant, midy et partie de bize, le pré de Me Coffe de bize, le pré du seigneur de Viriville du couchant.
Vente de Joseph Fournier une pièce terre au mas Duplan à Charnècles de la contenance de vingt modurières et demy joignant la terre du seigneur Paris de la Montagne du levant et bize, la terre de Me Estienne Pris, avocat, du midy et le chemin tendant de Lezardières à la Gouterie du couchant.
Vente de Etienne Paris, grange en pizay avec tènement de terre contenant environ cinq bichetées à Criel apelée Lauguslinière ou Manguely joint terre bois chataigneray de Mme de Metral chemin voisinal allant de Charnècles entre deux, de bize, bois deshêrs de sieur Pierre Richard du levant donnant au midy, terre de Barthelemy Morletton aussy du midy inclinant au couchant, tènement de maison de Felix Jayet Bichat du couchant. Plus pièce de vigne terre et bois en la Brosse ou Manguely, joint la terre de Louis Jullien du couchant , bois du dit Garcin du midy, bois Deshers d’Antoine Garcin aussy du midy et du couchant, bois de sieur Paris la Montagne, chemin voisinal entre deux du midy, le chemin de Moyrans à Reaulmont du levant et partie bize autre chemin de Vouray à Voyron de bize. Me Vallon (3 E 2001)
Transport
9.3.1707 : Par devant moy notaire Royal de Moyrans soubsigne et en présence de Me Antoine Bourget scindic et des tesmoins bas nommés ce neufvieme mars mil sept cent sept après midy furent présent sieur Abel Trenonay bourgeois du dict Moyrans lequel de son gré pour luy et les siens a vendu, cédé, remis et transporté comme par ces présentes, il vend, quitte, cède, remet et transporte à perpétuité purement simplement et irrévocablement avec toute maintenance de faict et de droicts en forme à sieur Claude Paris de la Montagne, conseiller du Roy maire perpétuel du dit Moyrans cy présent stipulant et acceptant faisant tant en son propre et privé nom, que pour et au nom de monsieur Me Antoine Paris son frère advocat en la Cour, absent et pour lequel il se fait fort au sujet de la présente vente, sçavoir est en premier un domaine appellé le Grand Chamfret, maison, grange, bastiments, plassage, près, vergers et terres, le tout joinct ensemble de la contenance d’environ quarante sesterées, sittuées au terroir du dit Moyrans confrontant le chemin public allant du dit Moyrans à la Murette du levant, les héritiers de Jacques Faure Monnet aussy du levant et bize, le béal de la Rivière appellée la Grande Morge, aussy de bize, la prise de leau de la scie d’André Gonard Piche, pré des révérants pères Chartreux de la Sylve Bénite et le pré du dit Gonard Piche, le béal de la dite scie et battoir entre deux du couchant, terre du dit Gonnard et les terres des héritiers de Jean et Jacques Eymin du midy ; plus il vend comme dessus une pièce de terre située au dit lieu de Moyrans appellée la Gouyette basse contenant environ six sesterées qui jouxte le sus dit chemin public allant du dit Moyrans à la Murette et à Voyron du levant, terre de Me Jean Bonardon notaire de Grenoble, chemin voisinam montant du dit grand chemin allant à la maison du dit Gonard Piche de bize, grange et terre du dit Gonard Piche aussy de bize, le béal des moulins du dit Moyrans du couchant, terres des héritiers de Jean Morel du midy, plus vend une pièce de bois chataigneray et à tail sittué au dit terroir de Moyrans au Mas des Planes appellé le bois des filles contenant environ sept sesterées… Plus vend comme dessus une pièce de terre d’environ cinq bichetées et demy située au dit terroir mas de Montmartel ou de la Montferrale acquise par eschange par le dit sieur Trenonay de noble François Alphonse de Simiane, jouxte le dit grand chemine allant de Moyrans à la Murette du couchant, terre du seigneur de Montferra du midy et laquelle terre à esté eschangée au dit sieur de Simiane contre une pièce de vigne située au dit Montmartel contenant environ une sesterée. Plus vend comme dessus une scie et battoir avec leurs dépendances autour, situés au terroir du dit Moyrans, mas du dit Grand Champfret confinant du levant le dit grand chemin allant du dit Moyrans à Voyron et à la Murette, la dite rivière de Morge de bize et couchant, les dites scie et battoir acquise par feu Jacques Trenonay père du sus dit vendeur d’André et Antoine Dode père et fils lesquels l’avoient acquise en pension de feu seigneur comte de Maillac par contract du vingtroisieme may mil six cent soixante cinq receu par Me Roche notaire de Saint Geoire.
Plus vend comme dessus une autre pièce de terre dans laquelle il y a une maison construite appellée la Gouyette haute contenant environ cinq journaux confinant le dit grand chemin allant à Voyron du levant avec tous les susdits fonds et bastiments de leurs autres plus vrayes et meilleurs confins, entrées, sorties, droicts, honneurs, charges, appartenances et dépendances, droict d’arrousage et riverage et autres droicts de servitude quelconque, le tout cela qui luy ont esté légués par le dit feu Jacques Trenonay son père dans son dernier testament solennel. Lequel en avoit fait l’acquisition du dit seigneur comte de Maillac par contract de vente du dix sept décembre mil six cent soixante neuf receu par feu Me Pierre Lovat notaire au dit Moyrans, ou acquis par eschange ou autrement par le dit sieur Trenonay vendeur, estant aussy compris dans la présente vente tous les outils de labourage , ensemble le pressoir, cuves, tonneaux et vaisselle vinaire existants à présent dans les sus dit domaines.
La présente vente estant faite pour et moyenant le prix et somme de dix neuf mille cinq cent livres en icelle comprises toutes les estraines de laquelle somme il en sera payé par les dits sieurs Paris aux créanciers du dit sieur Trenonay la somme de sept mille cinq cent livres, ainsy que le dit sieur Claude Paris au dit nom promet et s’oblige payer aux dits créanciers au premier janvier prochain à et d’en faire tenir quitte le dit sieur Trenonay à peine de tous dépens dommages et interets, lors duquel payement les dits sieurs Paris frères entrevont et seront subrogés aux droicts actions privilèges et hypoteques des dits créanciers, ainsy que le dit sieur Trenonay y consent dès à présent. Et au cas qu’il soit deub moins de la dite somme de sept mille cinq cent livres, aux dits créanciers, le surplus d’icelle somme sera payé au dit sieur Trenonay par les dits Paris et employé pour l’éducation des enfans du dit sieur Trenonay, en la ville de Grenoble ou pour les nécessités particulières du dit sieur Trenonay de de la damlle son épouse. Et quant au présent du sus dit prix de la présente vente arrivant à la somme de douze mille livres il a esté convenu que la dite somme restera entre les mains des dits sieurs Paris frères jusque aux décès tant du dit Trenonay vendeur que damlle Prudence Barut son épouse en payant annuellement par les dits sieurs Paris l’interet d’icelle somme capitale de six en six mois au dit Trenonay…
Après lesquels décès des dits sieur et damlle Trenonay les dits Paris seront tenus de payer la dite somme de douze mille livres de capital et interet qui pourroient se trouver pour lors aux enfans ou héritiers des dits sieur et damlle Trenonay suivant leur dispositions testamentaires jusques auxquels temps et payement des sus dits fonds et bastiments vendus ,demeureront affectés et par exprès hypothèques au profit du dit sieur Trenonay et des siens…
A esté convenu que la prise de bled et des autres graines de quelques espèces qu’ils soyent ensemble des vins et autres fruicts qui seront perceu au dits fonds vendus pendant la présente années appartiendront entièrement au dit sieur Trenonay…et quant aux foins, refoins et pailles qui seront aussy perceus et recueilli aux fraix du dit sieur Trenonay il a esté convenu qu’ils appartiendront entièrement aux dits sieurs acquéreurs sauf ce qui sera nécessaire pour l’entretien du bestaile ordinaire du dit sieur Trenonay jusque à la sus dite prise de possession…
Faict et publye au dit Moyrans dans la maison des dits sieurs Paris, présent M. Me Joseph Nugues advocat en la Cour et sieur François Demery et Jean Rabier tous deux résidants au dit Moyrans témoins requis et signe avec les dites parties et sieur Bourget Scindic.
15.12.1728 : Bail à ferme par maître Estienne Paris advocat en parlement à sieur François Acoier marchand de Rives, le domaine de la Gouterie situé au lieu de Charnècles, consistant en maison, grange et autres bastiments, prés, terres, vergers, jardins.
Besoin d’argent ?
Me Guillaume Lovat (3 E 1980)
12.1.1730 : Noble Claude Paris de la Montagne, seigneur de Serpaize, Illins et autres lieux, donne à bail pour neuf années au sieur Brossat notaire de Moyrans et un nommé Chassigneux les domaines et battiments terres, prés, vignes, bois et autres fonds appartenant au dit seigneur, constituant futur dans les communautés de Moyrans excepter la maison et jardin que le dit seigneur possède dans le bourg de Moyrans. Fait et passé au dit château de Serpaize l’an mil sept cent trente et le douzième janvier.
Transaction
22.1.1730 : Claude Paris cède à titre de ferme pour huit années et huit récoltes à Michel Brossat, notaire royal le domaine de la Guillonniere situé à Moirans consistant en maison, grange et aultres batiments, terres, hautins et vignes basses, prés, bois et autres fonds en dépendants. Les dits bois appellé Bizet situé dans la paroisse de Moyrans contenant environ six journaux et un autre bois situé à Reaulmont au mas du Grand Criel contenant environ quatre journaux.
Le dit seigneur de la Montagne en a fait l’acquisition de Monsieur de la Collombière par contract du dix neuf novembre mil sept cent vingt, plus le domaine appelé de l’Isle situé à Moyrans consistant en maison et bastiments, terres, vignes, prés et aultres fonds. Plus une terre au Mas de saint Jacques d’environ deux journaux et demy, une autre terre au mas de Champlong contenant environ quatre bichettées, plus le bois appellé
les Brosses situé à Moyrans quatorze sesterées plus un autre bois au mas de Criel appellé Manguely contenant environ quatre bichettées et finallement une terre située à Moyrans au mas appellé la Perelle de la contenance d’environ huit journaux.
Bail à ferme
22.12.1730 : Noble Claude Paris de la Montagne seigneur de Serpaize, passé devant Me Guillaumet notaire Royal à Vienne le douzième janvier mil sept cent trente, à maitre Brossat le domaine de la Guillionnière, un bois situé au grand Criel, domaine de l’Isle constituant en maison, batiments, terre, vigne, prés et autres fonds en dépendant.
Une terre au mas de saint Jacques, une terre au mas de Champlong, le bois des Brosses, un bois au mas de Criel appelé Manguely, une terre appelé la Perelle.
22.1.1730 : Inventaire du domaine de la Guillonniaire
23.1.1730 : Bail à ferme au profit de maître Brossat, le domaine de la Vimatelle situé à saint Jean de Moyrans appartenant à Claude Paris, le domaine situé à Charnècles, plus bois taillis chataignier à Réaulmont au mas de Bessey.
13.4.1730 : Transaction pour faire procéder aux dégradations et détériorations commises par sieurs Joseph Baboy et Louis Charvet ses precedans fermiers accordés par décret du dix huit février dernier, dégradations commises au bois appellé la Brosse, estimé à la somme de sept cens et cinquante trois livres. Maître Michel Brossat, (3 E 20713 )
23.1.1730 : Inventaire des meubles, bestiaux, outils de labourage et autres effets remis par noble Claude Paris de la Montagne à Thomas Moulin, laboureur demeurant à Charnècles en exécution du bail à ferme à luy passé par le dit seigneur de la Montagne du domaine à luy appartenant situé au dit Charnècles et biens en dépendant le vingt trois janvier mil sept cent trente devant maître Lovat notaire à Moirans.
12.12.1730 : Inventaire sur bestiaux, outils de labourage fourrages et autres effets remis par noble Claude Paris de la Montagne à Antoine Chassigneux laboureur habitant de la paroisse de Saint Jean mandement de Moyrans en exécution du bail à ferme à luy passé par le dit seigneur Paris de la Montagne du Domaine à luy appartenant situé dans la dite paroisse de saint Jean avec ses dépendances le vingt trois janvier mil sept cent trente devant Me Guillaume Lovat notaire au dit Moyrans.
Premierement deux bœufs poils rouges agés de six années, plusieurs autres bœufs poil noir aussy de six années, le tout estimé à prix de foire trois cent quarante livres, plus une vache poil rouge agée de six années estimées aussy prix soixante livres. Plus un chart avec ses quatre roues ferrure et sa garniture et une herse aussy ferrée, le tout en bon état estimé au dit prix de soixante livres. Plus un joug et deux paires de joulures demy usées. Plus une demy corde de chanvre pesant quinze livres demy usée. Plus une charrue demy usée. Plus deus fourches de fer my usées, une sappe, une chaîne, un chainon, un demy pertuit, une cuvette et une petite fourche le tout de fer, pesant cinquante trois livres.
Plus dans la maison une crémaillère, un petit chenet, une pelle pour le feu et une porte de fer au four presque neuve.
Plus un grand pot de fonte à faire la soupe pesant vingt quatre livres en bon état, et un autre pot de fer tenant environ une cuillère, servant à fondre la graisse, my usé. Plus un demy garde robe bois noyé fermant à clef my usé, plus un bois de lit de noyer à quatre quenouilles fort vieux avec le ciel et le fond bois sapin aussy vieux, plus un bichet de bois mesure de Voiron plus que my usé. Plus deux tarrières, une autre petite tarrière, un petit bigot et une hache à couper du bois le tout en levet. Plusieurs lanternes de bois blanc.
Dans le tinallier il y a un grand pressoir bois avec sa perche, un evier et toute la garniture neuf à l’exeption de la perche ou il y a un lien de fer. Plusieurs cuves rondes tenant environ soixante charges garni de bois courbes en bon état. Plusieurs autres cuves rondes tenant environ cinquante charges avec un courbe et un cercle de fer et surfourche en bon état. Plus deux girler pour voiturer la vendange demy usés. Plus dans la cave qui est à costé il y a un grand tonneau contenant environ huit charges avec quatre cercles de fer en assez bon état. Plus deux autres contenant six charges chacun. Plus un contenant trois charges et demy chacun en bon état. Plus cinq, contenant deux charges chacun en moins bon état. Plusieurs autres contenant trois charges en moins bon état. Plusieurs poutres dans la cave. Plus vingt un poulets et un coq. Plus il a esté fini, la présente année dans leurs fonds répondant au dit domaine, cent bichets de bled, froment, quatre bichets de seigle et trois bichets orge hivernal le tout fermé en terre convenable et avec les laboures nécessaires, et pareille quantité de graines beaux et nettes sera remise en terre aussy bien cultivés et en saison convenable la dernière année du dit bail.
Plus les couvertures des battiments du dit domaine sont en bon estat et ont esté raicurés et repassés d’un bout à l’autre, et le dit preneur fera tenir de les laisser de mesme. Les portes et fenetres des battiment sont leurs fermetures, ferrure, serrure et clefs, le tout en bon etat et dans l’écurie des bœufs il y a deux creches et ratelier en médiocre etat Plus luy fourni regain et paille recueillit la presente année dans le dit domaine et le dit Chassigneux sera tenu de les rendre de meme à la fin de son bail. Plus les fossés pour la cloture des fonds du dit domaine pour l’écoulement des eaux et pour l’arrosage des prés, sont aussy en bon état et le dit Chassigneux les rendra de meme.
21.12.1730 : Comme aussy que honneste Jacques Morel chapellier et Joseph Delovat chamoiseur, habitans au bourg de Moirans se soient pourvu par requette à Monsieur le juge du dit Moirans le premier aoust dernier par laquelle ils ont conclu avec Louis Charal, fermier du domaine de Laguillionnière située prés le bourg du dit Moirans appartenant à messire Claude Paris la Montagne, seigneur de Serpaize, Illins et autres lieux de leur faire les labours nécessaires en une pièce de terre qu’ils ont le chascun au mas de Champlong, mandement du dit Moirans, à cause du passage du passage que le dit seigneur et ceux quy ont cy devant jouy du dit domaine de Laguillionnière et le long des fonds des dits Morel et Delovat situés au dit Champlong par un chemin venant du domaine de Laguillionnière aboutissant au grand chemin du dit Moirans à Rives, laquelle requette a esté répondu d’un soit montré à partir pour répondre dans trois jours, à l’instruction de laquelle requette et droit le dit sieur Charal a répondu qu’i n’avoit jamais fait aucun labours aux fonds des dits Morell et Delovat au subjet du dit chemin et passage et qu’il luy estait pas connu que le dit sieur Paris la Montagne fut tenu d’aucunes des choses. Le dit Charal a esté assigné de la part des dits Morel et Delovat par devant le dit juge par exploit du vingt six du mois d’aoust sur laquelle le sieur Charal s ‘est presenté le quatrième septambre suivant, appres quoy le dit seigneur Paris de la Montagne s ‘est pourvu par requette tardante, à ce qu’il fut ,ce jour au dits Morel et Delovat doter une clef qu’il avoit fait poser à l’entrée du dit chemin et a deffaut de ce qu’il luy fut permis de la faire enlever au frais des dits Morel et Lovat et d’estre maintenu en possession de passer avec char, charrette et autres attelages par le chemin sans trouble, ce qu’il luy a esté accordé par droit au bas de la dite requette du vingt huit septambre dernier, signifié au dits Morel et Delovat ; et comme les parties etoient sur le point d’entrer dans un grand et dispencieux proces, elles ont été conseillées de trettés du tout à la miable.
Savoir que moyenant la somme de cinquante livres qui ont été payés au chacun des dits Morel et Delovat par le dit sieur Dusaut, faisant pour et au dit du seigneur Paris la Montagne, reellement et comptant en bonnes especes de Cour au vue de moy notaire et témoin, le dit Jacques Morel et Joseph Delovat consentent que le dit seigneur Paris de la Montagne et les siens passent et repassent avec char, charrette et autres attelages a perpétuité par le dit chemin venant de Laguillionnière passant le long des fonds du dit Morel et Delovat allant joindre le grand chemin du dit Moirans à Rives au moyen de quoy les procés demeurent estaing et assoupy entre les parties le tout à tous dépens dommages et interets.
Ainsi convenu promis obéir et pour cet effet les parties ont passé les promesses, obligations, renonciations et clauses requises. Fait écrit au dit Moirans dans la maison de Jacques Morel.
Rémission
Me Michel Brossat 3 E 20714 (folio 102)
6.7.1732 : Par devant le notaire Royal de Moirans soubsigné ce sixieme juillet mil sept cent trente deux fut present messire François de Sautereau, seigneur d’Ampiere le Rosay et autres places, chevallier d’honneur de la Chambre des Comptes de Grenoble, residant au dit Moirans au nom de commoprotier fondé de pouvoir de noble Claude Paris de la Montagne, seigneur de Serpaize, Illin et autres lieux, conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France et de ses finances, passé devant Me Guillonnet notaire royal à Vienne, le vingt un septambre dernier, annexé à ses presentes, lequel au dit nom, a vollontairement de laisé et delaisse par les presentes purement et simplement à demoiselle Anne Lovat fille unique de feu Me Joseph Lovat docteur en médecine et de demoiselle Jeanne Bouchu, et à demoiselle Marthe Lovat fille de Me Guilhaume Lovat notaire royal du dit Moirans et de demoiselle Louise Barut, la dite demoiselle Anne Lovat habitant presentement à Coublevie, et la dite demoiselle Marthe Lovat au dit Moirans, héritières présomptives de feu messire Louis Marin Lovat preste et encore curé de Coublevie, leur oncle, touttes les deux cy presentes et assistantes, scavoir l’hérédité du dit feu messire Louis Marin Lovat à laquelle le dit sieur Paris de la Montagne a esté institué par son testament du quatorze octobre mil sept cent vingt sept vu par mestre Billion, notaire, en quoyque la dite hérédité consiste et puisse constitué pour biens, meubles et immeubles et tous droits actions et prétention sans en rien excepter
10.7.1732(folio 109) : Compte entre noble Claude Paris de la Montagne seigneur de Serpeize Illins et autres lieux, conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France et de ses finances, subrogé par Me Pierre Rivière Receveur au grenier à sel de Moyrans par acte du douze aoust mil sept cent vingt deux, recu par Marchand notaire à Grenoble en la dite juridiction à luy faite du domaine du petit Champfret situé au dit Moyrans ayant appartenu à demoiselle Catherine Trenonay, veuve de Me Sébastien Pelissier, vivant procureur au parlement de Grenoble, et à sieur Marc Pelissier leur fils d’une part et sieur François Marchand demeurant à Lombard, paroisse de Charavines au nom et comme mari de demoiselle Elisabeth Billiard sa femme et son procureur irrévocable, suivant leur contract de mariage du vingt neuvieme novembre mil sept cent vingt sept recu par Blanchet notaire royal à Rives…. Le dit compte fait exécution de la sentance du juge de Moirans du vingt huitieme may mil sept cent trente un par laquelle le dit sieur Rivière a esté condamné de delaisser au dit sieur Marchand et à sa femme les biens ayant appartenu à la dite demoiselle Catherine Trenonay et au dit Marc Pelissier….
