Famille Dubern
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Dubern
Dubern de Boislandry
Dubern de La Fontenelle
Boislandry Dubern
DuBern
Arzacq (Chalosse) XVIème et XVIIème, Nantes XVIIIème, Paris et Calcutta (Indes) XIXème.
Introduction
Le patronyme Dubern (autrefois deu Bern, alias Vern ou Born) est un nom celte qui signifie "de l'aulnaie", lieu où poussent les aulnes (souvent situé en bordure de rivière ou de marécage). C'est un nom fréquent dans les Landes, principalement sur la côte, autour des étangs de Parentis et de Biscarosse (le vaste "pays de Bern"), ainsi qu'en Gironde, du fait des migrations landaises. Ailleurs le patronyme Dubern est plus rare, y compris dans le Béarn (où le nom est toutefois cité à partir de 1385).
Les plus notable de ces familles sont originaires l’une d’Arzacq, aux confins du Béarn et des Landes, et l’autre des environs de Mont de Marsan. Elles ont en commun d’avoir quitté leur région d’origine pour développer des activités commerciales ; la première en s’établissant à Nantes au commencement du règne de Louis XV, puis, pour sa branche cadette, aux Indes ; la seconde en s’établissant à Bordeaux sous le second Empire, puis, pour sa branche cadette, en Algérie.
I/ FAMILLE DUBERN ORIGINAIRE D’ARZACQ :
Cette famille, originaire des environs du bourg d'Arzacq, aux confins de la Chalosse et du Béarn, est suivie depuis le règne de François ler (un sieur deu Bern faisant son testament à Arbleix, au nord d’Arzacq, en 1513) et une filiation débute à la fin du XVIème siècle (à Vignes et Méracq, au sud d’Arzacq). Les Dubern possédaient des biens sur les paroisses d'Arbleix, de Vignes et de Méracq, enclaves béarnaises situées en Chalosse et voisines du bourg d'Arzacq. C'était, à cette époque, une famille de propriétaires terriens, également versés dans l'administration locale, le droit et la médecine. De nombreux Dubern furent jurats des diverses localités citées, notaires royaux, juges, médecins et apothicaires. hommes d’armes, notaires royaux, médecins et marchands. On peut citer en particulier un capitaine des bandes béarnaises en 1578-79.
Arzacq XVIIème - 1720
A la génération suivante, Pierre Dubern, né vers 1580, fut jurat d'Arzacq et bayle (= bailli) du comté de Louvigny vers 1620-1622. L'administration communale d'Arzacq était à cette époque assurée par deux jurats, assistés d'un conseil de députés des habitants. Ces jurats détenaient en outre, en tant que baillis, le droit de basse et moyenne justice sur le comté voisin de Louvigny, l'un des principaux fiefs des ducs de Gramont. On peut signaler que Pierre Dubern fut l'un des notables qui eurent l'honneur d'accueillir Louis XIII lorsqu'il fit halte à Arzacq au mois d'octobre 1620.
A la même génération, Sieur Guilhem Dubern (v1580 + après 1649), propriétaire à Méracq et bourgeois d'Arzacq dès 1614, aurait épousé en 1616 demoiselle Jeanne de Poursiuge. En 1636, Guilhem fit bâtir à Arzacq une maison, toujours connue sous le nom de Dubern, située en bordure du vieux bourg, sur la route de Méracq, actuellement place du Mercadieu.
Son fils Pierre Dubern (v1617 + v1697), médecin de profession, marié à Marie d'Orthez de La Barthe, fut à son tour jurat d'Arzacq et bayle du comté de Louvigny vers 1655-1657, puis "député" des habitants au conseil de la ville en 1659. Il possédait à Arzacq la maison Dubern, où il demeurait, une autre habitation, deux granges et un jardin "d'une superficie de seize places". Il y vivait encore au mois de novembre 1695. Selon une tradition de famille, les Dubern étaient protestants à l'époque des dragonnades.
Le premier à se convertir aurait été le fils aîné de Pierre, Estienne Dubern (v1647 + 1717), homme d'armes dans les armées du roi. En effet, le 23 février 1683, Estienne qui désirait se marier obtint de son évêque une dispense de publication des bans. Assisté seulement de son frère, Du Bern, sieur d'Artigolle, et de Pierre de Lapause, cavalier, il épousa en l'église de Méracq, au mois de mars ou d'avril 1683, demoiselle Marie de La Borde (v1660 + Nantes v1730).
