Algérie - Oran
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| Oran | |
|---|---|
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| Informations | |
| Pays | |
| Département | Oran |
| Code INSEE | (92110) |
| Code postal | 31030 |
| Population | 291 812 hab. (1958) |
| Densité | hab/km² |
| Nom des habitants | Oranais, Oranaises |
| Superficie | |
| Point culminant | |
| Altitude | |
| Coordonnées (long/lat) | 0°38'30" W / 35°41'28" N |
| Localisation | |
Sommaire |
H
istoire de la commune
Histoire ancienne
Dès le IIème avant J.C., ce sont les Phéniciens qui habitent Oran et surtout les juifs qui eux, y font commerce. Depuis ce temps les juifs sont présents dans la ville et seuls parmi toutes les entités humaines, ils ont connu sans perdre leur identité la longue série d'empires qui gouvernent cette terre depuis Carthage jusqu'à la France.
Et lorsque Isabelle la Catholique expulse tous les juifs d'Espagne, le mardi 31 juillet 1492, c'est 200 000 personnes qui s'expatrient et un millier d'entre eux vers le Maghreb ; Oran en recevra la plus grande part.
Présence turque
En 1770, Oran est une ville de 532 maisons particulières et 42 édifices publics ; une population de 2 317 bourgeois et 2 821 déportés libres se livrent au négoce.
Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1790, les habitants ressentent les vingt-deux secousses d'un tremblement de terre. " Toutes les constructions un peu anciennes, les deux tiers de la " ville, sont renversées.
Sur une population, tant civile que militaire, de 8.000 âmes non compris 2.000 galériens, plus de la moitié sont ensevelis sous les décombres. Les rescapés campent sous des tentes ou dans des abris en planches entre le Château Neuf et le fort Saint-André.
Aussitôt, le Bey turc et les tribus profitent de la confusion et assiègent la ville, qui n'est plus défendue que par 15.000 hommes. Le roi d'Espagne Charles IV fait lui-même des ouvertures au gouvernement turc d'Alger. Le traité, signé le 12 septembre 1792, entraîne l'évacuation et la prise en possession de la ville par les Turcs, en mars 1792.
Lorsque les Espagnols quittent Oran en 1792, il ne reste qu'un seul européen, un Français, le sieur Gaillard né en 1750 à Paris et naturalisé Espagnol sous le nom de Gallardo ; il se fait musulman en acceptant la charge de joaillier du Bey. Son fils hérite de la charge et les Français le trouveront en arrivant, exerçant son métier.
En 1794, des pèlerins venus de la Mecque apportent une nouvelle épidémie de peste et la ville redevient pratiquement déserte.
La ville déserte se repeuple d'aventuriers venus de tous les points de l'Oranie, attirés par les dépouilles espagnoles et par les franchises d'impôts, accordées aux membres des tribus maghzen.
Pour remplacer les commerçants espagnols, les Turcs attirèrent une communauté israélite dont les membres viennent de Mostaganem, Mascara, Nédroma et Tlemcen.
Les Beys d'Oran sont victimes, soit de la jalousie ombrageuse des Deys d'Alger, soit des révolutions de palais et des exactions des fonctionnaires turcs qui gardent en partie pour eux les lourds impôts levés par la force sur les populations indigènes.
Oran, résidence du Bey, avec son palais (Château Neuf), son harem (Tribunal militaire actuel) et sa maison militaire (Casbah) , possède trois mosquées.Ils s'enfermèrent pendant 40 ans dans leur nouvelle résidence de Rosalcazar avec leur harem, pour ne plus en bouger.
En Juillet 1830 Hassan bey attqué de toutes parts par les tribus arabes , sollicitait l'intervention de la France.
Présence française
En Juillet 1830, le fils du Maréchal de Bourmont débarque à la tête d'une petite troupe, au fort de Mers-el-Kébir. En Décembre, le Général Damrémont occupe définitivement Mers-el-Kébir et arrive à Oran par la montagne. Ce n'est que le 4 Janvier 1831 que nos soldats font leur entrée dans Oran.