Transaction
15.9.1733 : Par devant Michel Brossat notaire royal au Bourg de Moyrans soubsigné furent present messire Jean Armand Gallian prestre et recteur de la chapelle de saint Claude fondée dans l’eglise parroissialle de Moyrans, beneficiere dans celle de Coublevie d’une part et sieur jean baptiste Dusaut demeurant au château de Serpaize près de la ville de Vienne au nom et comme fondé de procuration de noble Claude Paris de la Montagne seigneur de Serpaize ; Illins et autres lieux, conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France et de ses finances, passée devant Me Guilhaument notaire royal au dit Vienne, le dixieme may 1731. Lesquelles parties ont dit que par contract passé devant Pasquet notaire royal à Coublevie le sixieme octobre 1712, feu messire Louis Marin Lovat prestre et recteur de la Chapelle de saint Claude fondée en l’eglise de Moyrans auroit albergé à sieur Joseph Tournier une pièce de terre autrefois en pré dependante de la fondation de la dite chapelle de saint Claude de la contenance d’environ un journal, située au dit lieu de Moyrans, près le grande pont qui est sur la rivière de Morge joignant la maison plassage et le jardin de François Bruna, maison et terre d’Alexandre Rey, tisserant du levant, le grand chemin tendant de Lyon à Moyrans du midy, la dite rivière de Morge du couchant et terre de sieur Paris médecin de bize, moyennant une pention annuelle et perpetuelle de la somme de deux livres payable le jour et feste de saint Michel vingt neufvieme septembre de chaque année, lequel albergement fut faitte ensuitte de la permission obtenue de Monseigneur l’eveque de Grenoble par son ordonnance du premier septembre de la meme année 1712…. Par contrat du premier juin 1720, recu par Lovat notaire à Moyrans, le dit sieur Tournier subrogea et mit en son lieu et place le dit sieur Paris de la Montagne en l’albergement a luy passé par le dit feu sieur Lovat recteur le six octobre 1712, à la charge de payer la pention de quarante sols, et outre le dit sieur Paris remboursera comptant au dit sieur Tournier la somme de quatre cent livres pour les réparations qu’il avoit faite au dit fond ainsy qu’il est contenu au dit contrat ; qu’après la dite subrogation, le dit sieur Paris de la Montagne a aussy esté obligé de faire des reparations considerable au dit fond pour le retablir et le garantir des innondations de la Rivière de Morge ; que cependant le dit sieur Gallian nouveau Recteur a fait assigner le dit Paris la Montagne par exploit du premier avril 1733 par devant le juge de Moyrans pour voir ordonner que sans avoir egard au dit albergement du six octobre 1712 qui seroit declaré nul et de nul effet, le dit sieur Paris seroit tenu de delaisser et abandonner au dit sieur Gallien le dit fond cy dessus mentionné avec restitution de fruicts depuis le jour de sa prise de possession de la dite chapelle…. De la part du dit sieur Paris de la Montagne il auroit esté répondu que le dit albergement estoit régulier et ne pouvoit recevoir aucune atteinte puisqu’il a esté passé du consentement du dit sieur Dobet patron de la dite chapelle et ensuite de la permission de M. l’eveque de Grenoble porté par son ordonnance du premier septembre 1712 ; qu’ainsy le dit Gallean estoit non recevable et mal fondé dans sa demande, dont il devoit estre débouté…. Fait et stipulé au Bourg de Moyrans dans l’etude du notaire soubsigné l’an mil sept cent trente trois et le quizieme septembre avant midy. Me Michel Brossat 3 E 20715. (folio 242)
16.7.1736 : Sur les differents qui estoient sur le point de naitre entre noble Claude Paris de la Montagne seigneur de Serpaize, Illins et autres lieux, Me François Coffe procureur au parlement de Dauphiné et autres juridictions, et sieur Antoine Martel, bourgeois à Charnècles, en ce que le dit seigneur de la Montagne se plaignoit de ce qu’il estoit trop chargé à l’estime du pré qu’il possède ayant appartenu à Joseph Fournier fils à Michel qui le tenoit du feu sieur de Lionne et que mesme il n’auroit pas sa contenance, lequel pré avoit esté levé de plus grande pièce du contenu en tout de neuf seterées vingt une modurières trois huictieme suivant l’article onze de la parcelle du feu sieur George Martinon du parcellaire de la Comté de Rives situé à Charnècles mas du Plan ou de la Gouterie, Me Coffe et le sieur Martel disoient qu’ils n’avoient pas au dela de leur contenu, et pour parvenir à regler les dits differents, il a esté faict mansuration de tout le susdit pré par le sieur Cuchet arpenteur le dixieme de ce mois, par laquelle il s’est trouvé que le seigneur de La Montagne n’a qu’une seterée deux quartelées quatre modurières, Me Coffe trois seterées deux quartelées deux modurières et outre ce, du chef d’Ennemond Bourde representé par Jean Allet, trois quartelée une modurière et demy, laquelle contenance le dit Coffe a fait vuidé au dit Allet ,et le dit sieur Martel a deux seterées deux quartellées cinq modurières, ce qui fait en tout huict seterées trois quartellées demy modurière, en sorte qu’il manque de fond de la contenance total dont au dit parcellaire plus d’une seterée, dont l’estime par consequant se trouve perdue, et pour que à l’avenir les parties n’ayent plus de contestations sue ce que le chacun doit supporter de l’estime totalle de quatre livres dix huit sols huict deniers une pite à laquelle le sus dit pré a esté tiré pour ce, est il ce jourd’huy seizieme juillet mil sept cent trant six par devant le notaire Royal à Moyrans soubsigné a esté present sieur jean Baptiste Dusaut ageant général et procureur fondé du dit seigneur de la Montagne, le dit Me Coffe et le dit sieur Martel, lesquels de leurs gré sont convenants que le dit seigneur de la Montagne se chargera de treize sols, Me Coffe pour les dits fonds de deux livres seize sols trois deniers une pite, consentant les dites parties que le chargement soit fait pour le chacun le consernant sur le sus dit pied sur le dit parcellaire de la Comté de Rives sur l’exibition qu’il sera faicte du present acte à l’absence des parties mesme.
Sauf aux parties d’agir ainsy qu ‘elles aviseront pour le surplus du fond qui leur manque, et entre autre au dit seigneur Paris et me Coffe, et pour se faire decharge de la dite estime perdue, soit contre la Comté ou autre à quoy le present qui n’est que provisionnel ne leur pourra nuire ny préjudicier, ainsy convenu et acepté par les dites parties, qui pour l’observation de tout ce que dessus ont passé les promesses soumissions, obligations et clauses a ce requises, fait lu et publyé au dit Moyrans etude de moy notaire en presense de messire Joseph Gallien prestre et curé de Charnècles, sieur Etienne Vallon praticien du dit Moyrans témoins requis signes avec les parties.
Arrentement
Me Michel Brossat 3 E 20716.
26.3.1738 : Arrentement par Jean Baptiste Dusaut fondé de pouvoir de messire Claude Paris la Montagne, seigneur de Moyrans, la Buisse ,Serpaize, Illins et autres lieux, passé devant Me Sylvestre et son confrère, notaire à Paris le vingt sizieme mars mil sept cent trente huit dont la minute a esté annexée à un bail à ferme passé par le dit sieur Dusaut au profit du notaire soubsigné par devant Me Delaye notaire au dit Moyrans ce jourd’huy d’une part et Antoine Chassigneux laboureur, habitant la parroisse de saint Jean d’autre part. Scavoir que le dit sieur Dusaut au dit nom a continué et continue par les présentes au profit du dit Chassigneux icy acceptant le bail à ferme à luy passé par le dit seigneur la Montagne par devant Me Lovat notaire au dit Moyrans le vingt troisième janvier mil sept cent trente du domaine appelé de la Vernalette situé dans la dite parroisse de St jean de Moyrans appartenant au dit seigneur de la Montagne consistant en maison, grange, écuries, tinalier et autre battiments, terre dans lesquelle il y a des treillages de souches de vignes, prés et bois en dépendants, le tout mentionné au dit bail à ferme ; circonstances et dépendances, laquelle continuation est faite pour huict années et huict récoltes consécutives, pour et moyenant le prix et somme de cinq cent livres pour chacune des huict années, en espèces sonnantes sans aucuns billets.
Arrentement
Me Delaye ( 3 E 1949) : Par devant le notaire royal à Moyrans sousigné fut présent sieur Jean Baptiste Dusaut ageant et fondé de procuration spéciale de messire Claude Paris de la Montagne seigneur de Moyrans, la Buisse, Serpaise, Illins et autres lieux passés devant Me Sylvestre et son confrère notaires à Paris le vingt sizieme mars mil sept cent trente huit dont la minute est demeurée annexée à ces présentes. Le dit sieur Dusaut estant ce jourd’huy au dit lieu de Moirans lequel au dit nom a donné par les présentes à titre de ferme pour huict années et huict récoltes consécutives qui ont commencée au jour et feste de tous les saints de la présente année mil sept cent trente huit, et qui finiront à pareil jour de l’année mil sept cent quarante six, à promis au dit nom de faire jouir pendant le dit temps à Me Michel Brossat notaire royal au dit Moyrans y demeurant présent et acceptant : sçavoir les droits et revenus dépendants des terres et seigneuries de Moyrans et la Buisse et leurs dépendances apartenantes au dit seigneur Paris de la Montagne, au moyen de l’acquisition qu’il en a fait de monsieur le duc de Villeroy, par contrat du quatorze juillet mil sept cent trente sept, consistant en cences, rentes laods, avents my loads, greffe de judicature et de chatelenie, droits de peage ou pontonnage, langues de boucherie, droicts de loide sur les grains qui se vendent dans le marché du dit lieu de Moyrans et autres droicts et devoirs seigneuriaux dus au dit seigneur de Moyrans et de la Buisse, en quoy que le tout puisse consister, plus une maison située dans le bourg du dit Moyrans et sur la Grande Rue du dit lieu apellé Gravière, consistant en une cuisine et salle au rez de chaussée et plusieurs chambres au dessus, une grande cave, une cour et tinerieux sur le derrière. Le tout en un tènement ainsy que le tout se comporte et dont une partie des dits battiments et présentement occupé par le sieur Bourget.
Plus le domaine appellé de la Guillionnière situé dans la parroisse et mandement du dit Moyrans consistant en maison, granges, escuries et autres battiments, jardin, verger, terres dans lesquelles il y a des souches de vignes en treillages, vignes basses, près et autres fonds en dépendants, les dits bois consistant en ceux qui sont dans le tènement du dit domaine de la Guillionnière et celluy apelé le Bois Bizet située dans la dite parroisse de Moyrans de la contenance d’environ six journaux. Plus deux bois appellé les Brosses, situés dans la dite parroisse de Moyrans de la contenance d’environ dix huit sesterées. Plus un autre bois situé au mandement de Moyrans, mas de Criel ou Manguely de la contenance d’environ huict bichetées et encore un autre bois situé au mandement de Reaulmont au mas du Grand Criel contenant environ une sesterée quinze mordurières.
Plus le domaine appellé du Petit Chamfret situé dans le mandement et parroisse de Moyrans consistant en une maison, grange, écurie et autres battiments, verger, jardin et terres dans lesquelles il y a des souches de vignes en treillages, vignes basses, bois et autres fonds en dépendants. Le dit bois estant une seule pièce située au mas de Criel de la contenance de dix seterées, une bichetée, une modurière et finallement le domaine appelé de Lisle situé dans la dite parroisse, consistant en une maison, chambre et écuries, terre dans lesquelles il y a des souches de vignes en treillages, verger, pré et autres fonds en dépendants, les dits droits, domaine et autres fonds cy dessus mentionnés appartenant au dit seigneur Paris de la Montagne, lesquels le dit Brossat a dit bien connaître pour en jouir par luy pendant le dit temps de huict années ainsy et de la mesme manière que le dit seigneur Paris de la Montagne en a jouy et à droict d’en jouir.
Le présent bail fait et moyenant le prix et somme de mil cinq cent cinquante livres pour chacune des dits huict années, que le dit Sr Brossat promet et s’oblige de payer au dit seigneur Paris de la Montagne ou au porteur des présentes au dits lieu de Moyrans ou encore en son château de Serpaise à l’option du dit seigneur Paris de la Montagne en espèces sonnantes et sans aucun billets ny papiers en deux payement égaux qui se feront au jour et feste de Noël et St Jean Baptiste de chacune années….
(Claude habitait alors Paris, rue Culture Ste Catherine.)
Reconnoissance
de messire Claude Paris de la Montagne seigneur de Moirenc. (A.D.I Me Delay 3 E 1949)
Par devant moy Joseph Delay notaire au dit Moiranc soussigne et presents les temoins bas nommés ce jourd’huy onsiesme décembre mille sept cent trante huit avant midy fut present sieur Jean Baptiste Dusaut ageant et fondé de procuration spécialle de messire Claude Paris de la Montagne seigneur de Moirenc, Serpaise, Illins et autres lieux ,passée par devant Me Silvestre et son confrère, notaire à Paris le dix huit décembre mille sept cens trante trois dont coppie est cy apres lequel au dit nom a reconnu et confesse que le dit seigneur Paris la Montagne tient et posséde du fief et directe seigneurie des Reverends pères prieur sindic et religieux du prieuré de St Robert ordre de St Benoit congregation de St Maur, ce acceptant par Dom Antoine Duranel, procureur sindic du dit prieuré cy present.
Premièrement : Des biens reconnus en faveur des sieurs prieur et religieux du dit prieuré de St Robert par sieur Jacques Trenaunay Lamontagne au premier article de la reconnoissance du dix sept mars mille six cent soixante et seize par devant Me Lovat notaire,folio 61 v° Sçavoir une partie de maison composée de plusieurs membres, situés dans la ville du dit Moirenc, rue Gravière anciennement appellée en Bourg Chanin, contenante environ deux modurières, joignant l’autre partie de la dite maison du dit seigneur reconnaissant, albergé du couvent de St François de Moirenc du levant, le jardin du dit seigneur par luy acquis du dit couvent qui n’est pas de cette directe du midy, et la maison de Sr Antoine Clet qui fut de Pierre Devellier Babotan de cette directe du couchant et la dite rue Gravière de bise avec ses autres et plus vrais confins sous la cence annuelle et perpetuelle de sept sols six deniers payable au chaque fete de noel avec laods et vents et plait accoutumé à chaque mutation de possesseur.
Art 2 : Plus des biens reconnus par le dit sieur Jacques Trenauney au second et sixieme articles de sa reconnoissance du dit jour dix sept mars mille six cent soixante et seize plus des biens reconnus par Eynard Ogier devant le dit Me Lovat folio 37 et encore par François Tollet Cerison le vingt quatre novembre au dit Lemps mille six cent soixante quatorze par devant le meme folio 38 tous les dits articles presentement joints composent une partie du jardin ou parterre du dit seigneur reconnoissant dans lequel il y avoit autre fois une étable située dans la ville du dit Moirenc rue Gravière contenant environ un demy journal féodal qui est de deux cent toises joignant une autre partie du dit parterre du dit seigneur ou estoient autrefois des jardins apartenant à Jean Bonardon, Claude Rivoire,Michel Mermet, Benoist Munier, Pierre Arguillion et maison du dit sieur Jacques Trenaunay, qui ne sont pas de cette directe, du levant, autre portion du dit parterre du dit seigneur qui estoit autres fois en maison apartenant à Ennemond Roux de Laude, Jean Porchier et autres qui aboutissent sur la dite rue Gravière qui n’est pas de cette directe du midy et du levant autre fois une ruelte entre deux du dit cotté du levant la dite rue Gravière du midy, une autre portion du parterre du dit seigneur reconnoissant, les murs de cloture de la ville de Moirenc autres fois entre deux du couchant et une autre portion du dit parterre du dit seigneur, les anciens murs de la ville de Moirenc autre fois entre deux de bise sous la cence annuelle et perpetuelle pour tous les dits articles joints de six sols six deniers.
Art 3 : Plus des biens reconnus par le dit Sr Jacques Trenaunay Lamontagne du dit jour dix sept mars mille six cent soixante et seize aussy par devant le meme, une pièce de vigne située au dit Moirenc au terroir appellé du Petit Chamfret contenant environ deux journaux
Art 4 : Plus des biens reconnus par le dit sieur Jacques Trenaunay, une pièce de terre et bois située au mandement de Moirenc appellé en Combe Lovat, contenant environ quatre journaux…
Art 5 : Plus des biens reconnus par Me Ferriol Jay avocat en parlement au profit de qui dessus du cinq juillet mille six cent soixante seize par devant le dit Me Lovat folio 65, une pièce de terre cy devant en vigne contenant environ cinq fessorées situées au dit Moirenc au terroir appellé cy devant Montferrier et à present vers Laguillionnière…
Art 6 : Item des biens reconnus par Pierre de Mienne le six mars mille six cent trante trois par devant Me Romestain notaire folio 35 et depuis par le dit Me Ferriol Jay du cinq juillet mille six cent soixante et seize par devant Me Lovat folio 65 v° dans lequel il y a erreur, à sçavoir une pièce de terre autres fois en bois située au dit Moirenc terroir appellé Bois Biget contenant suivant qu’il est convenu (entre les parties) deux journaux… Le dit sieur Dusaut promet au dit nom et soblige de payer aux dits sieurs prieur, sindic et religieux du prieuré de St Robert annuellement et perpetuellement au jour et feste de noel de chacune année et de reconnoitre de nouveau quant il sera requis, le tout à peine de tous depens dommages et interets pour l’observation de ce que dessus…
Teneur de la procuration
Par devant les conseillers du Roy notaires à Paris sous signe fut present messire Claude Paris La Montagne seigneur de Serpeize, Illins et autres lieux demeurent à Paris rue du Roy de Cicille parroisse St Paul lequel a fait et constitué son procureur général et spécial sieur Jean Baptiste Dusaut ageant de ses affaires duquel il donne pouvoir de pour luy et en son nom passé nouvelle reconnoissance en faveur de messire henry de Simiane chevalier seigneur de la Coste, veyer de Moyrans, mestre de camp chevalier millitaire de St Louis à cause de son terrier de Moyrans, et encore au profit des Révérends pères bénédictins de St Robert à cause de leur terrier au dit Moyrans et de Me Pierre Riviere à cause de son terrier du Chevillard des fonds et heritage qui sont subjets et dépendants des directes des dits terriers et des cences et rentes servies et pentions imposés sur les dits fonds, le tout suivant et conformement aux précédentes reconnoissances passées aux dits terriers par les predecesseurs du sit sieur constituant possesseur des dits fonds à leffect de ce que dessus, signe et passé devant notaire tous actes necessaires et faire ce qu’il conviendra, promet obligeant ; fait et passé à Paris dans la demeure du dit sieur de la Montagne le dix huit décembre mil sept cent trente trois avant midy et a signé Paris la Montagne, Villard Silvestre avec paraffe,scellé le dit jour avec paraffe, en marge est ecrit, certiffié véritable suivant la reconnoissance passée à Monsieur de Simiane de jour d’huy dix neuf septembre mil sept cent trente sept.
Quelques notes sur les biens
de Claude Paris La Montagne au mandement de Vienne
Actes notariés
28.8.1714 : Les présidents trésoriers généraux de France du Bureau des finances chambre du domaine, en Dauphiné, chevaliers conseillers du Roy scavoir faisons que sur la Requette présentée au Bureau par Claude Paris de la Montagne, écuyer conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France et de ses finances tendante à ce qu’il plaise au bureau de liquider lods des terres et seigneuries de Vernioz, Azieu et Surieu acquises par le suppliant de dame Catherine de Lescot épouse de messire Jean Baptiste de saint André Marnais comte de Vercel, par Contract du dixième avril mil sept cent quatorze reçu par Junot et son confrère, notaires au Châtelet de Paris au prix de quatre vingt mille livres en principal et six mille livres pour pot de vin.
