Famille de Bancalis

Un article de GeneaWiki.


Famille du Rouergue que l'on rencontre dès le XVe siècle dans la région de Muret-le-château et d'Auzits, au nord-ouest de Rodez. Sa filiation noble officielle débute en 1544 mais elle ne s'agrège à la noblesse qu'au début du XVIIe siècle avec le service du roi, des alliances et l'achat de terres nobles dont la seigneurie de Pruines.

Ses principales personnalités sont :

XVIe siècle

  • Pierre Bancalis : Notaire d'Auzits, établi à Millau pour cause de religion. Il est, en 1566, fermier du greffe de cette ville. Epoux en 1571 de Guillemette Fugin, il décède en 1573.
  • Astorg Bancal : Frère du précédent. Marchand et bourgeois de Lavaur, en Albigeois. Marié à Jeanne de Voisins puis à Jeanne Tersson, il meurt en 1580. (Voir article ci-dessous)
  • Jean Bancal(is) : Frère des précédents. Notaire de Muret, en Rouergue, où il épouse en 1544 Jeanne de La Peyre (de Petra). Décédé en 1593. A partir de ce couple, la filiation est continue.

XVIIe siècle

  • François (de) Bancalis : Petit-fils du précédent et fils de Jean Bancalis et de Marguerite de Roaldès (nièce du fameux jurisconsulte François Roaldès). Docteur en droit et juge de Muret. Epoux en 1611 de Marie de Benoit, il achète en 1631 la seigneurie de Pruines, qui donnait à son possesseur l'entrée aux Etats de Rouergue où il siégea en 1638. il mourut l'année suivante à la suite d'une rixe.
  • Jean de Bancalis, baron de Pruines : Fils du précédent, baptisé en 1616 à Muret. Il participe aux guerres de Catalogne, dans l'armée de Condé, et notamment au siège de Salses en 1639. Il est maintenu dans sa noblesse par arrêt du Conseil d'Etat en date du 6 août 1668 avec règlement d'armoiries : " un aigle aux ailes éployées d'or, sur champ d'azur, entouré de panaches et timbré au dessus". Marié en 1654 avec Marguerite de Coustin de Bourzolles (protestante), il mourut assassiné en 1651.
  • Pierre de Bancalis de Pruines" : Frère des précédents. Prêtre, bachelier en théologie de l'université de Cahors. Pieur de Rodelle et de Bezonnes (diocède de Rodez) et de Marmanhac (diocèse de Saint Flour). curé de Calmont d'Olt, il fut syndic du clergé de Rodez entre 1673 et 1704.
  • Henry de Bancalis de Pruines : Frère des précédents, baptisé le 10 mai 1621 à Muret. Il fit les guerres de Catalogne et prit part au siège de Salses en 1639. En 1645, il était lieutenant au régiment de cavalerie de Saint-Simon. Selon l'arrêt de maintenue du 6 août 1668 , il a été gentilhomme servant en 1649, conseiller et maître d'hôtel ordinaire du roi en 1650, exempt des gardes du corps, major de Senlis en 1651 et lieutenant des chasses de la forêt d'Halatte en 1659. Décédé en 1681 à Senlis, il avait épousé en 1651 Marie Boulard.
  • Charles de Bancalis de Pruines : fils du précédent. Baptisé à Senlis en 1655. Page du roi (Grande écurie), puis exempt des gardes du corps, major de Senlis et lieutenant des chasses d'Halatte. Sans alliance, tué à la bataille de Leuze en 1691.