Nantes 1720 - 1810
Jean Du Bern (1690 + 1770), fils d’Estienne et de Marie de La Borde, quitta Arzacq pour les Antilles et s'établit finalement comme négociant à Nantes vers 1720. Il y épousa en 1728 Michèlle Coullaud (1692 + 1765), veuve d'un capitaine de navires et fille d'un marchand d'arquebuses.
Leur fils Pierre DuBern (1735 + 1810), sieur de Lamarche, négociant, puis manufacturier de toiles d'Indiennes avec son père, devint l'un des principaux entrepreneurs français sous Louis XVI. Il était également armateur. Il épousa en 1764 Marie Gaschet (1746 + 1801), orpheline d'un constructeur de navires et filleule d'un important négociant (M. Douault, grand-père de la baronne Bertrand-Geslin). Agrégé à la grande bourgeoisie locale, il acheta en 1771 le château de Lamarche, à Bouguenais, et fut échevin de Nantes à la fin du règne de Louis XVI. Sa fortune, qui était considérable, souffrit beaucoup de la révolution et il fut emprisonné en 1793.
Pierre est l'ancêtre commun aux diverses branches de la famille, issues de ses fils Charles DuBern (1767+1834), auteur de la branche aînée, René DuBern (1771 + 1804) et Joseph DuBern, à l'origine de rameaux nantais éteints au début du XXème siècle, et Antoine DuBern (1779 + 1846), auteur de la branche du Havre, devenue britannique. Enfin, sa fille Henriette DuBern (1784 + 1837), mariée à un négociant nantais, Emmanuel Gondouin, fut la mère de Madame Trochon de Lorière, de laquelle descend la famille de ce nom.
La branche aînée : Nantes, Bordeaux, Paris, Versailles
Charles DuBern (1767 + 1834), commissaire de la marine militaire à Rochefort (1792-1795), puis courtier en marchandises à Bordeaux, épousa en 1798 Françoise Le Grand de Boislandry (1777 + 1859), d'origine normande, fille de Louis (1750 + 1834), homme d'affaires et économiste, ancien député de Versailles aux Etats généraux de 1789, récemment rentré des Etats-Unis où il avait émigré. Grand bourgeois parisien, mais profondément rural, propriétaire du château de Champgueffier (Seine et Marne) et du manoir du Paradis (Orne), Louis de Boislandry fit venir à lui sa fille, établissant durablement la branche aînée de la famille Dubern en Ile de France et en Normandie.
La famille de Boislandry s'étant éteinte dans les mâles en 1857, Jules DuBern (1800 + 1880), ancien magistrat et historien, aîné des petit-fils de Louis, releva le nom de Boislandry (décret de 1864).
Son frère Eugène Dubern (1802 + 1870), qui s'était distingué pendant la conquête de l'Algérie, devint général, inspecteur de la cavalerie impériale et grand officier de la légion d’honneur. Eugène était propriétaire du château de Champgueffier, hérité des Boislandry . Marié en 1844 à sa nièce Anaïs Du Moulin de La Fontenelle, il eut deux fils officiers de cavalerie, Maxime Dubern (1848 + 1907), dont descend le colonel Bertrand Dubern (1939), actuel chef de la famille, et Charles Boislandry Dubern (1850 + 1930), grand-père de Guy Boislandry Dubern (1917). Sa fille, Jeanne Dubern (1846 + 1926) épousa en 1868 un officier de cavalerie nantais, Humbert, comte de La Gournerie (1839 + 1911), d’où une nombreuse postérité.
Le rameau aîné des Dubern, dit de La Fontenelle, incarne une belle tradition militaire, puisqu’il a fourni une suite d’officiers, de père en fils, depuis 1792, en particulier de Saint Cyriens (à partir de 1818). Maxime, qui s’était distingué lors d’une charge de cuirassiers à Sedan en 1870, son fils Maurice, grièvement blessé à Verdun en 1916, et son petit-fils Michel, mort pour la France lors de l’offensive allemande de 1940 ont tous trois été faits chevaliers de la légion d’honneur pour action d’éclat.
Eugène Boislandry Dubern (1880 + 1976) a été créé comte romain par le Pape Pie X en 1913, à l'occasion de son mariage avec Françoise de Fonscolombe (1885 + 1980), filleule du duc et de la duchesse de Chartres.