Comme aussi de liquider les lods de l’acquisition faite par le suppliant des châteaux terres et seigneuries de Serpaize, Villette, Chuselle, fermant ensemble celles d’Illins Lusinay et Mont de messire Etienne Deguebelle seigneur de Montgardin au prix de cent quarante mille livres en principal et trois mille livres pour etraine par contract du onzième juillet dernier, reçu par Reymond et le dit Junot notaires au dit Châtelet de Paris, les dittes terres et seigneuries situées au Bailliage de Vienne, veu les dittes ventes, vue la ditte requette tendante et vue ouï le Rapport de Me Pierre Aubert conseiller du Roy trésorier de France, céans commissaire à ce député le Bureau et chambre du domaine faisant droit sur la ditte Requette a fixé le féodal de la ditte acquisition faite par le suppliant de la ditte Dame de Vercel des dittes terres de Vernioz, Azieu Surieu et leurs dépendances à la somme de quarante mille livres détraction ayant été faite sur le prix porté par le dit contract de celle de quarante six mille livres à laquelle le Bureau a évalué le Rural compris dans la ditte acquisition consistant aux Rentes dues sur les dittes terres et seigneuries, semences meubles outils de labourage capitaux de bestiaux, cuves, pressoirs, vaisselle de cave et fonds ruraux en dépendants et en conséquence a liquider les lods dus au Roy à cause de la ditte acquisition a raison du sixième denier à la somme de six mille six cent soixante six livres treize sols quatre deniers, comme aussi à fixé le féodal compris dans l’acquisition faite par le dit suppliant du sieur de Montgardin par le dit contract du onzième juillet dernier des dittes terres d’Illins Serpaize et leurs dépendances à la somme de cinquante neuf mille livres par rapport à la liquidation faite par le Bureau le trentième mars mil sept cent trois…… 17 juin 1717
Sur la requette présentée à la Chambre par noble Claude Paris la Montagne a ce qu’il luy plaise d’ordonner qu’investiture luy sera passée des terres de Serpaize, Illins, Vernioz ,Azieu et Surieu situées au bailliage de Vienne….
Pour desquelles ventes il y a ordonnances du Bureau qui décharge le suppliant du payement des lods attendu le privilège attribué à son office de secrétaire. Veu la ditte Chambre entérinant la ditte Requete a ordonné et ordonne qu’investiture des dittes terres avec leurs appartenances et dépendances sera passé au suppliant et en conséquence qu’il sera reçu à en preter les foy et hommage pour ce Dus à sa Majesté.
Extrait tiré du cahier 4 du registre cotte 34é registre des investitures 1717 jusqu’en 1723, étant les archives de la chambre des Comptes de Dauphiné et ce ensuite d’Ordonnance d’icelle extraordinairement assemblée du treize septembre mil sept cent soixante quinze sur requette a elle présenté par messire Jean George de Pompignan archevêque de Vienne, collationné par nous Leuger, conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France, greffier en chef en la ditte Chambre.
Me Guillaumet, notaire de Vienne 3 E 16325 et 3 E 16326 années 1714-1724
Vernioz et Bontemps
Bail à ferme
8.11.1714 : Fut présent monsieur Me Joseph Nugues avocat au parlement de Dauphiné, conseiller du Roy, Receveur des tailles de l’élection de Vienne, comme procureur fondé de procuration de Claude Paris la Montagne, demeurant à Paris rue Coquillière, parroisse St Eustache. Baille à ferme à sieur Benoist Coche marchand demeurant à Pinet, Jean Pilliaud marchand demeurent à Vernioz et à Antoine Piroard marchand demeurant à Vitrière, scavoir, le chasteau en domaine de Vernioz et le moulin de la Trappe avec toutes les terres, vignes, bois, paquerage et prés en dépendants. Ensemble la rente noble du dit Vernioz, plus le domaine appellé de Bontemps situé à Pierre St Alban de Vaveys, constitant en bastiments, prés, bois, terres, vignes et autrement pour jouir par les dits preneurs six années consécutives qui ont commencé au jour et feste de Toussaints dernier et finiront au trente unième octobre de l’année de l’année mil sept cent vingt. Controllé à Vienne ce 8 9bre 1714
Illins
3.1.1718 : Pierre Pellegrin, bourgeois de Paris, estant présentement au chasteau de Serpaize, faisant pour et au nom de Claude Paris La Montagne, écuyer, conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France et de ses finances, seigneur d’Illins, Serpaize, Suyrieu, Assieu et Vernioz d’une part et Antoine Renoyrat capitaine de dragons au régiment, de l’autre. Lesquels ont fait l’eschange ; scavoir le sieur Pellegrin au dit nom remet à titre d’eschange au dit sieur Rinoyrat la pièce de terre et bois que le dit seigneur possède au terroir de Mesues mandement du dit Illins contenant environ huit bichetées et à luy abandonnée par Guillaume Maisonneuve Assieu (sans date) Jean Baptiste Dusaut pour et au nom de Claude Paris a constitué à Jean Giraud, laboureur à Assieu, le grangeage du domaine d’Assieu les trois années qui restent à expirer. Bontemps Jean Baptiste Dusaut demeurant à Serpaize pour et au nom de Claude Paris la Montagne a continué à Jean Mabillon, laboureur demeurant au dit St Albon, le grangeage du domaine de Bontemps. Vernioz Jean Baptiste Dusaut pour Claude Paris a constitué à Louis Rivoyre laboureur demeurant à Vernioz le grangeage du chasteau de Vernioz pendant les trois années qui restent à expirer.
1.4.1720 : Messire Melchior de Chastelier vend et cède à Claude Paris de la Montagne scavoir la terre seigneurie mandement juridiction des dits lieus et territoires de Vitrieu et St Alban de Varese avec leur justice, haute, moyenne et basse pour et moyenant le prix et somme de treize milles livres.
7.7.1721 : Présent Jean Jaymes laboureur granger au domaine d’en haut du château de Serpaize transporte à Claude Paris une pièce de terre à présent en herbage, située à Villette, terroir de Chasson d’environ quarante bicherées.
24.11.1722 : Grangeage du domaine appellé la Grange Blanche, dépendant du château de Meysieu. Grangeage du domaine de Turril Sous le Mont, dépendant du domaine de Meysieu.
25.11.1722 : Bail à ferme du domaine de Platacul avec ses bastiments, près, terres, bois et pasquerages à l’exception du moulin et de la pesche dans les eaux d’icelluy.
26.11.1722 : Grangeage du domaine de Genas.
9.12.1722 : Grangeage du domaine du château de Serpaize appellé la Grange Haute.
10.12.1722 : Grangeage à honneste Floris Chenavier, laboureur de Chuzelle, sçavoir le domaine du château de Chuzelle, consistant en bastiments du château, l’appartement du maître réservé, escuries, granges, estables, tinalliers, pressoir, vignes ,terres, près et autres dépendances.
11.12.1722 : Sous ferme du Moulin banal de Villette avec près, terres et vignes en dépendant. Sous ferme du Moulin de Chuzelle. Sous ferme du Moulin d’Illins.
12.12.1722 : Grangeage du domaine de la Craz consistant en bastiments, grange, estables, jardin, terre, vignes et près. Grangeage du domaine de Plantier, consistant en bastiments d’habitation, granges, estables, escuries, bergeries, tinallier, vignes, terres et près.
13.12.1722 : Bail à grangeage du domaine de Pingounettieres.
15 Xbre 1722 : Florie Payet veuve de Pierre Jassaret demeurant à Marenne déclare avoir fait procéder entre elle et à l’estimation des bestiaux et autres choses estant dans le domaine de Sigonnetiere paroisse de St Siphorin appartenant au dit seigneur Paris dont le dit Pierre Jassart estoit fermier. Grangeage à Jean Mabillon laboureur de St Alban de Vareyse le domaine de Bontemps, consistant en bastiments, grange, estables, jardin ; terres, vignes, près et autres fonds.
16.12.1722 : Grangeage à Sr Antoine Pirord, marchand de Vernioz, sçavoir le domaine du château de Vernioz consistant en l’habitation dans l’appartement, grange, estables, escuries, vignes, terres, près, champestres et autres fonds pour neuf années. Grangeage à Sr Jean Giraud laboureur d’Assieu, sçavoir le domaine d’Assieu dépendant de la dite ferme générale consistant en bastiments, grange, estables, escuries, jardin, terres, près, vignes et autres fonds. Baille à ferme à Humbert Blondet et François Martin son gendre, laboureurs de Meysieu, le domaine appellé de Testard au dit Meysieu dépendant du fief de Rambion consiste en bastiments, grangeage, terres, près et pasquerages, au prix annuel de 250 livres et 6 chapons.
20.12.1722 : Grangeage du domaine du château d’Illins Grangeage du domaine du château de Serpaize, appellé la Grange Basse.
23 Xbre 1722 : Inventaire général : ancien domaine de Serpaize, nouveau domaine de Serpaize près de l’église, château d’Illins, moulin d’Illins Tuilerie Domaine de Joux Domaine du château de Chuzelle, moulin de Chuzelle Domaine de Sigonnetière Moulin de Villette Domaine du château de Vernioz Domaine de Bontemps Moulin de la Trappe Domaine d’Assieu Château et domaine de Plantier Domaine et moulin de la Crace
27.3.1727 : Quittance des Révérendes Dames Marie Claudine Renant, supérieure, Marie Catherine Perouse, assistante, Anne Antoinette Cheze, conseillère, Françoise Catherine Perron, conseillère et Marie Thérèse Dufresne, conseillère en économat du Monastère de la Visitation Ste Marie de Ste Colombe lès Vienne d’une part et noble Claude Paris la Montagne d’autre…
7.10.1727 : Présent messire Louis Honnoré de Matyvert de Vaulgrigneuse, procureur fondé de pouvoir de Messire Marc de Malyvert de Vaulgrigneuse et de Dame Marie Elisabeth de Saurin de Ronziere ses père et mère demeurant en leur château de l’Annelliere, confesse avoir receu de Claude Paris la Montagne la somme de cinq mille cinq cent cinquante sept livres huit sols six deniers pour acte de transport du cinq mars dernier.
22.5.1730 : Bail à ferme pour neuf années et neuf récoltes à sieur Laurent Pallier marchand drapier de la ville de Lyon tant pour luy que pour sieur Louis Robert, marchand de soye de la dite ville. Sçavoir le fief et seigneurie de la Tour, situé à St Genis Laval en lyonnois, consistant en un château, un grand enclos dans lequel sont terrasse, orangerie, parterre, jardin pottagers, espalliers, vignes et autres plantes, pour le pris et somme de 3600 livres.
11.4.1734 : Les habitants et forains assemblées à l’issue de la messe parroissialle d’Illins sur les differents qui sont entre messire Louis de Leusse, seigneur des Costes, conseiller au parlement de Dauphiné et autres consors intéressés d’une part et noble Claude Paris de la Montagne, seigneur de la dite terre d’Illins, Serpaize et autres lieus, conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France et de ses finances à l’occasion du récurage de la rivière de Sevennes qui passe dans les preries de la dite communauté d’Illins et sur baissement de l’écluse servant au moulin d’Illins appartenant au dit seigneur Paris de la Montagne pour éviter le regorgement des eaux dans la prerie d’Illins qui porte préjudice notable aux intéressés.
Parlement du Dauphiné
Lettres de provisions
A.D.I B 2485, folio 230
Transaction passée entre Claude Paris la Montagne écuyer, seigneur de Serpaize ,Illins et autres lieux, et les habitants d’Illins. B 2485 folio 288 v°
Transaction passée entre Claude Paris la Montagne seigneur de Serpaize, Illins, Surieu, Assieu, Vernioz, Meyzieu et autres lieux, et les habitants de Serpaize, et reconnaissance générale des dits habitants des dix huit décembre mil sept cent vingt neuf et du vingt trois juillet mil sept cent trante. B 2486, folio 236 v°
11.8.1734 : Transaction passée devant Me Guillaumet, notaire, le 20.5.1734 entre Claude Paris la Montagne, le conseiller de Leusse des Costes, et autres, et les habitants et forains de la seigneurie et mandement d’Illins au sujet de la banalité du moulin d’Illins, ensemble la reconnaissance général passée par les dits habitants et forains en faveur du dit Paris, le six juin mil sept cent trante quatre, tant du droit de banalité que des droits seigneuriaux dus à la dite seigneurie d’Illins.
Bibliothèque Lyautey Grenoble R 8890 (1)
1740 : Par devant Michel Brossat notaire royal à Moyrans fut présent sieur Joseph Trenonay Receveur des Fermes et au Grenier a sel de Voyron en Dauphiné y demeurant. Lequel a déclaré comme il déclare par ces présentes qu’il ne prétendriez en la propriété de l’office de capitaine Châtelain Royal de la terre et seigneurie de Moyrans, saint Jean et Vourey de Moyrans en Dauphiné dont il a été pourvu par le Roy par lettre de provision de la Grande Chancellerie de France du vingt deuxième septembre de la présente année mil sept cent quarante sur la nomination de M. Claude Paris de la Montagne sergent engagiste de la terre et châtellenie de Moyrans et dépendances, qu’il n’a payé aucune finance du dit office de chastelain et que la propriété en appartient au dit seigneur Paris de la Montagne, déclarant de plus le dit sieur Trenonay qu’il n’a point payé les frais de provisions du dit office qui ont esté expédiés en sa faveur, lesquels ont esté fournis et payés par le dit seigneur Paris de la Montagne dont le dit sieur Trenonay ne la point Remboursé attendu que le dit seigneur de la Montagne ne pretent point exiger le dit remboursement de luy, promettant le dit sieur Trenonay de fournir au dit sieur Paris de la Montagne et a ses successeurs sa démission du dit office de chastelain a leur première réquisition meme de leur remettre les provisions du dit office et autres pièces attachés sous le contresel d’ycelle que le dit sieur Trenonay a entre ses mains, pour se faire recevoir au dit office, le tout à peine de tous dommages et intérets, obligation renonciation. Fait et passé. Me Boissat 3 E 21910
20.1.1743 : Messire Claude Paris de la Montagne, a fait et constitue son procureur général et spécial, sieur Jean Baptiste Dusaut agent de ses affaires auquel il donne pouvoir de pour luy et en son nom d’examiner, veriffier, clore et arrester le compte que luy doit estre rendu par Sr Nicolas Dufour.
27.3.1743 : Messire Claude Paris de la Montagne demeurant présentement dans son château de Serpeize, lequel a dit et déclaré qu’après son ataque de paralisie arrivé au moy de may mil sept cent trente huit, laquel luy est tombé sur le bras et main droite et l’empeche de signer, il a eté obligé de donner plusieurs procurations à Joseph Paris de Moyrans, écuyer, son fils en vertu desquelles il a agit et a recu et payé plusieurs sommes pour le dit Paris la Montagne son père soit pendant son séjour à Paris, soit depuis qu’il est venu dans son château de Serpeize… Il a fait est constitué par les présentes pour son procureur général et spécial, sieur Jean Baptiste Dusaut son agent, auquel il donne pouvoir pour luy et en son nom et en sa présence, d’arreter, approuver et signer conjointement avec le dit sieur Paris de Moyrans, le dit compte de la recette et dépence que le dit sieur de Moyrans à faitte pour son père jusqu’à ce jour…
Lettres adressées
à divers membre de la famille (B.Lyautey R 8889 (2) de A à S et de R à Z)
Lettres de Claude Paris la Montagne
adressées à son cousin Joseph Trenonay de Chanfret
Paris 15.10.1722, à M. Trenonay, receveur des fermes , sur son mariage projetté entre lui et Damoiselle Davau. Claude Paris approuve ce mariage « parce que le party lui est fort convenable »
Paris 4.12.1722, Claude promet d’écrire à la mère de Joseph « avant de prendre d’aucun party sur les oppositions et les chicanes que l’on veut vous faire tant sur le testament qui vous fait héritier que sur votre mariage »
31.12.1722, Claude écrit à M. Davau, père de la future épouse de Joseph.
Le mariage de Joseph fils d’Abel et de prudence Barut avait eut lieu à La Côte St André le 8.12.1722 avec Davaud Catherine fille de Jean, conseiller du Roy, ancien maire de la Côte et de Gulon Gabrielle.
Paris 12.1.1723, « Il est vray Madame que j’ay contribué avec plaisir à vous faire avoir M. Trenonay Chanfret mon cousin pour votre époux, je n’ai pas hésité un moment depuis qu’il m’en a parle, estant en province » Paris 27.5.1723 J’agiray Monsieur, quand il sera temps pour pouvoir vous procurer le grenier de Voyron… Paris 23.9.1723 J’ay enfin obtenu Monsieur, la commission du grenier à sel pour vous à la place de M. Papon… J’ecry aussy à M. Davau et madame Trenonay votre épouse pour luy marquer le plaisir que je fus de vous avoir procuré cette commission… Serpaise 17.1.1729 J’ai reçu Monsieur mon cher cousin, la lettre que vous m’avez fait l’amitié de m’écrire et celle de ma chère cousine votre épouse. Je fus très sensible aux vœux que vous faittes l’un et l’autre pour moy, parce que je suis persuadé de leur sincerité… Sampigny 2.3.1729 Je suis arrivé icy depuis dix jours en fort bonne santé, j’ay trouvé mes frères de meme… Serpaise 24.6.1729 ( on l’on s’apperçoit que Claude fait marcher le commerce local) J’avoiscompté ma très chere cousine de faire le voyage de Grenoble pour aller chercher ma fille, mais la goutte a interrompu mon projet, en sorte de Me André Trenonay eu commis pour cette ambassade, comme ma fille séjournera à Moyren, la veille et le jour de la St Pierre, je charge M. Trenonay de vous faire remettre une somme de six cent livres pour vous mettre en etat de faire une première disposition pour une commission qui regarde mes frères et moy, il n’en faut pas d’avantage pour m’assurer que vous vous en acquiterez avec plaisir, voicy le fait :
Mes frères me demandent pour l’année prochaine cinquante douzaines de serviettes et cinquante nappes, le tout ouvré. Ils veullent des plus belles et des plus fines qui pourront estre faites, mais il n’est pas moins impoprtant de vous choisir les meilleurs tisserands afin qu’elles soient bien travaillées et bien frappées. Il me suffit de vous expliquer qu’il faut du plus beau et du meilleur. Et vous scavez mieux que moy que pour y parvenir il faut choisir les meilleurs filleuses…quant à moy je vous demande quatre pièces de criège du plus beau et du meilleur, comme c’est une marchandise commune, je vous laisse le choix de les achepter ou de les faire faire. Il faudra y joindre de quoy faire vingt nappes de la meme qualité et si je pouvois les recevoir d’icy la fin du mois de novembre prochain, cela me feroit plaisir . Je vous demande encore pour moy quatre pièces de toille pour me faire des chemises, il me suffira de les recevoir dans un an, parcequ’il faudra, s’il vous plait, les faire faire expres par le meilleur ouvrier que vous connoitrez afin quelles soient bien frappées, bien esgalles et bien fortes. Quand à la finesse, il me suffit de vous dire que je les veux toutes des plus belles que l’on puisse faire dans cette espèce de toille, en acheptant le fil pour les serviettes ou en le faisant filler, vous aurez occasion de choisir et de mettre à part tout le plus beau fil pour faire les dites quatre pièces de toille, lorsque vous aurez bzsoin d’argent, vous n’aurez qu’à m’écrire et je vous en ferais remettre. Aymé moy toujours et croyez moy du meilleur de mon cœur ma très chère cousine votre très humble et très obeissant serviteur. Parislamontagne
Serpaise 21.10.1729, puisque vous avez consommé l’argent que je vous ay fait remettre, je joins icy une lettre pour M seron, qui vous comptera encore six cent livres…
Vous me ferez plaisir de faire faire les serviettes de criege, et lorsque elles seront finis, vous aurez la bonté d’en faire un balot que vous adresserez à Moyran cher monsieur de Sautereau ou je le feray prendre par des voitures de Vienne…
Serpaise 2.8.1730 et 8.12.1730, lettres à son cousin
Livre de Raison de Joseph Trenonay
(Bibliothèque Lyautey R 8889, liasse 6 )
Le 6é jour de juin 1731 j’ai donné au sieur Juillien tisseran de Voyron une pièce de triege à faire pour le compte de monsieur de la Montagne de la longueur de 36 aunes et j’ay fait le prix à 1 livres l’aune de façon je luy e livré pour ce fait 41 livres de filet
Le 4é aoust 1731 livré au Sr Juillien 23 l ½ de fil pour achevé la pièce de triege Le premier aoust 1731 j’ay fait pris avec Chapel, des Illes de Moyrans pour faire du triege pour des serviettes pour monsieur de la Montagne, je luy e promis 1 livres de fasson et luy e donné 23 livres de fillet.
Continuation des lettres de Claude Paris à sa cousine
Paris 3.3.1736, Je vois que vous me promettez les douzes napes à la Venise que je vous ay demandé, de meme que les huit pièces de criege, six pour serviettes et deux pour napes, vous pouvez me les envoyer en pièces, quant aux largeurs je m’en rapporte à vtre choix et votre gout.
Paris 5.5.1738, Je n’ay pu vous informer plutot des nouveaux ordres que j’ay donnés parce que j’ay été 3 semaines sans pouvoir travailler, et il n’y a que 2 jours que ma convalescence est commencée. Quand au grenier de Grenoble,il y avoit trois mois que nous l’avions demandé pour M. pasquier et qu’il nous avoit été accordé par monsieur le controlleur général et le fermier de qui l’employ dependoit et il n’etoit plus possible de rien changer malgrès mes bonnes intentions pour vous faire plaisir dans toutes les occasions…
on trouve aussy une lettre de Justine Trenonay, écrite en 1703
Moyrans ce 10é 7bre 1703, Mon frère je vous prie de venir aujourd’huy avec ma belle sœur pour vous communiquer des affaires que je ne puis pas mettre sur du papier. Je suis entierement à vous et vous attens tous deux à trois heures appres midy. Je suis votre hobeissante sœur Justine Paris la Montagne.