Les Français se trouvent en présence d'une ville de 7 à 8.000 habitants, divisée en trois parties distinctes, enfermée dans une seule enceinte flanquée de forts.
La Vieille Ville - entre Ras el Aîn et la Casbah - et la Marine - à ses pieds au bord de la mer - s'élèvent sur la rive gauche du ravin, dont les eaux actionnent des tanneries et des moulins à farine
la Ville neuve gravit la rive droite, du fort Saint-André au Château Neuf. En dehors des murs s'étendent, abandonnés par leurs habitants, les deux faubourgs de Ras et Ain et de Karguentah (Vieille Mosquée). Les anciens édifices construits par les Espagnols tombent en ruines ou ont été remplacés par de mauvaises masures construites par les indigènes sur le rempart, le fossé et le glacis de la rive droite du ravin, L'armée doit détruire ces habitations et les deux faubourgs pour rétablir les fortifications.
Au début de l'occupation française, Oran porte encore le " cachet que " les Espagnols lui. ont imprimé". En 1840, elle compte environ 8.000 habitants . 5 à 600 Indigènes ou Maures, 4.000 Israélites, 3.500 Européens (Français et Espagnols)
Le quartier de la Marine est seul "habitable", avec des rues mal entretenues, un grouillement bruyant d'hommes et de bêtes de somme, transportant des outres d'eau potable, puisée dans le ruisseau du ravin. La nuit c'étaient des cris des sentinelles, "prenez garde à vous" , qui se répétaient le long des murailles et que soulignaient de temps à. autre des coups de feu tirés contre les factionnaires. A cette époque, toutes les provisions venaient de France, toutes, jusqu'au bois de chauffage.
Le pays fournissait à peine quelques bœufs, vendus par les Arabes qui les avaient volés à leurs coreligionnaires .
En 1832, le recensement fait par le commissaire du roi, Pujol, indique une population de 3 800 habitants : 750 européens, 250 musulmans et 2 800 israélites. Malgré une épouvantable épidémie de choléra en 1849, la ville va se développer rapidement.
En 1961, les statistiques donnent 400 000 habitants : 220 000 européens et 180 000 musulmans. Oran est alors la première ville d'Algérie où la population européenne dépasse en nombre la population musulmane.
Depuis le 31 janvier 1848, la ville est érigée en commune et jusqu'en 1962, 28 maires s'y succéderont et s'appliqueront à embellir peu à peu leur ville.
Jusqu'en 1850, la ville se cantonne dans les bas quartiers avec une seule pointe sur le plateau représentée par le quartier israélite.
Vers 1890, Oran, à l'étroit, commence à grimper vers Karguentah. Peu à peu, la ville sort de ses limites et de nombreux faubourgs se créent : Saint Antoine, Eckmuhl, Boulanger, Delmonte, Saint Michel, Miramar, Saint Pierre, Saint Eugène, Gambetta.
L'administration française distribue de nombreux lots de terrains de 4 à 12 hectares à de petits colons européens et nombre d'entre eux tentent leur chance :
Au 1er janvier 1847, 47 300 Français étaient venus d'Alsace, des Vosges, du Dauphiné et du sud de la France en même temps que 31 000 Espagnols, 8 800 Maltais, 8 200 Italiens et 8 600 Suisses et Allemands qui passaient pour être les plus mauvais colons.
La consanguinité espagnole est constatée dans 80% environ de la population française d'origine européenne, mais bien peu de particularités permettaient encore de les distinguer. Si les spectacles de danses ou de musique espagnole continuaient de plaire aux Oranais, les courses de taureaux n'avaient plus de succès et les arènes d'Eckmuhl tombèrent en ruines.
