Famille Brizard du Martray

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Ce sont d’abord des sauniers qui deviendront par la suite des marchands qui s’enrichiront en commerçant avec les Antilles et d’autres pays lointains. Le sel était une richesse de l’île depuis le 12ème siècle. On doit la création des premiers marais aux religieux de St Michel en Herm. Ils furent gagnés sur la mer par un système d’endiguement. Malgré la petitesse de l’île la vigne, la pêche et le commerce du sel ont permis aux Rétois de se suffire à eux-mêmes. Le sel fut une des marchandises les plus importantes du trafic maritime et l’île de Ré fut un lieu d’escale pour les bateaux qui longeaient la côte atlantique.

A la fin du 16ème siècle un saunier du nom de Nicolas Brizard épouse Anne Brulon ; de ce couple naîtra entre autre Fraçois Brizard né aux environs de 1618, décédé vers 1684 allié à une famille Métayer par son mariage avec Anne.Vient un de leur fils Mathieu ( 1644-1687 ) qui épousera Anne Turbé ( ou Turbe ) à la couarde le 22 février 1666. Elle était la fille de Jehan et de Marie Bourget. Anne née le 4 mai 1641 avait 25 ans lors de son mariage, Mathieu en avait 28.

Un de leur fils Mathieu- Charles , négociant et commandant de l’île de Ré épouse aux Portes ( île de Ré ) Marie Anne Tiphaneau le 27 avril 1689.( Les parents de Marie Anne Tiphaneau sont Fiacre et Judith Eclercy). Il est dit sieur du Roc ( paroisse des Portes. )Mathieu Brizard acheta la demeure en 1713, il y mourra le 31 janvier 1748.

La maison forte du Roc aurait été bâtie en 1480 par Jean Mervault. Par alliance, Jean de Conan , maire de La Rochelle en 1516, devient seigneur du Roc. Le titre reste dans cette famille jusque vers 1680. En 1702 le domaine est vendu à Georges Lerouge bourgeois de Paris qui le revend à Mathieu Brizard. Par partages et par alliances, la plus grande partie du logis appartient en l’an V à Louis Houin, notaire aux Portes, qui y demeure depuis 1764.
Nous avons vu la maison : je m’attendais à un vaste domaine et à une maison très importante ; elle est simple, mal entretenue, la propriétaire actuelle la loue pour des cérémonies. Un seul détail intéressant les deux plans qui ornent les murs de l’entrée. Si j’en crois ce que j’ai pu lire, les dessins seraient de Louis Houin, ancien capitaine de vaisseau marchand, prisonnier des Anglais pendant la guerre de sept ans, qui, à son retour, acheta une étude de notaire et épousa la fille du propriétaire …une Brizard.( des recherches à faire…).


Mathieu Charles Brizard, sieur du Roc et du Martray, commandant de l’île de Ré épouse Julie Baudin à St Martin de Ré le 18 février 1727.Ils eurent plusieurs enfants , dont Nicolas-Josué né en 1742


Famille BAUDIN.

La famille est originaire de La Flotte, d’Ars et des Portes.( ile de Ré )

François Baudin, sieur du Martray, épouse Julie Baudin à Ars en Ré, le 7 janvier 1701.( François était le fils de Pierre et de Marguerite Surget ; Julie était la fille de Nicolas et de Marie Mousnier ) et sœur de Josué, personnage important pour St Martin de Ré.

Josué Baudin est né à La Prise-des-Portes le 8 décembre 1683 ( baptisé le 1er mai 1685). Dans les « Cahiers de la Mémoire » on apprend que Nicolas Baudin, le père de Josué et de Julie, gros négociant, fut syndic général de l’île de ré et procureur fiscal. Deux de ses fils : Pierre et Josué vivront successivement à St Domingue. Leur père y avait sans doute déjà des intérêts. Pierre rentre à l’île de Ré en 1711, Josué, capitaine de vaisseaux marchands,( très jeune on l’avait envoyé en Hollande pour apprendre la langue.) fait prospérer les affaires coloniales. Josué est dit : « négociant, habitant le Cap Français à Saint Domingue ».( Actuellement Haïti ). Il y fit, en vendant des nègres et en achetant des plantations, une immense fortune. On dit aussi qu’en infraction avec la réglementation protectionniste, il aurait fait des trafics commerciaux prohibés, en particulier avec les colonies espagnoles. On fait monter à plus de 6000 livres par an le revenu des différentes habitations qu’il avait acquises dans ce pays. En 1736, il fut rappelé en France pour soutenir un procès contre les héritiers d’un nommé Hirebane. Un de ses parents par alliance, Me Daugy avocat au conseil s’occupa de le défendre ( il était l’époux d’une demoiselle Travers, cousine au 5ème degré ). Convoitant son héritage, il le reçut à sa table, le comblant de « mille grâces »… Baudin, sans doute satisfait, le gratifia d’une somme de 24.000 livres. Dans les lettres que Daugy adressa par la suite à Baudin, il le nomme : «  Mon bon parent, mon très cher ami, mon ange tutélaire, un homme rempli des plus grandes qualités,… admirable… » Comme nous le montre son testament le sieur Baudin ne fut pas dupe et ne lui légua rien.