Tout à une fin
Claude n’attendra pas son agonie pour se préparer à la mort. Convoquant son notaire il lui dictera son testament. Chaque détail compte, véritable profession de foi avec l’institution de messes ou de prières et autres célébrations destinées à diminuer l’épreuve du purgatoire et toujours des dons aux pauvres.
Testament
Me Abel Boissat 3 E 22113 6.4.1744 Au nom de Dieu soit à tous notoire que ce jourd’huy sixieme du mois d’avril mil sept cent quarante quatre advant midy Par devant moy Abel Boissat notaire royal de Vienne soussigné , a comparu messire Claude Paris la Montagne, conseiller secrétaire du Roy honorere maison couronne de France et de ses finances, seigneur de Serpaize, Illins, Moyrans et autres lieux, lequel de son gré libre volonté estant dans son lit qui est dans la chambre de plain pied de son château de Serpaize en Dauphiné près de Vienne qui à vûe sur son parterre. Destenu de maladie corporelle et neanmoins parfaitement sains d’esprit memoyre et entendement ainsy qu’il a paru à moy notaire et aux tesmoins bas nommés par luy bien connu, en la présence de tout lesquel il a fait et dicté son testament nuncupatif ainsy qu’il fait. Premier a recommandé son ame à Dieu le Créateur à la glorieuse Vierge Marie à tous les Sts et Stes de paradis, les priant et interceddant très humblement son ame estant séparé de son corps, le vouloir colocquer au nombre des Biens heureux, ely sa sépulture de son corps dans leglize perroissialle du lieu ou il décédera, veut quincombe tant après son décès, il soit célébré mille messes Bases à Requiem, sçavoir trois cent dans leglize ou il sera inhumé, trois cent dans leglize des R.P Capucins de Vienne, et le surplus dans les eglizes de ses terres de Serpaize, Illins et autres que son héritier choisira ; Donne et lesgue à chascuns des curés des perroisses de ses terres, la somme de Deux cent livres une fois payés, à la charge de celebrer dans leurs eglizes deux services solemnel, l’un le lendemain du dit déces, et à la charge de cellebrer par les dits curés le chascun le nombre de cent messes bases de requiem, et une messe chasque vendredy de chasque semaine pendant la dite année, veut et ordonne que dans chasque perroisse de ses terres qu’il soit abillié vingt pauvres qui seront choisi par son héritier, Donne et lesgue par droit de particullière institution héreditaire Delaise à Dame Anne Justine Paris sa fille comtesse de Choyseul sa légitime à la forme de droit, sur laquelle elle imputtera tout ce qu’elle a recu du dit sieur testateur son père en avancement d’hoyrie, l’instituant en ce son héritière particullière , la dejettant du surplus de ses biens, et en cas que la dite dame Anne Justine Paris comtesse de Choyseul vint à décéder avant le dit sieur testateur, au dit cas de prédécès, le dit sieur testateur lesgue par même droit d’institution particullière héréditaire Delaisse à tous les enfants de la dite Dame Anne Justine Paris, nés ou à naitre soit malle ou femelle aux chascuns leurs légitimes à la forme du droit, sur laquelle ils imputteront tout ce que leur mère a ou aura recue du dit sieur testateur, les instituant en ce ses heritiers particulliers, les dejettant du surplus de ses Biens, Item donne et lesgue par droit de particullières institutions héréditaires délaisse à noble Claude Joffroy Paris son fils ayné, à noble Antoine Paris son second fils et à noble Jean Baptiste Paris son troisième fils aux chascuns leur légitime à la forme du droit qu’ils peuvent prétendre tant dans ses Biens que le dit testateur pocedde dans les Pais du droit escrit que ceux qu’il possedde dans les pais cottumiers, sur laquelle légitime, ils imputteront tout ce qu’ils ont recu du dit testateur leur père en avansement d’hoyrie et que le dit testateur a payé pour eux, même les rentes viagères que le dit sieur testateur a constitué de ses deniers sur leurs testes à prandre sur les revenus du Roy qui consiste, sçavoir celle au nom du dit Claude Geoffroy Paris de la somme de trois mille deux cent quatre vingt trois livres six sol huit deniers, celle constituée en faveur du dit sieur Antoine Paris de semblable somme, et celle constituée en faveur du dit sieur Jean Baptiste Paris de la somme de deux mille neuf cent trente trois livres six sols, lesquelles constitutions de Rentes il lesgue à ses enfants en l’est quelle sont pour servir à leurs entretiens et à leurs halimans, sans qu’elles puissent estre saysie par leurs créanciers, les instituant en ce ses héritiers particulliers et les dejettant de touttes pretentions sur le surplus de ses Biens, et au surplus de ses biens droits noms et actions present et advenir, meubles, immeubles en quelques part qu’ils soient situé soit dans la pays de droict coutumier ou dans ceux de droict escrit. Il a nommé surnommé et prononcer pour son héritier et lesgataire universel en tous ses Biens Noble Joseph Paris, le plus jeune de ses fils, par lequel il veut et entend que des dits legs, dettes et œuvres pies soient payés et acquitté. Déclarant le dit Sr testateur que le présent testament est son dernier testament et contenu la disposition de ses dernieres volontés, lequel il veut valloir par droit de testament, codicille, donations à cause de mort et tous autres moyens de droict, cassant , révoquant et anullant le dit sieur testateur tout autre testament, codicille et autres dispositions qu’il pourroit avoir cy devant fait, voulant que le présent soit le seul valable de tout quoy il m’a requis acte que icelluy j’ay octroyé après luy en avoir fait lecture tout au long en la présence de tous les tesmoins laquelle ouye il a déclaré, toujours en la présence de tout les tesmoins Bas nommés que s’est bien ses dernières dispositions, voulant au surplus qu’après son décès il soit fait invantaire sommaire des ses Biens et effets par devant moy dit notaire, en présence de noble Pierre François Fournand conseiller advocat du Roy au bailliage de Vienne et de sieur Jean Baptiste Dufaut qu’il a prié de voulloir bien assister avec son dit héritier. Leur donne pouvoir de prendre les experts qu’ils jugeront convenable pour estimer la valleur des effets despendant de la succession du dit dieur testateur. Déclare en outre le dit testateur que le dit sieur Joseph Paris son héritier cy dessus institué luy a rendu Compte et Rembourcer touttes les sommes qu’il a recu par le dit testateur ensuite des procurations qu’il luy a passé jusque à ce jour, dont il en décharge et quitte. Fait et relu tout au long en la présence de noble Pierre François Fournand, conseiller advocat du Roy au baillage de Vienne, de Mr Me Jean Jacques Rast, docteur de Monpellier, professeur agrégé au Collège des Médecins de Lyon, y résidant rue des Trois Carrans, Jean Croche de St Nizier, de Mr Me Michel Joseph de la Rochellier, docteur médecin de la ville de Vienne, du Sr Jean Baptiste Dusaut agent du dit Sr testateur Residant à Serpaize, de Benoit Eymin, Humbert de Cour, tous deux laboureurs du dit Serpaize et d’Antoine Perrin natif de Moyrans garde des terres de Serpaize et Illins résidant au dit Serpaize, tesmoins Requis signes non le dit sieur testateur pour ne le pouvoir faire à cause d’une paralysie qui luy occupe le bras et main droites depuis plusieurs années ainsy qu’il m’a déclaré en la présence de tous les tesmoins et par conséquance qu’il n’a pas pu signer, de ce enquis et requis.
Codicille (extrait) Au nom de Dieu soit à tous notoire que ce jourd’huy sixieme du mois d’avril mil sept cent quarante quatre par devant moy Abel Boissat notaire royalle de Vienne a comparu messire Claude Paris de la Montagne… lequel de gré libre volonté estant sur un fauteuil dans la chambre de plain pied de son château de Serpaize… et voulant ajouter à son dit testament il a déclaré qu’il vouloit et entendoit que la terre et seigneurie de Moyrans qui depend du domayne de sa Majesté et dont il est seigneur engagiste avec tous ses droits qui en dependent, soit substitué au fils ayné que son dit fils ayné pourra avoir en légitime mariage et que son fils ayné la conserve de même au fils ayné qu’il pourroit avoir faisant la substitution pour la conserver dans la famille, et au cas que son dit héritier meure sans enfans et ses enfans sans enfans, il substitue la dite terre et seigneurie à Dame Anne Justine Paris comtesse de Choyseul sa fille et à ses enfans, voulant que la dite substitution n’aye lieu que dans le cas ou son dit héritier et l ‘enfan de son héritier mourroit sans enfans et que dans le cas ou son dit héritier laissera des enfans, la dite terre et seigneurie et dépendance leur soit substitués par ordre de primogéniture, les malles toujours préférés aux filles sans que les enfans cadet que pouroit avoir le dit sieur héritier puisse prétendre la dite substitution dans le cas ou son fils ayné mourroit sans enfans malles, n’entendant le dit coddicillaire comprendre dans la dite substitution aucuns des biens qu’il posssedes dans la dite terre et seigneurie de Moyrans qui luy sont échu par droit successif ou qu’il a acquis dans la dite terre et seigneurie du dit Moyrans et les autres droits y annexés qui dépendent du domaine du dit Moyrans de sa Majesté. Donne et lesgue aux deux domestiques qui se trouveront à son décès, l’un servant de valet de chambre, et l’autre le plus ancien des deux domestiques servant de laquais, les habits chapeaux bas de soyes et de laisne, les perruques, tout le linges, dantelle, manteaux de lit, Robbes de chambres camisolles et autres servant à sa personne, dont il a invantaire pour le tout appartenir aux dits deux domestiques et estre partagés entre eux egalement et par moytié à la charge par eux de payer au troisieme domestique servant de laquais la somme de trois cent livres, de laquelle le dit codicillaire luy fait don et legs. Et deffand le dit sieur codicillaire en vertu du présent legs à son héritier universel de demander aucun compte ny Rien autre aux dits deux domestiques pour raison du dit invantair d’hardes. Donne et lesgue à chacun de ses gardes chasses establis dans ses terres de Serpaize et Illins au chascun des dits trois domestiques et à chacun de tous les autres domestiques qui se trouveront à son service et près de sa personne au jour de son décès au château de Serpeize ou il a fait sa demeure présentement ou à Moyrans s’il s’y retire une année de leurs gages outre et par dessus, l’année courante lors de son décès, laquelle année leur sera payé en entier, de même que s’y elle estoit Revolus pour lesquels gages il y a un registre sur lesquels les dits domestiques sont tous portés. Donne et lesgue à Joseph Dufoug dit Fabre qui luy sert de vallet de chambre et l’un des dits trois domestiques cy dessus désignés la somme de trois milles livres une fois payés, payable une année après son décès et veut si le dit Joseph du Fourg dit Fabre décédoit avant le dit testateur icelluy Sr coddicillaire lesgue la même somme à Nicolas du Fourg son frère qui est au service du dit coddicillaire, voulant que dans le cas ou les dits deux frères seroient décéder avant le dit testateur, la même somme de trois mille livres appartiennent à leurs héritiers les plus proches. Donne et lesgue encore le dit testateur au dit Joseph Du Fourg et au dit Nicolas Du Fourg son frère la somme de deux mille livres qu’est au chacun celle de mille livres payable dans deux années après le décès du dit coddicillaire. Moyenant lequel legs les dits Du Fourg Rendront compte à son héritier de la vesselle d’argent servant à sa personne et des autres effets dont ils sont chargé à l’exeption des habits et napes cy dessus legués. Donne et lesgue au nommé Mondet son encien domestique la somme de quinze cent livres payable une année apprès son décès ; donne et lesqgue au nommé Fargeau aussi son antien domestique la somme de douze cent livres payable de même une année après son décés, donne et lesgue au nommé Fannel son antien portier la somme de six cent livres payable de même une année après son décés, donne et lesgue au nommé Rong aussi son domestique une pention annuelle de viagère de la somme de cent cinquante livres qui est la même qu’il luy a cy devant promise et donné par une prime. Donne et lesgue le dit testateur au sieur Michel chirurgien qui prend soin de sa santé la somme de trois mille livres payable une année pour luy tenir lieu de Récompence et de dommagement des occasions qu’il a manqué de sestablir par latachement qui l’a eu pour la personne du dit sieur testateur. Donne et lesgue au Sr Chanapien son omonier la somme de quinze cent livres une fois payés une année après son décès et au moyen duquel legs le dit Sr testateur Révoque la pention viagère qu’il luy a promis par un acte recu par moy notaire en sa datte, le priant de se contenter du dit legs au lieu et place de la dite pention viagère … … Fait lecture tout au long et dans son entier…
Me Abel Boissat, notaire royal de Vienne ( 3 E 21910)
8.4.1744 : Par devant moy Abel Joseph Boissat notaire Royal en la ville de Vienne soussigné et présent les témoins susnommés ce jourd’huy huitième du mois d’avril mil sept cent quarante quatre avant midy fut présent Claude Paris de la Montagne conseiller secrétaire du Roy maison couronne de France de ses finances honoraires, seigneur de Serpaize, Illins, Moyrans et autres lieux résidant dans son chatteau de Serpeize près de Vienne en Dauphiné, lequel de son gré pour luy et les siens a déclaré et déclare par ces présentes que tous les livres qui sont dans la bibliothèque du chatteau de Serpeize il ne luy appartient que ceux qui etoit enciennement dans le dit chatteau et qui sont mentionné dans le cathalogue et ce qui en a eté fait contenant huit pages et demy, sur du grand papier, lequel cathalogue le dit seigneur de la Montagne a requis que moy notaire le signe et paraffe au bas en la fin de chaque page avec les tesmoins soussigné pour que soy il soit adjouté et que le surplus de tous les livres qui sont dans la dite bibliothèque du chatteau au dit Serpeize sont et appartiennent à noble Joseph Paris de Moyrans son fils le plus jeune attendu qu’il les a achepté et payé de ses deniers et qu’il les a fait venir au dit chatteau de Serpeize en diverses foys depuis environ deux ans, de l’agrément du dit seigneur Paris de la Montagne, lequel consent que le dit sieur Paris de Moyrand son fils retire les dits livres du dit chatteau de Serpeize et en faire et disposer comme bon luy semblera et comme son bien propre attendu que le dit seigneur de La Montagne ny ne prétend aucun droits sur iceux, le dit seigneur Paris la Montagne ayant retiré et gardé entre ses mains le sus dit cathalogue des livres quy luy appartiennent après avoir lu signé et paraffé comme sus est dit, de tout quoy le dit seigneur Paris de la Montagne m’a requis acte que je luy ay octroyée pour servir et valloir ce que de raison, fait et passé le dit jour et an que dessus dans le chatteau du dit seigneur de Serpeize dans la chambre du Rez de chaussée qui a vu sur le partaire occupé par le dit seigneur en la présence de messire Claude Combe pretre et curé de Mour, de M. Me Michel Joseph Larochettire, docteur en médecine de la ville de Vienne, de sieur Jean Baptiste Dusaud agent du dit seigneur et de sieur Pierre Pellocieux praticien et moy notaire tesmoins requis signe non le dit seigneur Paris de la Montagne qui a déclaré ne pouvoir signé attendu son attaque de paralisie qui luy occupe le bras et main droite de ce enquis et requis.
Ce dix huitième avril mille sept cent quarante quatre a été inhumé dans l’église de cette parroisse le corps de Noble Claude Paris de la Montagne secrétaire honoraire du Roy, maison couronne de France et des ses finances , seigneur de Serpaize, Illins et autres lieux, lequel est décédé le seizieme de ce mois agé d’environ de soixante quatorze ans, après avoir recu tous les sacrements de l’église, fait à Serpaise ce dix huitieme avril mille sept cent quarante quatre en présence des témoins requis sousignés Benoit Eymin et Humbert de Court habitant de cette parroisse. Chavacieux, vicaire deservant
Un mois plus tard Joseph Paris, dernier fils de Claude et héritier universel dicte son testament.
Me Boissat 3 E 22113 (extrait)
Ce jourd’huy septième may mil sept cent quarante quatre a comparu par devant moy Abel Joseph Boissat, notaire royal de Vienne soussigné, messire Joseph Paris de Moyrans résidant à présent au château de Serpaize, lequel de gré libre volonté estant de présence dans l’étude de noble Pierre François Fornand ecuyer conseiller du Roy et son avocat au bailliage de Vienne aucunement indisposé de sa personne et parfaitement sain de tous ses sens, parolles, memoyre et entendement…
Il a fait et dicté son testament nuncupatif
- Donne et legue à Louise Bernard fille de Floris Bernard du lieu de Serpaize une pention annuelle perpetuelle et viagère de la somme de sept cent livres payables quartier par quartier durant la vie de la dite Louise Bernard à commencer du jour du décès du dit testateur.
- Veut et entend qu’il soit célébré trois cent messes basses de mort après son décès dans l’église peroissille du dit Serpeize
- Item donne et lesgue la somme de six cent livres pour mariés deux filles pauvres de la peroisse de Serpeize dans l’année après son décès au choix de son héritier
- Item donne et lesgue à la nommée Legras, résidente à Paris une pention annuelle et viagère de la somme de cent cinquante livres
- Item donne et legue au nommé Ducros le cadet qui réside actuellement au dit Serpeize, domestique du dit sieur testateur et qui a esté à son service despuis environ neuf ans une pention annuelle et viagère de la somme de cent cinquante livres
- Item donne et legue à Ducros layné, vallet de chambre, la somme de quatre cent livres, plus legue au même Ducros la garde robe du dit sieur testateur.
- Item donne et legue au fils ou fille posthume dont la dite Louise Bernard est ensainte la somme de sept mille livres payable à sa majoritté et cependant l’interet en sera payé au dernier vingt pour son entretien à commencer le jour du décès du dit sieur testateur à sa mère et en cas que la dite mère fut décédée, ils seront payés à ceux qui seront chargés de son entretien et éducation, prohibitionde la jouissance du dit legue au dit Floris Bernard
- Veut en outre que tous les legas par luy fait dans le présent testament soient acquitté par son dit héritier
- Il a fait, crée, institué, nommé et surnommé pour son héritier et légataire universel, Noble Jean Baptiste Paris de Meyzieu son très cher frère….
Dispersion des biens
Jean Baptiste n'exécutera pas les vœux de son père et de son frère et vendra petit à petit tous les biens acquis par Claude Paris de la Montagne, les cédant, à Suzanne Paris veuve Sautereau qui les revendra ou arrentera à son tour.
Me Brossat 3 E 20720
6.8.1748 : Par devant le notaire Royal de Moirans soussigné ce sixieme aoust avant midy mil sept cent quarante huit furent présent Dame Suzanne Paris veuve de messire François Abel de Sautereau, chevaillier d’honneur en la Chambre des Comptes de cette province, et messire Antoine Mary de Sautereau son fils, Dame et Seigneur du dit Moirans, Dampierre et autres lieux résidant présentement au dit Moirans, lesquels de leurs grée et volonté, ensuite de la vante qui leur a esté passé le premier du mois de juillet dernier présente année tant pour eux que pour amis élus ou à élire en tout ou en partie des chatelenye, terres et seigneurie de Moirans, saint Jean , la Buisse, Raz sur la Buisse avec les droits de pontourages, greffes et toutes autres appartenances et dépendances, maison, jardin, domaine, pré, terre, vignes, bois et autres biens qui ont appartenu à feu seigneur Paris de la Montagne, meuble, meublant et effect qui sont tous dans les dites maisons et domaine, capitaux de bestiaux, semences, meubles et autres énoncés en la dite vante passée au dit seigneur et dame de Sautereau par le seigneur Paris de Mesieux devant Me Melien et son confraire notaires à Paris. Declarent la dite dame et seigneur de Sautereau qu’ils élisent sieur André Morel marchand de St Jean de Moirans icy présent et acceptant pour une pièce de terre et pré tout joint ensemble dépendante du domaine de St jean, compris en la sus dite vante. Icelle pièce de terre et pré situé au dit St Jean mandement de Moirans au mas appelé le Vernatelle, contenant douze journaux quarente neuf toises ainsy que mansuration en a eté faite le jour d’hier en la présence du dit sieur Morel par un arpenteur par luy choisy, confrontant la dite terre et pré autres terres des dits seigneur et dame de Sautereau dépendant du meme domaine de St Jean, un focé entre deux du midy lequel focé demeure mitoyen un chemin voisinal du couchant et la terre de Me de Legailliere, le dit chemin voisinal entre deux de bize, lequel chemain n’a pas eté mansuré et n’a fait aucun fond dans la dite contenance, le chemain de Moirans à St Jean de Bize, terre des dames Religieuses du levant, pré du sieur Jean Triolle du midy et levant terre du dit sieur Morel et Antoine Eymin aussy du levant, avec ses autres confins, entrée, sortie, droits, propriété appartenance et dépendance dans lequel fond et prairie il y a des treilliages, arbres fruitiers, noyer, ozier et quelques chaines, la dite ellection est faite moyenant le pris et somme de sept mille deux cent quarante neuf livres qu’est la raison de six cent livres le journal et outre est la somme de cent vingt livres pour estraine au dit seigneur de sautereau qui luy ont été payé réellement et comptant en espèces de cour par le dit Sr Morel et les sept mille deux cent quarante neuf livres, le dit sieur Morel promet et s’oblige payer à la fete de tous les saints, premier novembre prochain sans intherest jusque au dit temps passé…
Fait et récité au dit Moirans dans l’hautel de la dite Dame de sautereau en présence de Sr Claude Carlet marchand du dit Moirans et de sieur Ennemond Guillian vallet de chambre du dit seigneur de Sautereau, témoins requis signé avec la dite Dame et le dit seigneur.