XVIIIe siècle

  • Michel de Bancalis de Pruines : Frère du précédent, vicaire général du diocèse de Senlis. Baptisé à Senlis le 26 février 1660. Prêtre et bachelier en théologie de l'université de Paris, abbé commendataire de l'abbaye de Bois Aubry au diocèse de Tours en janvier 1678, prieur commendataire du prieuré royal de Saint Maurice de Senlis en 1693, prieur de Marmanhac en janvier 1700, doyen du chapitre de la cathédrale de Senlis.
  • Michel de Bancalis de Lormet : Né le 14 octobre 1729 à Albi. Fils de Jean-Louis de Bancalis de Lormet et d'Antoinette de Fonvielle et petit-fils d'Antoinette de Salvan de Saliès qui par ses œuvres littéraires acquit une certaine notoriété. Page de de la Duchesse douairière d'Orléans en 1742, cornette au régiment de cavalerie de Beauvilliers, mousquetaire dans la 1ère compagnie des Gris en 1747, capitaine au régiment Commissaire Général Cavalerie en 1757, major du régiment Mestre de Camp général de cavalerie, commandé par le futur maréchal de Castries. Chevalier de Saint Louis en 1770, lieutenant colonel en 1777 et enfin brigadier des armées du roi en 1780. Il achète la même année au marquis de Castelpers la vicomté d'Ambialet en Albigeois qui donnait à son possesseur la deuxième place dans la noblesse aux Etats de l'Albigeois.
  • Pierre de Bancalis, baron de Pruines : Né en 1691 à Pruines, fils de Jean Antoine de Bancalis et d'Anne de Génibrouse de Saint Amans. Page de la Grande écurie du roi en 1706, époux d'Anne de Maurel d'Aragon en 1726, il meurt en 1761.
  • Marie Narcisse Toinette de Bancalis de Pruines : Fille du précédent, née à Pruines le 5 septembre 1729, elle épouse en 1750 Eugène Lacombe, fils de Jean Lacombe, seigneur de Saint Michel de Vax et de Marianne de Bancalis de Lormet. Entre autres enfants : Jean Pierre Lacombe Saint Michel, conventionnel, régicide , membre du Comité de Salut public après Thermidor, général, ambassadeur, président du Conseil des Anciens, inspecteur général de l'artillerie, gouverneur de Barcelone, grand officier de la Légion d'honneur ; Jean Marie Lacombe,contre-révolutionnaire. Fusillé pour actes de chouannerie en 1799.
  • Jean Marie de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon : frère de la précédente. Né en 1732, hérite en 1758 de son oncle maternel, Jean-Marie de Maurel, de la terre et seigneurie d'Aragon, à condition de relever son nom et ses armes. Il en sera dépossédé à la Révolution. Il meurt à Carcassonne en 1795 peu après être sorti de la prison de la Visitation à Toulouse. Il était veuf d'Henriette de Portes de Pardaillan, épousée en 1761.
  • Marie Hyacinthe Guillaume de Bancalis, baron de Pruines : Fils de Louis-Arnaud-Roch de Bancalis et de Marie-Jeanne Delagnes, né en 1764 à Pruines. Un temps "attaché à la personne du Prétendant" pendant l'Emigration. Mentionné comme "complice de brigands, chef d'une bande de chouans, voleur de diligence". Il fera soumission à la République en 1797 et épousera la même année Elisabeth Passelac. Chevalier de Saint Louis en 1815, il meurt en 1842 à Villecomtal. Emprisonné à Montpellier durant les Cent-Jours.
  • Jean Antoine Louis de Bancalis de Pruines : dit "le chevalier de Pruines". Frère du précédent, né en 1765. Tonsuré à Carcassonnne (1778). Il remplit des missions périlleuses au service des Princes durant l'émigration. Engagé dans la chouannerie avec son cousin Jean-Marie Lacombe, il est mentionné comme "chef de bande, royaliste dangereux ayant déja tué". Il participe à la "conspiration de La Goudalie" en Rouergue (affaire Fualdès). Décédé en 1844 à Montbazens.
  • Jean Louis Arnaud de Bancalis de Pruynes : Né en 1773 à Strasbourg, fils de Jean louis de Bancalis et de Marie-claude Vaudin. Emigré, il sert dans l'artillerie noble du prince de Condé. Il épouse en 1798 Françoise de Sanlèque et s'installe au manoir de Gerstheim (Bas-Rhin). En 1804, il met sa fortune à la disposition des partisans du duc d'Enghien, capturé de l'autre côté du Rhin. Il meurt en 1809.