Les Oranais de Tlemcen, Mostaganem, Mascara, Sidi-Bel-Abbès ou Relizane étaient pour la plupart des descendants d'émigrés espagnols, levantins ou andalous qui, au milieu du XIXème siècle avaient fui la misère de leur pays. Leurs grands-pères étaient arrivés à bord de balancelles transportant des cargaisons de gargoulettes. Sur la blouse noire des paysans alicantins, ils transportaient au bout d'une canne un baluchon qui constituait tout le patrimoine familial.
Dans la cour des écoles, ceux dont le nom avait une consonance ibérique étaient des "escargots" parce que leurs parents étaient venus en Algérie "transportant leur maison sur leur dos".
Seul les prolétaires continuaient à parler le patois valencien ou andalou et à pratiquer un catholicisme fortement entaché de pratiques superstitieuses.
Les Levy ou les Cohen étaient des "piments" , car la frita, mets à base de poivrons doux, constituait pour eux une nourriture de base.
Les musulmans qui portaient à l'époque la chéchia ou le fez étaient à cause de la forme et la couleur de leur coiffure des "fromages de hollande", des "bouteilles cachetées" ou des "melons".
Les Durand et les Dubois, fraîchement arrivés de la Mère Patrie, si loin qu'il fallait alors 40 heures de bateau pour y parvenir, étaient des "françaouis".
Les gens nés dans le pays n'étaient pas encore des Pieds Noirs. Ils s'étaient attribués, pour se distinguer des nouveaux débarqués de nom de " margaillons ". Un margaillon en jargon pataouète est un palmier nain qui pousse un peu partout, qui peut vivre des mois sans eau et qui ne se laisse arracher qu'avec beaucoup de difficultés ; il était pour eux un symbole d'endurance et de résistance. (on peut rapprocher ce mot de celui de Sabra qui est une figue de Barbarie et qui est le surnom du juif né en Israël.) Tous ces surnoms ne devenaient péjoratifs qu'au cours d'une discussion... ou d'un match de football, ce qui revient au même.
Les mariages avaient brassé les descendants des communautés originelles métropolitaines, ibériques ou italiennes . Venaient s'y ajouter quelques gouttes de sang grec ou maltais. Les légionnaires démobilisés à Sidi Bel Abbès se fixèrent aussi volontiers dans le pays. Il y eut quelques mariages entre chrétiens et juifs, très peu entre européens et musulmans et pas du tout entre musulmans et juifs. Ce n'était pas du racisme mais une incompatibilité de règles religieuses et de mœurs, la polygamie des uns étant incompatible avec la monogamie des autres.
La proximité de l'Espagne (par temps clair, de la côte de Bel Horizon qui domine la rade de Mers El Kébir du haut de ses 511 mètres, il est possible d'apercevoir à l'horizon le sommet de la cordillère du Cap de Gata), une occupation de trois siècles par les armées espagnoles, ont donné aux Oranais un caractère qui leur faisait dire en parlant des Algérois de la rue d'Isly, que ces derniers étaient les Lyonnais de l'Algérie. Autant les Algérois se montraient réticents à accepter un étranger, autant les Oranais avaient le sens ibérique de l'hospitalité.
Le 14 juillet 1865, date à laquelle Napoléon III signe le senatus consulte sur l'état des personnes et de la naturalisation qui propose la nationalité française aux israélites et musulmans qui le désirent, marque le début, en Algérie et à Oran, de la période anti-juive.
Dès le début, l'antisémitisme algérien a partie liée avec la politique électorale. La première ligue anti-juive est fondée en juillet 1871 pour écarter les juifs des urnes ; nouveaux électeurs, ils sont 15% du corps électoral et en mesure d'arbitrer les conflits. Dociles et sans formation politique, ils votent selon les indications de leur consistoire, mais dans des sens différents selon les localités. Les consistoires sont parfois présidés par des personnalités discutées; comme Simon Kanoui, appelé par ses ennemis "Le Rotschild d'Oran", le "grand électeur d'Oran de [[1871] à 1897 et qui proclamait que personne n'entrerait à la Mairie sans son aval. En fait, toutes les élections étaient truquées par des rabatteurs qui achetaient les voix des électeurs de toute origine mais on n'en fit grief qu'aux juifs, nouveaux venus dans la citoyenneté et trouble-fête. l'antijudaisme monta progressivement jusqu'au début des années 1890.