En 1740, il profite de son séjour à Paris pour s’offrir une charge de secrétaire du Roi, « Conseiller du roi, secrétaire particulier des finances de la maison et couronne de France. » il a 57 ans : négociant, armateur à St Domingue, " a été envoyé en Hollande dans sa jeunesse, pour y apprendre la langue, ensuite a navigué sur les vaisseaux marchands et corsaires, en qualité d’officier, s’est ensuite retiré en Amérique, où il est habitant". Mort en charge en 1749. Son cousin Pierre- Jacques Penaud lui succèdera le 18 août 1750. Le successeur de Pierre Penaud sera, le 20 janvier 1774, Jacques Charles Brizard du Martray, petit-neveu de Josué.

Les charges s’achètent, se lèguent, se vendent :70.000 livres à Paris vers 1700 ; 100.000 vers 1750 ; 200.000 vers 1771.

Josué rentre ensuite vivre définitivement aux Antilles. Il meurt le 23 août 1749 sur son habitation du quartier Morin, plaine du Cap.( Le Cap Français à St Domingue fut fondé par les Français en 1670 près du lieu où Christophe Colomb aborda en 1492. Centre français le plus important de St Domingue au XVIIIè siècle. Capitale de St Domingue jusqu’en 1770. Aujourd’hui la ville s’appelle Cap Haïtien ou Le Cap : port de la côte nord de la république d’Haïti.)


Le 22 décembre 1745 il fait un testament olographe qui contient une clause de substitution conçue en ces termes :

« Comme j’ai grand désir de conserver entiers et sans division à ma famille les biens d’acquêts qu’il a plu à Dieu me donner jusqu’à ce jour, ainsi que ceux que je pourrai acquérir j’usqu’ au jour de mon décès, j’ai iceux biens d’acquets immeubles, habitations, nègres, bestiaux, ustensiles, terres, maisons, et autres biens en quelque part où ils se trouvent situés…Je veux et entens mon décès arrivant, que mes dites habitations du quartier du Morin et Bonnet…soient régies par ae-conomat sous les ordres de mon exécuteur testamentaire de St Domingue lequel en percevra les revenus annuels… »

Le célèbre navigateur Nicolas Baudin était apparenté à Josué.

Charles- Mathieu Brizard né le 2 mars 1728 fut Procureur au Présidial de la Rochelle, gendarme de la garde et secrétaire du roy.( fils du couple Brizard-Baudin ) Il achète cette charge de secrétaire du Roy en 1774. Il succèdera à son grand-oncle, Pierre Penaud. Son office fut supprimé en 1790. Il sera l’héritier de Pierre Penaud, négociant armateur et de Josué Baudin.Il décède à Nantes dans son hôtel particulier ( hôtel d'Aux )le 10 janvier 1793.

C’est lui qui depuis la métropole dirigera l’exploitation de Josué. Ses fils furent officiers au service du roi.

Il épouse Marguerite Gibelin de Florensolles le 9 février 1752 à St Martin de Ré. Comme nous l’avons déjà vu Anne Marguerite était orpheline et venait à 17 ans de se faire émanciper.

Le couple eut 11 enfants :

Mathieu Jean-Charles (15/12/1752 + à St Domingue en 1786, il épouse à Rennes, en 1780,Magdeleine Perrine Le Denays de Cargoüet. Un enfant Hypolite. Magdeleine se remariera avec Louis Marie de la Roche St André ), Marguerite - Julie ( 29/04/1754 ), Anne-Bibiane (27/05/1755 ), Marie-Aymée ( 18/09/1756 ),Marie-flore ( 18/09/1757 ), Marie-Sophie ( 06/12/1758,+ 10/05/1771 ), Marie-Mathieu (27/07/1760 ), Flore ( 26/09/1761 ), Jean-Charles ( 07/02/1767 ), Jean Julie Josué ( 13/05/1768 ), Josué Barthélémy (19/03/1770 ),

La présence de jeunes officiers dans la citadelle, changea les habitudes des rétaises qui élargirent leurs horizons en épousant des « continentaux ».