Ce sixieme aoust avant midy mil sept cent quarante huit lesquels Dame et seigneur de Sautereau déclarent qu’ils elisent sieur Jean Triolle, marchand de la paroisse de St Jean icy présent et acceptant pour une partie du domaine de St jean dépendant de la sus dite vante consistant en une maison couverte de thuille creuse en une grange aussy couverte à thuille creuse le tout de la contenance qui confine le chemain tendant de Moirans aux Eymins de bize, la terre pour une petite partie d’Antoine Eymin aussi de bize, terre et pré de Pierre Landru et de sa femme mitoyen entre deux du levant, terre du dit Landru et Claude Eymin fils de Claudine de Bize, terre d’Antoine Chassigneux fils d’Antoine du levant aussy un fossé entre deux, terre du dit Sr Triolle du levant et midy, terre de Me de Legalliere du midy et couchant, fossé mitoyen entre deux, autre terre, vergier et tènement de maison du dit sieur de Legalliere aussy fossé mitoyen entre deux du midy, un chemin voisinal du couchant, plus une autre pièce de terre appellé la Viecresse, située au même lieu qui confine le dit chemain de Moirans aux Eymins du midy, le plassage de la sus dite maison et jardin du levant, terre d’Antoine Eymin aussi du levant et la terre dépendante du même domaine dont les dits seigneur et dame de Sautereau en ont fait lelection au sieur André Morel de bize, fossé mitoyen entre deux un chemain voisinal du couchant, plus et finalement les dits seigneurs et Dame de sautereau déclarent qu’ils élisent le dit sieur Triolle d’une pièce de Bois chataignier dépendante du même domaine de St Jean mandement de Moirans située en Criel tout près château Folliet qui confine le chemain de St Jean à Charnècles de Bize, bois de Jacques Jourdan et de du couchant, bois de messieurs les Chartreux du midy, bois du dit Triolle et de Pierre Veyron du levant avec la sus dite maison, grange, plassage, jardin, pré, vergier, terre et bois de leur contenance et autres plus vray et meilleurs confins, le tout bien concet au dit Sr Triolle et tout compris en la dite élection les capitaux de bestiaux fourages, semences et outils de labours, cave , pressoirs, tonneaux et généralement tout ce que a déclaré Chassigneux, fermier du dit domaine, moyenant la somme de quinze mille livres et quatre cent livres pour estraine au dit seigneur de Sautereau … Trois mois après le payement qu’aura fait le dit Sr Triolle, desquels batiments, basse cour, plassages, jardin, pré, vergier, terre et bois ensemble le dit Triolle pourra prendre possession au jour et fete de Toussaint prochaine pour en jouir comme de son bien propre…
8 aoust 1748 : Vente par Suzane Paris veuve Sautereau suite de la vente à eux faite le premier juillet dernier par Me Jean Baptiste Paris de Mesieux ancien conseiller au parlement de Paris devant Me Meylin et son confrère notaires à Paris, des chatellenies, terres et seigneuries de Moirans, St Jean, La Buisse, Ras sur la Buisse avec les droits de pontenages, greffes et autres droits, maisons, batiments, jardin, parterre, domaines ennoncés en la dite vente, déclarent qu’ils élisent Claude Joseph Delegalliere, écuyer, inspecteur des haras de cette province, résidant présentement en ce dit lieu de Moirans, d’une portion de jardin contenant environ "..?.." à prendre sur plus grande pièce ainsy que limittes ont été plantées ce jourd’huy, situées hors et joignant le Bourg du dit Moirans que confine le pré de monsieur Me Estienne Paris avocat, un chemin de tallon entre deux du levant inclinant à Bize, le four commun, le jardin de Jean Ferrand, celuy du dit sieur de Legalliere, des héritiers de sieur Pierre Richard et de celuy de la veuve Roybon du midy, le grand jardin restant au dit seigneur et dame de Sautereau du couchant, convenu qu’il sera fait au frais et dépense du dit Sr Delagalliere, un mur pour séparer la portion de jardin cy dessus et celuy restant à la Dame et seigneur de Sautereau, lequel mur sera placé du costé du midi à un pied de l’espallière et piquets qui sont à présent existants, tout près d’une rangée d’arbres de differentes qualités et espèces, lequel mur sera en ligne droite à prendre du costé du pré du dit Mr Me Estienne Paris, contre le part de la dite Dame et seigneur de Sautereau, le dit mur sera fondé trois pieds d’enterre , de deux pieds de largeurs aux fondations, réduit à dix huit pouces à son hauteur, laquelle hauteur sera egal au mur qui sera actuellement de cloture au dit jardin du costé du dit chamain à Tallon et de celuy du dit parterre , lequel mur le dit Delegalliere Rendra faict et parfait dans le delhay de deux années prochaines. Le sus dit mur qui sera nouvellement construit par le dit Sr Delegalliere appartiendra en toute propriété à la dite Dame et seigneur de Sautereau sans que le dit Sr Delegalliere puisse s’en servir à aucun uzage n’y qu’il puisse planter aucuns harbres ny construire aucun battiment sur le sol et jardin à luy cy dessus vendu qui puisse avoir d’élévation plus haut que le mur nouvellement construit et en cas que le Sr Delegalliere ou les siens veulent battir sur le sol cy dessus acquis ou d’y planter des harbres et les laisser croitres plus haut que ledit mur de cloture, la dite Dame et seigneur de Sautereau et les leurs pourront faire abattre les dits batiments et harbres qui se trouveront plus élevés que le dit mur de cloture. La sus dite rémission et élection faite pour le prix et somme de six cent livres…
9 aoust 1748 : La dame et seigneur de Sautereau élisent sieur Jean Geynet, marchand du dit Moirans, pour une pièce de terre du domaine de St Jean situé au dit Moirans, aux mas des Potes, pour la somme totale de deux mille quatre cent soixante et quatorze livres dix sols.
20 aoust 1748 : Dame Suzanne Paris veuve de messire François Abel de Sautereau et messire Antoine Marie son fils, vendent purement, simplement et irrévocablement à Messire Abel François de Moyriac, chanoine de St Claude, prieur du Prieuré de St Pierre de Moyrans, une ecurie, grenier à foin, battiment situé au dit Moyrans qui confine écurie et batiment du dit Prieuré et à l’église parroissiale de bize et du couchant, pour la somme de cinq cent livres…
23 aoust 1748 : Vente aux Dames religieuses Ursulines du lieu de Moyrans à l’estipulation et acceptation de Dame marguerite Lovat supérieure et a l’agrément de monseigneur l’illustrissime et reverendisime Jean de Caulet évêque et prince de Grenoble, icy présent, sçavoir la maison battiment, cours, plassage que la dite dame et seigneur de Sautereau ont et possèdent au dit lieu dans laquelle maison ils habitent actuellemnt, le tout quoy confine la rue tendante de la place de l’église parroissiale au dit lieu du vent, autre rue du costé de la parroisse et tendante en rue Gravière du levant, la dite rue Gravière de bize, écurie et batiment appartenant au dit sieur Trenonay du levant, bize et couchant, maison et plassage de Marie Colombin de bize, maison et plassage de Joseph Baboy chirurgien, ayant appartenu au Sr Sommand, avec la maison et plassage de Claude Claire aussy de bize, maison et plassage de Jacques Argentier du couchant, comme aussi la dite Dame et seigneur de Sautereau vendent aux dames religieuses, un autre batiment et jardin enclos de mur situé au dit lieu de Moyrans, confinant la rue tendante de la place de l’église parroissiale de bize, inclinant du levant, près du verger de l’enclos des dites dames religieuses, un petit espace de terrain entre deux servant d’entrée dans l’enclos des dites dames du couchant. Le tout sous la contenance portée par le parcelaire du dit lieu, pour l’agrandissement de la closture de leur monastère, de façon que le tout y sera réuny sauf et excepté les deux maisons cy après , confinant de bize la dite rue Gravière, l’une des dites maisons qui est en bon état, ayant vingt neuf pieds et demy de longueur sur dix sept de largeur, l’autre qui est en mauvais état contenant cinquante sept pieds de longueur sur quarante huit pieds et demy de largueur, pour prix et somme de dix mille livres qui seront employé au payement de partie du prix de la vente et terre et seigneurie de Moyrans, domaines et droits en dépendants qui leur a eté passée le deux juillet dernier par Monsieur Paris de Meyzieu, de faire subroger les dites Dames Religieuses aux droits privilèges et hipoteques du dit seigneur Paris de Meyzieu à concurrence de la dite somme de dix mille livres et de leur rapporter quittance en forme par devant notaire…
Me Brossat (3 E 20721)
Arrentement
6.6.1749 : Par dame Suzanne Paris veuve François Abel de Sautereau à François Rossat, laboureur de Réaumont, sçavoir le domaine que la ditte Dame à au lieu de Charnècles et ayant appartenu au feu seigneur Paris de la Montagne, consistant en maison, grange, terre, pré, bois, treillage et verger tel et semblable que le tiens actuellement à meme titre honneste Pierre Cachon laboureur du lieu de Charnècles . Le présent arrentement passé pour le tems et terme de six années pour le prix et somme de quatre cent cinquante livres.
26.7.1749 Arrentement : A sieur Claude Roullet, marchand chamoiseur de Moirans, sçavoir la maison, verger, écurie, cours et jardin que la dite Dame à au dit lieu de Moyrans et dans le bourg ayant appartenu à feu Noel Expilly.
21.10.1749 Vente : Par Dame Suzanne Paris, veuve Sautereau, procuratrice fondée de messire Antoine Marie de Sautereau son fils à messire Gaspard Paris prestre prieur commendataire de Villepreux diocèse de Paris, sçavoir le domaine que la dite Dame et son fils possède et ont droit de posséder, consistant en maison, grange, basse cour, pré, terre et bois le tout situé à Réaumont tel qu’ils l’ont acquis de messire Jean baptiste Paris de Meyzieu, suivant l’acte de vente qu’il leur en a passé devant Me Melin et son confrère , notaires à Paris le premier juillet de l’année dernière mil sept cent quarante huit, moyenant le prix et somme de dix mille livres.
31.10.1749 Arrentement : Par messire Gaspard Paris, prieur commendataire de Villepreux, diocèse de Paris, à Jacques Martellon laboureur de Charnècles et à honneste Laurence Accoyer, veuve de Joseph Martellon, le domaine que le dit sieur prieur Paris a au lieu de Charnècles, qu’il a acquis le vingt neuf du courant de madame de Sautereau qui l’avoit acquis du seigneur Paris de Meyzieu, consistant en maison, grange, terre, pré, bois, treillage et verger tenu à même titre de ferme par Pierre Cachon. Le dit sieur Prieur Paris arrente aux dits Martellon et Accoyer, le pré de la Cour, le fond de la Bourde, cotté de Rives, le pré Descombes et la pièce de terre appelé Lacafays, le tout sur le mandement de Rives et Moirans.
10.11.1749 Vente : de dame Suzanne Paris, veuve Sautereau à Joseph Devoud, bourgeois de la paroisse de St Jean, mandement de la Buisse, sçavoir une pièce de terre garnie de treillage située au dit Moirans, au mas de Montmartel ou de la Croze, contenant environ quatre journaux et un quart, qui confine la terre du dit sieur acquéreur du vent et couchant, terre de François Baude du couchant et bize, terre de Louis Veyron ou de ses héritiers et de Benoit Neyret de bize donnant au couchant, terre de Bonnaventure Berland du levant avec ses autres plus vrays et meilleurs confins, pour le prix et somme de dix neuf cent douze livres. Me Brossat ( 3 E 20721)
13.1.1750 Grangeage : Par dame Suzanne Paris veuve François Abel de Sautereau à Louis Bressieux laboureur de Moirans
Sçavoir : Mas de la Guillonnière consistant le dit domaine aux fonds joints du fonds de la Perelle, la moitié du fonds des Berlotières, les deux fonds du Grallier et la pièce appellé la Route. Bien entendu que la dite moitié des Berlotières sera à prendre du costé du fond de la delle veuve Russard, l’autre moitié demeurant reservés à la dite Dame…
25.1.1750 Vente : A Pierre Romanet, marinier, du domaine de la petite Isle appartenant à la dame de Sautereau acquise du seigneur Paris de la Tour…
22.6.1750 Arrentement : Par Dame Suzanne paris, veuve sautereau à sieur François Bergerand, maitre fondeur de cuivre résident à Moirans et à sieur Jean François Galland aussy maitre fondeur de cuivre résidant au lieu d’Hurtière mandement de Tullins, tous deux cy présent et acceptant solidairement l’un pour l’autre, sçavoir les martinets de cuivre et jardin y joint que la dite dame a au dit Moirans, le jardin y joint et le meme que le dit sieur Bergerand tiens à présent à titre de ferme de la dite dame en exécution du Bail du quatorze juillet mil sept cent quatorze. Le présent arrentement pour le tems et terme de sept années moyenant le prix et somme de quatre cent livres annuellement payable…
- Me Vallon (3 E 2006)
13.7.1714 Arrentement : François Abel de Sautereau donne à titre de ferme à honneste Noel Expilly maitre affineur d’acier, jardin, cavaignes (***) et dépendances que le dit seigneur possède au dit Moyrans dont le dit Expilly a dit estre certain pour les avoir cy devant fait valloir, avec les esquierpes et tous les outils nécessaires, suivant l’inventaire qui en a esté cy devant fait par Me Delphin, notaire de St Jean du troisieme avril mil six cent quatre vingt treize, sauf y adiouter les melliorations et additions faites par le dit seigneur suivant l’est qui en sera incessament fait entre les partie…
(***) cavaine, trou servant de retraite
Une convention de Société sera passé le 22.6.1750 entre Bergerand et Galland.
25.1.1750 Bail à ferme : Dame Suzanne Paris, veuve Sautereau donne à ferme à honneste Pierre Romanet marinier sur la Rivière d’Izaire résident aux Isles de Moirans, sçavoir le domaine de la petite isle appartenant à la dite Dame de Sautereau et son fils dépendant de l’acquisition qu’ils en ont fait du seigneur Paris de la Tour et que le dit Romanet tient à meme titre de ferme depuis plusieurs années, pour le prix et sommes de deux cent livres pour chascune années…
Reconnaissance et pensions
Me Brossat 3 E 20726
25.11.1754 : Fut présent noble François Abel de Luppé, procureur spécialement fondé de messire Antoine Marie de Sautereau résident actuellement à Paris… Lequel de son gré et vollonté au dit nom confesse et reconnoit devoir aux Réverents Pères mineurs couventuels de St François du dit Moyrant :sçavoir, une pension annuelle de soixante seize livres, sçavoir cinquante livres de pension au capital de mille livres pour les causes dont est l’acte obligatoire passé par messire François Abel de Sautereau père du dit seigneur en faveur des Réverents Pères mineurs couventuels de la Magdelaine de Grenoble du vingt novembre mil sept cent vingt et autre du dix huit juin mil sept cent trente un devant Me Marchand l’ainé notaire à Grenoble. Lequel quapital de pension de mille livres a esté cédé aux dis Réverents de St François de Moirans par acte recu par Me Marchand le Jeune notaire en la meme ville qu quatorze juillet mil sept cent quarante trois. Plus vingt cinq livres pour autre pension au capital de cinq cent livre dû au dit couvent de St François suivant l’arrest de la Cour et Parlement intervenu conventionnellement entre le sieur sindic du couvent d’une part et sieur Jacques Trenonay la Montagne d’autre part le septieme may mil six cent soixante quinze et reconnu au profit du dit couvent par noble Claude Paris la Montagne par acte du troisieme may mil sept cent vingt deux recu par le dit Me Marchand l’ainé. Et finallement une livre aussy de pension annuelle au capital de vingt livres passé en faveur de sieur Jean Paris la Masse bourgeois du dit Moirans par les Religieux du dit couvent de Moirans devant Me Delphin notaire le onze janvier mil six cent quatre vingt six reconu par le dit noble Claude Paris la Montagne dans le sus dit acte du troisieme may mil sept cent vingt deux, laquelle derniere pension d’une livre est imposée sur une petite particule de terrein actuellement possedé par le dit seigneur de Sautereau reconnoissant, et la meme enoncée au sus dit albergement situé sur le derriere de sa maison au bourg du dit Moirans rue Gravière acquise par le dit seigneur des heritiers de noble Claude Paris de la Montagne, laquelle particule de terrein contient suivant le dit albergement vingt deux pieds et demy de longueur sur deux pieds et demy de large, sur laquelle il y avoit anciennement un four et est actuellement en Basse Cour et jardin et confine la maison du dit seigneur de Sautereau du fief du dit couvent albergé à Me Jean trenonay et François Rosier par acte du vingt trois may mil six cent quatorze recu par Me Joland notaire au dit Moirans et posterieurement reconu du couchant, cour et jardin du dit seigneur acquis du couvent par le dit noble Claude Paris la Montagne suivant le sus dit acte du trois may mil sept cent vingt deux recu par le dit Me Marchand du midy et levant, l’allée tendante de la dite Grande Rue Gravière à l’église du dit couvent, un mur entre deux de bise. Lesquelles deux dernieres pensions de vingt cinq livres d’un cotté et une livre d’autre procedant du sus dit arrest du six may mil six cent soixante quinze, et albergement du onze janvier mil six cent quatre vingt six sont payées et reconnues par le dit seigneur de sautereau comme acquereur et possedant des biens soumis aux dits capitaux de pension ayant appartenu au dit seigneur Paris de la Montagne. Lesquels capitaux des deux dernières pensions arrivant à cinq cent livres d’un cotté et vingt livres d’autres, le dit sieur de Luppé au dit nom proteste et repette avec tous légitimes accessoirs contre les heritiers du dit seigneur Paris la Montagne qui luy a vendu les dits biens, pretendant que le dit seigneur de Sautereau n’en est pas chargé directement et ne reconnoit que parcequ’il posséde des biens soumis aux dites pensions paîés par le dit seigneur de Sautereau, n’est chargé que des cens et rentes directes et que les capitaux dont il s’agit sont redemptible, à laquelle protestation le dit sieur gardien et sindic ne prend aucune part…
Me Brossat 3 E 20725
24.6.1755 : Vente par Suzanne paris veuve de François Abel de Sautereau aux sieurs Michel et Etienne Freichet frères, marchands de Laval en Triève du domaine de la Guillonnière qu’elle a acquis conjointement avec messire Antoine Marie de Sautereau son fils, de monsieur Paris de la Tour par acte du premier juillet mil sept cent quarante huit, consistant le dit domaine d’une maison, grange, écurie, engard, four, basse cour, jardin, pré, terre en broussaille joint la rivière de Morge du levant, cotteau vendu par la dite dame à Claude Blayon du vent, chemin de Reaumont à Moyrans du couchant et vent, chemin partand du dit, tendant au domaine des R.P Chartreux du couchant, bois des R.P Chartreux de bize contenat environ vingt deux sesterées et demis, plus une terre et bois en Mons Ferrier.
23.9.1756 : Continuation et ferme de messire Antoine Marie de Sautereau par son procureur noble François de Luppé à sieur François Bergerand Me fondeur de cuivre résidant au dit Moirans. Arrentement des martinets à cuivre que dame Suzanne Paris mère du sit seigneur de Sautereau avoit passé au dit sieur Bergerand receu par moy notaire le vingt deux juin mil sept cent cinquante, lequel arrentement finira au vingt quatre juin l’année prochaine mil sept cent cinquante sept.
Me Brossat (3 E 20726)
17.7.1757 : Devant le notaire soussigné le dix sept juillet mil sept cent cinquante sept a été présent François Abel de Luppé ancien officier de carabinier, en qualité de procureur de messire Marie de Sautereau seigneur du dit Moirans suivant l’acte de procuration recu par moy le vingt huit septembre mil sept cent cinquante cinq, lequel de son gré et vollonté arrente à sieur Joseph Barral fils de feu sieur Guillaume, marchand à Tullins, sçavoir les martinetsà cuivre que le dit seigneur a au dit Moirans, ensemble l’habitation y jointe et jardin et dépendance tel et semblable que le sieur François Bergerand les tient du dit seigneur suivant les baux receu par feu Me Vallon notaire le quatorze juillet mil sept cent quatorze et moi notaire le vingt deux juin milsept cent cinquante un et le vingt un septembre mil sept cents cinquante six demeurant reservé au dit seigneur la petite martinette à taillanderie qui est sous le meme toit des dits artifices arrentée à Joseph Treillard. Le présent acte passé pour le tems et terme de six années pour et moyenant le prix et somme de quatre cent livres annuellement payable en deux payes…
Juïra le dit Barral, durant sa ferme de la coupe des saulles qui sont devant les dits martinets ainsy qu’en a jouï le dit Bergerand…
S’est estably le dir sieur François Bergerand lequel s’est vollontairement departi et desisté du bail des dits artifices à luy passé par le dit sieur de Luppé le vingt un septembre dernier et promet de les laiiser libre au sus dit jour quinze aoust prochain en payant son prix de ferme…
Fait et passé à Moirans dans la maison du dit sieur de Luppé, présent Me Antoine Laurens notaire Royal au dit ullin et de sieur Jean Bergerand marchand chaudronnier de ce lieu qui ont signé avec les parties.