A cette époque, des ligues anti-juives se créent, rassemblant dans un parti "français" les électeurs de gauche. Ils l'emportent aux élections municipales de 1897 : le pharmacien Gobert, radical anti-juif, est élu. En mai 1897, un attentat contre un conseiller municipal d'Oran, venu assister à une course cycliste à Mostaganem, provoque le pillage du quartier juif de cette ville par les Musulmans et les Européens. Cet exemple est suivi à Oran où la mise à sac des boutiques appartenant aux israélites dure trois jours. Quand l'affaire Dreyfus éclate, la vague anti-juive connait son paroxysme, notamment à Alger.
Cependant le gouvernement refuse d'accéder aux exigences de la population qui demande l'abrogation du décret Crémieux.
Mais le marasme économique dans lequel se débat l'Algérie démobilise les politiciens. " On ne vit pas de politique " est-il écrit dans la dépêche algérienne du 1er avril 1902. Aux élections de la même année, les candidats républicains l'emportent sur les anti-juifs : Le calme est revenu.
Le porte-parole de l'anti-judaïsme sera longtemps un vieux médecin, le docteur Molle. Celui que ses amis appellent le rénovateur de l'antisémitisme algérien, ne pardonne pas aux juifs d'avoir voté contre lui. Fondateur d'une " ligue latine" , puis d'une " union latine " qui appelle l'union des latins contre les juifs, il réussit à obtenir le boycott des commerçants juifs. Aux élections municipales de mai [[1925]), sa liste l'emporte avec 2 000 voix de majorité.
Le docteur Molle est soutenu dans sa campagne par le journal "Le Petit Oranais" qui a pour manchette une phrase de Luther : " Il faut mettre le soufre, la poix et s'il se peut le feu de l'enfer aux synagogues et aux écoles juives, détruire les maisons des juifs, s'emparer de leurs capitaux et les chasser en pleine campagne comme des chiens enragés ". Obligé, à la suite d'une plainte du Gouverneur Général Violette de retirer cette manchette, le journal ornera, quelques années plus tard, sa première page d'une croix gammée.
Les Unions Latines du docteur Molle prospérèrent et, de 1926 à 1932, elles domineront la vie politique de l'Oranie.
En 1932, un an après la mort du docteur Molle, Oran et Sidi Bel Abbès éliront encore des députés qui se proclament d'abord anti-juifs, par exemple Michel Pares qui se mettra au service de Mussolini.
Avec la montée de la crise économique, l'antisémitisme un peu assoupi se réveille ; "Le Petit Oranais" retrouve son ton furieux ; d'immenses croix gammées peintes au goudron apparaissent sur le mur des édifices d'Oran. Les établissements Juan Bastos ornent leurs cahiers de papiers à cigarettes de 12 croix gammées sans qu'on puisse dire s'il s'agit d'un manifeste politique ou d'un sens publicitaire dévoyé. La crise économique est toujours fort préoccupante et, le 17 décembre 1933, " Oran Matin" note : " Babouchiers, cordonniers, brodeurs n'ont plus rien à faire ; tous se promènent dans les rues offrant le triste spectacle du chômage et de ses funestes conséquences. " Le Maire, quant à lui, constate que " des tribus entières de pauvres diables n'ont rien ; tant que durent les figues de Barbarie, ils peuvent vivre ; après, ils en sont réduits à voler. "
La crise viticole des années 1934 et 1935 favorise la création de fronts paysans et la campagne du Front Populaire sert également de prétexte à une nouvelle et vigoureuse poussée d'antisémitisme.