Les riches marchands avaient à cœur de donner leurs filles à ces jeunes nobles ; ce fut le cas de Charles- Mathieu qui en maria trois à des officiers en garnison à St Martin.

Anne Bibiane épousera un lieutenant colonel des grenadiers royaux, Louis Auguste de Berlaymont.On les retrouve à Nantes dans les années 1792.Trouvé 3 enfants nés à St Martin de Ré: Claude Caroline ( 01/12/1773); Casimir qui décèdera au Portugal sur le Champ de bataille le 23 mars 1809 (Retranscrit à Nantes le 18/10/1810 ); Claude Narcis ( 02/01/1783)

Marie Ayméépousera Henry Auguste Quirit seigneur de Coulaine.Une fille, Anne-Eugénie née en 1781.

Marguerite Julie ( 29/04/1754-29/06/1841) épousera à St Martin le 26 août 1772, un capitaine au régiment de Saintonge, chevalier de l’ordre Royal militaire de St Louis : Jacques Charles François du Frou de Blinière.( 24/07/1738-18/03/1813) Il était originaire de Sées en Normandie où il était né le 24 juillet 1738. Si l’on en croit son contrat de mariage, il se trouvait à St Martin depuis un peu plus d’un an. Marguerite avait 18 ans, Jacques-Charles 35.

Le couple aurait eu cinq enfants nés à St Martin de Ré et un seul à Sées.

L’aîné : Mathieu-Jacques-Marie naît le 26 octobre 1773.Son parrain sera son grand-Père Charles Mathieu Brizard et sa marraine Magdeleine du Frou de la Picotière représentée par Marguerite de Gibelin. Il épousera Henriette de Mézange à Alençon le 12 septembre 1803.


Le second : Pierre- Jacques- Germain naît le 9 octobre 1774. Son grand-Père, Charles Mathieu Brizard sera son parrain, sa Grand-Mère Anne de Gibelin sera sa marraine. Il épousera mon ancêtre Augustine du Moulin de la Fontenellele 20 novembre 1811 à Argentan.


Viendra Jean, le 20 octobre 1775, son parrain Jean-Charles Brizard officier aux cuirassiers du Roy, sa marraine Marie-Adélaïde du Frou de la Lazerie ( du nom d'une terre près de Sées, propriété des Du Frou. )


Louis-Henri verra le jour le 17 février 1777, ce sera Jean Coesar, "nègre domestique de la maison "qui sera le parrain !

Zoé, naîtra le 27 décembre1781.


Cazimir viendra au monde 6 ans plus tard,le 29 avril 1787 à Sées dans l’Orne. Admis à l'école impériale de Fontainebleau le 16 frimaire An XIII ( 7 décembre 1804 ) . Nommé Caporal le 1 mai 1806,Sous-Lieutenant au 9ème régiment d'infanterie légère le 23 octobre 1806, lieutenant d'infanterie le 25 avril 1809, officier de compagnie ( solde journalière de 30C.Arrêté du 8 pluviose An XI.Il meurt à la guerre d'Espagne le 26 juin 1809. Il avait 22 ans.

En 1780, à 42 ans,Jacques Charles François quitte l’armée en tant que Capitaine-Commandant. Il allègue des raisons de santé et une blessure reçue à la guerre. En mars 1780 il obtient du Roy une pension de 400 livres.

Le 5 mars 1780, à Versailles : « Sur le compte, Monsieur, que j’ai rendu au Roy de vos services, de la blessure que vous avez reçue à la guerre, et du mauvais Etat de votre santé, sa majesté a bien voulu vous accorder une Pension de quatre Cens livres et l’Expectative d’une compagnie dans un Régiment Provincial, en quitam votre place de Capitaine Commandant. Je vous en donne avoir et suis, Monsieur, Votre très humble et très obeissam Serviteur. Signé de Montbaver »

Apparemment il restera encore au moins une bonne année à St Martin puisque Zoé naîtra en Décembre 1781.Il retourne ensuite à Sées.