XIXème siècle

  • Jean Louis Henry de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon : Né en 1763 à Aragon (Aude), fils de Jean-Marie de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon et d'Henriette de Portes. Premier page du comte d'Artois, capitaine de cavalerie eu régiment du Roi (1789), il est co-rédacteur du Cahier des doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Carcassonne en 1789. Emigré en 1791, il épouse à Ansbach, en 1794, Sophie de Nassau, fille naturelle du prince Charles de Nassau-Siegen, amiral au service de Catherine II et de Thérèse Eymer, dite Fleury. A l'accasion de ce mariage, il reçoit un brevet de lieutenant-colonel au service de la Russie ; Baron-pair de France héréditaire en 1819, président du Collège électoral du Tarn, membre et président du Conseil général de ce département, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur. Il meurt à Saliès en 1848.
  • Ida de Bancalis de Maurel d'Aragon : Fille du précédent, née en Ukraine en 1799. Elle épouse en 1816 Joseph Decazes, vicomte Decazes, préfet d'Albi et député du Tarn, et frère du futur duc Decazes qui sera ministre du roi Louis XVIII. Morte à Albi en 1880.
  • Charles de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon : Frère de la précédente, né à Toulouse en 1812, licencié en Droit, auditeur au Conseil d'Etat, détaché au cabinet du ministre de l'Intérieur, conseiller général, élu député du Tarn en 1846 contre son beau-frère Decazes. Commissaire du gouvernement provisoire puis représentant du Peuple pour ce département en 1848, il mourut la même année. Il avait épousé Thérèse Visconti d'Aragona, demi-sœur de la princesse Belgiojoso, héroïne du mouvement nationaliste italien.
  • Albert Charles de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon : Fils du précédent. Né en 1844, attaché d'ambassade à Londres et au cabinet du 2ème duc Decazes, ministre des Affaires étrangères. Marié à Louise de Lordat. Président du Comité royaliste du Tarn, mainteneur de l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, décoré des Ordres de Sainte-Anne, de Pie IX, du Christ du Portugal, de Léopold de Belgique. Il meurt en 1898.
  • Christine de Bancalis de Maurel d'Aragon : sœur du précédent. Née à Saliès en 1841. Fille de la Charité. Compagne de Catherine Labouré, supérieure du couvent des Blancs-Manteaux (1876). Décédée à Paris en 1905.
  • Henri de Bancalis de Pruynes : Né en 1803 à Gerstheim, fils de Jean Louis Arnaud et de Françoise de Sanlèque. Garde du corps du roi Charles X, officer dans les lanciers de Nemours, il épouse en 1833 Wilhelmine de Reinach-Werth. Conseiller général du Bas-Rhin, maire de Gerstheim, il meurt en 1878.
  • Raphaêl de Bancalis de Pruynes : Né en 1844, fils de Joseph de Bancalis, officier de hussards, et de Berthe de Schönau-Wehr. Officier des haras, il épouse en 1872 Louise Weinum. "Bürgmeister" de Gerstheim occupé de 1880 à 1890, il publiera en 1914  :"Souvenirs d'un annexé".

XXe siècle

  • Henri de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon : Fils d'Albert Charles, marquis d'Aragon et de Louise de Lordat. Né à Toulouse en 1883. Offcier de dragon, Capitaine aviateur affecte aux escadrilles d'Alsace en 1915. Mortellement blessé à Verdun en 1916. Marié en 1909 à Madeleine Schaeffer. Croix de Guerre, chevalier de la légion d'Honneur.
  • Charles de Bancalis de Maurel d'Aragon : (1911-86) Fils du précédent, diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques, il fut l'un des principaux chefs de la Résistance dans le département du Tarn durant la seconde guerre mondiale, un temps adjoint au commissaire général à l'information pendant la guerre, vice-président du Comité de libération du Tarn, député des Hautes Pyrénées, maire de Saliès, membre du Comité directeur du Mouvement des Gaullistes de gauche (UDT), mainteneur de l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, croix du combattant volontaire de la Résistance, chevalier de la Légion d'honneur et rosette de la Résistance. Auteur de l'ouvrage : La résistance sans héroïsme. Il avait épousé en 1942 Diane d'Albon.
  • Charles-Henri de Bancalis de Maurel d'Aragon : Fils du précédent. Ambassadeur. Officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du Mérite. Marié en 1979 à Catherine Bézy.


