Histoire de l'Algérie

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L'Histoire de (la Berbèrie) l'Algérie est très mouvementée.
Les Phéniciens créent des comptoirs sur ses côtes.
Carthage étend sa domination dans la région Est.
Les Romains la conquièrent et y font régner la paix.
Les Berbères adoptent le christianisme.
Ve siècle : invasion des Vandales -
VIe siècle reconquête par les Byzantins -
VIè siècle, les Arabes l'annexent au monde musulman et convertissent les populations à l'Islam. Sous ces maîtres orientaux, elle connaît d'abord une relative prospérité qui prend fin avec l'extension des nomades hilôliens (venus d'Egypte) à partir du Xle siècle ; ceux-ci rendent difficile la vie des royaumes berbères qui se créent au XIIè siècle.
Au début du XVIè siècle, ALGER, occupée par les Turcs, devient capitale d'un Etat vassal de Stamboul qui s'étend sur une partie de la Berbèrie (Régence d'Alger) et tire surtout ses ressources de la piraterie.
Les puissances européennes, l'Espagne, l'Angleterre, la Hollande, la France s'efforcent de mettre un terme à l'activité néfaste des corsaires. La France y parvient en s'emparant d'ALGER en 1830.


Sommaire

Berberie ou Afriqya

Occupée dès la plus haute antiquité par les Berbères, la partie de l'Afrique qui forme l'Algérie actuelle fut depuis le VI° siècle av.J-C. sous la domination des Carthaginois,puis, après les guerres puniques, sous celle des Romains, qui donnèrent au pays une prospèrité remarquable, ainsi qu'en témoignent les ruines mises à jour sur tous les points de la contrée. Dévastée par les Vandales, occupée ensuite par les Bysantins, les Arabes et enfin les Turcs, la région d'Alger devint dès le XIV° siècle, un nid de pirates, sous l'influence des Barberousse. Les expéditions de Charles-Quint et de celle de lord Exmouth en 1816, n'eurent de résultats durables, et ce fut seulement en 1830 que les troupes françaises, chargées de venger une insulte fait pas le dey Hussein au consul de France, commencèrent la conquête du pays. Celle-ci débuta en 1830 par la prise d'Alger, dont s'empara le général de Bourmont et par l'occupation des principaux points de la côte. En 1832 étaient organisés par le général Voirol les bureaux arabes chargés de servir d'intermédiaires entre l'administration française et les responsables de la population. Cependant,les français eurent bientôt à lutter contre un redoutable adversaire, l'émir Abd-el-Kader qui infligea aux troupes françaises le désastre de la Macta(1835).Après des luttes, le duc d'Aumale en 1843 prend la smala d'Abd-el-Kader.Avec le traité de Tanger avec le Maroc en 1844: Abd-el-Kader est déclaré hors-la-loi au Maroc et en Algérie.Il se rend à Lamoricière en 1847 Dès lors l'Algérie entre dans une période d'organisation, à peine troublée par les révoltes de Kabillye(1850 et 1871) Le 1° novembre 1954 débute la guerre d'Algérie

Présence turque

1515-1830 Berbérie

avant de devenir au XV° siècle, avec l'installation des Turcs,pendant 315 ans, la Régence d' Alger, domaine politique aux limites assez floues.


Comme les Vandales avant eux, les Turcs refusèrent de s'assimiler aux populations arabo-berbères. Durant trois siècles, ils ne sympathisèrent jamais avec ces peuples parlant l'arabe.
Ils demeurèrent une communauté distincte vivant comme des étrangers en Afrique du Nord (jusqu'en 1830). C'est que la présence turque en Algérie ne fut pas le fait d'une présence de type coloniale, donc sans apport massif de populations étrangères. Les seuls Turc présent en Algérie étaient ceux qui faisaient partie de la caste dirigeante ainsi que les militaires. Néanmoins, un certain nombre de Turcs, surtout des "Janissaires", finirent par épouser des femmes indigènes — de ces unions sont nés les Kouloughlis, mot provenant du turc, qul oghlu, signifiant «fils d'esclave». Encore aujourd'hui, de nombreux Algériens ont des origines turques et ont conservé leurs patronymes d'origine turque.