Famille Du Frou:

Jacques Charles François du Frou de Blinière est originaire de Normandie, plus particulièrement de Sées près d’Alençon dans l’Orne. Il naît le 24 juillet 1738 sans doute à la Picotière «  domaine » familial. Je n’ai pas réussi à en trouver l’emplacement. C’était certainement le nom d’une terre appartenant à la famille du Frou et qui dépendait de la ville de Sées. On en parle dans la liste des biens vendus à la révolution : «  une pièce de terre labourable contenant environ trois vergers, au réage du hamel formant la 8ème division des terres de la raignerie & de la picotière » ; C’était aussi le nom de la maison ; toujours dans la même liste : « La maison de la Picotière et Bâtiments adjacents, un bois taillis… »

Son père : Jacques du Frou de la Picotière et de St Laurent, sa mère : Marie-Thérèse Le Blond. (14/02/1717 à Paris, paroisse St Eustache.) Elle était la fille de François, contrôleur des rentes et de Catherine Sauvage.

Jacques du Frou de la Picotière naît à Sées le 18 mars 1702, ses parrain et marraine furent René et Elisabeth Le Frère. Il décédera le 18 avril 1769 à Sées paroisse St Pierre. Il avait 66 ans.

Il était Ecuyer de la garde du Roy ; Lieutenant général de police de la ville de Sées.

Il fut anobli en novembre 1696 : «  D’or à la Face d’Azur chargée d’une Fleur de Lis d’Argent. »

Le couple aura 6 enfants, tous nés à Sées :

Pierre Mathieu Bernard né le 20 août 1734,c’était un mardi .Son parrain Pierre du Frou d’Ecoville, secrétaire du Roy.

Jacques Charles François qui suivra.

Louise Françoise Thérèse qui naîtra le 11 février 1741, son parrain Louis du Frou Ecuyer Seigneur d’Ecoville, sa marraine Françoise Leblond sa tante.

Marie Magdeleine née le 3 juillet 1742, décédée en 1826 et qui épousera en 1763, Jacques-Louis de Lonlay.

Catherine viendra au monde le 15 janvier 1747, sa sœur Marie-Adélaïde naîtra la même année le 5 décembre. Le parrain de Catherine sera Philippe de Moloré, époux de Françoise LeBlond, sœur de Marie Thérèse , la marraine sa Grand’Mère Catherine Sauvage. Le parrain de Marie-Adélaïde, Jacques, René de Moloré fils du seigneur de la Chapelle, la marraine Louise Françoise de la Picotière.

Tous les enfants seront baptisés paroisse St Pierre à Sées..

Jacques du Frou de la Picotière était le fils de Pierre du Frou, seigneur d’Ecoville et de Magdeleine LeFrère. (née à Sées le 12 juin 1666 et décédée avant le 20septembre 1730).

Pierre est un personnage important : Notaire royal, contrôleur général des finances d’Alençon, receveur des décimes à Sées où il demeure. Il achète une charge de secrétaire du Roy en 1724 ; Il a 58 ans. Il était né à Sées le 2 mai 1666. Il mourra en charge en 1746, à 80 ans ! Je devrais pouvoir trouver d’autres renseignements …à suivre !

On lui connaît au moins trois fils :

Germain du Frou de Boisgeffroy, vicomte d’Essay, premier conseiller assesseur civil et criminel en baillage. Il était né le 8 mai 1697 à Sées. Il y décèdera le 5 avril 1762. Il épousera Marie Marthe Bougis à Sées le 20 septembre 1730.

Louis du Frou Seigneur d’Ecoville né le 16 novembre 1698 et décédé en 1790. Il épousera Charlotte Acart.

Jacques dont nous avons parlé plus haut et qui nous concerne.

Gervais Le Frou est à ce jour le plus ancien des du Frou que j’ai pu retrouver. Le Fou deviendra du Frou. Il épouse Catherine Pichon vers 1660. Gervais naît aux environ de 1620 à Sées. Il y meurt le 17 décembre 1690.Catherine naît vers 1623 et décède Paroisse St Pierre à Sées le 15 janvier 1706. Ils seront les parents de Pierre du Frou. La famille Pichon est une très ancienne famille de Sées. Le Chauvine Pilastre en signale qui vivaient à Sées déjà au 16ème siècle ; Ils exerçaient la profession de tanneur et s’alliaient aux meilleures familles.