(François Bergerand décédera deux ans plus tard. Qui a fait la grille du parc ?)
Me Brossat 3 E 20726
19.6.1758 Arrentement : Par messire Antoine Marie de Sautereau à honneste Jeanne Empta veuve de Jean Guillot et à Joseph Guillot leur fils du domaine de la Galifette située prés du bourg du dit Moirans, demeurant reservé au dit seigneur de Sautereau la pièce de terre dépendante du dit domaine appellée la Perelle…
Arrentement 19.6.1758 : A honneste François Guillot fils de feu jean du domaine du petit Chamfret actuellement tenu à titre de ferme par sieur Gabriel Canal, lequel consite en maison, grange,verger et terre, le tout joint ensemble appellé le Grand Champ et les Cottes…
Vente 2.12.1758 : Vente par Antoine Marie de Sautereau à François Abel de Luppé. Sçavoir en premier lieu, deux journaux une bichetée deux modurières et onze toises de terre treillages situé au mandement et paroisse du dit Moirans au mas de la Perelle suivant que mensuration en a eté faitte qui confine le grand chemin de Moirans au port de l’Izère du levant, terre de Me Joseph Deroucan notaire à Vourey à luy vendu par le dit seigneur le trentieme novemvre dernier du midy et couchant, terre de noble Christophe Joachim du Perron aussy du couchant, terre du dit acquereur de bize, plus vend le dit seigneur au dit sieur de Luppé une pièce de bois située au dit mandement de Moirans au mas de Criel ou à l’Escot contenant environ quatre journaux et demy ensemble la couppe en chesnes et chastaignier qui est dans le dit bois qui confine le bois du dit sieur acquereur du levant et midy, le chemin de Moirans à Charnecle passant par l’Escot du couchant, bois restant au dit seigneur, le chemin venant du bois du Fourg aiant appartenu au seigneur de Simianne, allant au sus dit chemin de Charnecle contre le couchant, entre d’eux de bize… Les dits immeubles vendu nobles à la forme du règlement de Lyon de mille six cent trente neuf et du parcellaire des nobles de la Communauté de Moirans de l’année mille sept cent, néanmoins à sa charge de cens et rentes qu’ils se trouveront faire aux seigneurs… La présente vente faite et passé moiennant le prix et somme de dix neuf cent soixante et dix sept livres, scavoir mille soixante et dix sept livres pour le fond de la Perelle, quatre cent cinquante livres pour le sol de la dite pièce de bois et quatre cent cinquante livres pour la couppe qui y est actuellement…
Antoine Marie de Sautereau continuera à vendre ses biens dont les domaines ayant appartenus à Claude Paris de la Montagne. Controles des Actes des notaires A.D.I 8 C 1699 du 28.12.1763 au 23.6.1766 et 8 C 1700 24.6.1766
2.6.1766 : Vente privé à François Abel de Luppé, maison, batiments, basse-cours, plassage, jardin, parterre, remise, terrain,grillage, portals, fort meubles, effets, écurie, remise, pavillon et autres batiments et le pré de la Galifette, le tout à Moirans, bois , taillis au dit lieu, moyenant 43000livres (notaire Me Brossat de Moirans)
Me Brossat (3 E 20730) Folio 446
Convention 16.9.1766 : Par devant le notaire royal à Moirans soussigné le seizième septembre avant midy, mil sept cent soixante six a esté présent messire Antoine Marie de Sautereau, seigneur de Moirans, St Jean de Moirans et autres places d’une part, noble François Abel de Luppé ancien officier de carabiniers résident au dit Moirans d’autre part.Lesquels de leurs grés et vollontés ont dit que le deux juin dernier,fut fait convention entre eux par lesquelles le dit seigneur de Sautereau a vendu au dit sieur de Luppé plusieurs immeubles situés en ce lieu pour en jouir dès le dit jour au prix y porté payable et delegué avec interets du denier,le dit seigneur de Sautereau pour jouir des dits interets au denier vingt auroit en exécution des Edits et déclaration de sa Majesté fait controller les dites conventions au bureau de ce lieu le vingt sept aoust suivant et le dit sieur de Luppé auroit ensuite payé le centieme denier à la forme de l’Edit, en cet est, les dites parties voulant rendre la dite convention authentique l’ont présentement remise entre les mains de moy notaire pour rester jointe et annexeé à ma présente minute, y avoir recours et en estre pris par elles des extraits ainsy qu’elles aviseront, voulant que les dites conventions soient exécutés de tout leur forme et teneur et sortent à leur plein et entier effet de laquelle rémission ils m’ont requiq acte que je leur ay octroyé pour servir ce que de droit. Fait stipulé à Moyrans en l’hotel du dit seigneur de Sautereau en la présence de sieur Antoine Brossat mon père et le dit Ennemond Guillin qui ont signé avec les parties.
Les amis
Des plus petits aux plus grands, Antoine Paris entretenait une correspondance importante, ce qui nous permet de le suivre à travers quelques lettres.
(A.D.I) H+_GRE/H_1102
Lettre à Mr Tarantezin à Grenoble
Paris 2.8bre 1721 : J’ay toujours eu, monsieur beaucoup de considération pour madame votre mère, et je ne demande pas mieux que d’avoir les occasions de vous rendre service, quoy quelles ne soyent pas aussy fréquentes que je le souhaiterois. Je Joins icy une lettre pour M. Micaut, s’il ne peut vous placer par son seul crédit, lorsqu’il me donnera avis de quelques places vacantes, je solliciteray icy pour l’obtenir pour vous. Je suis très sincèrement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Paris
Lettre de Monsieur Paris garde du trésor Royal du 27 mars 1722 à Mme Tarentezin d’Allevard.
J’ay receu, Madame, la lettre que vous m’avez écrite le 15 du mois passé. J’ay pour Monsieur votre fils sous ce qui a dépendu de moy en le recommandant à M. Micault. Je suis même persuadé qu’il luy rendra service à la première occasion, mais comme il ne faut pour la manquer, et qu’il faut etre présent pour remplir sur le champ une place vacante ; rien n’est si contraire aux interets de Monsieur votre fils que le séjour de Paris ou il ne fera que de la dépense inutile ; je suis moins en état que jamais de le placer par moy meme, et vous serez infiniment mieux de le tenir à porté de Monsieur Micault a qui j’ecriray encore en sa faveur. Je suis très parfaitement Madame, votre très humble et très obéissant serviteur. Paris
Comte de Saint Germain
Bibliothèque Lyautey Grenoble R 50204
Correspondances du Comte de Saint Germain, ministre d’Etat, lieutenant- général des Armées de France, Feld-Maréchal au service du Danemark, chevalier de l’Ordre de l’Eléphant avec M. Paris Duverney. St Germain Landau 30 septembre 1749
Réponse de M. Duverney. A Plaisance 6 octobre 1749
St Germain Landau 10 avril 1750 Landau 13 octobre 1750
Réponse : Mont St Père 21 octobre 1750
St Germain Paris 26 mars 1751 Givet 7 septembre 1751 réponse 23.septembre 1751 Givet 20 janvier 1752 Aix-la-Chapelle 23 mai 1752, 28 juin 1752 réponse 5 juillet 1752
Correspondance suivit jusque : Copenhague 21 avril 1764.
La Marquise de Pompadour
Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, née à Paris le 29 décembre 1721, déclarée fille de François Poisson et de Louise de la Motte, son épouse. Mais son vrai père était soit le fermier général Le Normant de Tournehem, soit le financier Pâris de Montmartel.
R 50441 bibliothèques Lyautey Grenoble
Correspondance de Madame de Pompadour avec Paris Duverney. (au sujet de la future école militaire)
4 avril 1750 J’ai demandé au petit saint, mon cher Nigaud, les papiers concernent l’établissement des gentilshommes ; il m’a dit qu’il etoit sûr de les avoir rendus au grand Paris ; que malgré cela, il les avoit fait chercher et ne les avoit pas trouvés. Mandez--moi s’il faut les demander à Montmartel, car j’imagine que c’est lui qui les a.
Le Roy a très grande envie d’effectuer le projet ; il veut auparavant savoir ce qu’il faut de fonds pour cette maison, afin qu’elle ne puisse jamais être défaite, et S.M ne veut pas de revenu, attendu que le nombre d’écolier ne sera rempli que dans dix ans. Arrangez vous en conséquence, cher Nigaud et soyez bien sûr de ma tendre amitié pour vous
Monsieur Paris Duverney
A Plaisance
Réponse A Plaisance, 5 avril 1750
Madame M. de saint-Florentin me dit l’année passée qu’il croyoit avoir les mémoires en question ; mais puisqu’il ne les a pas retrouvés, ayez la bonté de les demander à mon frère, de même que les plans des bâtiments qui avoient été faits par un de mes parens. Le tout me seroit fort nécessaire. Si cependant l’on ne retrouvoit pas ces papiers et ces plans, je ferais en sorte d’y suppléer, mais ce sera un ouvrage un peu long, parce qu’il y a bien des connoissances à accquérir et dont je suis actuellement occupé. Il sera facile de se conformer à ce que désir sa Majesté pour éviter d’avoir recours à des fonds extraordinaires pour les bâtimens. L’idée que je me suis faite, Madame, d’un aussi grand monument pour la gloire du Roy et des avantages qui en résulteroient, excite en moi le plus vif désir de la voir accompli. Je vous supplie, Madame, d’être persuadée du plus inviolable attachement comme du respect avec lequel j’ai l’honneur d’être, madame, votre….
Versailles, 18 septembre 1750 M. d’Aucourt qui, comme vous le savez, mon cher grand Nigaud, a épousé Mlle de Malvoisin l’aînée, m’a demandé ce qui est contenu dans le mémoire ci-joint. M. d’Argenson m’a dit qu’il vous en laisseroit le maître. Ainsi je compte que vous me ferez plaisir, si cela est possible sans faire de tort à personne. Nous avons été avant-hier à Saint Cyr. Je ne peux vous dire combien j’ai été attendri de cet établissement, ainsi que tout ce qui étoit. Ils sont tous venus me dire qu’il faudroit en faire un pareil pour les hommes. Cela m’a donné envie de rire, car ils croiront, quand notre affaire sera sue, que c’est eux qui ont donné l’idée. Je voue embrasse de tout mon cœur, mon cher Nigaud.
Monsieur Paris Duverney
A Mont saint-Père
Fontainebleau 10 novembre 1750
Je vous envoie, mon cher Nigaud, un paquet que je reçois de l’abbé Bernis pour vous……
J’ai été dans l’enchantement de voir le Roy entrer dans le détail tantôt ; je brûle de voir la chose publique, parce qu’après il ne sera plus possible de la rompre. Je compte sur votre éloquence pour séduire M. de Marchault, quoique je le crois trop attaché au Roy pour s’opposer à sa gloire. Enfin mon cher Duverney, je compte sur votre vigilance pour que l’univers en soit bientôt instruit. Vous viendrez me voir jeudi, à ce que j’espère ; je n’ai pas besoin de vous dire que j’en serai ravie, et que je vous aime de tout mon cœur. 15 août 1755 Non assurément, mon cher Nigaud, je ne laisserai pas périr au port un établissement qui doit immortaliser le Roy, rendre heureuse sa noblesse, et faire connoître à la postérité mon attachement pour l’Etat, et pour la personne de S.M. J’ai dit à Gabriel aujourd’hui de s’arranger pour remettre à Grenelle les ouvriers nécessaires pour finir la besogne. Mon revenu de cette année ne m’est pas encore rentré ; je l’emploierai en entier pour payer les quinzaines des journaliers. J’ignore si je trouverai mes sûretés pour le paiement, mais je sais très bien que je risquerai, avec grande satisfaction, cent mille livres pour le bonheur de ces pauvres enfans. Bonsoir, cher Nigaud, si vous êtes en état de venir à Paris mardi, je vous y verrai avec grand plaisir, si vous ne le pouvez pas, envoyez moi votre neveu sur les six heures.
L’école militaire
Le régime de l’école est fait de contraste et de contradictions. Répartis en quatre divisions de trois classes chacune, les élèves reçoivent un enseignement varié. Ils font peu de latin. Par contre, trois heures de mathématiques par jour. Ils se perfectionnent en grammaire, dessin, en allemand, l’histoire et la géographie complètent le programme intellectuel. A la division scolastique en classe se superpose la distribution, sportive et militaire, en quatre compagnies « commandées par des élèves qui ont le grade de capitaine, lieutenant et sous-lieutenant » Les cadets sont divisés en cinq catégories, selon leur notation d’ensemble : après deux épaulettes, la simple épaulette d’argent, la mixte (soie et argent) et déjà infamante, celle de laine rouge ; enfin au bas de l’échelle, c’est le vêtement de bure. Les exercices corporels sont à l’honneur : la danse assouplit l’individu et le prépare à la vie mondaine. Aux jours fériés, les cadets manœuvrent et les dimanches de la belle saison voient des exercices à feu dans la plaine de Grenelle. (François Bluche : la vie quotidienne de la noblesse française au 18e siècle.)
Collection d’Autographes
de M. Eugène CHAPER
Dossier très bien conservé, cedé en juin 1885 à M. Chaper par Voisin qui l’avait extrait d’une foule de papiers provenant de la Bastille et qui avaient passé par ses mains.
Bibliothèque Lyautey Grenoble R 90607
Acte passé par les notaires au Châtelet de Paris pour M.Antoine Paris receveur général des finances de Dauphiné portant don en faveur de dlle Justine Gay du Plassage ou elle a fait bâtir sa maison en datte du 6e juillet 1717 au bas duquel est la ratification de la mère du dit sieur Paris en datte du 16 aoust même année.
Par Devant les Conseillers du Roy au châtelet du dit Paris soubsigne fut présent M. Antoine Paris secrétaire général des finances du Dauphiné demeurant à Paris rue du Ballet paroisse saint Paul, Lequel par l’estime qu’il a pour Justine gay fille de Jean Gay et de Justine Gaillard actuellement auprès de Dame Justine de la Montagne sa mère veuve de sieur Jean Paris, demeurant à Moirans en Dauphiné et pour se conformer à ses bonnes instructions cy après , Les présentes consenty et approuvé le don abandon et délaissement que la ditte Dame sa mère a dans le dessein de faire en faveur de la dite Justine Gay, Un petit Chazal situé au dit Moirans au devant de la maison occupé par la dite dame Paris et joignant l’allée qui conduit à l’église des Cordeliers, appartenant et procédant du chef de la dite Dame Paris, avec les circonstances en dépendant, le dit sieur Paris en faisant des le présent entent que le besoin seroit, le dit délaissement nécessaire en faveur de la dite Justine Gay avec transmission de tous droits de propriété et autre qu’il pouroit avoir sur le dit chazal en son nom et comme légataire universel de son père, promettant s’obliger Renonce, fait et passé à Paris, l’an mil sept cent dix sept le sixieme juillet et a signé
Je Soussigné Justine Trenonay la Montagne Ensuite du délaissement et consentement de Sieur Antoine Paris mon fils par l’acte cy dessus et en considération des bons et agréables services que m’a rendu et me rend actuellement Justine gay fille de Jean Je consens que la ditte Justine Gay jouisse et prene possession des a présent un vieux écurie et chazal ayant appartenus a Sieur Pierre Trenonay et a sieur Jean Berard procureur au parlement qui me l’a subrogé et au dit sieur Paris mon fils par contrat en sa datte et icelluy chazal et écurie situés dans le Bourg de Moirans contenant environ une moduriere et demy confrontant du levant l’écurie ayant appartenu à Monsieur de La Coste du Rendon entre deux le verger et jardin des dames Religieuses Ste Ursule du dit lieu du midy, lallée ou chemin qui conduit à l’église des Reverents pères Cordeliers du dit Moirans un mas entre deux du couchant la Rue Graviere de Bize, et quelle jouisse du dit chazal et écurie et ses dépendances comme de sa chose propre et y fasse batir une maison si bon luy semble promettant de luy etre de tous maintenus de fait et de droit fait à Moirans le seize aoust mil sept cent dix sept. Justine paris La montagne
Lettre signée Paris Duverney à M. Hardancout
A Versailles le 31 may 1725 Mgr le Duc m’a ordonné, Monsieur de voue envoyer les lettres cy jointes, afin que vous preniez la peine de m’en dire votre sentiment, pour luy rendre compte ensuite de ce qu’il y a à faire sur ce qu’elles contiennent. S.A.S veut sçavoir en premier lieu s’il y a effectivement du péril pour le commerce de la Compagnie de l’Empire du Mogol, faute de payer les dettes que l’ancienne y a contractées ; En second lieu, quel est le montant de ces dettes, et si la Compagnie est tenue de les acquitter toutes. Et enfin quelles sont les mesures que l’on pourroit prendre, et les fonds qu’on pourroit employer, pour satisfaire les créanciers indiens, sans déranger les affaires de la Compagnie. Tels sont les points que je vous prie d’examiner et de traitter dans un mémoire, afin que je puisse prendre la décision de S.A.S J’ay l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Paris Duverney
Embastillé
Prisonniers politiques et internés pour inconduite cohabitent à la Bastille, le plus célèbre et le plus aristocratique des châteaux royaux. Un long séjour n’y est pas déshonorant. Les grands seigneurs s’y rendent sans escorte que celle de leurs parent s et amis. Le noble de rang moyen, lui, a reçu la visite d’un exempt porteur de l’ordre du Roi et suivit cet officier dans un carrosse clos, échangeant à l’ordinaire durant le trajet les propos les plus courtois. Accueilli à sa descente de voiture par le lieutenant du Roi et par le capitaine des portes, le prisonnier était conduit chez lz gouverneur qui le recevait très civilement, l’invitait à s’asseoir et conversait avec lui pendant que l’on préparait son logement. La plupart des chambres de prisonniers sont situées aux étages des tours : ce sont des octogones d’environ quinze pieds de diamètre et d’autant de hauteur, aérés et clairs, chauffés l’hiver par des poêles ou des cheminées. Le plafond blanchi à la chaux , reste à peu près propre. Ces locaux sont fort dégarnis de meubles, mais chacun peur faire venir de chez soi tables, fauteuils ou lit ou les louer au tapissier du château. Jusqu’à la fin des interrogatoires, le détenu est, en principe au secret, mais il lui est déjà loisible d’ètre servi par un domestique. L’instruction achevée, les visites sont permises ; visites réglementées qui doivent avoir lieu dans la salle du conseil, en présence d’un officier de la Bastille.
(La vie quotidienne de la Noblesse françaises au XVIIIe siècle : François Bluche)
Dossier relatif à l’emprisonnement de 19 mois de Paris à la Bastille 1726-1728 pour avoir dit-on pris part à une intrigue destinée à renverser le Cardinal Fleury.
1, Lettre de Deschamps, secrétaire de Paris, annonçant à sa femme que l’on vient d’arrêter son patron daté de saint Michel (prés de Langres 22.8.1726) 2, Lettre signée de Le Pelletier, annonçant l’arrestation de Paris et lui enjoint de faire apposer les scellés dans la maison de campagne et de laisser un officier pour les garder. Ordre d’arrêter le secrétaire. 3, Lettre du même, ordre de conduire Deschamps à la Bastille. 24.8.1726. 4, Lettre de Pâris Duverney sans doute au gouverneur de la Bastille afin d’obtenir l’autorisation d’écrire au Cardinal Fleury du 29.9.1726
Monsieur M Duval 28 7bre 1726
J’ay eu lhonneur en vous en posant ma situation, de vous citer ce qui cestoit pratiqué, sur une accusation a peu pres pareille a celle qui a donné lieu a ma détention, Je vous serois fort obligé, monsieur, si vous vouliez bien en parler à Son Eminence, et mobtenir delle la permission de luy ecrire Jay lhonneur d’estre Monsieur Votre humble et tres obeissant serviteur Parisduverney
A la Bastille le 26.7bre.1726.