Les branches issues de René DuBern (1771 + 1804), manufacturier d'Indiennes à Nantes, marié en 1795 à Elisabeth Henriette Riedy (1778 + 18..), d'une famille protestante originaire de Bâle, et de Joseph DuBern (1775 + 18..), propriétaire du château de Lamarche, officier et rentier, marié en 1817 à Rose Lefeuvre (1799 + 18..), d'une famille nantaise, sont aujourd'hui éteintes (respectivement depuis le XIXème siècle et depuis 1907). Henry Adolphe (1800 + 18..), ingénieur, fils de René, fut commis de son oncle Riedy à Rio (Brésil, 1820-21), négociant à Valparaiso (Chili, 1822-vers 1830), puis, de retour en France, réalisa vers 1830 l’une des premières lignes de chemin de fer (dans la région parisienne). Ses cousins, fils de Joseph, s’étaient tournés vers les mines… et la blanchisserie à grande échelle.
La branche cadette : Nantes, le Havre, Calcutta, Rangoon
Antoine DuBern (1779 + 1846), industriel, fabriquant de cordages et câbles de navires, à Nantes puis au Havre, marié en 1815 à Jeanne Geffrier, fut père notamment d'Edouard DuBern (1818 + 1868), capitaine de navires et armateur, qui s'établit à Calcutta, alors capitale des Indes britanniques.
Les fils d’Edouard, Georges DuBern, ingénieur et homme d’affaires de Calcutta, et l'Honorable Jules DuBern (1857+1931), homme d'affaires, maire de Rangoon, député, et officier de l'ordre de l'Empire britannique, passionnés par les applications révolutionnaires de l’électricité, détenaient une position régionale considérable dans le domaines des communications (télégraphes, téléphones, chemins de fer) et de la réfrigération (conservation des produits pendant leur stockage et leur transport, climatisation). Leurs descendants ont fait souche en Grande Bretagne, au Canada et en Australie, où ils sont aujourd’hui représentés.
Edouard avait un frère cadet, Eugène Dubern (1827 + 1909), également capitaine de navires, qui parcourut tous les océans, fit naufrage en Afrique et convoya à Tahiti le 1er évêque local. Il fut l'auteur d'un rameau dont le dernier représentant masculin, René Dubern, chevalier de la légion d'honneur, est décédé au Havre en 1985.
II/ FAMILLE DUBERN ORIGINAIRE DE MONT DE MARSAN :
La relative proximité géographique rend possible une parenté entre cette famille Dubern et la précédente, originaire d’Arzacq, mais demeure inconnue. Un Dubern, agriculteur, dont le père avait combattu l'armée anglaise en 1814, alla s’établir à Bordeaux, où il mourut laissant deux très jeunes fils :
- Paul Dubern (vers l868 ; + Bordeaux, 1942), traiteur, propriétaire (avant l9l3) de l’épicerie fine DUBERN, 42, allée de Tourny. Cette épicerie fine, devenue le meilleur restaurant de Bordeaux, fut vendue vers 1975 mais porte toujours le nom de Dubern. DP (Monique Dubern, commissaire priseur à Bordeaux).
- Edouard Dubern (vers l870 ; + Mostaganem, après l948), frère de Paul quitta Bordeaux pour l’Algérie vers 1890, Mostaganem, où il fit fortune comme négociant en vins. DP.
NOTES :
Les notices sur la famille Dubern que l'on trouve dans divers recueils généalogiques sont succinctes. Cette étude, qui les complète, a été réalisée pour l’essentiel à partir des notes, fragmentaires mais précises, d'Eugène Boislandry, comte Dubern (1880 + 1976), de recherches aux archives départementales (Pyrénées-Atlantique et Loire-Atlantique), et du travail d’André Vallée (1891 + 1978) sur la descendance française et britannique d’Antoine DuBern (1779 + 1846). Signalons qu'une généalogie romancée de la famille Dubern a été établie par Jules Du Bern de Boislandry (1800 + 1880) et par son cousin le comte de Longpérier-Grimoard, archiviste paléographe, sous la monarchie de Juillet, époque des généalogies les plus fantaisistes. Basée sur des traditions de famille et des documents d'archives (dont certains communiqués par Hippolyte Boulin, conseiller général et maire d’Arzacq, parent des Dubern), elle offre cependant des éléments intéressants, les archives départementales de Pau ayant en partie brûlé au début du XXe siècle.
Charles DuBern (1767 + 1834), ancien commissaire de la marine, épousa à Bordeaux, le 5 février 1798, Catherine Françoise Le Grand de Boislandry (1777 + 1859). Un décret impérial du 10 février 1864 autorisa les Dubern issus de ce mariage, et qui en avaient fait la demande, à relever le nom de Boislandry, éteint dans les mâles en 1857, et à s’appeler Dubern de Boislandry. Jules Du Bern de Boislandry (1800 + 1880), magistrat et historien, fut notamment père de Paul (1840 +1916), connu sous le titre de vicomte de Boislandry (ayant appartenu à un grand oncle maréchal de camp).