Le 21 septembre 1672, Catherine Pichon ( femme de Gervais Le Frou ) est marraine d’un Nicolas Pichon, fils de Pierre, tanneur, contrôleur des titres de la Châtellenie d’Essai, décédé le 16 mai 1723. ( on peut supposer sans trop de risques que Pierre était le frère de Catherine). Le 29 juin 1709, Pierre du Frou sera le parrain d’un Pierre Pichon. Le 21 septembre 1717, Madeleine Le Frère ( épouse de Pierre du Frou ), sera la marraine d’une Jacqueline Pichon.

Revenons au couple Jacques Charles François - Marguerite Brizard.


Grâce à un laissez- passer établi à Sées en date du 16 avril 1792, nous savons que Marguerite avait des cheveux noirs, un long nez, une grande bouche, un menton bien fait, un front large, un visage plein et qu’elle mesurait 5 pieds, ce qui correspond à environ 1,65 mètres,( une toise valait 6 pieds et 1, 949 mètres). Pour l’époque elle était très grande. On sait aussi qu’elle était accompagnée d’un enfant de 5 ans qui ne peut être que Cazimir. Son mari qui avait émigré est noté absent de la ville de Sées. Où allait-elle ? Ses biens, comme nous le verrons, ne lui avaient pas encore été confisqués. Sa vie aura été riche en évènements de toutes sortes. Ce qui m’a toujours frappée, c’est que mon arrière- grand-père Jules Brousseau avait 5 ans à sa mort en 1841 ; Elle avait 87 ans !

A la révolution Jacques va émigrer ainsi que son fils Mathieu Jacques Marie âgé de 19 ans. Jean Pinasseau dans son tome 1 " l'Emigration Militaire" nous donne le parcours de Mathieu domicilié chez ses Parents à Sées ( ce qui laisse à penser que le Père et le Fils sont partis ensemble ) :"Preuves de Noblesse pour être élevé dans les écoles Royales militaires le 1 novembre 1784. Il émigre le 4 janvier 1792. Il arrive à Trèves le 10 janvier et entre dans la compagnie des gentislhommes de Normandie. Le 1er mai il entre dans la compagnie des officiers du régiment de Flandre qu'il quitte le 25 juin.Le 29 juin il arrive dans le régiment de Condé puis dans la compagnie des officiers du régiment de Saintonge. Il fait la campagne de 1792, de 1793 et de 1794 dans la compagnie n° 9 du régiment des chasseurs nobles. Il quitte l'armée pour entrer au régiment de Béthisy en mars 1795.(Références SHAT: 350-1, 352-2, 353-1, 353-3 )

Tous les biens seront vendus aux enchères. La maison de la "Picotière", son contenu et les terres possédées par la famille.

«  Du lundi 8 octobre 1792 l’an 1er de la République Française sur les trois heures après-midi.

Nous citoyens René Prosme Levain juge de paix de la ville de sées accompagnés des citoyens Guillaume et Serreau officiers municipaux de la ditte ville de Sées et ce délégués par elle nous nous sommes por l’ex&cution de la loy du huit avril dernier relative aux biens des émigrés et de la délibération des citoyens composants le directoire du district d’Alençon département de l’orne du seize juillet dernier qui nous commet pour dresser état ou inventaire sommaire des meubles et effets appartement aux émigrés conformément à l’article IV de la loy du huit avril dernier tranportés en la maison du nommé du Frou de Blinière…St Germain Paroisse Episcopale où le dit Du Frou faisait sa demeure avant son émigration aux frais d’y dresser état et inventaire des meubles et effets qu’il y aurait laissé et ce en conséquence de l’ordonnance des citoyens du district en date du premier de ce mois qui nous commet pour faire le dit inventaire ayant été admis dans la liste qui nous a été envoyée ou étant en parlant à l’épouse dudit Dufrou trouvée au dit domicile nous l’avons nommée de nous faire ouvrir les portes et nous représenté les meubles qui sont dans laditte maison à quoy elle a satisfait…

Suit la liste de tout ce que contient la maison : chaque pièce est nommée et inventoriée.

« entrés dans la cuisine si sont trouvés une mauvaise lanterne un seau à puiser de l’eau quatre mauvaises chaises enfoncées de paille, deux tables une grande et une petite, un pot à eau d’étain, une soupière, un essuimain, cinq verres, un garde-manger dans lequel ne s ‘est rien trouvé, un cabinet alantique dans lequel se sont trouvés deux tabliers et un torchon…"

La maison comprenait une entrée, un office, une laverie, une salle à manger, un corridor, deux salles de compagnie, trois chambres, un petit cabinet près d’une chambre, un autre donnant sur le parloir, une bibliothèque. Dans le grenier , plusieurs cabinets pour coucher des domestiques. Un bûcher, une écurie, une cave…

« avons ensuite passé dans la bibliothèque dans laquelle se sont trouvés cinquante deux tomes relliés en veau et un enparchemin, …, trois pots de grais, un moulin à café, une chaise et un fauteuil… »


Tout se vendra aux enchères en mai 1793.