Titres de noblesse :

Titres de courtoisie :

  • Baron de Pruines
  • Baron de Lormet
  • Vicomte d'Ambialet
  • Marquis d'Aragon (régularisé par l'appel à la Pairie sous ce titre).

Titre régulier :

  • Baron et pair en 1819
     --------------------------------------------------------

Du patronyme au toponyme : En Bancal, près de Lavaur

En Bancal est le nom de deux lieux-dits que l’on retrouve près de Lavaur. Le premier se situe sur la paroisse Saint Martin du Carla commune de Lavaur, l’autre dans la commune de Viviers-les-Lavaur. Dans son ouvrage sur les noms de lieux du Tarn, l’abbé Ernest Nègre écrit ceci : Devant le nom de personne, on laissait facilement son titre honorifique, surtout En « Monsieur » et Na « Madame ». La plupart de ces composés se sont simplifiés plus tard, mais il en est resté quelques épaves. De ce fait, il est possible de penser que si En Bancal s’appelle ainsi, c’est qu’il a appartenu à une famille Bancal. Effectivement, en consultant les registres notariaux de Lavaur, Lanta et Loubens-Lauraguais au XVIe siècle, nous trouvons la trace d’une famille Bancal de 1531 à 1593 environ.

Nous allons tout d’abord, assez rapidement, étudier cette famille. Le premier membre de cette famille qui apparaît sur Lavaur est Jean Bancal. Il est prêtre, issu d’une famille de notaires d’Auzits en Aveyron. Le premier acte que nous trouvons de lui est en latin et date de 1531. En 1540, nous le trouvons à Sainte Maloune, près de Lanta, où il passe un acte chez le notaire :

Le 23/12/1540, Jean Bancalis, prêtre de Lavaur, habitant Sainte Maloune, tant pour lui que pour ses héritiers, a vendu au sieur Jacques Cuihet, marchand de Sainte Maloune, une petite maison, baillée à nouveau fief par Catherine de Bordeille, dame de Lanta, au sieur Bancalis, pour la somme de 27 livres.

En 1551, il est prébendier de Guitalens.

Le 19/09/1565, Me Jean Bancal, prêtre, habitant Lavaur paroisse Saint Martin de Carla, passe son testament dans lequel il demande :

Sépulture dans l'église Saint Martin de Carla.
11 prêtres pour célébrer la messe pour son âme.
Fondation d'un obit à l'hôpital de Lavaur, dans la chapelle dudit. hôpital, selon l'instrument de fondation reçu par Me Jean Lachurier, notaire de Lavaur.
A Jean Vernailh, de la paroisse de Firmy diocèse de Rouergue, 2 setiers de seigle selon acte reçu chez Me Pierre Betaret, notaire du lieu d'Auzits.
Antoine Bancal, marchand de Lavaur, son neveu, est nommé héritier universel.

Le 03/04/1571 Jean Bancal, prêtre, habitant Saint Martin de Carla, paroisse de Lavaur passe à nouveau un testament dans lequel il demande :

Sépulture dans l'église de Saint Martin de Carla.
4 torches en poix de 12 livres chacune pour accompagner son corps jusqu'à ce qu'il soit enterré, avec les chandelles pour l'offrande.
12 prêtres pour célébrer la messe pour son âme.
A chacun de ceux qui porteront son corps en ladite église Saint Martin de Carla, 5 sous.
Fondation d'un obit en la chapelle de l'hôpital de Lavaur, selon acte reçu par Me Jean Charles, notaire de Lavaur.
A Bernarde Plausolles, fille de Bernard, et filleule du testateur 4 livres.
Astorg Bancal, neveu, héritier universel. En cas qu'il décède avant le testateur, son héritier sera André Bancal, fils dudit Astorg.