La langue officielle du pays était le turc osmanli. Comme la population ignorait cette langue, les fonctionnaires turcs durent avoir recours à des interprètes pour communiquer en berbère et en arabe avec la majorité de la population.

Les dirigeants

1474-1518 : Haradin dit Barberousse, chef de pirates, il conquiert Alger, massacre tous les opposants, va en Turquie soumettre sa conquête à Soliman qui lui donne une armée de mercenaires pour se maintenir et lever un tribut pour la Porte ;

- 1518-1533 : Khizr dit Khaïd ed Din "le Chef de la religion" son fils adoptif ;

- 1533-1551 : Hassan, 2° beylierbeys vers 1510, il réprime violemment les Kabyles pour leur imposer un tribut plus lourd ;

- 1551-1557, Hassan, pirate et renégat d'origine corse, capitaine corsaire, 3° beylerbeys en même temps que le suivant qui parvient à l'évincer ;

- 1551-1562 : Salah, 3° beylierbeys en 1551, chef du contingent de mercenaires turcs ; développe des razzias pour rançonner les peuples berbères nomades ;

- 1562-1567 : Hassan, 2° beylierbeys, poursuit la piraterie en Méditerranée ;

- 1568-1571 : Ali GALENI dit El Euj "le Renégat", chef pirate sarde, régent en 1568, mort assassiné 1587 ;

- 1621-1623 : Hossein, pacha en 1613 ;

- 1623-1645 : Ali BITCHIN, assassiné lors d'un coup d'État ;

- 1659-1660 : Khelil, chef de la milice, établit la république militaire, 1° Agha, mort assassiné après sa déposition ;

- 1660-1661 : Ramdam 2° Agha, mort assassiné vers 1661 ;

- 1661-1665 : Chaban, 3° Agha, mort assassiné à la suite d'un complot en 1665 ;

- 1671-1681 : Hadj Mohammed, 1° Dey, capitaine-Corsaire d'Alger, mort assassiné par son successeur en 1681 ;

- 1681-1683 : Baba HASSAN, 2° dey, capitaine-corsaire, mort assassiné par son successeur en 1683 ;

- 1683-1688 : El Hadj dit Mezzo Morto "à moitié mort", pirate italien, tue son prédécesseur, développe la piraterie et le rapt de populations civiles sur les cotes italiennes, corse, provençale ; Alger est bombardée par l'Amiral de Duquesne en représailles contre la piraterie ; mort en exil en 1701 à Tunis ;

- 1688-1688 : Ibrahim el KÉBIR, capitaine-corsaire, 4° dey (chassé au bout d'un mois) ;

- 1688-1695 : Hadj CHABAN, bat les Tunisiens et les Marocains, renouvelle un traité de paix avec la France, signe une convention avec le RP Querlat pour établir et protéger les hôpitaux, mort étranglé en prison en 1695 ;

- 1695-1698 : El Hadj AHMED, tué en 1698 ;

- 1698-1700 : Baba dit Kara Barli HASSAN (doit son salut à sa fuite à Tripoli où il meurt en exil après 1700) ;

- 1700-1705 : Hadj MUSTAPHA, mort étranglé par ses janissaires en 1705 ;

- 1707-1710 : Mohammed BAKTACH, mort massacré par le peuple en 1710 ;

- 1710-1710 : Déli IBRAHIM, tué d'un coup de mousquet en 1710 ;

- 1718-1724 : Mahomet, mort assassiné à l'instigation du Raïs d'ALGER en 1724 ;

- 1724-1732 : Kourd ABI, fumeur de hachich, il avait des accès de folie furieuse ; ;

- 1748-1754 : Mahomet Khojet dit Il Retordo "le Retors", pirate renégat, mort d'abord poignardé, puis d'un coup de pistolet et achevé d'un coup de sabre Khojet el Kheil en 1754 ;

- 1754-1754 : Ali Baba, janissaire albanais, sabreur du précédent, mort assassiné au bout d'1/4 d'heure en 1754 ;

- 1754-1766 : Baba Ali NECKIS, dit Bou Séba "l'Homme au Doigt" mort empoisonné en 1766 ;

- 1766-1791 : Mahomet el KÉBIR ;