A Oran, le maire, l'Abbé Lambert, -qui est à l'époque un prêtre sans ministère car "suspens a divinis", c'est-à-dire suspendu- prêche, coiffé du casque colonial et ceint de l'écharpe tricolore, la mobilisation générale contre les juifs et le Front Populaire. Fondateur des "amitiés Lambert", il reprend la politique anti-juive des " unions latines" et désigne le Front Populaire comme une manifestation d'impérialisme juif. Or ce dangereux démagogue, idole de la plèbe oranaise, déchaîne l'enthousiasme à chaque discours . Son buste, vendu 3 francs se trouve dans toutes les maisons oranaises ; c'est paraît-il une précieuse amulette pour les femmes en couches.
Il faudra la loi du 21 avril 1939, réprimant les excitations à la haine raciale pour faire taire provisoirement les anti-juifs d'Algérie.
L'Abbé Lambert avait bâti sa propagande sur ses talents de sourcier, promettant l'eau douce à tous les Oranais. Mais c'est bien après lui que la ville et la région seront alimentées en eau douce. Et, histoire de se rappeler le bon temps, bon nombre d'Oranais ajouteront du sel dans leur tasse de café.
L'Abbé Lambert prêchait aussi l'aide à la "reconquista" , et les élus de droite se feront une gloire d'avoir été les premiers à réclamer la reconnaissance officielle du gouvernement Franco. Pendant que les dirigeants des " Unions latines" ravitaillaient les franquistes en volontaires et en argent, les syndicats d'Oran participaient à la contrebande de guerre et facilitaient les départs des brigades internationales.
Mais à Oran, la vie politique est aussi conditionnée par les journaux et, si le "Petit Oranais" a eu un certain temps un impact certain sur une partie de la population,L'Écho d'Oran" fut le journal le plus important. C'est le plus ancien et le plus diffusé : 80 000 exemplaires en 1936, 93 500 en 1938 et 120 000 dans les années 60. Il cessera d'exister en 1963. Fondé en 1844 - le numéro 0 est du samedi 5 octobre 1844 - par Adolphe Perrier, un imprimeur lorrain banni par Louis-Philippe pour avoir exprimé des sentiments trop républicains, ce journal paraissait tous les samedis et se qualifiait "d'organe d'annonces judiciaires, administratives et commerciales" .
Il affiche entre les deux guerres les opinions d'une droite modérée. A partir de 1945, il est dirigé par Pierre Laffont, arrière petit-fils du fondateur. Né en 1913, député en 1958, c'est un libéral modéré. L'Echo d'Oran est le journal des européens et des musulmans acquis aux européens.
Les traditions
Dans les vieux quartiers de la Marine, à la saison chaude, si les chaussées et les magasins sont déserts aux longues heures de la méridienne, les chaises occupent les trottoirs dès la tombée de la nuit. On va prendre le frais sur les falaises bordées de palmiers du front de mer.
Mais c'est à Pâques et à l'Ascension que la fiesta prend tout son sens.
"La Mouna" est surtout la fête du printemps et l'exode du citadin vers les rares coins de verdure des environs ; la source Noiseux pour les piétons, les pinèdes de Canastel, de la Montagne des Lions ou M'sila pour les motorisés. Pour les chrétiens, c'est le moment d'honorer la Vierge de Misserghin. Plus qu'un gros village, ; Misserghin est une immense jardin d'orangers. C'est le berceau de la clémentine, cette variété de mandarine à la peau plus fine et plus rouge et à la chair ferme et sucrée. C'est là que l'abbé Clément la créa à la suite de longues recherches et de greffes heureuses de bigaradiers. Et, au bout d'un ravin embaumé par les fragrances des agrumes en fleurs, s'ouvre une grotte, reproduction de celle de Lourdes, avec ses béquilles, ses corsets orthopédiques et d'autres vestiges de miraculés reconnaissants.