Comme il est prêtre, Jean Bancal fait venir sur Lavaur son neveu Antoine Bancal vers 1539. Antoine Bancal exerce la profession de marchand, sans que l’on sache avec précision ce qu’il pouvait vendre. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’était pas marchand pastelier. Il a épousé vers 1539 Anne Armand, fille d’un marchand.

En 1555, Antoine Bancal est syndic de la Maison-Dieu et de l’Hôpital de Lavaur.

Apparemment sans enfants, Antoine Bancal fait venir un de ses parents prénommé Astorg pour lui succéder.

Avant de faire venir Astorg Bancal, Antoine Bancal s’était associé avec un autre marchand natif de Lombers : Jean Faure, à qui il fait épouser sa nièce et pupille. En effet, le 13.01.1558, Jean de Voisins, prêtre de Lavaur, et Antoine Bancal, marchand de Lavaur, oncles et tuteurs des enfants de feu Hugues de Voisins, donnent leur accord pour le mariage de Jean Faure, fils d'Antoine Faure, habitant la paroisse Notre-Dame de Cabrin de Réalmont, consulat de Lombers, et de Jeanne de Voisins, fille dudit Hugues de Voisins.

Décédé sans postérité en 1575, Antoine Bancal avait testé en faveur de son épouse le 5.03.1570 devant Me Faverges, notaire de Lavaur, à charge pour elle de rendre sa succession à Astorg Bancal, son parent, ou à un de ses parents du nom de Bancal.

En 1586, le 28 mars pour être plus précis, Anne Armand décède après avoir testé en faveur d’André Bancal.

En ce qui concerne Astorg Bancal, nous ne savons pas avec précision quel est son lien de parenté avec Antoine Bancal. Est-il son neveu ? Son cousin ? Dans tous les cas, il vient d’Auzits. Il apparaît chez les notaires de Lavaur en 1561. Il a épousé vers 1565 Jeanne de Voisins, nièce d’Anne Armand .

Astorg Bancal a épousé en deuxièmes noces, après 1572 Jeanne Terson, native de Puylaurens, apparentée vraisemblablement à la famille des Terson de Palleville.

Il a passé son testament devant le notaire de Loubens-Lauraguais.

Le 16/09/1580, au lieu de Villeneuve diocèse de Lavaur, Etienne Clauzade, notaire royal de Loubens et greffier ordinaire de Villeneuve, à la réquisition de Jeanne Tersson, veuve d’Astorg Bancal quand vivait marchand de Lavaur, donnée par Me André Estienne, prêtre et vicaire du lieu de Villeneuve, du testament par lui retenu dudit feu Bancal écrit par Me Jean Pinel, notaire de Loubens, a ouvert ledit testament.

Astorg Bancal recommande son âme à Dieu de le prendre et vouloir mettre et colloquer en son paradis. Veut être enseveli au cimetière Saint Antoine paroisse de Viviers et que soient appelés six prêtres qui chanteront messe haute et qu’autant soient appelés à la neuvaine et bout d’année.

Item laisse torches de demi-livre à la sépulture, neuvaine et bout d’année.

Item ledit testateur a eu un enfant de sa première femme qui s’appelle André Bancal et une fille de ses deuxièmes noces de sa femme Jeanne Tersson, lesquels André et Anne, sa fille légitime et naturelle, laisse héritiers universels en tous et chacun ses biens tant meubles qu’immeubles présents et à venir les prendre où bon leur appartiendra.

Item veut et ordonne que les pactes de mariage de Jeanne Tersson sa femme vaillent en la forme et teneur et veut que sadite femme soit maître d’âme et seigneuresse de ses biens en tenant vie viduelle et honnête.

Item a dit et ordonne que sire Antoine Albouy, marchand de la ville de Puylaurens, beau-frère de Jeanne Tersson, de prendre en tutelle sadite fille et sire Jean Coralh, marchand de Lavaur , lesquels les prie de vouloir accepter ladite charge de tutelle pour sondit enfant André Bancal, et recommandant sesdits enfants en demandant à sadite femme conseil et veut qu’elle soit entendue des affaires avec eux.