- 1791-1798 : Hassan El AMIA, établit de bonne relations avec la Convention puis Bonaparte, mort de gangrène en 1798 ;

- 1805-1808 : Ahmed El KÉBIR, suscite la haine des religieux à cause de protections qu'il accorde aux Juifs, mort assassiné à la porte d'une mosquée, son corps est jeté aux chiens en 1808 ; enterré par la suite au cimetière de Bab El oued ;

- 1808-1809 : Hdji Ali, mort étranglé en 1809 ;

- 1809-1815 : Hadj Ali, intensifie les actions de piraterie, mort en 1815 ;

- 1815-1815 : Mahomet KHARNADJI, mort égorgé au bout d'un mois en 1815 ;

- 1815-1817 : Omar, chef de la milice d'Alger, de son temps, Alger est bombardée en représailles des actes de piraterie d'abord par Lord Exmouth, puis par la marine hollandaise. Mort étranglé par les partisans de son successeur en 1817 ;

- 1818-1818 : Ali dit Loco "le Fou", mort de la peste au bout d'1 mois ;

- 1818-1830 : Hussein Dey, comme ses prédécesseurs, il pratiquait la piraterie et le rapt de populations sur les côtes, les enfermait dans les bagnes d'Alger avant de les vendre comme esclaves, par représailles, Alger est bombardée par Sir Neal en 1824, déposé par les Français en 1830.

Algérie

  • Précèdement ce pays s'appelait soit Berberie (par les pays Européens) soit Afriqya (par les pays Arabes).

Le nom Algérie corrrespond à un immense pays (le deuxième par la taille), pays au moins dix fois plus étendu que le territoire sur lequel s'étendait l'autorité du dey de l'ancienne Régence turque en 1830, date de l'intervention française.

Pour les géographes Arabes du Moyen-Âge, seule existait <<l'île du couchant>> (Dzeriret el Magreb), ensemble montagneux, forestier et steppique de l'Atlas, isolé entre d'une part l'océan Atlantique et la Méditerrannée et, d'autre part, les vastes étendues monotones et désertiques, de ce qu'on nomme actuellement le Sahara septentrional.

Le mot Maghreb a la même étymologie que le mot Maurétanie désignant le pays du couchant, de l'occident par rapport au lieu saint de l'Islam, La Mecque. Appelée concomitamment ou successivement tout au long des siècles Maurétanie, Berbère (de Berbères), Barbarie (qui donnera Barbares), la faction de cette île du couchant, l'Algérie du nord n'avait pas de nom particulieravant de devenir au XV° siècle, avec l'installation des Turcs,pendant 315 ans, la Régence d' Alger, domaine politique aux limites assez floues.

1830-1962

Pour les Français qui s'y établissent à partir de 1830, elle ne prend que progressivement une nouvelle identité. Dès 1831 cependant, le mot Algérie apparait à deux reprises dans l'ordonnance royale du 1er décembre créant une intendance civile. Mais on parlait de l'ancienne Régence ou des <<Possessions françaises du nord de l'Afrique>> Après les travaux de la Commission d'Afrique, fut publiée l'ordonnance du 22 juillet 1834, préparée par le Maréchal Soult en tant que Président du Conseil et qui instituait le régime des <<possessions françaises dans le nord de l'Afrique>> (ancienne Régence). C'est un texte fondamental dans lequel on a vu l'acte de naissance du pays.

Ce texte est l'Ordonnance du Roi des Français n°7654 du 30.10.1838 <<sur l'Administration civile de l'Algérie>>, il ne fait que légaliser pour la première fois un terme fabriqué par la langue française où il commence à avoir valeur d'usage. Depuis cette Ordonnance d'ailleurs, tous les documents officiels emploient le terme Algérie. Ce dernier ne fait que souligner l'appelation légale comme un rappel à l'ordre de l'Administration, le texte du Journal Officiel (bulletin des lois n°609) ayant été signé un an plus tôt.

Le 29 décembre 1840, le Général Thomas Bugeaud est encore nommé Gouverneur Général des <<Possessions du nord de l'Afrique>> et ne reçoit le titre de Gouverneur Général de l'Algérie que le 15 avril 1845.