Le plat du jour est, soit le riz à l'espagnole, soit le "gaspacho", qui est un épais et succulent ragoût de porc, de gibier ou de volaille servi sur une immense fougasse ou "coca" . C'est au dessert qu'apparaît l'événement tant attendu : la "Mouna", pâtisserie briochée surmontée d'œufs coloriés.
L'origine de cette Mouna est peu connue : Au 16ème siècle, les rois d'Espagne envoyaient dans leurs présidios africains (Ceuta, Malilla ou Oran) ceux de leurs courtisans qui s'étaient rendus indésirables à l'Escurial. Ces présidios ou places fortes avaient leur Bastille . Celle d'Oran se trouvait sur un pennon rocheux, à cheval sur la rade de Mers El Kébir . Parce que les singes ("monos" en espagnol) y étaient aussi nombreux qu'à Gibraltar, cette roche et la forteresse qui s'y dressait portait le nom de la mona. Ce fut ensuite le fort Lamoune, siège de l'Amirauté jusqu'en 1962. Une seule fois l'an, le dimanche de Pâques après la communion, les déportés avaient le droit d'apercevoir leurs famille qui résidaient tout près de là, dans le quartier de la Blanca, en bordure de l'enceinte de la casbah.
Les parents se réunissaient au pied des murs et faisaient passer aux prisonniers, au bout de longues perches, un gros gâteau préparé pour la circonstance et que depuis on continue à appeler la "Mouna".
En échange, les prisonniers embastillés faisaient descendre des plaques de tôle sur lesquelles ils avaient fait cuire une purée de farine de pois chiches, leur maigre pitance toute l'année. Cette espèce de flan de prisonnier devait se manger très chaud car il durcissait en refroidissant . On l'appelait la "calentica" (de "caliente" chaud, en espagnol). La calentica, vendue par des marchands ambulants, est restée longtemps le plat du pauvre.
La vierge Notre-Dame de Santa Cruz
Le jeudi de l'Ascension, les catholiques honoraient la vierge de Santa Cruz. Cette vierge a une histoire : En 1849, la population, alarmée par une longue période de sécheresse et une épidémie de choléra, adresse une supplique au général Pelissier commandant la Garnison. Chacun pensait en effet, que seule une forte pluie pouvait les débarrasser de la maladie. Dans le village nègre, un taureau avait été sacrifié dans le tintamarre agaçant des castagnettes et le tam-tam assourdissant des tambourins. Mais le ciel restait obstinément clair.
C'est alors que les Espagnols proposèrent de monter nu-pieds, sur les genoux pour les plus courageux, jusqu'au château fort que le marquis de Santa Cruz avait fait bâtir tout au sommet du djebel Murdjadjo. Avec la bénédiction bourrue du général Pelissier, les pèlerins escaladèrent les flancs arides de la colline dominant le petit port de la Calère, portant sur leurs robustes épaules une statue de la Vierge qui fut déposée au pied du fort, à l'endroit ou un promontoire rocheux permet d'embrasser un magnifique panorama.
La plaque commémorative signale : "dédiée à la vierge Notre Dame du Salut après l'épidémie de choléra de 1849. Inauguration le 9 mai 1850 par Monseigneur Pavy, évêque d'Alger. La statue a été mise en place sur la tour le 6 décembre 1873."
Des cierges brûlèrent par centaines, des prières furent dites à l'intention de Notre Dame de Santa Cruz et le lendemain, la pluie tomba. Telle est la légende qui est à l'origine de la patronne des Oranais qui lui dédièrent une chapelle, puis une basilique, inaugurée en 1950 par le cardinal Roncalli, le futur Jean XXIII.
Repliés en métropole, les Oranais n'eurent qu'une pensée : Faire revenir leur protectrice auprès d'eux. Et, tandis que le Monument aux Morts d'Oran était transféré à Lyon, quartier de la Duchère (Avenue Balmont), Notre Dame de Santa Cruz recevait l'hospitalité de l'humble église de Courbessac, près de Nîmes.
