1789 : La Révolution Française

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1788 : LES DÉBUTS DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

  • Depuis le milieu du siècle, une série de signes et d'indices, laissent prévoir l'imminence de grands évènements, qui éclatent enfin.
  • A partir de 1788, le marasme s'empare des affaires, du commerce et de l'industrie. En été 1788, la France connait une mauvaise récolte et subit un hiver d'une grande rigueur : les fleuves gèlent, la température baisse jusqu'à moins dix-huit, et les vignobles sont détruits. La masse populaire des villes et des campagnes est plongées dans la famine et la misère. Les paysans quittent leurs villages et vont au hasard soulever des émeutes dans les diverses provinces du royaume ou éclatent des révoltes. Dans les villes, les pauvres affamés, pillent les boutiques et les entrepôts. Le pays tout entier est en proie à l’agitation sociale. A Paris et dans les villes apparaissent des tracts anti-gouvernementaux. Différentes sources historiques, citent que des affiches circulent, dont une affiche sera placée devant la loge de Marie-Antoinette, aux Italiens, avec ces mots menaçants : « TREMBLEZ, TYRANS, VOTRE RÈGNE VA FINIR ! »
  • Ce sentiment de la fin d’un monde, ne dynamise pas seulement les mécontents jetés au cœur de la bataille, mais aussi les états privilégiés et l’entourage royal, tout ce qui constitue le rempart de la monarchie. La cour cherche une issue à la crise montante. Louis XVI, par la force des choses se voit contraint de changer ses contrôleurs finances, incompétents et dilapidateurs, (Joly de Fleury, d’Ormesson et Calonne), qui n’ont fait qu’augmenter continuellement la dette de l’État, sans combler le déficit du trésor. Après l’infructueuse Assemblée des notables en 1787, le roi en août 1788, rappelle NECKER et accepte la convocation des états généraux. Le retour du banquier genevois disgracié, NECKER à la direction des finances, et la convocation des états généraux, (dont les rois se sont passés pendant 150 ans), deux faits qui prouvent que la monarchie n’est plus en mesure de maintenir l’ordre dans le pays en ayant recours au anciennes méthodes. Il est désormais clair que ceux qui sont en haut, ne peuvent plus gouverner, et que ceux qui sont en bas ne veulent plus vivre en recourant à l’ancienne mode. C’est le signe qu’une situation révolutionnaire est en train de se former en France, en 1788-1789.
  • Mauvaises récoltes, stagnation du commerce, misère paysanne et ouvrière, famine pour des millions de français, n’étonne plus personne au royaume de France, c’est un phénomène courant dans l’histoire millénaire de la monarchie. En 1788-1789, le sentiment commun est que quelque chose d’important est entrain de naître, il ne s’agit plus des calamités habituelles, mais que l’on se trouve au seuil de grands chargements et d’une transformation radicale de tous les rapports sociaux : la révolution est à la porte. Mauvaises récoltes, stagnation du commerce, misère paysanne et ouvrière, famine pour des millions de français, accélèrent la révolte, mais les causes sont plus profondes : la révolution devient inévitable, contre un régime qui a dominé pendant de nombreux siècles : la monarchie féodale absolue. Celle-ci a fait son temps et est devenue un obstacle au développement économique, social et politique du pays. Un conflit profond et insoluble oppose le Tiers état, (constitué de la grande majorité de la population), aux privilégiés, (d’une importance numérique plus faible), mais détenteur du pouvoir politique. Les États ont un contenu de classe parfaitement défini et l’insolubilité des contradictions rend la révolution inéluctable. Les États privilégiés : le clergé et la noblesse représentent la classe des féodaux et quelque soient leurs divergences avec la cour, ils demeurent le rempart de le monarchie absolue.
  • Le Tiers état, est, de par sa composition sociale très divers, il englobe : la bourgeoisie riche, économiquement la plus puissante, politiquement privée de droits qui aspire au pouvoir, les millions de paysans écrasés par les redevances féodales continuelles, la plèbe des villes, (plus tard LES SANS CULOTTES), les ouvriers, les artisans et les pauvres. Les intérêts et les objectifs des différentes classes qui composent le Tiers état sont naturellement divergents et le mot de «  Liberté », si populaire en 1789, à un sens très différent pour les aristocrates et les bourgeois, dont cependant les différences s’estompent devant la communauté d'intérêt qui rassemble et soude le Tiers état dans sa lutte contre la monarchie absolue. C’est l’aboutissement logique qui voit le Tiers état uni, en 1789, dans le conflit qui l’oppose à l’ancien régime