Le mot Algérie désigne alors la partie septentrionale conquise par la France, à l'exclusion du Sahara <<algérien>> (tel qu'on le définit actuellement dont la soumission restait à obtenir.

L'acte fondateur de l '<< Algérie >>, création française, est symbolisé par la date officielle du 31.10.1838 car avant la France n'avait pas décidé encore d'administrer et de fonder une nouvelle province.

La région d'Alger (en arabe <<Bled-el-Djezair>> )directement rattachée au pouvoir turc était appelée << Dar-es-Soltan >>.

- Sources : Histoire de l'Algérie de X. Yacono et notes de J.F Paya

Les infrastructures

La colonisation du pays est appliquée presque continûment depuis 1830, par divers moyens unitaires ou collectifs. Des dépenses considérables sont consenties par la France pour le structurer et l'organiser, notamment médicalement. Il y a de grandes souffrances chez les colons, chez les indigènes, chez les militaires. Tous payent au passage, un tribut énorme aux épidémies successives de choléra et de paludisme. D'emblée s'établit le quiproquo, puis l'antagonisme entre ceux des français d'Algérie qui comprennent "l'assimilation" comme la prolongation des lois et moeurs françaises dans le pays.

Pour eux l'Algérie c'est la France, et il ne s'agit pour la population indigène maure et juive, que de se plier aux us et coutumes de la Métropole. Pour les autres, dont les officiers français des Bureaux Arabes, il s'agit surtout d'intégrer les indigènes, et de les assimiler dans une nouvelle société en devenir, en fondant les cultures entre elles. La politique algérienne de Napoléon III est, en la matière, quelque peu exemplaire. Contre l'opinion de ceux mêmes qui l'ont plébiscité en 1852, il a vraiment souhaité imbriquer les 2 communautés française et musulmane. Il offre beaucoup et entre autres, la nationalité française pleine et entière mais sa tentative reste sans résultat.

Pendant ce temps , l'infrastructure lourde du pays financée de bout en bout par la France avance à grands pas. Le choix des options économiques de développement se révèle être une réussite. Le pays découvre les vertus de la trilogie des cultures méditerranéennes: l'olivier, le blé et le vin. L'implantation des moyens de communication demande des études puis des budgets colossaux. Tout est décidé et réalisé avec une méthode exemplaire. A partir de ce moment date une expansion économique méritée, mais porteuse de problèmes qui rejailliront un siècle après. En effet, la faille entre les 2 communautés française et musulmane ne cesse de croître au fur et à mesure que la prospérité s'enracine dans la terre d'Algérie. En fin de la période, les juifs vont profiter du décret Crémieux de 1870, une mesure collective à l'initiative de Napoléon III et qui les fait tous français.



Médecine de la colonisation

En après trois siècles d’occupation turque il ne restait rien de la brillante médecine arabe. Les soins aux malades étaient dispensés par des empiriques. Seuls les médecins maures appelés toba ou tebib (toubib) avaient pignon sur rue en ville ou sous tente sur les marchés.L’état sanitaire du pays était des plus déplorable ; ainsi entre 1831 et 1843, 50261 militaires français sont morts dont seulement 2295 au combat.

Le Maréchal de Saint Arnaud, ministre de la guerre en 1853 créa le Service médical de colonisation.

Les principales missions étaient:

L’assistance médicale aux indigènes avec l’aide des auxiliaires médicaux indigènes créés en 1901.

En 1923 la création d’un Institut d’hygiène et de médecine de colonisation.

En 1925 création d’hopitaux auxiliaires d’une cinquantaine de lits.

En 1926 Assistance aux mères et aux nourrissons.
En 1939 il existe 112 circonscriptions de colonisation dotées d’un hopital auxiliaire, de salles de consultation dans les douars, d’abris de mères et nourrissons…

En 1944 est créé le corps des médecins de la santé d’Algérie. Le nombre des circonscriptions médicales d’assistance est porté à 151 auxquelles s’ajoutent 125 circonscriptions de médecins conventionnés.

En 1920 on comptait 21 hôpitaux et hospices civils totalisant 5000 et 1640 lits.

En 1945 on était passé à 24000 lits sans compter les hopitaux auxiliaires.

En 1962 le secteur privé comportait environ 10 000 lits et le secteur public 38000 lits.