Indépendance
- 1962 Indépendance : 200 000 Européens quittent la ville. Oran semble une ville abandonnée.
Le (Massacre d'Oran) se déroule à Oran, en Algérie, le 5 juillet 1962, trois jour après le référendum consacrant l'indépendance de l'Algérie, sur décision du général de Gaulle.
Oran, grande ville de 400 000 habitants, était la seule à majorité européenne.Pourtant, à Oran, il existe encore des Pieds-Noirs ne voulant pas quitter leur terre natale.
Ce massacre s'inscrit après la fin de la guerre d'Algérie (1954-1962), et les Accords d' Évian : Quelques mois auparavant, le 19 mars 1962, un cessez-le-feu en Algérie a lieu suite aux Accords d'Évian...
N.B : Perpignan - Olivier des disparus d' Oran (le 5 juillet 1962) planté à Perpignan le 23.10.2005
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Familles notables
Les Maires jusqu'en 1962
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Les Notaires
Les Curés
A savoir pour vos recherches généalogiques
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Patronymes
Les cimetières
Je puis témoigner pour le cimetière d'Oran (visité en 2002) que je considère comme une exception, parce qu'il est, comme celui d'Alger, une "vitrine".
S'il est en bon état (vu l'Histoire, les 40 ans, la non visite et l'entretien des familles), je sais que cela ne concerne pas les autres cimetières et notamment ceux des petites villes. D'autant que le cimetière juif d'Oran a été rasé pour moitié (constructions), même s'il m'avait été donné par les Oranais actuels comme rasé dans sa totalité (d'où ma non visite en 2002).
Dans un premier temps, on ne m'a laissé visiter qu'un grand carré (destiné à mon avis aux "touristes" d'où mon emploi du mot vitrine).
Je ne sais pas si je n'ai pas lu que depuis le reste avait été construit. Puis, après "bakchich" (pourboires) et seulement le lendemain, j'ai pu visiter le tout. Le premier carré était donc en bon état. Le reste avait subi des dégâts. Mais il était évident que cela était dû aux intempéries (quelques arbres tombés sur les tombes) ou au temps passé (marbre fendu et tombé dans la tombe).
Ces tombes avaient été "vidées". Ceci étant, la majorité des tombes était en bon état. J'ai retrouvé celle de mon grand père en très bon état.
- Source : JP Rondeau
Remarques
Bibliographie
(fr.) Arthus-Bertrand, Yann, L'Algérie vue du ciel, Editions La Martinière, 2005
(fr.) Bel Ange Norbert, Oran sur Méditerranée, Jean Curutchet, 1990
(fr;) Camus, Albert, La Peste, Roman, Gallimard, 1947
(fr.) Cruck E., Oran et les témoins de son passé, Heintz frères,1959,
(fr) Dermenjian Geneviève," L'élection de l'abbé Lambert à la mairie d'Oran (décembre 1932-mai 1934)", Actes du colloque international Entre l'Orient et l'Occident. Minorités, échanges, population et l'individu. Antibes-Juan les Pins, pp. 285-304.
(fr) Dermenjian Geneviève, La crise anti-juive oranaise (1895-1905), Paris, L'Harmattan, 1986.
(fr.) Offrey, K. oran, Mers el kébir, 1938, 192 p.
(fr.) Metaïs Kouider, Oran, mémoires en images, Associaion Bel horizon de Sanra Cruz, 2005 (cédérom)
(fr.) Roblès, Emmanuel, Saison violente, Seuil, 1974
(fr) Shmuel Trigano (dir.) l'identité des juifs d'Algérie, Paris, Les éditions du Nadir, 2003, ISBN : 2-902969-92-2
(fr.) Villot, R. La vie politique à Oran, 1831-1888, Oran, 1947
Liens utiles (externes)
- Histoire d'Oran par Ziad Salah site Algérianie
- Plan d'Oran site Quid (cliquez sur la carte pour l'agrandir)
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