5, Lettre adressée à Paris par M. Dureville pour la concession de Bayagoula en Louisiane 28.9.1726. 28.9.1726 Monsieur Duverney en instance prie de prendre promptement party sur la délibération dont le projet luy a esté envoyé par des associés en la concession des Bayagoulas à la Louisiane. Les vaisseaux destinés pour y passer s’équipent actuellement, et partiront, le premier, au commencement du mois de 8bre, l’autre dans le 5 ou le 20 au plus tard. Si on ne proffite ou peuve tenir qu’il y a pour arrester la délibération, et faire faire par M. Trenonay, les achats nécessaires pour son passage, il faut compter sur la ruine totale de la concession. Dureville 6, Lettre d’Anquetil (greffier de la Bastille) 7, Lettre signée Marepas à M. Herault 5.3.1727, elle évalue l’autorisation par Paris de voir en présence du gouverneur Mme de Roisny et de loger dans la même chambre que l ‘abbé Berthier. 8, Lettre signée Pâris Duverney pour remettre un mémoire et une lettre adressés au Cardinal Fleury
5 avril 1727 Monsieur : Répondu par ordre de son éminence au dit Sr Duverney qu’elle est contente de sa lettre et de son mémoire mais que s’est au parlement à décider de son affaire
J’ay l’honneur de vous envoyer cy joint le memoire et la lettre que son Eminence Monseigneur le cardinal m’a permis de luy adresser ; Sa bonté de ma cause et lequité de S.E. me font espere la fin de mes peines. Vous seul les connoissez, et le temoignage que vous êtes en état d’en rendre contribuera beaucoup à ma liberté, si vous avez agréable de le rendre. Que je vous aye cette obligation Monsieur, et soyez persuadé qu’on ne peut être avec plus de respect Monsieur Votre humble et très obeissant Serviteur Parisduverney
A la Bastille le 5 avril 1727.
9, Lettre de Joly de Fleury 23.5.1727 annonce : M. Ferrand a pris le lendemain à 7 heures du matin pour interroger Paris, disposition pour son transfert de la Bastille à la Conciergerie. 11, Lettre du Cardinal de Fleury à M. Herault 28.5.1727 Versailles, un paragraphe relatif à l’affaire Paris. 12, Lettre du Cardinal au sujet des difficultés que fait Paris pour son interrogatoire. 13, Lettre de Fleury 31.5.1727. L’interrogatoire de Paris est complet, il n’y a plus qu’à le clore. 14, Lettre signée de la Comtesse de Roissy pour lui demander l’autorisation de faire imprimer la requête de son oncle au parlement. 15, autre lettre de la même afin d’obtenir l’autorisation de voir son oncle Paris 2 fois de plus par semaine 4.7.1727. 16, Lettre signée Joly de Fleury pour que Paris soit transféré au Palais afin de compléter l’instruction de son affaire 27.8.1727. 17, Lettre du même pour un nouveau transport 1.8.1727. 18, autre analogue 19, Lettre signée Nauchoux adressé le 11.3.1728 à ? Pour savoir s’il pourra sans offenser le cardinal se trouver demain sur la route où doit passer M. Duverney afin de l’embrasser. 20, Lettre signée Pâris Duverney datée de Limay du 23.3.1728 afin de lui envoyer une lettre de remerciement qu’il le prie de faire tenir au Cardinal qui lui a rendu la liberté.
Monsieur
Puisque vous m’avez permis de m’adresser à vous pour les grâces que ma situation m’obligeroit de demander à Monseigneur le cardinal, je prends la liberté de vous envoyer une lettre pour son Eminence a qui je vous prie, Monsieur, de vouloir bien la presser de ma part. C’est uniquement pour remercier Monseigneur le Cardinal de la liberté qu’il m’a rendu, et je regarderay véritablement comme une grace très singulier ; s’il recoit ma lettre favorablement J’ay lhonneur êtres Monsieur Votre humble et très obéissant serviteur
21, Paris 13 aoust 1742 Lettres adressées à M. Desalières par Paris Duverney. Réflexions qu’il fait sur la marche des corps et opérations de l’armée, pour aller de Dusseldorff à Francfort.
22,Paris 18 aoust 1742 Second mémoire sur les opérations de l’armée. Il fait suite au précédant ( on remarque à la fin à une aventure arrivée en Dauphiné) Projet de dispositions à faire pour le service de l’armée à Hambourg et en Bohême.
J’ai recu, Monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 20. Je souhaite fort que vous ayez pu augmenter le nombre de vos divisions afin de faciliter votre marche et en diminuer les fatigues. C’est dans la veuë dis concourir que j’ai engagé M. le marquis de Breteül à écrire à M. le Maréchal et à vous de faire usage des caissons qui sont à vôtre suitte pour faire porter les tentes des soldats, les havresacs de ceux qui sont faibles et les traîneurs J’ai fini les projets de dispositions à faire pour le service de l’armée arrivée à Ambourg, j’établis quatre suppositions pour la jonction de toutes les Troupes et pour leurs mouvements pour entrer en Bohème et sur chacune de ces suppositions je propose l’arrangement du Service des vivres, je vous enverrai la copie du tout. Plus j’entre dans l’examen de tout ce qu’il y aura à faire et de l’immensité des convois à faire passer dans des pays de deffillés, plus j’envisage d’inconvéniens dans l’exécution, vous en sentirez mieux qu’un autre toute l’étendue, lors que vous enverrez le détail : Ce n’est plus ici l’occasion de faire des changemens ni des variations, si l’on tomboit dans l’un, où l’autre deux cas, tout seroit perdu et sans ressources ; je tremble d’avance sur cet avenir ; je m’étendrai davantage avec vous dans peu de jours d’ici. Vos batteaux peuvent remonter le Rheim, mais je ne crois pas qu’il soit possible de les mener plus loin, si M. le Maréchal le veut absolument et qu’il prenne des chevaux des vivres, ou de l’artillerie, il aura de quoi faire des ponts mais je ne crois pas qu’il ait du pain et je doute fort que l’on puisse faire passer les haquêts avec les batteaux dans les chemins que l’armée devra tenir. Il est facheux que l’on manque d’attention dans vos marches, les intervalles donnent bien de la peine à la queue de joindre la tête ; S’il en arrivoit de même quand vous serez dans les débouchés du Palatinat en Bohème, vous courreriez de grands risques. Vous avez raison de dire que l’objet principal doit être de mener votre armée toute entière et que pour y parvenir il faut aller doucement. Vous n’avez pas oublié ni moi non plus notre marche du Renstatt sur la Salm et qu’elles en ont été les suittes.
Je crois bien que si nous êtions tête à tête nous aurions bien des choses à dire que nous ne pouvons pas écrire ni l’un, ni l’autre celles que je vous confirois troublent souvent mon sommeil, mais ce n’est pas là un remède.
M. de Vienne ne fera pas la Direction générale, il sera à demeure à Ambourg ; j’ai assurement de l’amitié pour luy mais je ne puis pas faire qu’il me demande dans le moment présent.
On croit qu’il pourroit bien y avoir quelques mouvements du Côté de la Flandre, il y a apparence que notre Général de 1735 y sera envoyé ; si l’affaire Devenoit sérieuse, on auroit à souffrir pour le premier moment, il y a cependant des moyens à mettre en usage capable d’arreter l’exécution des grands projets que les anglois forment contre nous avec, on peut le dire, une fureur qui a peu d’exemples. Au milieu de vos travaux tachez de conserver votre santé. Je redoute non seulement les peines que vous aurez à essuyer, mais encore le défaut de satisfaction intérieure, qui est la seule chose capable de faire supporter les peines, c’est ce que j’éprouve tous les jours d’une façon à me faire desirer le repos plus que je ne l’ai souhaitté de ma vie.
Je ne parle ni n’écris sur l’aventure arrivée en Dauphiné, il y a trois frippons à la Bastille, dont un Contrebandier, nous n’avons pas seulement eu la curiosité de voir leurs interrogatoires ; la modération de notre conduitte en cette occasion n’a pas êté improuvée et elle etoit fondée de notre part sur ce qu’il nous a paru qu’il ne falloit pas abandonner l’affaire généralle pour un fait personnel dans un moment aussi critique, mais notre résolution intérieur pour saisir le moment du repos dès qu’il en sera tems, n’en aura pas moins son exécution. Mon frère fera recevoir les 7 ou 8000 livres que votre ami doit lui apporter. Je ne serois vous dire combien je suis flatté de votre exactitude à m’écrire vous le devenez, Monsieur, à l’amitié tendre et aux sentimens sans bornes que je vous ay voué. Parisduverney
23, 31 aoust 1742 J’ai parlé à M. de Breteuil, monsieur, pour faire donner de la viande au bas officiers à conditions d’en retenir la valeur sur leur paye d’hiver…. 24, 30 aoust 1742 Je recois mon cher monsieur la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 24 du Camp de Verghen. Vous allez avoir un homme de moins à votre armée et que vous regretterez sans doute, c’est M. de Crémille que M. le maréchal de Noailles veut absolument avoir pour son maréchal des Logis de l’armée. Il fut depéché hier au matin un courrier à M. le maréchal de Maillebois pour lui faire de nouvelles représentations sur l’impossibilité d’entrer en Bohême par Kamp et par Furth. 25, 2 7bre 1742 Je recois, monsieur la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire d’Asehaffenbourg le 26 du mois dernier. Tout ce qui me fache est que nos convois du Danube ne vont pas aussi vite que je le voudrois et que d’ailleurs M. le Mal de Seckendorf nous prend 6400 sacs de bleds ou de farine dans nos magasins plutot que d’en tirer des Etats de l’Empereur pour les laisser à la disposition des ennemis, comme cela c’est pratique. Les ennemis ont 24 ou 25 000 chevaux tant en troupes réglées qu’en hussarts ; vous n’enseriez avoir que onze ou 12000. Je ne crois pas que les Autrichiens en ayant d’avantage en troupe de ligne, mais ils ont un grand nombre de hussarts. Lesquels jusqu’à présent ont fait une guerre assez vigoureuse, notre cavalerie n’est pas encore assez bien affermie vis à vis de ces gens là, si vous en veniez à une action généralle et que votre ordre de bataille fut suivant l’usage ordinaire, je craindrois bien que vos ailles de droite et de gauche ne fussent enfoncées et c’est ce qui me feroit penser qu’à l’imitation des impériaux dans la guerre ancienne contre les Turcs, votre ordre de bataille devroit être composé par intervalle de cavalerie et d’infanterie ; le feu de votre infanterie opéreront deux bons effets, ils donneront de la confiance à votre cavalerie et intimideront les hussarts des ennemis. Je dirais meme plus, c’est que si l’ennemi venoit au devant de vous pour vous attaquer il ne seroit peut etre hors de propos d’avoir des chevaux de frise pour mettre à la tête de votre infanterie et c’est une chose bien aisée ; vous sçavez aussi bien que moi que l’infanterie des ennemis ne vaut rien, elle n’est pas meme nombreuse et s’ils veulent sérieusement attaquer la ville de Prague, la meilleur y perira ; vous ferez de tout ce galimatias l’usage que vous jugerez à propos, il est de votre état et de votre charge de dire librement à M. le maréchal ce que vous pensez sur le militaire. Mon attachement pour vous, monsieur, et aussi irrévocable que sincère. ParisDuverney 26, 12 septembre 1742 Je viens de recevoir, monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’amitié de m’écrire du Camp de Biberein. 27, 15 septembre 1742 J’ai receu, monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire de Vermendorf le 7 de ce mois. 28, 21 septembre 1742 J’ai receu, monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire de Nuremberg le 10 de ce mois. Je crains fort que toutes mes alarmes ne soient fondées et je vous avouë que j’en suis véritablement affligé d’avance. 29, 24 septembre 1742 Si le temps et aussi mauvais ou voue êtes qu’icy monsieur, je crains bien que nous recevions de tristes nouvelles de notre marche. On a la confirmation de la levée du siège de Prague mais on ignore la route que les ennemis auront pris.
(En 1742, le maréchal de Maillebois avait été envoyé à la tête d’un corps de troupes pour secourir Belle-Isle assiégé dans Prague. La jonction n’avait pu se faire et Maillebois s’était replié sur la Bavière, forçant ainsi les Autrichiens à l’évacuer et permettant à Charles VII de rentrer dans Munich. Maillebois fut injustement sacrifié et l’armée de Bavière confiée au maréchal de Broglie. Les ennemis avaient ainsi le champ libre en Allemagne du nord-ouest, et cette situation inspira les stratèges de 1743.)
30, Paris 7.9bre 1742 Je n’ai receu que ce matin, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire d’Egrule le 23 8bre qui auroit bien accru mes peines, si je n’en avois pas receu une postérieur. 31, Paris 25 9bre 1742 L’on m’a remis hier au soir, mon cher monsieur, votre lettre du 14 de ce mois de Stranbing. 32, Paris 23 xbre 1742 C’est toujours un grand bien d’avoir empêcher les ennemis de prendre Braunav. 33, Paris 26 xbre 1742 J’ai receu, mon cher monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’amitié de m’écrire de Braunav le 17 avec le détail de vos cantonnemens. L’intérêt que je prens à M. de Taleyrand m’a rendu fort sensible à ce que vous m’avez dit sur son compte. Si comme je vous l’ai mandé ; dans mes précédentes, on avoit agit avec prévoyance, le service des vivres auroit été aisé à assuré. 34, 8 avril 1743 Je souhaite que par les positions qui seront prise, l’on puisse toujours empêcher les ennemis de faire joindre leurs troupes qui seront à Passav avec celle qui seront dans le Haut Palatinat par les routes en deçà des montagnes.
Lettre adressée à « ma chère Commère »
Paris le 10 juillet 1765 Les embarras de la noce m’ont empêché, ma chère Commère, de répondre à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire et l’avis de parens qu’il s’agit de signer. Ces deux actes m’ont paru très bien ; mais M. Marchand que je choisis pour mon conseil, demande que l’on mette au bas de l’avis de parents l’exposition que vous y trouverez jointe ; voyez faire la même chose. Lorsque vous vous serez déterminée, nous prendrons des arrengemens pour l’assemblée des parens et pour signer l’avis. Voue connoissez, Ma chère Commère la tendresse de mes sentimens pour vous. Parisduverney
Comme je me propose de voïager, il pourroit que je me trouvois pas dans le moment où vous aurez besoin de moi ; mais cela ne doit rien arrêter, je signerai apres les autres.
Lettres de Paris de Montmartel
Ce Brunoy le 14 octobre 1745
Monseigneur
Mon frère est bien touché de l’interet que vous voulés bien prendre de sa santé, il est beaucoup mieux aujourd’huy ses douleurs sont considérablement diminuées et M. Petit le chirurgien que j’avois fais venir m’a dit ce que dans un ou deux jours il ne soufrirois plus, j’ay remis à mon frère Monseigneur la lettre que M. le Prince de Cousy luy avoit écrit, le premier travail qu’il pourra faire sera ses réflections sur les observations de M. le Prince de Cousy concernant le quartier d’hiver des troupes de son armée
J’ay l’honneur d’Etre avec autant d’attachement que de Respect Monseigneur Votre très humble et très obéissant serviteur. Parismonmartel
35, Je sousigné clerc de Me Caillard avocat du parlement reconnais avoit recu de monsieur Patenôtre la somme de douze cent livres en acomptes des honoraires de Me Caillard pour la cause de M. le marquis de Brunoy
A Paris ce 12 mars 1773 Regnault
Et comparu Me Patmotre avocat du marquis de Brunoy, lequel a dit, que dans toutes les réflexions critiques que la dite Desbrosse croit toujours pouvoir se permettre contre les dispositions de l’arrêt du 8 juillet 1769. Il n’y en a aucune qui résulte, ni d ‘ en faire decouvrir depuis cette époque, ni depuis nouvellement recouvrée, par une seule frase qu’elle n’ai pu dire pendant les cinq ans qui se sont écoulés depuis le procès verbal de 1764 jusqu’au jugement définitif. Si elle le dit, la Cour a jugé ; non bic in jeau. Si elle n’a pas tout dit alors, elle en est réduite à soutenir qu’elle n’a pas été suffisamment défendue. La Dame Des Buisson agée à ce que l’on croit d’environ 80 ans, imagine être pourvois cinq ans après la datte d’un aveu, faire usage d’un moyen réservé exclusivement aux mineurs et à ceux qui partagent leurs privilèges, et qui doit être proposé dans les six mois de la signification faite en majorité.
Au reste, il faut savoir à quoy s’en tenir, et injustice plus qu’ailleurs, il faut prendre un parti fixe et déterminé, on peut bien exécuter dans certain cas une sentence, avec des réserves et protestations d’en faire reformer certains chefs. Encore pour donner à ces réserves une certaine consistance, il faut qu’elles soient précédées d’un appel. Si cet appel concourt avec l’exécution c’est parce que cette voye de droit est indéfiniment acquise contre toutes sautises et autres choses de leurs dispositions, mais la décision énoncée d’un trait mal souverain fixe réciproquement et invariablement les sort de toutes les parties. Les voyes de droit introduit pour la faire rétracter sont en petit nombre il faut en faire usage dans un délai fatal, et jusqu’à ce qu’il soit jugée admissible, l’arrêt s’exécute, sauf les réserves, mais ces réserves elle meme ne sont et ne peuvent être admises, que quand la décision est attaquée et que la Cour Supérieure se saisisse de la demande en rétraction, jusque là, elle a tous les caractères et toute l’autorité d’un loy irrévocable. Il n’est permis ni de s’en écarter, ou de protester contre les dispositions ou se pouvoir, si l’on se flatte de pouvoir le faire avec succès.
Dans l’espèce particulière, il seroit encore plus déplacé que dans toutes autre d’admettre l’exécution de l’arrêt avec les réserves et modification que propose la dame Des Brosses, elle prétend que l’arrêt ne lui a pas adjugé tout ce qui lui appartient, que l’on a donné trop dentendûe aux predoturiers qui l’on adjugée au marquis de Brunoy la portion avantageuse dans tous les biens indistinctement connus. Si le-----été fiefs, quoy que selon elle, cette prérogative n’ait lieu que pour un petit nombre de domaine et héritage. Dans cette situation, il faudroit admettre en masse l’exécution des predoturiers et les héritages possédés en --- pour les comprendre dans le partage. Ceci posé ne seroit il pas moyennement dérisoire de provoquer et couronner actuellement la division d’une première masse sans y comprendre ces objets avec le dessein formé d’en demander ensuite le partage, lesquels il feroit permettre de l’interret de toutes les parties…. La première opération qui, au moyen de ce deviendra frustration.
Ce n’est parce que le marquis de Brunoy parvienne jamais à faire ordonner partage nouveau, ni plus ample que celui qui se presoit par l’arret de 1769, mais il a de l’aversion pour les trois il veut. D’en avoir un nouveau. Il veut s’il est possible en etouffer.. des le principe ; et dans autre vue, il peut avec …. argumenter contre la dame des Brosse d’apres le résultat eventuel des pretentions qu’elle annonce pour la forcer de les faire éclore ou d’y renoncer c’est acquoy le marquis de Brunoy doit devoir s’arreter à ce moment. Mais il doit en même temps, soit pour payer ce sisteme juste et régulier, soit pour effacer toutes impressions desavantageuses reprendre à trois observations de la dame des Brosse.
1. Elle ne jouit pas, de son propre aveu, est depuis deux ans seulement que l’on a suspendu ce payement d’une provision cy importente au revenu des fonds dont elle devoit jouir. Elle est également obligée d’avouer que depuis deux ans il y a des saisies ; actuellement aussy prêt de compter, et quand le compte sera fait, le marquis de Brunoy payera et continuera de payer à qui prejustice sera ordonné, jusqu’au moment où le partage sera effectué.
2. Le Conseil du Marquis de Brunoy avoit promis de faire justice à la Dame des Brosse, ce jourd’huy l’on paru vouloir se renfermer dans des fins de non recevoir. Le Conseil avoit promis d’examiner ce que l’on a fait et l’en a remis aux representant de la dame des Brosse un memoire dans lequel on établi non seulement qu’elle n’est pas recevable à prendre aucune voye de droit, mais. Qu’elle a. Préjudiciable à ses interets, que si l’arret pouroit être rétracté ce seroit à l’avantage du marquis de Brunoy, et que s’il oppose une résistance vigoureuse, c’est par respect pour l’autorité de la Cour et … version pour les droits. 3. Ceci prévient le reproche que l’on renouvelle au sujet de la communication des titres. Le marquis de Brunoy pouroit dire qu’il n’en qu’un très petit nombre, et autre mauvais ordre, parce que les terres dont il s’agit ont été acquises par décrets forcés.
Quoy qu’il en soit, il n’est besoin pour l’exécution de l’arret, d’autres titres que du procès verbal d’estimation de 1764. La simple lecture de l’arret suffit pour convaincre d’estre vérité ou équivoque seulement ce partage en fait de partage, les titres sont nécessaires pour former les masses et fixer les quotités qui doivent appartenir à chacun des copartageants, tout cela est fait par l’arret. Des lors il n’est plus question que de formuler lots relativement aux quotités ; et cette opération ne peut se faire que d’après l’acte qui renferme l’estimation destaillée de chacun des objets qui composent la masse, tous autres renseignements sont inutiles.