Recherche Médicale

Les organismes:

-35 chaires à la Faculté de médecine et pharmacie.

-Institut PASTEUR. A poursuivi à partir de 1910 par préparation des sérums et vaccins.
Les actes de recherches y sont attestés par plus de 2276 titres de comptes rendus scientifiques.

Quelques hommes:

-J.B.BAUDENS (1804-1857) père de la chirurgie militaire conservatrice

-C.MAILLOT (1804-1894) attaché son nom au traitement des fièvres palustres par la quinine

-A.LAVERAN (1845-1922) découvre en 1880 à Constantine l’agent du paludisme

-Les médecins ayant illustré les travaux de l’Institut Pasteur : Edmond et Etienne SERGENT, DONATIEN, FOLLEY, PARROT, …

-Le professeur de physique VERAIN qui inventa le scialytique permettant d’éclairer sans ombre les tables d’opération du monde entier...

parmi beaucoup d’autres...

Bilan de la colonisation française

La France fête en 1930 un glorieux centenaire, celui de son établissement en Algérie. Comme l'a proclamé M. Jules Cambon, on peut appliquer à notre oeuvre dans le Nord de l'Afrique ce que Burke disait de celle des Anglo-Saxons en Amérique : " Nos pères ont transformé une solitude sauvage en un glorieux empire et ils ont fait la plus grande et la plus honorable conquête, non pas en détruisant, mais en développant la richesse, le nombre et le bonheur de la race humaine. "

En 1953

Cultures

L'Algérie recherche l'augmentation des rendements et l'amélioration des produits de ses cultures par une modernisation générale des méthodes et des moyens.
Surfaces cultivées : sur les 200.000.000 d'ha des Territoires du Sud, 100.000 ha environ sont cultivés. Sur les 21.000.000 d'ha de l'Algérie du Nord ( 1/10ème la superficie totale de l'Algérie) , 12.700.000 ha sont utilisés pour l'agriculture (terres labourables : 5.300.000 ha, dont 2.000.000 en jachères). Vignobles (400.000 ha). Cultures fruitières (200.000 ha) . Prairies naturelles (40.000 ha). Pacages et parcours : 6.800.000 ha. Tracteurs : 15.000 ; moissonneuses-batteuses 2.300 ; engrais : 44.000 tonnes. On note, depuis la guerre, un apport considérable de matériel destiné à l'agriculture algérienne.

Le paysanat

Le " Paysanat " est l'ensemble des moyens mis en oeuvre pour améliorer les conditions d'existence et de travail de la population rurale. De lui dépendent 55 écoles, 13 centres professionnels ruraux. Les méthodes du paysanat sont appliquées dans les S.A.R. (Secteurs d'Amélioration Rurale) ou organismes chargés de fournir aux paysans une aide technique dans tous les domaines de l'agriculture. Prêt de matériel, octroi d'engrais et de graines sélectionnées. De 12 en 1947, couvrant une surface de 728.000 ha et intéressant 7.100 familles, les S.A.R. sont passés, en 1953, à 175, couvrant 16.185.058 ha et intéressant 245.343 familles.

Réserves d'eau

En raison du régime pluviométrique de l'Algérie, d'importantes réserves d'eau ont dû être faites. Des ouvrages considérables ont été construits ; un programme important est prévu. La réserve totale de 800.000.000 m3 sera portée à 1.000.000.000 de m3. Ces réserves sont destinées à l'électrification et à l'irrigation.

Irrigation

Le problème de l'eau étant essentiel, tout est mis en oeuvre pour utiliser au maximum les eaux existantes : captage de sources, petits barrages d'épandage de crues, recherche des ressources en eaux souterraines. Surface actuellement irriguée : 190.000 ha.

Energie

L'Algérie, pauvre en énergie, multiplie ses efforts pour développer au maximum son potentiel énergétique. 35 centrales principales dont 10 centrales thermiques, 25 centrales hydrauliques. Plus une quinzaine de centrales thermiques à moteur Diesel (dans le Sud). Investissements 60 milliards. La production sera portée d'ici peu à 1.000.000.000 de kWh par an par la construction de nouvelles centrales.