Eugène Dubern (1802 + 1870), général de division de cavalerie, frère cadet de Jules, épousa à Laigle en 1844, Anaïs du Moulin de La Fontenelle (1820 +1887). Le nom de La Fontenelle, éteint dans les mâles en 1864, est porté depuis 1909 par le rameau de Maxime Dubern (1848 + 1907), fils aîné du général de cavalerie. Enfin, le nom de Boislandry est porté en dernier prénom depuis 1850 par le rameau de Charles Boislandry Dubern (1850 + 1930), frère cadet de Maxime.
DuBern : Forme utilisée par les Dubern à Nantes et conservée par la branche britannique de la famille, issue d'un frère cadet de Charles, Antoine DuBern (1779 + 1846).
Armes : « D’azur à l’arbre d’or, terrassé de sinople, senestré d’un lion d’or rampant contre le fut, adextré d'une escarre d'argent sommée de deux oiseaux du même » .Alias « D’azur à un arbre d’or sur une terrasse de même, adextré d’une escare d’argent mouvant du flanc de la pointe, sommée de deux oiseaux d’argent et enfermant une paire de balances de même, surmontée de deux étoiles d’or, l’arbre sénestré d’un lion rampant contre le fût ». (collection des blasons coloriés de d’Hozier, Armorial général de 1696, volume de la Guyenne, foliotion manuscrite page 757) Armes enregistrées par Pierre Dubern, lieutenant en la justice royale de Sabres (juge royal). Il s'agirait d'armes parlantes (l'arbre serait un aulne = Bern, la balance évoquant la justice, profession de plusieurs Dubern). Il est précisé que Pierre Dubern porte ces armes, ce qui signifie, d'après la terminologie de d'Hozier, qu'elle n'ont pas été imposées mais étaient déjà des armes de famille.
SOURCES IMPRIMEES :
- d'Allemagne (H.) : "Histoire de la manufacture de Jouy et de la toile imprimée en France", Edition Van Oest, Paris-Bruxelles 1928 (page 164). - Chaix d'Est-Ange (Gustave) : "Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXème siècle", tome VII, Hérissey, Evreux 1914 (Article Dubern de 3 pages). - Charondas : "Le cahier noir", Paris 1957. - Clouzot (Henri) : "La toile imprimée et les indiennes de traite", 1942. - Delavenne (André) : "Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne", Editions S.G.A.F., Paris 1954 (Article Dubern de 2 pages). - Dioudonnat : "Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence", Sedopols, Paris 1976. - Dubern (Eugène Boislandry) : "Les Boislandry et l'activité économique de l'Aigle", Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Alençon 1943-44. - Dugast Rouillé (Dr Michel) : "Les notables ou la "seconde noblesse"", collection du nobiliaire de France, Nantes 1978, tome 1 (articles Dubern, Dubern de Boislandry et Dubern de La Fontenelle). - Frotier de la Messelière (Vte Henri) : "Filiations bretonnes 1650-1912", tome II, René Prud'Homme, St Brieuc 1913 (Article Dubern de 3 pages). - Lallie (Alfred) : "Les cent trente deux Nantais", Germain et Grassin imprimeurs libraires, Angers 1894. - Labarre de Raillicourt (D.) : "Les comtes du Pape en France (XVIème-XXème siècle)", tome 1, Paris 1965 (article Dubern). - Labarre de Raillicourt (D.) : "Légion d'honneur, anciens honneurs héréditaires", 1ere série, Paris 1966 (article Dubern). - Labarre de Raillicourt (D.) :"A ce titre, catalogue de l'aristocratie française titrée contemporaine", tome 2, Paris 1974 (article Dubern). - Lamant (Hubert) : "Armorial général et nobiliaire français", tome XVI (article dubern de 2 pages). - Mellinet (Camille) : "Le commerce et la milice de Nantes", tomes V, VI, VII et VIII, Camille Mellinet imprimeur, Nantes 1842. - Prevost et Roman d'Amat (sous la direction de) : "Dictionnaire de biographie française", Paris, librairie Letouzey et Ané, 1954. - Roy (Bernard) : "Une capitale de l'indiennage : Nantes", Musée des Salorges, Nantes 1948 (article Dubern pages 193 à 203). Archives de la Guerre : P.L.H., XXI Archives départementales des Pyrénées Atlantique (Série E) et de la Loire Atlantique.