En Conséquence le marquis de Brunoy conclu à ce qu’il nous plaise ordonner que la dame des Brosse sera tenue de déclarer dans vingt quatre heures, si elle entend se pourvoir contre l’arret du 8 juillet 1769 ou y acquise ce purement et simplement au premier cas, lui delaisse de se pourvoir, au second cas, ordonne que ses resserves et protestations demeureront suprimer, au surplus, donne acte au marquis de Brunoy de ce qu’il offre à l’instant même, presentant aux projets de partage dont la dame des Brosses pourra choisir celui que bon lui semblera et dans le cas ou nous trouverions quelques difficultés à statuer sur le présent requisitoire conclu à ce qu’il plaise ou referer à la Cour pour la réserve de toutes autres prétentions et autre voyes de droit, et a signé.
37, Etat des frais du à Me Patenôtre pour avoir occupé pour M. le Marquis de Brunoy contre les sieurs Dubreuil, Helion de la Gueronnière et autres.
38, Etat des recettes et des dépenses. 5 mars 1773 Enoncés d’une délibération du conseil du Marquis de Brunoy du 3 du dit mois, j’ai recu du sieur Martin caissier, sur ma quittance trois mille livres.
39, Liquidation à l’amiable des frais. Etat des frais de M. de Brunoy à l’occasion de sa créance sur le sieur de Malicollet.
40, Règlement des frais de Me Patenôtre pour les affaires de M. le Marquis de Brunoy.
41, Lettre signée Paris de Monmartel à M. Perronet portant plainte contre l’entrepreneur du pavé des grandes routes.
A Paris 21 février 1764. Je suis bien mortiffié, Monsieur, d’etre encore dans la nécessité de vous porter de nouvelles plaintes sur Faure entrepreneur du pavé des grandes routes. J’ay lhonneur de vous envoyer un memoire des dégradations commises par ses ouvriers dans une pièce de bois de quarante deux arpens que j’ay à la butte de Gresson pres Hyere qu’ils ont entierement dégradé et mis hors d’état de pouvoir jamais rien produire . Sans un reste de goutte qui ne me permet pas encore de sortir, j’aurois eu lhonneur de le presenter a Monsieur Trudaine. Je vous serai sensiblement obligé, Monsieur, de vouloir bien luy rapporter dans votre premier travail et de me faire l’amitié de m’instruire de la décision de M. Trudaine. J’ay lieu d’espérer que comme le fond de ces quarante deux arpens n’est que graies, que les entrepreneurs ont entierement ruiné et enlevé la superficie, le terrain n’est plus propre a aucune culture et ne peu plus etre vu qu’a y prendre des grais qu’il ordonnera au Sr Faure d’en faire l’acquisition sur le pied de celle que j’en ay faite ou des bois des environs ou d’en faire faire l’acquisition au Roy .Ce terrain serviroit à prendre le pavée pour le rétablissement des grands chemins des environs et diminueroit le prix du marché des entrepreneurs. J’ay lhonneur d’etre parfaitement Monsieur Votre tres humble et tres obeissant serviteur. Parismonmartel
43, Quelque difficulté que soit pour moy ce que vous me faites l’honneur de me demander, je vais m’arranger pour porter au trésor Royal la plutot possible les 346226 livres restants des fonds qui m’avaient été remis pour le remboursement des créanciers qui n’avaient pas voulu reconstituer et les 200000 livres que je dois d’ailleurs, malgré l ‘embarras que ca va me causer, je vais faire usage de toutes mes ressources pour répondre à vos devis et vous prouver mon zèle et le profond respect avec lequel je suis Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur. Monmartel
44, A Bercy mercredy 3 aout A Monsieur Aubert receveur de la fournitures des troupes.
45, Paris 8 avril 1769, lettre adressée à Monseigneur.
46, Paris 16 janvier 1773 Je soussigné déclare avoir reçu de M. Mossu du Moussy avocat en parlement deux registres contenant les délibérations prise dans mon conseil
47, 7 9bre Lettre signée Paris Montmartel
48, Paris 7.8.1758 Remplacement de la lettre de change de six mille florins payable à Ausbourg.
49, Paris 24 avril 1742 Reconnaissance de quatre cent mille livres et autre huit cent mille qui m’ont été assignés
50, Paris 24avril 1742 Je suis persuadé Monsieur, que M. Boullongne vous aura prévenu que j’ai à recevoir de vous dans une semaine 1200 milles livres au lieu d’un million, comme j’ay des payements très considérables à faire mercredi, je vous serais infiniment obligé de vouloir bien me faire savoir quelles sommes vous pourrez me faire remettre dans la journée de demain…
51, Paris 6 septembre 1760 Lettre à Monseigneur pour le prié de faire avoir la Croix de St Louis au capitaine Zoypsel, son protégé.
52, Maubeuge 3 7bre 1755 A Monsieur Demalezieux, interréssé dans les affaires du Roy
53, Paris 10 fevrier 1759
54, Rentes viagères. Les Reconnaissances fournies par M. Duvergier jusqu’à ce jour montent à 3,613969 livres 7sols 6 deniers celles de M. de Monmartel à 165830 livres..
56, Paris 24.4.1748 Reconnaît avoir recu la somme de mille livres.
Pièces de 61 à 66
62, Lettre signée Paris d’Illins Paris 1.6.1749 Des 2056 livres qui vous restent Monsieur, voiey la destination qui en est faite Sçavoir
M. Denet suivant ses deux memoires arrestés : 1682
Genevieve suivant mon billet : 1013
M de St Amand suivant mon billet : 200
Soit un total de : 1895
Je feray mon possible pour me trouver chez vous demain matin a 7 heures ; mais en supposant que je fusse retenu à l’hostel de la Force ou je dois me rendre je vous supplie de vouloir bien les payer en mon absence J’ay l’honneur d’etre tres parfaitement. Votre tres humble et tres dévoué serviteur. Paris D’Illins
63, Lettre signe Paris de Moyrans Paris ce 21 juin 1742 Je vous envoye cy joint monsieur, l’Etat que je vous ay promis ce matin, pour tout ce que j’ai payé pour d’Illins, vous trouverés au bas du dit état les déductions qui doivent etre faites et mes observations, mon intention est que tout soit observé comme je l’explique parce que je le crois juste, et cela est aussy necessaire pour ma tranquilité, j’y toutes les pieces que le remetray lors que les actes seront mis en etat et signés, et que les expeditions m’en seront remises. J’ay l’honneur d’être très parfaictement, Monsieur, votre très humble et très obeissant serviteur. Paris de Moyrans sous mon Père
64, Lettre signée Paris la Montagne Paris 1.2.1741 A Monsieur Monchard receveur général des finances
65, Je promets payer en personne le six fevrier mil sept cent quarante deux la somme de six mil deux cent soixante et dix livres. Fait à Paris 4 fevrier 1741 Paris lamontagne Bibliothèque Lyautey Grenoble Côte R 8890 (3) lettres manuscrites
Extrait copie de lettres d’André Alexis Paris de Romanèche, héritier de Claude Paris d’Avancour son père à M. Eustache Paris de Bolardière son oncle et Paris de Tréfonds son cousin.
Voiron 7 décembre 1788 (à Paris de Tréfonds) Il parle de la succession de feu de Romanèche leur oncle et signal que son père à reçu le Viatique 28 décembre 1788 (Paris de Tréfonds) Il le remercie sincèrement pour les inquiétudes que causait la santé de feu son père.
30 décembre 1788 ( Paris de Bolardière) Mon cher oncle, j’ai reçu votre lette du 15 Xbre 1788 qui m’assure que vous avez reçu ma mission dans le cas ou je serois nommé à la recette des gabelles de Voiron, je ne m’attendais pas, non plus que vous, avoir la douleur de m’en voir servir sitot, j’esperois me former sous les yeux de ce vray père en suivant ses sages conseils, j’espère que l’année ou nous entrons sera plus heureuse pour vous, si le ciel seconde mes souhaits et pour moi si vous daigner me continuer votre amitié dont le tacherai toujours de me rendre plus digne.
1 septembre 1789 Mon cher oncle, j’ai l’honneur de vous envoyer cy joint l’extrait de la vente passée par M. Paris de Treffond à mon cher oncle l’abbé, vous verez qu’il en coûte. Insinuation à Voiron 75L 10s. A Moirans 33L 14s 6d Qui mieux de vos parents n’a certainement autant d’empressement que moi à vous voir habiter notre province, à part cependant la perte que les révolutions actuelles vous ont occasionner et dont je partage bien sincèrement les inquiétudes en conséquence vous trouverez cy joint ma procuration pour la vente en votre faveur de la portion neufvieme qui me compelte des immeubles et rentes foncières dans l’hoirie de mon oncle Alexis Paris de Romanèche pour le prix de 7000L ainsi que vous le désirez par votre lettre du 24 aoust dernier.
28 décembre 1791 (à M. Paris l’abbé)
Je vous souhaite une année plus heureuse que celle que nous venons de passer quoique les choses vous paroissent toujours plus facheuses à peine nous reste il quelque espoir mais au commencement d’une année il faut faire des souhaits dans ces moments facheux l’on ne trouve de consolation que dans sa propre fermeté et l’amitié, j’embitionne toujours la votre mon très cher oncle daignez me la continuer.
Mais où donc est passé la fortune des frères Paris ?
Salamand Georges : les Affiches de Grenoble et du Dauphiné
(bibliothèque Lyautey J D 921)
« Intéressons-nous à une énigme : celle de la disparition de la fortune amassée par les quatre dauphinois. Car il est de notoriété publique que ces financiers n’ont pratiquement rien laissé derrières eux des millions patiemment réunis.
Si l’on excepte le second, qui était aussi le moins doué des frères, Claude dit la Montagne, pratiquement ruiné vers 1742 et dont la maigre fortune subsistante sera allégrement pillé de son vivant, par trois fils « dissipés et malfaisants » et un gendre, comte de Choiseul, particulièrement prodigue, les frères avaient mis au point un système familial particulier.
Fort heureusement et afin d’éviter la mésaventure survenue à Claude, les alliances tissées entre les autres Paris avaient bien pour but la préservation de l’énorme patrimoine familial récent et son regroupement sur une seule tête.
Ainsi, l’aîné, Antoine, comte de Sampigny, ancien garde du trésor Royal puis trésorier général du Dauphiné, avait-il épousé la sœur de sa belle-sœur, puis donné sa fille unique héritière, en mariage à son propre frère Paris Duverney. L’affaire fit grand bruit puisque c’est Louis XV en personne qui demandera au Pape la dispense nécessaire, avec un cynisme assez étonnant : » nous savons qu’ils ont des raisons de famille très forte de désirer l’accomplissement de ce dessein qui peut seul, prévenir un grand dérangement dans leurs affaires domestiques et même Nous priver d’une partie des avantages que Nous tirons des services que leur union les met en état de nous rendre… »
A sa mort en 1722, Antoine donnera sa part de la terre de Sampigny au dernier des frères Paris, Jean, seigneur de Montmartel, à son tour garde du Trésor Royal et trésorier général des Ponts et Chaussées. Tout était donc parfaitement bien ficelé puisque au bout de la corde se trouvait un seul personnage, Armand, fils de Montmartel, né en 1748, seul habilité à hériter de ses deux oncles. Ce personnage connu sous le nom de marquis de Brunoy, était fou, absolument et à lier d’urgence. On s’en rendit compte un peu tard, lorsque pour consoler son père à l’agonie, ce jeune homme de 18 ans ne trouva rien de mieux que de décrire, en détails au moribond le déroulement précis de ses prochaines obsèques.
Parmi les « détails » livrés ainsi au héros, malgré lui, de la cérémonie, figuraient quelques excentricités comme celles qui consistaient à habiller de noir toutes les statues du parc du château de Brunoy ou à verser dans la Seine et l’Yerres, en signe de deuil, des centaines de tonneaux d’encre.
Le marquis était, par ailleurs, très féru des choses religieuses. Il disait lui-même ses messes quotidiennes ou dominicales, organisait à grand frais des processions magnifiques où avaient obligation de se rendre, sous peine de bastonnade, tous les gens de ses terres, et construisait chapelles et oratoires pour son seul usage. Ruiné en partie par ses coûteux délires, le marquis de Brunoy sera en définitif escroqué de belle manière par Monsieur, frère du roi, le comte de Provence futur Louis XVIII, qui sur l’instigation du sieur Cromot, baron de Bourg, son intendant, gendre de Jean-Baptiste de Barral d’Allevard, lui volera son château de Brunoy et toutes ses collections et fera de la propriété où résonnaient jadis les « orémus » un haut lieu d’impiété et de l’irréligion.
Le marquis finira ses jours à l’asile, bien que la légende assure qu’il aurait été sorti par les révolutionnaires lyonnais d’une des cellules du fort de Pierre Encize.
Enfin le plus brillant des quatre frères, Joseph Paris Duverney, l’ancien « général des farines » et premier protecteur de Madame de Pompadour, décédera très âgé en 1786 et, fort heureusement sans enfant de sa nièce épouse. Il sera inhumé dans la chapelle de l’Ecole Militaire qu’il avait fondé.
Tout le monde s’étonnera alors de la modestie de l’héritage qu’il laissait à de lointains parents. Tant et si bien que de nombreux chercheurs de trésors voudront mettre leur patte griffue sur le magot, supposé caché, des frères.
A plusieurs reprises, les bâtiments et fondations de l’Ecole Militaire seront fouillés de fond en comble et jusqu’à la tombe de l’ancien créateur heureux de « l’anti-système » violé par des individus bien peu scrupuleux…en vain.
Chronologie
1665 : mariage de Jean Paris dit la Masse et de Justine Trenonay.
Mort du roi d’Espagne
Occupation par les Français de la partie occidentale de Saint-Domingue, colonie espagnole.
1668 : Naissance d’Antoine Paris.
Création de l’inscription maritime, Louvois nommé secrétaire d’Etat à la guerre.
Conclusion de la triple Alliance pour freiner les ambitions françaises.
Occupation de la Franche-Comté par la France
Paix d’Aix la Chapelle
Publication du premier recueil des fables de la Fontaine.
1670 : Naissance de Claude Paris.
Traité secret franco-anglais de Douvres
Mort subite d’Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans.
Début de la construction de l’hôtel des Invalides par Libéral Bruant.
1683 : Naissance de Thérèse Paris
Mort de la reine Marie Thérèse
Epoque vraisemblable du roi avec Mme de Maintenon
Mort de Colbert. Seignelay nommé secrétaire d’Etat à la marine.
1684 : Naissance de Joseph Paris
Bombardement de Gênes, alliée de l’Espagne.
Trêve de Ratisbonne.
Mort de Corneille.
1690 : Naissance de Jean Paris.
Victoire du maréchal de Luxembourg à Fleurus
Mort de Seignelay, Pontchartrain, secrétaire d’Etat à la marine.
1698 : Convention entre Antoine et Claude Paris et sieur Joseph du Fraisne, marchand de Chambéry pour le duc de Savoie.
Suppression de la capitation.
Négociations franco-anglais prévoyant un partage des possessions espagnoles à l’ouverture de la succession de Charles II
Mort de Racine.
1707 : Vêture de Thérèse Paris.
Saisie du livre de Vauban « la Dîme Royale »
Mort de Vauban.
Cours forcé du papier monnaie.
Début de la reconquête de l’Aragon par Berwick.
1709 : Disette en Dauphiné et dans toute la France.
Négociations de Torcy avec les coalisés.
Demi-victoire de Villars à Malplaquet.
1714 : Liquidations, par Claude Paris la Montagne des lods de la seigneurie de Vernioz, Azieu et Surieu.
Signature des traités de Rastadt entre la France et l’empire.
Mort du duc de Berry, petit-fils de Louis XIV.
Testament de Louis XIV instituant un conseil de régence présidé par le duc d’Orléans.
1717 : Investiture de Claude Paris la Montagne sur les terres de Serpaize, Illins, Azieu et Surieu.
Triple alliances de la Hayes.
Visite du Tsar Pierre le Grand à Paris.
Création par Law de la Compagnie d’Occident et du Mississipi.
1720 : Exile
5.1. Law est nommé Contrôleur général des Finances
22.3 Fermeture de la Bourse, rue Quincampoix
Avril, début de la peste à Marseille
Juin-Juillet ; Panique boursière à Paris
25.10. fuite de Law à l’étranger.
1722 : Claude reçoit sa charge de Trésorier Receveur Général du Dauphin » par démission d’Antoine
Première transformation de l’Auberge qui deviendra le Château
Mars, arrivée à Paris de l’infante Marie Anne Victoire destinée en mariage à Louis XV
22.8 Dubois Premier ministre du régent.
25.10 Sacre de Louis XV à Reims.
1723 : Jean Paris, Garde du Trésor Royal
10.8.Mort de Dubois.
2.12 Mort de Philippe d’Orléans.
1744 Mort de Claude Paris la Montagne à Serpaize ( juin)
15.3. Louis XV déclare la guerre à l’Angleterre et à l’Autriche.
Juillet-Août Insurrection à Lyon.
Août Maladie du roi à Metz.
Lexique
- Albergement : bail emphytéotique. C’est donner un fonds pour le tenir en directe sous une cense annuelle
- Arrentement : Action de donner à rente, à ferme.
- Chambre des Comptes : Sous l’ancien régime, cours souveraines établies pour connaître et juger en dernier ressort tous les comptes des deniers du roi ainsi que la conservation du domaine de la couronne.
- Aix : poutre
- Bachas : auge
- Bade : chose frivolle
- Baritellière : benne
- Bigot : piquet
- Bise (à) : au nord
- Bise (de) : du nord
- Bleds : Blés (céréales)
- Capitaine-châtelain : représentant du seigneur (parfois du roi) dans le mandement
- Chaponnière : vase de cuisine pour faire cuire un chapon en ragout.
- Chapotier : endroit où on élève des chapons.
- Confins (les) : autres territoires
- Consul : élu chaque année pour présider l’assemblée de la communauté (équivalent du maire aujourd'hui)
- Contrôleur général des finances : entre 1665 (Colbert) et la Révolution, il est à la tête de l’administration financière et de l’économie du pays.
- Couchant (le) : l’ouest
- Courtine : rideau
- Couverte : couverture
- Damoiselle : jeune fille ou femme mariée
- Deub : duement
- D’icelle : de celle-là
- Fardelle : Quantité de marchandise determinée par son poids.
- Fecce : tuyeau de seigle ou de blé.
- Ferme général (fermier) : l’adjudication de la ferme générale avance l’argent des impôts avec des associés et se charge de les récupérer avec de gros bénéfices.
- Forain : noble qui posséde des terres dans une communauté mais pas d’habitation.
- Larmier : moulure horizontale en saillie sur le nu d’un mur et destinée à ecarter les eaux pluviales
- Office (officier) : « Dignité ordinaire », comme participation au pouvoir royal, et « fonction dans l’Etat » comme service du roi. Depuis 1522, l’office tend à devenir une propriété privée, qui s’achète et se vend (vénalité des offices) et de transmet par héritage.
- Pertuis : soupirail.
- Piarde : pioche
- Sape : sapin.
- Stillicide : eau qui tombe des gouttières. « Qui veut bastir une maison doit laisser demi pied de chascun costé pour le stillicide. Le stillicide du dit bastiment ne pourra faire tomber dans le jardin »
Unités de Longueur :
- Toise nationale (ou de Paris)= 1.949 m
- Toise delphinale = 2.045 m
- Pied du Roy : 1/6e de toise de Paris = 32.5 cm
- Pouce : 1/12 du pied = 2.7 cm
Unités de Surface
- Toise carrée delphinale : 36 pieds carrés = 4.18 m2
- Pied carré delphinal : 144 pouces carrés = 8.07 cm2
Unités Agraires
- Sestérée ou Setérée = 37.67 ares, terre sur laquelle peut être semé un setier, soit 900 toises Dauphinoises.
- (Sestérée ou) journal = 25.12 ares, ce qu’une charrue peut labourer en un jour
- Eminée : 1/2 sestérée journal = 12.56 ares
- Quartellée : 1/2 eminée = 6.28 ares
- Civerée : 1/4 journal = 1.57 ares
Unités de Capacités
- Sestier, setier ou charge = 110 litres, variait en fait de 47 litres à 110 litres
- Bichet = 1/2 Quartal
- Pot = 1/40 d’Emine
- Modurière = 1/4 de Bichet
Pour aller plus loin
- Bibliohèque Lyautey Grenoble :
Famille Trenonay R 8889-1 : Actes notariés
- 2 : lettres adressées à divers membres de la famille de A à S
- 3 : T à Z
- 4 : Comptabilité
- 5, 6, 7 : Livres de Raison
- 8 : Procès 17é siècle
- 9 et 10 : 18é siècle
Claude Paris la Montagne R 5778 : discours à ses enfants pour les instruire de sa conduite et celle de ses frères dans les principales matières du gouvernement où ils ont participés (1729)
- Archives départementales de l’Isère : Serie 2 E 545
- Famille de Martel- de Paris : Mariage de Hugues Marie de Dombeys
- Testament de noble Hugues Paris 1.2.1674 Me Cochet
- Testament de Jean Trenonay 4.9.1624 cote 6 H 117
- Mariage de Jean Trenonay et Catherine Berloin cote 6 H 117
Crédits
Recherches, traduction, assemblage : Chantal Le Caer
Mise en page GeneaWiki : Georges Ogier
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