Effort industriel

En raison de sa pauvreté en énergie et en matières premières, l'effort industriel de l'Algérie était de peu d'importance.
Cependant, depuis 1945, un plan d'industrialisation a été conçu et les progrès de la jeune industrie algérienne sont importants, elle compte des industries inexistantes en 1938 : câbles électriques, wagons et matériel de chemins de fer, papier d'impression, jus de fruits, etc... Chiffre d'affaires : 20 milliards pour les seules industries agréées au plan.

Le commerce

L'Algérie est en union douanière avec la Métropole et l'échange de produits agricoles et de produits minéraux bruts contre des objets industriels et des produits alimentaires constitue l'essentiel de son commerce. Le commerce extérieur de l'Algérie en 1953 (importations + exportations) a atteint 366.000.000.000 de francs (9.500.000 tonnes de marchandises). Importations : 223.000.000.000 - Exportations 143.000.000.000.

Prestations sociales

Tous les salariés d'Algérie sont bénéficiaires des allocations familiales. En 1953, (41.327 salariés. Prestations versées : 12 milliards).

Assurances sociales

Deux secteurs distincts pour les assurances sociales : secteur non agricole (2 millions de bénéficiaires) et secteur agricole adapté aux conditions de vie des travailleurs (600.000 bénéficiaires) .

Code du Travail

Législation du travail : syndicats légalement reconnus, droit de grève, conseil des Prudhommes, réglementation des salaires, congés payés.

Enseignement

Le sixième du budget de l'Algérie est consacré à l'enseignement ( 13.579 millions de dépenses prévues pour 1954), plus 5 milliards du budget extraordinaire pour les constructions et l'équipement scolaire.

L'enseignement secondaire est donné dans 48 lycées, collèges et de nombreuses institutions privées. 28.000 élèves (session du baccalauréat 1953 : 10.000 candidats).

Les médersas (enseignement franco-arabe) ont été transformées par décret du 10 juillet 1951 en lycées franco-musulmans (gardant l'enseignement traditionnel arabe et y ajoutant l'enseignement français).

375 cours complémentaires groupent 10.000 élèves.

L'Université d'Alger occupe le troisième rang parmi les universités françaises. 5.000 étudiants, 89 chaires.
L'enseignement agricole et l'enseignement technique disposent de deux instituts nationaux qui délivrent des diplômes d'ingénieurs.

Un effort important est poursuivi en vue de former des ouvriers spécialisés nécessaires en Algérie et en Métropole, 10.000 élèves actuellement. Programme prévu pour 20.000 élèves. 14 centres d'apprentissage. 53 cours complémentaires. 46 cours complémentaires féminins (2.000 élèves).

La Formation Professionnelle des adultes relève de la Direction du Travail du Gouvernement général. 15 centres, 1.654 stagiaires.
Prochaine création de 18 sections nouvelles spécialisées et de 3 centres nouveaux.

L'Habitat

L'habitat est l'un des problèmes les plus importants de l'Algérie.
Malgré les difficultés nées de la guerre, 3.145 logements ont été construits en 1953 et 4.140 personnes logées dans les H.L.M. 2.139 nouveaux logements vont être terminés. La construction privée connaît, en Algérie, un essor considérable. La cité universitaire d'Alger pourra loger 1.000 étudiants dans des conditions très exceptionnelles de confort

Médecine

L'Algérie compte 2.000 médecins (dont 151 de la Santé Publique). Dans le Sud : 31 médecins ( 14 civils, 17 militaires) . 58 salles de consultation automobiles. Les hôpitaux, en Algérie du Nord, sont au nombre de 136 avec un total de 24.284 lits. Dans le Sud : 27 infirmeries (700 lits).

Une lutte active est menée contre les grandes épidémies. Le typhus a disparu. Le paludisme ne compte plus que quelques cas. La tuberculose est combattue activement.
1952 : 2.474.029 personnes testées, 1.017.981 personnes vaccinées. Le trachome est encore très répandu, surtout dans le Sud. Il est combattu dès l'enfance. Des camions ophtalmologiques se déplacent dans les campagnes les plus reculées.