Ainsi a fait et clos son testament et ses dernières volontés, priant les messieurs les témoins s’en souvenir et espère bons et vrais témoins dignes de vérité, priant Me André Estienne, vicaire de Villeneuve, l’ayant appelé pour retenir son testament à faute de notaire et personne publique.

Item veut ledit testateur que tout ce dessus vaille par droit et testament, révoquant tout autre testament, droits et donations et veut ledit testateur que ledit testament soit mis devers un notaire public qu’est Me Etienne Clauzade, notaire et greffier de Villeneuve.

Bancal, Estienne, Ayralh, Raffin, Me Lombergot, Clamens, Pinel ont signé le présent testament et être fait au lieu de Villeneuve maison dudit seigneur, ledit Bancal testateur ayant sa bonne mémoire. Fait le treizième septembre 1580 par Me Pinel aussi signé.

Et lequel testament en la forme que dessus pris des mains dudit Estienne et en présence de Me François Raffin, Rémy Ayralh et Maffre Lombergot, prêtres, Raymond de Clamens, Me Jean Pinel, Guillaume Guiraud, de Loubens, Antoine Ricard de Candelieux, a fait lecture d’icelui testament en la forme qui est ci-dessus, l’ayant vu et entendu ont dit y être présents et appelés à en témoigner quand ledit Bancal le fit, bien soit écrit de la main dudit Pinel, disant être véritable.

Astorg Bancal a donc eu deux enfants :

De sa première épouse, il eut un fils prénommé André. André Bancal avait épousé à une date inconnue Marie Faverges . Il teste le 27.05.1593 sans postérité. Il laisse alors ses biens à sa sœur Anne Bancal, à l’exception de sa métairie d’En Bancal de Lavaur qui reste à sa veuve.
De sa deuxième épouse, Astorg Bancal a donc eu une fille prénommée Anne qui, après le décès de son frère, épouse par contrat le 14.10.1593 Jean Coste. C’est la dernière représentante de sa famille sur Lavaur.

Voilà pour une présentation rapide de cette famille. Ce sont Antoine et Astorg Bancal qui ont acheté principalement les terres qui deviendront par la suite En Bancal.

Pour En Bancal de Saint Martin de Carla, les achats se déroulèrent de 1554 à 1560, effectués par Antoine Bancal seul.

Pour En Bancal de Viviers-les-Lavaur, les achats s’étendirent de 1554 à 1570, à la fois par Antoine et par Astorg Bancal .

Il semblerait que, dans un cas comme dans l’autre, ils aient choisi des terres assez proches les unes des autres afin de constituer un domaine assez homogène.

Ces différents achats permettent de comprendre l’explication du « En » devant le patronyme Bancal. Mais cela n’explique pas l’origine du mot « Bancal ». Voici ce qu’a écrit à ce sujet Monsieur Charles-Henri de Bancalis d’Aragon, ancien ambassadeur de France en Syrie :

Le nom de BANCALIS a été anciennement porté en Rouergue. On le trouve dès 1240 dans le cartulaire de l’abbaye de BONNECOMBE, concurremment avec le patronyme BANCAL dont il est une latinisation. Il pourrait désigner des individus originaire du village de BANC. On le retrouve ultérieurement, tout au long du Moyen Age, sous l’une ou l’autre forme désignant parfois le même individu dans des actes différents, mais la forme BANCALIS n’était, en général, employée que par des religieux ou des notaires, gens sachant lire et écrire et utilisant le latin. […]

Aux XVe siècle et au XVIe siècle, le nom BANCALIS est attesté à ESPALION, dans l’AUBRAC et la région de BOZOULS ainsi que dans le village d’AUZITS chez une dynastie de notaires.

Marie-Thérèse Morlet, dans son ouvrage sur l’étymologie des noms de famille , donne l’explication suivante concernant ce nom :

BANCAL , forme vocalisée Bancau(d) [Midi], doit représenter l’ancien occitan bancal, pièce d’étoffe servant à recouvrir un banc.