«  Aujourd’hui six may mil sept cen quatre vingt treize nous sommes transportés pour constinuer la vente qui a été remise au lundy six du cuditte mois…irtemme fit vente et adjudication d’une commode couverte ans marbre a plusieure tiroire vendu et délivrée à roche demeurant paroisse épiscopale de Sées pour la somme de quarante deux livres. »


La vente durera plusieurs jours et se terminera le 8 mai 1793. Marguerite avait 39 ans.

«  Enregistré à Sées le huit may 1793. Recu quatorze livres sur treize cent quatre vingt trois livres onze sols six deniers. »

«  Je soussigné receveur des domaines nationaux au bureau de Sées reconnais avoir recu du citoyen Dudouit la somme de treize cens quatre vings trois livres onze sols six deniers pour le montant de la pr ésente vente dont quittance. à Sées le dix mai 1793 l’an deuxième de la république. »

En 1792 une livre vaut vingt sols ( livre tournois ), ou vingt cinq sols s’il s’agit de la livre parisis.

Le 18 germinal An III le franc remplace la livre. 1 franc vaudra 1 livre et 3 deniers ( 4,5 g d’argent pur ou 290,32 mg d’or. En 1999 un gramme d’or vaut 62,50 francs. En 1793 un sol vaut 12 deniers en bronze. Une livre vaut 30 franc en 1900. Un franc en 1900 vaut 20,277francs en 2000.

A titre de curiosité en 1789 :

1 pain de 8 livres coûte 8 sous et 6 deniers ; 1 livre de sel coûte 15 sous et 9 deniers ; 1 livre de porc coûte 13 sous et 3 deniers ; 1 livre de veau coûte 14 sous et 5 deniers ; 1 livre de beurre coûte 1 livre, 8 sous et 8 deniers ; 1 œuf coûte 14 deniers ; 1 paire de sabots d’homme coûte 12 sous ; 1 paire de souliers en veau coûte 5 livres, 6 sous et 2 deniers.


La famille possédait des terres et des fermes qui elles aussi ont été vendues. Tout dépendait de la ville de Sées. Notamment une ferme nommée la Rayenerie qui avait été vendue le 25 frimaire an III (3 juin 1793 ) pour 17.500 francs en assignats. Il y avait « des bâtiments, un jardin & un herbage nommé les champs rougeaux contenant environ 3 ares, le tout faisant la 1ère division des terres de la Rayenerie et de la Picotière. »

« La maison de la Picotière et Bâtimens adjacens, un bois Taillis en bosquet, contenant 50 perches, une pièce de terre labourable entre le bois et le jardin, contenant 50 perches, un pré contenant un vergé, un autre pré nommé le plant avec un jardin en bas contenant une …., faisant la 2ème division des terres de la rayenerie et de la picotière »

L’ensemble avait été vendu 21.200 francs en assignats.

A titre d’information : La Perche commune a une valeur de 20 pieds, le Pied ( ou pied du Roi ) dérive du pied romain qui était divisé en 12 parties nommées pouces. Le pied romain, à son tour, provient du pied grec, qui représentait 16 doigts ou 2/3 de la coudée égyptienne de 24 doigts. Le pied vaut 12 pouces= 32,48 m.

Le couple rachètera quelques uns des biens saisis:

« Le 4 janvier 1808 Madame Brizard épouse de l’ancien propriétaire » rachète un certain nombre de biens dont l’herbage de la Rayenerie contenant 3 ha 75 a. Elle paye en 3 fois : le 2 avril 1808 843,60 francs en numéraire ; le 24 août 1808 : 2.509,70 francs en numéraire ; le 3 septembre 794,67 francs toujours en numéraire.

Elle rachète à un certain Thomas Christophe Loisel les bâtiments de la ferme de la Lazerie, cour, jardin, herbage aux bœufs, herbage de la Lazerie pour la somme de 4451 francs et 71 centimes. Il est dit que c'est Marguerite Brizard qui rachète pas Jacques François Du Frou de Blinière?.

Le couple avait divorcé par consentement mutuel le 27 mai 1803 pour se re-marier le 16 juin de la même année!!!Les raisons resteront un mystère.