  • Source : M. Roger LEONARD, Gouverneur général de l'Algérie. 1953


Les Gouverneurs Généraux 1830-1962

Commandants en chef

Maréchal de Bourmont (Louis Auguste Victor de Ghaisnes, comte de Bourmont), juin 1830 - septembre 1830

Maréchal Clauzel (Bertrand, comte Clauzel), septembre 1830 - février 1831

Général Berthézène, février 1831 - décembre 1831

Général Savary, (Anne-Jean-Marie-René Savary, duc de Rovigo), décembre 1831 - mars 1833

Général Théophile Voirol, juillet 1833 - juillet 1834


Gouverneurs généraux

Général Drouet d'Erlon (Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon), juillet 1834 - avril 1835

Maréchal Clauzel (Bertrand, comte Clauzel), août 1835 - février 1837

Général de Damrémont (Charles Denys, comte de Damrémont), février 1837 - octobre 1837

Maréchal Valée (Sylvain Charles, comte Valée), octobre 1837 - juillet 1840

Général Bugeaud (Thomas-Robert Bugeaud, marquis de la Piconnerie, duc d'Isly), décembre 1840 - juillet 1847

Duc d'Aumale (Henri d'Orléans, duc d'Aumale), septembre 1847 - février 1848

Général Cavaignac (Louis Eugène Cavaignac), mars 1848 - mai 1848

Général Changarnier (Nicolas-Anne-Théodule Changarnier), mai 1848 - juin 1848

général Marey-Monge, juin 1848 - septembre 1848

Général Charron, septembre 1948 - juin 1850

général Pélissier, juin 1820 - octobre 1850

Général Randon, décembre 1851 - juin 1857

général Renault, juin 1857 - juin 1858

Ministres de l'Algérie et des Colonies

Prince Jérôme Napoléon, juin 1858 - 1859

Comte de Chasseloup-Laubat, 1859 - novembre 1860


Gouverneurs généraux

Maréchal Pélissier (Aimable Pélissier, duc de Malakoff), décembre 1860 - septembre 1864

Maréchal de Mac-Mahon (Edme Patrice Maurice de Mac-Mahon), septembre 1864 - juillet 1870

général Durrieu, juillet 1870 - octobre 1870

Général Walsin-Esterhazy, octobre 1870 - novembre 1870


Commissaires extraordinaires

Charles du Bouzet, novembre 1870 - février 1871

Alexis Lambert, février 1871 - mars 1871


Gouverneurs généraux (civils)

Vice-Amiral de Gueydon (Louis-Henri, comte de Gueydon), mars 1871 - juin 1873

Général Chanzy (Antoine Alfred Eugène Chanzy), juin 1873 - février 1879

Albert Grévy, mars 1879 - novembre 1881

Louis Tirman, novembre 1881 - avril 1891

Jules Cambon, avril 1891 - septembre 1897

Louis Lépine, septembre 1897 - août 1898

Édouard Laferrière, août 1898 - octobre 1900

Célestin Jonnart, octobre 1900 - juin 1901

Paul Revoil, juin 1901 - avril 1903

Célestin Jonnart, janvir 1918 - juillet 1919

C. B. Abel, juillet 1919 - juillet 1921

Théodore Steeg, juillet 1921 - mai 1925

Maurice Violette, mai 1925 - novembre 1927

Pierre Bordes, novembre 1927 - octobre 1930

Jules Cardes, octobre 1930 - septembre 1936

Georges Le Beau, septembre 1936 - juillet 1940

Amiral Abrial, juillet 1940 - avril 1941

Général Maxime Weygand, juillet 1941 - octobre 1941

Yves Chatel, octobre 1941 - décembre 1942

Marcel Peyrouton, décembre 1942 - juin 1943

Général Georges Catroux, juin 1943 - septembre 1944

Yves Chataigneau, setembre 1944 - décembre 1947

Marcel-Edmond Naegelen, février 1948 - avril 1951

Roger Léonard, avril 1951 - décembre 1954

Jacques Soustelle, janvier 1955 - janvier 1956

Ministres résidents

Général Georges Catroux, février 1956

Robert Lacoste, février 1956 - mai 1958


Délégué généraux du gouvernement

Général Raoul Salan , juin 1958 - décembre 1958

Paul Delouvrier, décembre 1958 - septembre 1960

Jean Morin, septembre 1960 - avril 1962

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